Qui suis-je!!!

 

Qui suis-je?

 

-Salut André. J’ai une question pour toi.

– Ouais : moi, ça va très bien; merci beaucoup; et toi, la santé? Si tu as une autre question, tu sais très bien que je n’aime pas les devinettes.

-Ce n’est pas une devinette; c’est une question très sérieuse; mais moi aussi ça va très bien; merci.

-D’accord. Alors vas-y avec ta question.

– Voilà; je voudrais que tu me dises qui tu es. En clair, la question est : Qui es-tu, André?

-Tu te moques de moi? On se connaît depuis 14 ans!!!

-Moi, je ne connais que ce que je vois de toi. Je connais celui que j’ai « fabriqué » dans ma tête au moyen de ma perception plus ou moins performante. Ce qui n’est pas toi du tout. Ma question est beaucoup plus intime. Qui es-tu… vraiment?

-Ça ne te regarde pas. Contentes-toi de celui que tu connais « dans ta tête ».

-Celui que je connais n’a rien à voir dans la question. C’est ce que tu connais de toi-même qui est en cause.

-Et tu crois que je ne me connais pas? Tu dérapes ou quoi?

-Est-ce que tu te connais?

-Bien sûr que je me connais.

-Alors qui es-tu?

-Je suis André Lefebvre, né il y a…..assez longtemps. J’ai un père et une mère comme tout le monde et je ne te donnerai pas mon no d’assurance sociale. Mais si tu veux voir mon permis de conduire avec photo, je peux te le montrer. J’ai également un corps comme tu peux le constater. Ah oui; j’oubliais, j’ai aussi un esprit qui me sert à te comprendre et formuler des réponses à tes questions.

-Mais rien de tout ça n’est toi; ce sont tes « possessions ». Ton nom t’appartient mais il n’est pas toi, Ton père et ta mère sont ta « source » mais cette source n’est pas toi. Ton no d’assurance sociale n’a rien à voir avec toi, mais plutôt, tout à voir avec la société qui te fournit une identité. Quant à ton permis de conduire c’est tout simplement une confirmation de cette identité sociale. Rien de tout ça n’est toi. Quant à ton corps et ton esprit, tu le dis toi-même en disant : « j’ai un… » Donc ce n’est pas encore toi mais toujours tes « possessions ». Je veux connaître le « propriétaire ».

– Alors je suis qui?

-C’est là ma question.

-Je suis celui qui te parle. Ça va-t-y comme ça?

– Non ça ne va pas. Tu parles, mais c’est de « celui qui parle » dont il est question. Toi, qui parle; qui es-tu?

-Tu commences à m’échauffer dangereusement les oreilles. Tu devrais arrêter. Et toi, qui es-tu? Peux-tu me le dire?

-Je suis celui qui, actuellement, te demande qui tu es.

-Et moi, je suis celui qui, actuellement, te répond. Voilà! C’est réglé.

-Peut-être, mais, tu ne réponds pas à la question.

-Il n’y a pas de réponse à ta foutue question.

-Est-ce à dire que tu n’es pas?

-Bien sûr que non. Il est bien évident que « je suis ».

-Dans ce cas, tu devrais être capable de me dire qui tu es?

-D’accord; Je suis, hummmm… tout simplement… « celui qui est ».

-Ça c’est curieux; c’est exactement la réponse à laquelle je suis moi-même arrivé, lorsque je me suis posé la même question. Est-ce que nous serions tous les deux le même « être » en différentes personnes?

-Fout-moi la paix, sinon je te fais interner dans un asile psychiatrique.

-HUmmmm. Salut! À la  prochaine.

-Ouais! Disons, l’année prochaine. Salut!

 

Amicalement

Elie l’Artiste

 

12 pensées sur “Qui suis-je!!!

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    19 août 2011 à 9 09 13 08138
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    Désorienté par le vertige de son ignorance, « je suis » cherche où poser le pied, empêchant que son existence ne s’écroule dans l’abîme de l’insignifiance. « Qui suis-je? » « Où vais-je? » « Que dois-je? » mumure-t-il, les dents serrés. Pourtant, dans un dernier espoir, il opine. Soutenu par son propre désespoir, il écrit.
    Devant la solitude et la précarité, la souffrance et l’ignorance de « celui qui est », la question se pose et la réponse s’impose, ne laissant qu’une solution, La Quête du sens; l’observation et la recherche, la réflextion et la compréhension, l’organisation et la mise en ordre du Monde en sont le centre, et y trouver sa place devient le seul véritable objectif.

    Avec Descartes, la pensée s’inscrit comme la panacée de l’existence. Pourtant, savoir que j’existe ne résout rien. Face à nos angoisses, « pourquoi? » est la vrai question. « Pourquoi je vis, pourquoi je meurs? ».

    « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? » – Leibniz, philosophe (1646 – 1716)

    Le réel problème de l’Homme est l’appréhension de sa finitude, de sa mort. Contrairement aux autres créatures qui l’entourent, l’Homme sait qu’un jour il va mourir.

    N’est-il pas plus agréable et plus apaisant de vivre sans se poser ces terribles questions? De s’occuper autour de son BBQ pendant que le monde tremble? Sans doute. Mais alors de quelle vie vivons-nous? En réalité, ne pas penser au sens de sa vie, c’est se contenter de vivre, à la limite, comme vit l’animal. La différence majeure est qu’on choisit, nous, cette voie; on accepte de ne pas penser au sens de sa vie. On répond donc toujours à la question du sens de la vie en choisissant de ne pas y répondre.

    « Ainsi, Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser. » – Pascal, philosophe (1623-1662), Pensées, 134.

    Puisqu’il se pose la question du sens, l’homme, en être conscient, ne fait pas que « vivre », « il existe ». S’interroger sur le sens, c’est s’interroger sur la signification : qu’est-ce que ça veut dire « exister » ? Qu’implique le fait d’être? S’interroger sur le sens, c’est aussi s’interroger sur la direction: vers quoi mon existence doit-elle tendre pour ne pas sombrer dans l’absurde ?

    Le crapaud et le crocrodile

    Un crapaud à demi caché derrière une poutre
    sans coassement, sa peau aidant en outre
    faisait peur aux passants, en imitant le crocodile
    Son manège valorisant lui permettait de vivre innocemment
    Un crocrodile qui passait par là, espérant une idylle
    s’en approcha, et d’une bouchée, le dévora allègrement

    À prendre l’autre comme voie
    finalement ne trompe que soi.

    Cette fable représente l’état d’esprit dans lequel se retrouve « je suis », face à son avenir en cette traversée du désert. Ayant perdu contact avec sa propre réalité, pas à pas dans le vide du désespoir, obsédé par la souffrance, il lui est impossible d’entendre raison.

    « Écoute-toi, soit centré » se répète-t-il, tourné tout entier vers l’intérieur de son être, emmuré dans la relation illusoire qu’il entretient avec ses émotions, convaincu que seuls ses impulsions peuvent le guider vers le chemin de la délivrance. Persuadé que son intuition est la réalité et qu’elle lui apportera la solution, la quête initiale de « celui qui est » s’est peu à peu transformée en fuite. Croyant maitriser son rêve, il en est devenu le Valet, ignorant que sa puissante illusion en est la Reine.

    AS (Ose savoir!)

    p.s. ce texte n’est pas un copier-coller, les extraits originent de mon livre personnel.

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    19 août 2011 à 13 01 04 08048
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    Il serait peut-être préférable d’oublier le raisonnement de Descarte qui dit qu’il « est » parce qu’il « pense »; quand, en réalité, il « pense » parce qu’il « est ». Comme l’indique assez bien l’article.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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      19 août 2011 à 14 02 02 08028
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      Votre texte ne démontre en rien votre prétention.

      Les existentialistes seront d’accord avec votre prososition « l’existence précède l’essence »; le dasein, ou encore « Il n’y a rien à faire, il faut se résigner et attendre », ce qui explique vos invitations à rester chez soi autour du BBQ pendant que le monde se transforme.

      AS

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        19 août 2011 à 14 02 31 08318
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        « Votre texte ne démontre en rien votre prétention. »

        🙂

        Curieux. Il me semblait qu’en disant que « mon esprit » était quelque chose dont j’étais le « propriétaire », indiquait que cet esprit ne pouvait être « moi », et qu’il fallait que le propriétaire « soit » avant qu’il puisse « penser ».

        Je vais me relire. Je ne comprends probablement pas ce que j’écris. 😉

        Amicalement

        Elie l’Artiste

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          19 août 2011 à 14 02 34 08348
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          À noter qu’à ce moment-là, l’essence est le « soi » et non l’esprit.

          Mais est-ce que je ME comprend bien?

          Reste à savoir.

          Amicalement

          Elie l’Artiste

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          • avatar
            21 août 2011 à 7 07 03 08038
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            «Je ME Moi»; … tourné tout entier vers l’intérieur de son être, emmuré dans la relation illusoire qu’il entretient avec ses émotions, convaincu que seuls ses impulsions peuvent le guider… persuadé que son intuition est la réalité…
            «Je ME Moi»; l’école des individualistes.
            «Je ME Moi»; Un pour tous et tout pour Moi.

            Je terminerai avec vous en explicant l’image du fou que je vous ai présenté plus haut dans mon premier commentaire:

            En Grèce antique, on avait surnommé une catégorie de philosophes « Cyniques » (qui veut dire chien en grec) ceux qui, se promenant sur les places publiques, interrrogaient les gens pour les faire réfléchir, en tirant sur leurs vêtements, comme un chien le ferait pour attirer notre attention.
            Le lynx est un animal dont la vue perçante est efficace même à la noirceur. Pousuivant le Fou sur l’image, il est le symbole du Cynique(chien) harcelant sans cesse l’Homme par ses questions.

            Le lynx, ce sont nos petites et grandes interrogations dans les jours sombres ou claires de notre existence.

            Devant le Fou, sur l’image, se cache un animal derrière une poutre. Est-ce un crapaud ou un crocodile?

            Le fait même d’être est de l’ordre du constat. Lorsque Descartes tente de trouver des choses certaines, au début des Méditations métaphysiques, il opère un doute systématique pour ne pas replonger dans des opinions trompeuses. Il doute de tout sans pour autant être certain que ces choses soient incertaines, sinon il ne douterait plus.

            « Et si notre existence n’était qu’un rêve? ». – Descartes

            AS

          • avatar
            21 août 2011 à 9 09 08 08088
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            « ceux qui, se promenant sur les places publiques, interrrogaient les gens pour les faire réfléchir »

            Si je me rappelle bien c’était ce que faisait Socrate. Non pas tirer sur les vêtements, mais poser des questions pour faire réfléchir.

            L’appellation de « cynique » fut probablement donnée par ceux qui ne réfléchissait que superficiellement. Ils attribuèrent l’importance au fait de « tirer sur les vêtements ». Cela n’a pas tellement changé.

            « « Et si notre existence n’était qu’un rêve? ». – Descartes »

            Poser cette question de façon « Socratique », signifie que nous connaissons la réponse ou qu’elle peut être connue avec la logique.

            Et effectivement, c’est le cas.

            D’ailleurs l’article donne la route à suivre:

            Le suis- je pense- j’agis.

            Être- Esprit(possession de l’Être)- Action (Résultat de l’Esprit, donc possession également de l’Être).

            Identité (Soi)- Pensée (Esprit- Matière(Action). Mouvement évolutif chronologique (successif).

            Quant au

            « «Je ME Moi»; l’école des individualistes.
            «Je ME Moi»; Un pour tous et tout pour Moi. »

            Le « tous » n’existe pas réellement.

            La dernière question de l’article laisse entendre qu’il n’y a « qu’un seul Je-Me-Moi » qui soit « réalité ». Cet unique « Je-Me-Moi » produit un infini de scénarios evolutifs où se déroulent différentes « actions tangibles ».

            Donc, effectivement, notre « existence » n’est qu’un rêve. Mais ce rêve nous fait découvrir toutes les solutions « pro-survie » pour parvenir, éventuellement, à faire de cette « existence illusoire » une « réalité tangible ». But ultime, UNIQUE et incontournable de toute « évolution ».

            « Réalité tangible » qui n’est encore qu’une « potentialité finale » de l’Être initial.

            De sorte que « l’individuel » n’est qu’une « illusion » lui aussi. La réalité est que nous sommes UN.

            Amicalement

            André Lefebvre

          • avatar
            21 août 2011 à 9 09 15 08158
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            Errata

            1) « Je suis- Je pense- J’agis »

            2) « Être (identité réelle)- Esprit(possession de l’Être)- Action (Résultat de l’Esprit, donc possession également de l’Être).

            3) « Identité (Soi)- Pensée (Esprit)- Matière (Action). Mouvement évolutif chronologique (successif). »

            4) « La dernière question de l’article laisse entendre qu’il n’y a « qu’un seul Je-Me-Moi » qui soit « réalité ». Cet unique « Je-Me-Moi » produit un infini de scénarios evolutifs où se déroulent différentes « actions tangibles » AUXQUELLES IL PARTICIPE. »

            Amicalement

            Élie l’Artiste

          • avatar
            21 août 2011 à 10 10 04 08048
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            La profondeur de vos connaissances empiriques à partir d’une grande écoute de vous-même, tournée tout entière vers l’intérieur de votre être et persuadée que l’intuition de votre «Je ME Moi» est la réalité, et la docte démonstration que vous nous faites, nous guident sur la démarche que vous employez pour vous enfumer vous-même.

             »Le « tous » n’existe pas réellement. » – on a compris qu’il n’y a que vous qui le puissiez réellement.

            AS

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    21 août 2011 à 12 12 15 08158
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     » »Le « tous » n’existe pas réellement. » – on a compris qu’il n’y a que vous qui le puissiez réellement »

    Là, je ne comprends pas du tout; « que je puisse…quoi? »

    Quant à:

    « La profondeur de vos connaissances empiriques à partir d’une grande écoute de vous-même, tournée tout entière vers l’intérieur de votre être et persuadée que l’intuition de votre «Je ME Moi» est la réalité, et la docte démonstration que vous nous faites, nous guident sur la démarche que vous employez pour vous enfumer vous-même. »

    Je m’enfume moi-même???

    Peut-être; mais c’est le conseil qui est donné depuis longtemps par:

    « Connais-toi, toi-même! »

    Démarche à éviter, selon vous?

    Et, curieusement, vous défendez « l’individualité » au dépend de ce que j’appelle « l’unité », en continuant de considérer « mon identité » au lieu de la « connaissance » issue d’expériences personnelles.

    Au niveau « connaissance », c’est le « nous » qui a de l’importance et non le « moi ». À moins de parvenir à comprendre que le « Moi » est, effectivement, « Nous ».

    Vous semblez considérer « l’unité » que nous pourrions former, tous, comme étant de « l’enfumage ».

    C’est, évidemment, votre droit incontestable; mais que ce soit « qui que ce soit » qui ait raison ne changera jamais rien à « ce qui est » vraiment.

    Même les guerres ne peuvent rendre la Terre « carrée », ni annuler la « vie ».

    Amicalement

    André Lefebvre

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    21 août 2011 à 14 02 14 08148
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    Le monde phénoménal nous contraint inévitablement à vivre «à travers» le regard des autres en raison de cette individualisation qui nous fragmente et nous oppose. Or il est toujours possible de minimiser les effets de cette «fausse» séparation.

    Alexandre Jardin disait : «On n’est jamais indécent quand on est vrai.»

    Lisa Brennan

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  • avatar
    21 août 2011 à 14 02 34 08348
    Permalink

    « Or il est toujours possible de minimiser les effets de cette «fausse» séparation. »

    Je ne peux que souligner ce constat. Il est tout à fait exact. Merci.

    Il ne suffit que de se connaître soi-même un tout petit peu.

    Je remarque que votre « pseudo » est parfaitement approprié pour cet article. 😉

    Amicalement

    Elie l’Artiste

    Répondre

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