Retraites: Judas à l’Élysée


Ne jamais croire ce que dit Sarkozy

Le Judas de l’Elysée, à trois reprises, s’était exprimé contre le recul de l’âge du départ à la retraite.

Camarades, tirons aujourd’hui un coup de chapeau au PS de Martine Aubry qui a sorti les pièces et tiré de l’oubli les déclarations passées de Nicolas Sarkozy sur le dossier des retraites. Le droit de suite s’impose en effet alors que le gouvernement a fini, la semaine dernière, par éventer le secret de polichinelle : il a bien décidé de reculer l’âge du départ à la retraite. Une fois de plus, le président renie ses engagements.

Solférino a d’abord exhumé un jeune Sarkozy, déjà autant tête-à-claques qu’aujourd’hui, revendiquant d’avoir voté la retraite à 60 ans. A mettre en parallèle avec sa saillie récente jugeant que Miterrand aurait mieux fait « de s’abstenir » (lire Sarkozy ou le retour à l’Ancien régime).

Deuxième pièce du dossier : un entretien au Monde de janvier 2007 dans lequel il déclare : « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer« . Il est alors candidat à la présidence et le même quotidien rappelleen avril 2010 : « Cette formule sur le « droit à la retraite à 60 ans » était reprise telle quelle dans son programme de campagne. » Sarkozy n’est-il pas l’homme qui prétend : « Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis » ? La vidéoen arrive ensuite à une prestation devant les caméras de télévision de mai 2007, où Sarkozy affirme, louant ainsi la précédente réforme signée… François Fillon : « Le financement des retraites est équilibré jusqu’à l’horizon 2020« .

Un ange passe. En mai 2008 cette fois, place à une interview dans les locaux de la radio RTL, citée par le Journal du dimanche : « Je dis que je ne le ferai pas pour un certain nombre de raisons et la première, c’est que je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. (…) je n’ai donc pas de mandat pour faire ça. Et ça compte pour moi. »

Il a raison : les engagements pris devant le peuple, ça compte. Le rapprochement s’impose avec la façon dont il justifiait la création de la taxe carbone : « Je l’ai signé (le pacte de Nicolas Hulot, NdA), je le fais. C’est une question d’honnêteté. Si on ne le fait pas, on n’est pas honnête. Et la démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature qu’ils ont donnée » (in « Retour aux fondamentaux » : l’UMP et rien que l’UMP, mars 2010). « On peut me reprocher beaucoup de choses, mais pas de mentir. »

Sans commentaire.

Olivier Bonnet

2 pensées sur “Retraites: Judas à l’Élysée

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    8 juin 2010 à 11 11 11 06116
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    Bonjour,

    Je ne pensais pas retrouver un article sur NS sur ce site !
    Je fuis déjà NS à la télé française autant que les coupures de pub.
    Tout a été dit sur NS.
    Des dizaines de livres sont parus à son sujet analysant ses pratiques.
    Je vous conseille : « N’oubliez pas ! Faits et gestes de la présidence Sarkozy. » (Rédaction de MEDIAPART).
    Comme je le disais dèjà dans un de mes commentaires, plus de 90% de la population française croit en NS élu démocratiquement comme sa cour aime à le préciser.

    François.

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    8 juin 2010 à 11 11 28 06286
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    « Merkel a annulé au dernier moment un dîner avec Sarkozy, ce qui, dans la porcelaine des relations franco-allemandes, est l’équivalent d’un vase balancé contre le mur du salon. »
    (Daniel Schneidermann dans sa rubrique le Neuf-Quinze du site Arrêt sur Images http://www.arretsurimages.net/abonnements.php)

    Daniel S. fut viré de France 5 en mai 2007 car NS n’aime pas sa façon de voir l’actualité.

    François.

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