Retraites : un front uni de la gauche pour faire reculer Sarkozy

Il sera toujours temps de s’occuper des divergences ensuite…

En soutien au mouvement pour les retraites, plumedepresse fait la grève… du zèle ! Deux éditions quotidiennes au coeur des mobilisations.

Raymond Soubie, conseiller présidentiel, a parlé : « le gouvernement ne bougera plus ». Mais en face, il y a des millions de gens et toute la gauche ! Bras de fer.

Le cliché date du 2 octobre 2010, pris lors de la manifestation parisienne : côte à côte Olivier Besancenot, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et Harlem Désir. Le NPA, le PCF, le PG et le PS, bon sang !

Oh bien sûr, les Solfériniens, hormis les rares Gérard Filoche ou Marie-Noëlle Lienemann, sont en faveur des 41 annuités et demi. Ce qui revient à enterrer la retraite à 60 ans pour quiconque aura fait des études. Mais l’heure n’est pas à la division, ces faquins du pouvoir n’attendent que ça. Ne viennent-ils pas aujourd’hui de convoquer Dominique Strauss-Kahn à la rescousse, le FMI qu’il dirige s’étant fendu d’un rapport vantant la contre-réforme sarkozyste des retraites ? Nous serions « socialiste strauss-kahnien » – amusant oxymore -, nous raserions les murs en ce moment… Mais il nous faut aujourd’hui laisser cela de côté. Porté par des millions de manifestants et une forte majorité du peuple, le mouvement de refus de la réforme antisociale des retraites peut encore faire reculer le gouvernement. La Sarkozie est une sorte de régime démocrate-autoritaire : on se fait élire démocratiquement puis on gouverne en force. Mais au bout d’un moment, ça ne passe plus. Prions d’en être arrivés à cet instant de basculement, où les citoyens se dressent pour dire non. Même si les grands médias aux ordres, en zélés chiens de garde du système, ne passent pas un article sans expliquer que tout est joué. D’ailleurs, le gouvernement l’a dit. Depuis le début. La semaine dernière, avant-hier, hier. Il le redit aujourd’hui, par le conseiller antisocial du président, Raymond Soubie : « Sur le cœur du projet, (…) la fameuse retraite à 62 ans pour l’essentiel, le gouvernement ne bougera plus. Il ne bougera plus, non pas parce qu’il est obstiné, entêté, mais tout simplement parce qu’il ne peut pas faire autrement. (…) Il peut y avoir au Sénat des amendements sur des problèmes beaucoup moins importants qui seront votés au cours des prochains jours, mais rien qui changera aujourd’hui l’architecture du projet sur les mesures d’âge et sur l’équilibre financier. » Circulez, y’a rien à voir. Mais à part ça : « Le président écoute les gens, écoute l’opinion. Et en tient compte ». Enorme ! Marianne commente : « il ose tout Raymond Soubie. Même vendre les maigres concessions, déjà scénarisées par ce conseiller de l’Elysée (…). Sur le fond rien. Les millions de manifestants du samedi 2 octobre, comme ceux qui devraient participer à la grève reconductible qui débute la semaine prochaine, devront se contenter des deux petits aménagements annoncés par Eric Woerth. (…) Pour lui, les syndicats «continueront naturellement à se mobiliser». Mais qu’importe. Le conseiller de Nicolas Sarkozy tient son script : la raison qui veut que l’on reporte l’âge de la retraite emportera l’unité syndicale au prix des quelques concessions annoncées. A preuve, martèle-t-il, «plusieurs d’entre eux, et importants, ont signalé que (NDLR les mesures annoncées jeudi) étaient à leurs yeux des avancées importantes et des progrès significatifs». Il s’agit maintenant de répéter que le combat des syndicats est d’arrière garde. Que les grévistes relèveront pour la plupart des secteurs protégés où précisément la réforme est moins dure que pour le reste de la population. Et le tour sera joué. Pour cela, Raymond Soubie compte sur le pool habituel des commentateurs «zéclairés». Par exemple, pour relever comme l’a fait ce matin Alain Duhamel dans sa chronique précédant l’interview, cet habituel «décalage». Avant cela, le journal de RTL avait ouvert sur l’annonce que l’UNSA de la RATP renonçait à la grève du 12 octobre. Non que les syndicalistes sont convaincus par la réforme. Mais ils sont démoralisés, persuadés que le pouvoir ne reculera pas. Et Soubie de remettre une couche de Tina, le fameux concept de Margaret Thatcher (there is no alternative, il n’y a pas d’alternative) : «Les syndicats sont contre la mesure d’âge, la seule mesure que recommande le FMI ou l’OCDEEmballé, c’est pesé. »

Le voilà, l’adversaire à abattre ! Et toute la gauche ne sera pas de trop, même s’il est des voisinages, et l’on voit bien lesquels, qui dérangent certains tenants de la gauche radicale. L’essentiel pour l’heure est de faire capoter cette fichue réforme. Et d’infliger à cette ultra droite une défaite qui précipitera la fin d’une aventure calamiteuse pour la France, le sarkozysme. Comme on chante dans les manif’ : « Tous ensemble ! » Le mot de la fin à Olivier Besancenot, dans L’Humanité : « Les hésitations sont moins liées, me semble-t-il, au manque de crédibilité d’un projet alternatif qu’au doute sur la possibilité de bloquer ou non le gouvernement. C’est pour cette raison que la gauche ne doit pas s’inscrire dans une logique d’amendements ou de réécriture mais de retrait. Cette réforme doit être enterrée ! Cependant, il existe des interrogations sur la possibilité de trouver les moyens pour financer la retraite à 60 ans à taux plein. Pour cela, il faut partager le temps de travail et les richesses. En six mois, les profits du CAC 40 ont augmenté de 85%. Pour financer les retraites, il faudrait y consacrer, selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), 3 % du PIB alors que les profits accaparent 17 % de ces richesses produites par les salariés. » Et sur la grève reconductible ? Voilà ce qu’il déclare à l’AFP« On a tous compris que même des grandes manifestations – deux fois 3 millions c’est quand même pas rien -, même des taux de grève impressionnants sur 24 heures ne suffisent pas, donc la question de la reconduction de la grève est en effet posée et nous, on la soutient. A un moment donné, s’il faut bloquer l’économie pour bloquer la réforme eh bien il faut en passer par là, parce qu’on a un gouvernement qui est sourd, aveugle aux revendications. Aujourd’hui, on est dans un bras de fer, et un bras de fer il faut l’assumer. » Assumons, camarades !

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