Qu’est-ce que les couples heureux font de mieux que les couples malheureux?

 

Il y a une distinction entre un couple heureux et un couple heureux à long terme

Tous les couples sont heureux lors de la phase de séduction, de préparation de mariage et de la lune de miel. Un couple heureux se bâtit à long terme, une fois certaines phases dépassées.

Le couple d’aujourd’hui et ses besoins

Le couple d’aujourd’hui est davantage une association entre deux personnes qu’une unité en soi.  Le couple est formé d’un homme et d’une femme, ou de deux personnes du même sexe qui s’aiment, qui possèdent chacun des besoins et des désirs dont la réalisation et la satisfaction dépendent de la présence de l’autre. Il n’y aurait aucun problème, aucun conflit, si les besoins et désirs de chacun étaient identiques et se présentaient dans le même ordre de priorité – LA DIFFICULTÉ EST QU’ILS SE PRÉSENTENT RAREMENT DANS LE MÊME ORDRE DE PRIORITÉ. Pour qu’un couple soit heureux, les besoins relationnels de chacun – se dire, être entendu, être valorisé, être reconnu et avoir une intimité profonde – doivent être entendus, comblés et respectés.

Les différences entre les hommes et les femmes ne tiendraient qu’à un chromosome sur 46, soit 2,17 %

Les différences entre les hommes et les femmes viendraient en partie de la constitution de la 23e paire de chromosomes! Car même si les 22 paires de chromosomes sont semblables chez l’homme et la femme, il en va tout autrement pour le 23e chromosome qui détermine l’identité sexuelle génétique de la personne. La 23e paire est constituée d’un premier chromosome sous forme d’un pour tous, et d’un deuxième chromosome : soit un autre X pour la femme et, pour l’homme, un chromosome Y. Le deuxième X est constitué de 1 078 gènes, alors que le chromosome Y ne rassemble que 98 gènes, tous différents des gènes du premier X, faisant ainsi de l’être humain mâle un être différent de l’être humain femelle. Les différences entre les hommes et les femmes ne tiendraient donc, de l’avis du psychologue Yvon Dallaire, qu’à un chromosome sur 46, soit 2,17 %.

La passion et ses ravages – les désirs contradictoires de la fusion et de l’autonomie

N’est-il pas merveilleux de tomber amoureux d’une personne? Immédiatement, la vie se transforme et on se sent plus beau, plus fort, plus connecté à la vie. La passion nous transporte dans des états d’être qui nous font exprimer pendant un certain temps un sentiment d’immensité qui donne foi en soi et  dans la vie et le bonheur. C’est particulièrement dans la première étape de la relation amoureuse, la passion, que le désir de fusion se manifeste le plus. C’est le moment où les deux partenaires ont vraiment l’impression DE NE FORMER QU’UN. Les deux amoureux ne voient plus clair, ils confondent passion et amour. Cette lune de miel, malheureusement, ne dure qu’un temps (de quelques mois à deux ans), car une fois son besoin de fusion satisfait, l’un des deux partenaires voudra recouvrer son indépendance et son autonomie. De nouveau, il voudra être unique, différent, autonome.

C’est pourquoi la passion posséderait en elle-même selon Delis et Phillips, le germe de destruction, au même titre que manger fait disparaître la faim et qu’il faut ABSOLUMENT cesser de manger pour la retrouver. Tous les couples se trouvent ainsi confrontés à deux forces opposées et complémentaires : le désir de fusion et le désir d’autonomie.

Tout comme la passion et le désir de fusion portent en eux-mêmes le germe de destruction, le désir d’autonomie porte le germe de sa disparition puisque lorsqu’il est satisfait, revient alors le désir de fusion! Comme deux personnes ne peuvent avoir les mêmes besoins et les mêmes désirs, surtout dans le même ordre de priorité, il s’ensuit une dysharmonie, d’autant plus grande que la différence d’intensité de ces besoins et de ces désirs est vaste entre les deux partenaires.

Les couples heureux établissent un équilibre entre les moments de fusion et les moments de distanciation

Toujours selon le psychologue Yvon Dallaire, les couples heureux sont ceux qui savent établir un équilibre entre les moments de FUSION (satisfaction mutuelle des désirs et des besoins) et les moments de DISTANCIATION, DE SÉPARATION (moments où ils peuvent vivre le sentiment du MANQUE lié à l’absence et se retrouver l’appétence de se revoir). Les couples heureux PASSENT DE LA FUSION (disparition des différences) à l’INTIMITÉ partagée (reconnaissance des différences). Les couples heureux réussissent à établir un équilibre mouvant entre les deux forces de la fusion et de l’autonomie.

Ils n’entretiennent pas les différends, tout en acceptant les différences. Ils sont même capables de reporter des échanges douloureux s’ils sont trop émotifs, désireux de ne pas jeter leur venin sur l’autre. Les couples heureux développent des dynamiques que n’utilisent pas les couples malheureux.

Les couples malheureux utilisent des scénarios destructeurs

Les couples malheureux n’ont que trop tendance à utiliser des dynamiques désastreuses et des scénarios destructeurs. Les couples malheureux qui ne parviennent pas à surmonter le paradoxe de la passion ne réussissent JAMAIS à établir un équilibre mouvant entre les deux forces de la fusion et de l’autonomie. En conséquence, ils se retrouvent dans un déséquilibre permanent dans lequel UN DÉPENDANT ÉMOTIF fait face à un CONTRE-DÉPENDANT ou à un DOMINANT. Le dépendant est fusionnel et constamment en attente. Il a l’impression que ses besoins et ses désirs ne sont jamais satisfaits. Il croit que c’est l’autre qui a le contrôle. Le contre-dépendant ou dominant est aussi un fusionnel, car en tenant l’autre à l’écart, c’est une façon de vouloir que l’autre soit comme lui, un contre-dépendant, et cette attitude est le signe d’un comportement fusionnel. Le contre-dépendant souffre dans sa relation.

Les couples heureux savent établir une juste distance entre eux

Les couples heureux comprennent qu’il y a une grande différence entre intimité (reconnaissance des différences) et fusion (disparition des différences.) Les partenaires se reconnaissent comme des êtres libres et autonomes. Cette juste distance ne peut être créée qu’entre deux personnalités bien établies, avec des frontières bien déterminées, sans être hermétiques. Sachant que la fusion émotive signifie la perte de soi, les couples heureux ont appris à se différencier de l’autre, et à compter sur eux pour la satisfaction de leurs besoins.

Les couples malheureux ne comprennent pas que la fusion n’est pas de l’intimité

Les couples malheureux ont de la difficulté à saisir que la fusion n’est pas de l’intimité puisque celle-ci implique deux personnes différenciées. La fusion fait disparaître les différences et exige la conformité. Les partenaires refusent que l’autre puisse exister en soi et pour soi. Ils ont constamment besoin de l’approbation de l’autre. Les couples malheureux comptent sur l’autre pour la satisfaction de leurs besoins, et ne se sont pas détachés du rêve fusionnel symbiotique vécu dans le sein de leur mère.

Les couples heureux savent que le couple n’est pas deux, mais trois

Chaque membre dans le couple privilégie la relation en comprenant qu’ils sont TROIS :

  • l’un et l’autre
  • et la relation qui les relie

La structure conjugale devient donc TRINITAIRE, figure tirée de la THÉORIE DES ENSEMBLES ou de L’APPROCHE SYSTÉMIQUE :

  • deux entités réelles partagent un espace commun : LE COUPLE
  • ceci constitue TROIS SYSTÈMES

Les couples heureux accordent du temps à ces trois entités, soit pour l’un et l’autre, et du temps aussi pour leur couple en justes proportions.

Les couples malheureux croient qu’ils doivent tout partager

Dans leurs échanges et communications, les couples malheureux accusent l’autre d’être responsable de l’échec de leur union. Soit un manque d’implication, de motivation, de présence,  ou trop de possession. Les couples malheureux vivent le syndrome de la recherche d’un nouveau partenaire. Après leur phase heureuse de séduction et de la lune de miel, de la passion, ils partent à la recherche d’un nouveau partenaire et recommencent le même scénario : séduction, lune de miel, lutte pour le pouvoir, puis séparation. Un cycle infernal qui se reproduit à l’infini.

Les dommages vécus par les couples malheureux

Les ravages faits par les relations amoureuses difficiles sont nombreux. En voici quelques-uns :

  • augmentation du risque de maladies de 35 % et vie écourtée de quatre années (chercheurs Lois Verbrugge et James House de l’Université du Michigan)
  • les couples malheureux sont plongés dans un état d’irritation physiologique permanent – un état chronique de stress physiologique et psychologique
  • accélération du vieillissement du corps et de l’esprit
  • problèmes cardiaques, hypertension artérielle, symptômes psychiques, tels l’anxiété, la dépression, la violence, l’alcoolisme, les toxicomanies

Les avantages de vivre une relation d’amour heureuse

L’objectif d’une relation de couple est, bien sûr, l’amour. L’amour va se construire au-delà de l’attirance, des premiers émois, des fantasmes, pour passer à l’espérance et à la connaissance. Une naissance avec l’autre. L’amour, l’amour, l’amour! L’amour est ce que nous cherchons tous. Cet amour vit déjà au fond de nous-mêmes. Je crois que la meilleure manière de magnétiser l’amour est de ressentir l’amour en soi et pour les autres. Gratuitement.

Voici quelques avantages de vivre une vie maritale heureuse, stable et à long terme :

  • taux de suicide plus faible
  • vie prolongée et meilleure santé que les personnes malheureuses en ménage ou mal à l’aise dans leur célibat
  • être heureux!

En fait, il semblerait que la plupart des conflits de couple sont insolubles. Le psychologueYvon Dallaire invite donc les couples à un changement radical de notre regard en nous proposant DE NE PLUS FUIR dans la recherche de solutions, mais dans L’ACCEPTATION d’une évolution des positions dans un conflit. Les couples heureux acceptent de vivre avec des désaccords permanents.

Chers lecteurs et chères lectrices, je vous souhaite une belle journée, et surtout, de vivre harmonieusement l’amour, si tel est votre désir.

CAROLLE ANNE DESSUREAULT

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Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

4 pensées sur “Qu’est-ce que les couples heureux font de mieux que les couples malheureux?

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