Revenez à la réalité !

Selon le Président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, et alors que les baisses de taux quantitatives se terminent à fin Juin prochain, l’économie américaine « va dans la bonne direction » ! Une étude – vraiment peu approfondie – des statistiques aurait plutôt tendance à indiquer le contraire… De fait, la croissance ralentit, les prix immobiliers reculent davantage et seule l’inflation progresse.

Ah oui, j’oubliais la remontée spectaculaire des marchés boursiers à la faveur des injections massives de liquidités ayant quasiment forcé la main de toute la panoplie d’investisseurs et de spéculateurs ayant ainsi retrouvé leur fougue et leur appât du gain des beaux jours… Pourtant, en y regardant de plus près, le cœur n’y est plus et même pour les flambées boursières qui, selon moi, sont -et ne sont pratiquement que- le pendant de la faiblesse du billet vert. Les indices boursiers US étant évidemment libellés en dollars, la hausse des indices a mécaniquement fait contre poids à la perte de valeur de leur monnaie. Et c’est donc là que l’on reparle de bulle spéculative puisque, de facto, le QE2 a enflé – artificiellement – toute une série de valorisations exprimées en dollars, des bourses aux métaux précieux.

Certes, me répondrez-vous, mais quid de l’effet de ces QE2 sur l’économie « réelle » ? Là encore, les chiffres sont crus, voire cruels, puisque le nombre de chômeurs à plein temps ayant diminué de 700’000 depuis Août 2010 permet d’estimer que chaque place de travail gagnée a effectivement coûté 850’000 dollars au contribuable américain ! Effectivement, à 600 milliards de dollars le QE2, les calculs sont élémentaires…

Pour autant – quelle surprise ? – car, au même moment, le nombre des emplois temporaires s’est réduit de 600’000 places de travail (chiffres provenant des statistiques officielles), ce qui autorise de conclure que 600’000 salariés à temps partiel sont tout simplement devenus des employés à temps plein ! Les statistiques officielles faisant au demeurant état d’un pourcentage total de la population active américaine à 58,4% aujourd’hui contre 58.5% en Août dernier. Quant aux prix des maisons américaines, elles se sont effondrées de 11% en Avril dernier sachant que, selon les chiffres donnés par la «National Association of Realtors », la maison standard – qui valait $ 177’300 en Août 2010, se retrouve aujourd’hui en baisse de 8% à $ 163’700… Et ce tandis que l’économie ralentit de 2.6% l’été dernier à 1.8% aujourd’hui et que l’inflation, elle, progresse incontestablement de 1.2 à 3.1%… !

Nul ne sait si la conjoncture aurait été pire sans les QE2 mais il est évident que ces baisses de taux quantitatives supposées rendre à l’économie son faste d’antan ne fonctionnent pas. Si ce n’est bien-sûr pour les amateurs de bulles spéculatives ayant bénéficié d’une plus value de plus de 25% sur l’indice S&P 500 depuis Août 2010, soit depuis le fameux discours de Jackson Hole de Bernanke préparant le terrain à plus d’injections de liquidités… C’est toujours ça de pris, me direz-vous car mieux vaut une appréciation boursière qu’un crack. Certes…

N’oublions toutefois pas que ces progressions boursières deviennent misérables dès lors qu’elles sont ramenées à d’autres devises : C’est ainsi que l’indice S&P 500 aura ainsi progressé de seulement 8.4% par rapport au Franc Suisse … et d’à peine 4.5% par rapport à l’or ! Alors, ne parlons plus s’il vous plaît de boom ou d’envolées boursières car, comme vous le constatez, ceci n’est qu’illusion…

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