Quand l’Autre St-Jean interdit le drapeau patriote

Mercredi le 23 juin dernier, de nombreux citoyens se sont fait interdire l’entrée au parc Pélican, à Montréal, pour le spectacle de l’Autre St-Jean. Quels crimes avaient-ils commis? Étaient-ils en possession d’explosifs, de carabines, de couteaux, de cocktails molotov, de scies tronçonneuses ou d’armes nucléaires tactiques? Non. Ils arboraient un drapeau des Patriotes, symbole du désir de libération des Québécois depuis cent cinquante ans.

Un drapeau qui, pourtant, est reconnu tant par nos politiciens, qui ont même instauré une fête en l’honneur de ses créateurs, que par une municipalité comme Gatineau, qui l’a hissé bien haut à sa Maison du Citoyen. Un drapeau respectable, symbole de notre lutte pour un Québec français et libéré de ses entraves. Un symbole qu’a foulé de ses pieds la direction de C4, qui a organisé cette triste soirée.

Pierre Thibault, président de C4, avait pourtant affirmé, pour justifier cette seconde édition d’une fête nationale anglicisée: « C’est la fête du Québec, peu importe sa couleur ou sa langue ». Mais qu’est-ce que le Québec, sinon une nation française? Dans quel sorte de brouillard neigeux lui effleurant le bout du nez peut donc vivre cet individu pour ne pas comprendre qu’une fête nationale… célèbre une nation?

Il doit choisir: ou bien on fête un territoire – et qu’importe si des individus vivent ici sans s’intégrer à la majorité de la population – ou bien on fête un peuple. Et si on ne fête pas un peuple, si on ne célèbre qu’une idée d’un Québec en tant que territoire, une sorte d’abribus d’individus épars attendant un quelconque autobus vers l’éternité, comment peut-on justifier l’acceptation de toutes ses composantes tout en rejetant le drapeau qui représente les aspirations de près de 50% de la population?

En interdisant un drapeau plutôt qu’un autre sur le site de sa Saint-Jean anglicisée, Thibault donne raison à tous ses détracteurs. Lui qui se faisait le grand défenseur d’une vision édulcorée de fausse diversité culturelle, de la bonne-entente et de la nation tant que celle-ci ne veut rien dire, démontre aujourd’hui jusqu’où va sa conception de la pluralité. Fêter la St-Jean, d’accord, mais pas question qu’on y voit tel drapeau ou tel autre. Le tien est bleu et blanc, tu passes. Vert, blanc, rouge, tu ne passes pas. Noir, blanc, tu ne passes pas non plus.

Quelle sera la prochaine étape? Se fera-t-on fouiller à la recherche d’une carte de membre de la Société Saint-Jean-Baptiste, du Mouvement Montréal français ou du Parti Québécois? Jusqu’où doit-on reculer? L’année dernière, on nous enlevait notre fête francophone, cette année nos drapeaux; faudra-t-il faire un serment d’allégeance à la reine ou chanter le Ô Canada l’an prochain?

Qu’est-ce qui est pire, dites-moi? Exiger une fête nationale dans la langue de la nation en acceptant toutes ses composantes se reconnaissant dans notre langue commune ou faire la promotion d’une St-Jean faisant place à une langue étrangère et refusant l’accès à quiconque ne porte pas le bon drapeau? Qui fait preuve de tolérance, et qui refuse de considérer la diversité du peuple québécois?

C4, un problème explosif

Le problème avec cet événement est très simple: C4 est une entreprise à but lucratif. Privé, comme dans profits, intérêts, retours sur l’investissement. Même s’ils ont créé un OSBL fantoche appelé Société de développement des nouveaux événements culturels de Rosemont, une recherche rapide dans le registraire des entreprises nous permet d’y découvrir que Pierre Thibault se trouve derrière les deux organisations.

En fait, C4 a même volé la marque de commerce de l’Autre St-Jean, qui appartenait à l’Association culturelle Louis-Hébert (ACLH), un organisme à but non lucratif et qui organisait jusqu’alors la fête nationale du quartier. Comparez les deux extraits du registraire suivant: SODNEC et ACLH. L’Autre St-Jean, à l’origine, appartenait à l’ACLH, et Pierre Thibault, pour ne pas se faire accuser de privatiser ouvertement la fête, a donc créé son OSBL de façade pour obtenir des subventions et pouvoir organiser « sa » fête.

Et des subventions et de l’aide, il en a obtenues! Notamment de la part du bar Chez Baptiste, où travaille Marilyn Lacombe (la blonde de Thibault qui, selon plusieurs de mes sources, a eu énormément de difficulté à produire des factures réelles alors qu’elle gérait l’événement l’an dernier) qui, lors de la dernière campagne électorale municipale, a servi de quartier général officieux à François Croteau, aujourd’hui maire de Rosemont-La Petite-Patrie. Seriez-vous surpris d’apprendre que Croteau a accordé son appui à cette fête? Seriez-vous même étonné si je vous disais qu’il a appuyé l’OSBL de C4 en février… alors que celle-ci n’a été créée qu’en mars?

C’est d’une nébuleuse dont il s’agit. Des individus aux méthodes peu recommandables, faisant la promotion de leurs propres projets, et qui se foutent éperdument de la fête nationale des Québécois. Gratte-moi le dos, je te gratterai le tien; donne-moi de quoi garnir mon c.v. et moi je te supporterai le moment venu. Un réseau d’individus sans scrupules, prêts à tout pour mousser leurs carrières respectives et n’ayant pas le moindre problème à mépriser les Québécois venus, en toute naïveté, fêter leur fête nationale avec le drapeau représentant le mieux leur nation.

En fait, au-delà de la langue et du contrôle absolu – et abusif – des carriéristes à la tête de cette fête, il s’agit d’un exemple supplémentaire des dérives possibles lorsque nos élus se délaissent de leurs responsabilités et privatisent notre bien commun. Qu’on se le dise et qu’on le redise: la fête n’appartient pas à C4, à Pierre Thibault ou à Simon Jodoin, son sous-fifre de fouille-merde qui fait sa sale job de bras dans les médias. La fête appartient aux Québécois. C’est une possession collective.

On n’a pas davantage le droit de privatiser une fête, comme l’a permis François Croteau dans Rosemont, que de privatiser l’eau. La fête est à tout le monde, elle est vitale, elle nous transcende, elle nous rend fier, elle nous ressemble et nous rassemble. Peu importe la couleur de notre peu, notre habillement, notre âge, notre sexe, notre religion, notre drapeau, nous nous sentons interpellés par elle parce qu’elle fait partie de nous.

Et c’est cette partie de nous-mêmes qu’ont offert à C4 les élus de Rosemont. C’est ce profond respect de la diversité de notre nation, de notre ouverture aux diverses manifestations du nationalisme, aux différents drapeaux qui animent notre Histoire, qu’on souillé non seulement C4, mais ceux qui leur ont permis d’occuper l’espace public tout en se permettant de décider quel drapeau pouvait se manifester et quel drapeau devait rester cacher, bien loin dans le fond des poches de notre mémoire.

Notre fête nationale, nous la voulons inclusive. Nous désirons intégrer toutes les cultures à notre langue et à notre identité communes. C’est une foule de bleu et de blanc, mouchetée de vert-blanc-rouge et de quelques drapeaux noirs, venue écouter des artistes – même ceux n’ayant pas le français comme langue maternelle – chanter dans la langue nationale et se reconnaître en nous, qui fait la richesse de notre fête et qui représente sa réelle ouverture. Si on nous vole cette ouverture, si on nous enlève cette capacité à intégrer l’autre dans le respect de la diversité des formes de célébration de notre nation francophone, que nous reste-t-il? Ce n’est pas seulement un drapeau qu’on nous perquisitionne, c’est notre voix, celle de nos ancêtres qui sont morts pour que nous ayons, aujourd’hui, le droit de vivre dans la dignité.

Il serait peut-être temps de cesser d’offrir nos espaces publics et l’organisation de quelque chose d’aussi important que la fête nationale à un organisme privé, quand bien même se couverait-il de la fausse apparence d’un OSBL. Et si on rappelait aux François Croteau de ce monde que les Québécois rejettent toute forme de privatisation de leur Saint-Jean-Baptiste et n’acceptent pas de se faire dépouiller ni de leur identité, ni de leurs drapeaux?

Qui aurait cru qu’en 2010 le drapeau patriote serait toujours aussi dangereux pour les traîtres et les carriéristes!

À nous de démasquer ceux qui leur permettent de prospérer.

LouisPréfontaine

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8 pensées sur “Quand l’Autre St-Jean interdit le drapeau patriote

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    2 juillet 2010 à 9 09 39 07397
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    Personnellement, je commence à être un peu mêlé avec les différentes interprétations données au mouvement patriote de 1837; et, de plus, j’en ai un peu marre de cette propension à séparer les « bons francophones » des « mauvais anglophones » au Québec. Je n’aime pas qu’on essaie de me faire prendre des vessies pour des lanternes; et pour m’en prévenir j’ai l’habitude de vérifier à la source. Voyons, alors, ce qui en est réellement de cette rébellion de 1837. Ce sera peut-être un peu long, mais l’honnêteté intellectuelle m’y oblige. (Tiré de Wiki)

     »
    Le mouvement Patriote, réformiste, prit officiellement forme vers 1826 lorsque le Parti Canadien se transforma en Parti Patriote. Son but était d’obtenir la souveraineté de l’Assemblée en limitant les pouvoirs du gouverneur. Ce dernier ne voulant rien céder, met certains des députés Patriotes en prison pour motif d’agitation populaire. Toutefois, certains patriotes se font élire même depuis leur cellule.

    Le conflit, qui a perduré trois décennies, se radicalise durant les années 1830, alors qu’un conflit similaire se développe dans le Haut-Canada. »

    Donc, le même combat, pour les mêmes buts, se fait chez les canadiens anglais du Haut-Canada.

    « En 1834, les Quatre-vingt-douze Résolutions sont présentées devant la Chambre d’Assemblée. Parmi les demandes : un gouvernement responsable, l’élection des membres du conseil législatif et avoir plus d’habitants canadiens à l’administration du pays. Celles-ci sont envoyées au Parlement d’Angleterre, mais sont refusées par le ministre britannique John Russell, qui lui-même proposera, en 1837, ses 10 résolutions. Le tout se transforme finalement en un affrontement armé, au moment même où plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, la Grèce ou l’Irlande, subissent eux aussi des insurrections similaires. »

    Le Bas-Canada n’est donc pas seul dans ce genre de revendications. Cela me surprendrait énormément que la Grèce, l’Irlande ou l’Allemagne revendique le « fait français ».

    « L’Assemblée des Six-Comtés fut une assemblée de chefs patriotes et d’approximativement 6 000 partisans tenue à Saint-Charles, au Bas-Canada, aujourd’hui le Québec, le 23 et 24 octobre 1837, malgré la proclamation du 15 juin du gouvernement interdisant les assemblées publiques. Présidée par Wolfred Nelson et Louis-Joseph Papineau elle est la plus célèbre des nombreuses assemblées populaires tenues cette année-là pour protester contre les Résolutions Russell. »

    Wolfred Nelson n,est sûrement pas un Canadien français de souche.

    « Les chefs patriotes étaient en majorité des descendants des colons de Nouvelle-France comme Louis-Joseph Papineau. Cependant, on retrouve également de nombreux intellectuels francophiles de la minorité anglaise et irlandaise, dont le docteur Robert Nelson et son Frère Wolfred, ainsi que l’Irlandais Catholique Edmund Bailey O’Callaghan. Il est significatif que le bas clergé ait eu des sympathies pour les Patriotes alors que le haut clergé s’est associé au pouvoir britannique. »

    Tiens tiens! Le haut clergé est anglicisé! Étonnant, non?

    « La Société des Fils de la Liberté était un groupe paramilitaire fondée au mois d’août 1837 qui tient sa première assemblée publique le 5 septembre de cette même année. Entre 500 et 700 jeunes ont participé à cette assemblée. Les membres de la Société des Fils de la Liberté calquaient leurs visés sur un groupe qui avait existé lors de la Révolution Américaine du nom de Sons of Liberty. »

    Influence américaine chez nos « patriotes ». Cela replace les faits dans le contexte quelque peu.

    « C’est à l’assemblée des Six-Comtés, le 23 octobre 1837, que le mouvement patriote approuve solennellement l’organisation des Fils de la Liberté. L’organisation des Fils de la Liberté disparaît peu de temps après l’échauffourée avec le Doric Club du 6 novembre et devient clandestine, soit suite à l’émission des mandats d’arrêt contre les leaders de l’association, dont Papineau, O’Callaghan, Brown et Ouimet, le 16 novembre 1837. »

    Deux anglais et deux français unis dans un même combat pour l’équité gouvernementale. C’est assez clair. Allons-nous qualifier ces « anglais » de « traîtes à leur nation? ». Il faudrait être drôlement culotté!

    « Après le rejet des demandes de réformes, une série d’assemblées publiques par les chefs du Parti Patriote enflamme les passions durant l’été de 1837. Les affrontements débutent, le 6 novembre par une échauffourée entre les membres des groupes paramilitaires des deux camps, soit les gens du Doric Club et ceux de la Société des Fils de la Liberté.

    La Bataille de Saint-Denis est un combat livré le 23 novembre 1837. Elle opposa les 200 patriotes du docteur Wolfred Nelson aux 300 Britanniques de Sir Charles Gore, et prit fin avec la victoire des Patriotes. Cette bataille fut l’unique succès remporté par les Patriotes lors de ce conflit. »

    Unique succès remporté par un « patriote » anglais. C’est un peu gênant, je dirais.

    « À la mi-novembre 1837, les Britanniques décident de lancer l’armée contre les Patriotes et ordonnent d’arrêter leurs chefs. Sous la conduite de Thomas Storrow Brown, de Montréal, les Patriotes du comté de Richelieu s’emparent du manoir du seigneur Pierre Debartzch et l’entourent de fortifications, pendant qu’à Saint-Denis, ils se regroupent autour de Wolfred Nelson. »

    Thomas Storrow Brown; un autre « anglais » qui conduit des « patriotes ».

    « La Bataille de Saint-Charles : Le 25 novembre 1837, l’armée britannique est déterminée à écraser la résistance patriote. Le sort de la rébellion dans le Bas-Canada se joue à Saint-Charles, dans la vallée du Richelieu. Deux cent cinquante Patriotes sont retranchés derrière une barricade autour du manoir seigneurial. La Bataille de Saint-Charles se termine dans un bain de sang. Cent cinquante Patriotes meurent au combat tandis que trente soldats anglais sont tués. Louis-Joseph Papineau, Wolfred Nelson, Jean-Philippe Boucher-Belleville et des centaines de Patriotes fuient la vallée et se réfugient aux États-Unis. D’autres sont capturés et emprisonnés à Montréal, au Pied-du-Courant, dans des conditions difficiles.

    La Bataille de Saint-Eustache eut lieu le 14 décembre 1837. Selon John Colborne, commandant en chef des forces armées dans les colonies du Haut et du Bas-Canada, les chefs rebelles du comté des Deux-Montagnes Girouard, Girod, Chénier, Masson et Chartier étaient les plus actifs de la révolte et mieux préparés à une résistance armée que leurs compatriotes du Richelieu. Le 14 décembre, à la tête de plus de 1200 soldats et volontaires, le général John Colborne se lance à l’attaque de la localité. Les Patriotes sont barricadés à l’intérieur du couvent, du presbytère et de l’église locale. Jean-Olivier Chénier, devenu commandant en chef de la Résistance, se réfugie avec 300 Patriotes dans l’église.

    À 11h15, les Patriotes sonnent le tocsin qui annonce au village l’arrivée de l’ennemi. Vers 4h30, le village de Saint-Eustache est en flamme. Les volontaires loyalistes sont responsables de l’incendie d’une cinquantaine de maisons sur les 65 qui sont brûlées. Les autres étant le fruit des soldats britanniques12. La plupart des résidences du village sont victimes du pillage par les soldats et les volontaires. Près de 70 Patriotes ont trouvé la mort dans la bataille de Saint-Eustache, ainsi que dix soldats anglais.
    Robert Nelson et ses partisans, après l’insurrection manquée de 1837, se sont réfugiés aux États-Unis. Ils y organisent deux invasions en 1838. Une première invasion du Bas-Canada est tentée le 28 février. Les six ou sept cents rebelles, commandés par les docteurs Côté et Nelson, quittent le Vermont dans le but de traverser la frontière. Arrivés au lieu de campement, situé à un mille de la frontière, les rebelles proclament Robert Nelson président de la République du Bas-Canada. Ce dernier lit sa Déclaration d’indépendance du Bas-Canada qui pose des revendications très progressistes pour l’époque. Le Bas-Canada y est auto proclamé république indépendante et le peuple est déclaré absout de toute allégeance à la couronne britannique, jette les bases du nouvel État : séparation de l’Église et de l’État, droits égaux pour les Blancs et les autochtones, abolition du régime seigneurial, liberté de presse, égalité des langues française et anglaise, etc. »

    C’est malheureux que cette auto proclamation de la république indépendante du Bas Canada n’ait pas réussie. Nous n’aurions plus de problèmes avec les « anglais » car nous serions une « nation Bas-Canadienne ».

    « La Bataille de Beauharnois : Les Loyalistes s’emparèrent de plusieurs habitants du village et les gardèrent prisonniers dans le moulin du village. Les Loyalistes du Haut-Canada mirent le feu dans le village et pillèrent plusieurs maisons. Après quelques jours, soit le 1er décembre, les Patriotes furent transférés à la prison de Montréal, où ils furent jugés et condamnés.

    La Bataille de Lacolle : Le nouveau groupement patriote appelé Les chasseurs décident de faire une halte à Lacolle afin de voler des armes aux volontaires loyaux aux Britanniques de cette région. Une fois sur les lieux, un petit groupe de chasseurs décide de faire prisonnier Nelson, le soupçonnant de vouloir fuir les lieux de la bataille. Ils ligotent également Trépanier et Nicholas et les envoient tous trois au camp de Lacolle. Ils les libèrent cependant après que ces derniers les aient convaincus de leur fidélité envers le mouvement d’insurrection. La Bataille de Lacolle se déroula le 7 novembre 1838 entre les forces des volontaires Loyalistes du Haut-Canada sous le commandement du Major John Scriver et les rebelles du Bas-Canada sous le commandement du Colonel Ferdinand-Alphonse Oklowski. Le 6 novembre, les rebelles patriotes gagnèrent une première escarmouche mais perdirent la confrontation finale le jour suivant. »

    Oklowski? Drôle de consonnance francaise!

    « La Bataille d’Odelltown : Afin de rétablir les relations avec la frontière, Robert Nelson et l`armée Patriotes tente de marcher sur Odelltown. Devant la marche de cette armée, les volontaires loyalistes retraitent jusque dans l`église d`Odelltown où s`établit un front qui va au-delà de Fisher`s Tavern. Après plusieurs fructueuses sorties, les volontaires font reculer les rebelles grâce aux renforts britannique. Les rebelles retraitent ensuite sur Napierville avant de se disperser devant la venue des troupes régulières dépêchées de Montréal. À la suite de cette bataille, certains se sauvent vers la frontière américaine, d`autres se réfugient en région pendant que le Major Hébert, Charles Hindelang et le reste de leurs hommes marchent vers Napierville. Découragé, Robert Nelson quitte le Bas-Canada pour les États-Unis. Entre temps, Colborne avait pris la route de Napierville au commande d`une armée de 5 000 hommes. En marchant vers le grand camp, les Frères chasseurs sont informés que Colborne et sa troupe ne sont qu`à une demie lieue de là, mais ils n`arriveront à Napierville que dans l`avant-midi du vendredi 10 novembre alors que la majorité des rebelles ont déjà quitté les lieux. Ne pouvant s`organiser suffisamment vite, les chefs patriotes renoncent à toute riposte après la tenue d`un conseil de guerre. Par la suite Colborne se rend à Odelltown pour prendre connaissance de la situation près de la frontière. Hindenlang essaie de gagner la frontière Américaine dans la nuit du 9, mais il est arrêté le samedi 10 novembre. Le Major Hébert quant à lui y parvient après s`être caché toute la nuit.

    Le 25 septembre 1839, 58 patriotes, condamnés à l’exil, quittent Québec à destination de la Nouvelle-Hollande , qui était en ce temps là le continent prison des Britanniques, à bord de la frégate anglaise Buffalo, commandée par le capitaine Wood.
    Le Canada-Uni fut ainsi créé en 1840 à la suite de l’Acte d’Union.
    Elle visait à assimiler les Canadiens-Français, et donc d’éliminer la possibilité de récidive, en les submergeant dans une mer anglaise toujours en augmentation grâce à l’immigration venant du Royaume-Uni.
    Les Canadiens-français réagirent par la revanche des berceaux, sous l’impulsion de l’Église catholique, pour maintenir leur nombre relatif. Ils utilisèrent également les discussions lors de la (Conférence de Charlottetown) pour reformer une province francophone et catholique distincte, le Québec.
    La Journée Nationale des Patriotes est empreinte de commémorations à caractère historique afin de souligner le soulèvement des Patriotes de 1837-1838. La Journée Nationale des Patriotes est un jour férié et chômé au Québec le lundi qui précède le 25 mai de chaque année. Instaurée en novembre 2002, mais célébrée pour la première fois en mai 2003, les Québécois profitent de cette journée pour « souligner l’importance de la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance de leur nation, pour sa liberté politique et pour l’établissement d’un gouvernement démocratique ». Avant 2003, le lundi précédant le 25 mai de chaque année était la Fête de Dollard, instituée dans les années 1920 afin de concurrencer la Fête de la Reine (Victoria Day) qui est célébré au Canada Anglais. Cette journée vise à inciter les jeunes à résister aux valeurs monarchiques anglaise en suivant l’exemple des Patriotes qui ont combattu pour la liberté et la démocratie au Bas-Canada. »

    J’espère qu’il est maintenant assez clair que les patriotes n’ont jamais voulu exclure les anglophones de la « nation québécoise »; puisque les patriotes ne faisaient aucun cas de la nationalité originelle de leurs adhérents. Ce qu’ils ont obtenus, est une province où l’identité culturelle de chacun des citoyens était protégée. Cela ne se limitait pas exclusivement à l’identité « francophone » de la majorité. Il nous faut cesser de vivre à l’époque où la politique britannique était d’inonder les « francophones » dans un océan « d’anglophones »; cette volonté des autorités date de plus de 150 ans. Il nous faut continuer à faire notre place dans la société économique en tant que francophones sans, pour autant, combattre les « patriotes » de culture linguistique différentes.

    Le vrai problème actuel est d’établir une société qui répond aux besoins de chacun des individus vivants au Québec. Et pour y arriver, il ne suffit que de développer la conscience sociale de chacun des individus dans un respect des différences de chacun.

    De toujours brandir le flambeau de la nationalité exclusive francaise cache un intérêt de certains qui provoque chez moi, des inquiétudes importantes. C’est, à tout le moins, faire preuve de manipulation des émotions des individus qui n’a jamais aboutit à quelque chose de positif historiquement.

    En résumé, je n’aime pas qu’on me prenne pour un imbécile.

    André Lefebvre

    « 

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    2 juillet 2010 à 10 10 19 07197
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    @ André Lefebvre

    Il est admis par tous, je crois, que les troubles de 37-38 n’étaient pas essentiellement liés à la question linguistique, mais à celle de la représentation populaire. Ils ressemblaient aux revendications ayant mené à l’indépendance des USA, s’inscrivaient dans une démarche républicaine qui couvait un peu partout dans le monde et, s’ils avaient réussi, aurait sans doute conduit rapidement à la création au Canada de un ou deux nouveaux états américains….

    Cela dit, ils ont été une manifestation, entre autres, d’un désir de souveraineté du peuple qu’on dit aujourd’hui québécois et, à ce titre, méritent d’être mis en évidence, comme l’expression d’un certain courage, même s’ils le sont aussi d’une certaine ineptie. Pensez à la Commune de Paris…

    P.S. Je vais reprendre votre long commentaire en article.

    Votre éditeur

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    2 juillet 2010 à 10 10 37 07377
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    Le dernier article de la déclaration d’indépendance de Wolfred Nelson du 28 février 1838 statue sur le bilinguisme de la république qu’il voulait fonder :

    Article 18 : [Nous déclarons solennellement] Qu’on se servira des langues Françaises et Anglaises dans toute matière publique.
    http://tinyurl.com/25oztuw

    Voici aussi une entrevue avec Jacques Lacoursière dans laquelle il explique que les patriotes n’étaient pas un mouvement francophones contre anglophones, mais avant tout républicain et antimonarchiste.

    http://tinyurl.com/2g8v9ax

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    2 juillet 2010 à 13 01 46 07467
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    Très heureux que nous soyons tous d’accord.

    « Il est admis par tous, je crois, que les troubles de 37-38 n’étaient pas essentiellement liés à la question linguistique, mais à celle de la représentation populaire. »

    Sauf que ce que nous entendons aujourd’hui des patriotes est « essentiellement » la question linguistique. Et à ce niveau, l’article 18, ci-haut mentionnée clarifie la situation. Merci beaucoup à vous deux.

    André Lefebvre

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    2 juillet 2010 à 14 02 41 07417
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    J’en profite pour vous remercier, M. Guillaume Lamy, pour ce lien.

    La lecture de cette déclaration d’indépendance est d’un intérêt capital pour comprendre vraiment la situation de cette nouvelle nation du Bas-Canada de l’époque.

    J’ai eu énormément de plaisir à me rendre compte de la qualité intellectuelle et sociale de ces hommes braves qui ont défendu leur peuple. Rien de comparable avec ce que nous voyons aujourd’hui.

    Encore une fois, merci!

    André Lefebvre

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    3 juillet 2010 à 15 03 03 07037
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    C’est ça qui arrive mon Louis quand tout le monde pense en termes collectifs et se range dans un des camps conçus pour diviser les serfs : anglais -vs- français; pur laine -vs- néoquébécois; Québécois -vs- immigrants; catholiques -vs- musulmans et protestants; noir -vs -blanc; riche -vs- pauvre.

    J’ai dû en oublier quelques-uns mais c’est ça que ça donne une société collectiviste.

    Dis-moi Louis, se faire baiser en français par un Québécois, c’est tu mieux que se faire baiser dans une autre langue par un étranger?

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    3 juillet 2010 à 17 05 57 07577
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    Dès qu’on se range dans un camps, on laisse derrière soi son libre arbitre.

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