Réforme des retraites : grève générale pour le retrait du projet !

Les plus grandes manifestations en France depuis 15 ans, résume La dépêche : « Les manifestations contre la réforme des retraites ont rassemblé mardi en France entre 2,5 et 3 millions de personnes (selon les syndicats) et 1.120.000 (selon le ministère de l’Intérieur). » Nous étions pour notre part à Marseille, avec les camarades du Parti de gauche, au milieu de 300 000 personnes environ. Réaction du gouvernement ? Sarkozy lâche trois miettes et se cramponne aux 62 ans, titre Marianne : « La philosophie du texte reste inchangée : pas question de revenir sur l’allongement de deux années des deux dates pivots de notre système par répartition.

L’âge légal de départ sera donc bien de 62 ans en 2018, tandis que celui assurant un taux plein, quelque soit le nombre des années de cotisation, passera lui aussi en 2018 à 67 ans. Les seuls gestes auxquels le Président consent concernent des points, qui pour être symboliques, sont en pratique, les moins coûteux financièrement pour le système : la pénibilité et les carrières longues. Pas question de revenir sur la définition de la pénibilité telle qu’elle figure dans le texte actuel, ainsi que le demandaient les syndicats. La pénibilité est donc comprise au sens du Medef : il ne s’agit ni plus ni moins que d’observer au moment du départ à la retraite un taux d’invalidité, donc un sinistre physique issu de l’activité au travail.

Passent ainsi au travers de ce filtre tous les travailleurs, qui usés par un travail pénible, ne seront atteints que plus tardivement de pathologie pourtant directement issue de leur boulot. Mais grand seigneur, le chef de l’Etat baisse ce taux de 20%, initialement prévu, à 10%. Et encore, chacun devra faire valoir ses droits devant une commission… » Et Sarkozy tente aussi l’enfumage en faisant miroiter de possibles négociations de branche, soit au bon plaisir du patronat ! Ça suffit. Jean-Luc Mélenchon résume parfaitement l’enjeu : « La retraite c’est un sujet second dans les couches supérieures de la société où l’usure au travail est peu ressentie et où « l’oisiveté » est redoutée. Mais pour la majorité de la population active l’usure au travail se paie comptant, dans sa chair et toute rallonge est une peine supplémentaire, parfois décisive pour ce qui est du cap qui sépare bonne ou mauvaise santé, gêne ou handicap. »

Non, nous ne travaillerons pas davantage pour garantir leurs profits : ce sont justement eux qu’il faut taxer. Au lieu de quoi le pouvoir refuse la seule voie possible : modifier le financement pour augmenter les recettes, plutôt que de faire payer toujours les mêmes. « Cette réforme ne répond pas aux enjeux actuels, constate l’intersyndicale qui appelait aux grèves et manifestations du 7 septembre. Les questions d’emploi notamment pour les jeunes et les seniors, celles des inégalités hommes-femmes, de la pénibilité, d’un financement durable appuyé sur une autre répartition des richesses produites, non seulement ne sont pas traitées, mais font porter à plus de 85% les efforts sur les salariés. » Durant la manifestation, un slogan a particulièrement remporté notre adhésion : « On ne négocie pas / le recul social / on le combat / par la grève générale. »

Mise à jour : Schneidermann avec nous ! Souhaitons la bienvenue au patron d’@rrêt sur images parmi les bolchéviques-au-couteau-entre-les-dents. Il écrit ce matin, à propos de la date choisie pour la prochaine manifestation : « Pourquoi pas plus tôt ? Deux millions et demie de personnes dans la rue, ça donnait de l’élan. Vu de loin, très humblement, il me semble que la seule action qui soit de nature à faire reculer le gouvernement, à le faire renoncer à ce report de l’âge légal de la retraite que chacun (…) juge suprêmement injuste, puisqu’il vise à faire payer par les ouvriers les retraites des cadres, la seule chose, c’est une grève générale reconductible, comme en 95. Avec blocage général de l’économie, pas de métros, trains à l’arrêt, et apoplexie quotidienne pour Jean-Pierre Pernaut. Hors de cette épreuve de force majeure, on est dans l’ajustement, le dosage, l’homéopathie. Donc, autant dire que les 60 ans (et 65 ans à taux plein), les syndicats font une croix dessus. (…) Alors pourquoi, aux télés du soir, aux radios du matin, personne (hormis Thomas Legrand, ce matin, sur France Inter, qui semble avoir entrevu la chose) ne le dit-il ainsi ? Pourquoi tout ce faux suspense sur « l’épreuve de force » , le « bras de fer » , qui se poursuivent ? Pourquoi tout le monde (chefs syndicaux, chefs de partis de gauche, journalistes) fait-il semblant d’assister à une bagarre qui, dans l’esprit de ses chefs, est déjà terminée ? »

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