Roche – papier – ciseaux

ELYAN

On peut se raconter toutes les salades qu’on veut dans la vie. C’est quand vient le moment de les digérer qu’on sait si elles étaient comestibles.

Nous avons présentement un gouvernement qui tient un discours populaire, impopulaire, populaire, impopulaire (une claque sur la distributrice et on obtient l’heure juste), qui a murmuré du bout des lèvres ses intentions de sortir la loupe sur le plan nord.

Il donne plutôt l’impression de tirer profit des querelles transitoires qui permettent au projet de continuer sans trop avoir l’air d’y laisser des plumes électorales à saveur d’écologie et de justice.

Parti libéral prise 2

Dépôt d’un budget que les libéraux saluent sans l’avouer, que les péquistes savent conforme à tromper la galerie.

Just an illusion.

Le 14 novembre dernier, André Boisclair, jusqu’alors consultant en développement stratégique et en affaires publiques, notamment auprès de l’entreprise gazière Questerre Energy, a été nommé délégué général du Québec à New-York. On entend le vol du bourdon ou il faut la partition?

Pourtant la ministre des ressources naturelles semble tout droit sortie d’un conte de fées. J’aurais aimé croire qu’elle était réelle, mais elle inspire plutôt un remake: Alice au pays des 8 millions de canards. Cette semaine, dans un discours maladroit, elle a tenté d’expliquer qu’il était impossible de toucher aux redevances minières, que les lois ne le permettent pas. Elle bafouillait à tenter d’expliquer sans dire pourquoi on ne lui permet pas d’inclure les redevances minières (deux ou trois coups d’oeil hagards, deux ou trois bégaiements)… les lois relevant du ministère des finances… et il y a une maille dans mes bas… et nous verrons pour envisager les inclure dans la loi sur les mines. Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’ils ne peuvent pas faire ce qu’ils avaient promis de faire parce que les lois en place sont full metal jacket. Pourtant ils auraient dû le savoir?

Tant qu’à s’attaquer à une loi autant ressortir la 101 et au moins ce gouvernement aura pondu quelques lignes avant de partir en vacances.

Bien sûr, il lui a été impossible de s’attaquer sur le champs aux mines polluantes et au nucléaire (n’oublions pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions), bien qu’on laisse entrevoir un magicien prêt à faire disparaître tous les irritants de ces deux calamités.

Une centrale nucléaire qui tourne dans un contexte de nids de poule (version américaine, sinon trous d’obus version Moyen-Orient): comme les routes elle attend en se désintégrant car on ne l’a munie d’aucun bouton pause et il y a au-delà de 10 ans qu’on la veille sur son lit de mort.

Le bible du budget informait Hydro-Québec de son obligation de couper 2,000 postes. Que personne ne sorte dans les rues avec des banderoles. C’est un leurre. Soit on nous dit maladroitement que les payeurs de taxes maintenaient 2,000 personnes inutilement au travail et pas à des salaires de misère, soit on ne nous dit pas qu’on envisage autre chose.

Le parti québécois n’en étant pas à ses premières coupures à la hache d’emplois dans des secteurs cibles (pensons à la santé auparavant), que cache ce constat d’une main-d’oeuvre subitement devenue non nécessaire, dont d’ailleurs on comptabilise bien peu l’impact financier dans le budget? Postes par attrition. Le doute qui plane est attristant et atterrant.

Une partie de la réponse se trouve ici, dans un article de la presse canadienne:

«Dans son premier budget, déposé mardi, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, explique que les bas prix obtenus par Hydro-Québec sur les marchés d’exportation (Ontario et États-Unis) font en sorte que la société d’État se dirige vers un manque à gagner de 225 millions $ en 2013-14.

La situation s’explique principalement par les faibles cours du gaz naturel, qui servent de base à l’établissement des prix de l’électricité aux États-Unis.»

Welcome André Boisclair.

Alors si nous résumons, nous avons toujours déboursé des coûts élevés pour produire plus d’électricité que le Québec exporte et exporterait et alouette, laquelle un jour (mais lequel) devait nous rapporter le paquet: le moton des québécois. Son bas de laine qui pue les rivières dévitalisées, les forêts inondées, les orignaux qui flottent le ventre en l’air devait le hisser au firmament des Tesla. Aujourd’hui, nous devons payer plus encore et couper des postes parce que d’autres encore plus cupides que nous (eh oui c’était possible) ont déjà foncé dans les gaz de schiste. Pendant ce temps, vu l’impopularité de la chose, une solution demeure: installer la trappe à citoyens. Il y a les trappes à castors et la trappe à gerlots (le gerlot est la désignation d’appellation contrôlée du québécois capable entre autres de laisser un poteau téléphonique en plein milieu d’une rue fraîchement pavée, dans une courbe bien sûr et capable de réélire ses mêmes tortionnaires, bleus ou rouges, maintenant tous deux bleus).

L’impopulaire deviendra nécessaire, tout comme la santé payante, mais ce ne sont ni libéraux qui l’auront fait, ni même les péquistes qui seront les premiers surpris pour la caméra de ce que le Québec doive emprunter le chemin opposé de celui qu’on lui avait proposé pour se faire élire. Ça dérange qui ça? Mon chat et moi. Enfin, je dis mon chat, mais il faut comprendre que je l’ai dressé à attaquer: il sait qu’il doit se méfier du gars d’Hydro-Québec, du facteur et de tout ce qui cherche à entrer sur son territoire. Je vous propose mon secret: installer une souris au bout d’une cravate et la laisser se balancer dans l’embrasure de la porte.

Si tout va bien, le gaz de schiste dont le parti québécois a admis faire faire les études afin qu’elles étayent ses réticences (mentez-moi j’aime ça… en même temps pendant une commission d’enquête, nous verrons moins l’utilité de nous embêter à suivre une étude pour quelque chose que l’on nous demande de croire avec soulagement voir aboutir définitivement sur les tablettes), devrait donc atteindre la popularité souhaitée d’ici quelques mois: on nous donnera le choix entre les bougies et les ampoules électriques. Pour bien ficeler cet indescriptible imbroglio, gardons en tête que la Romaine se poursuit. Il faut pouvoir déboiser avec les deniers publics et tasser les tipis.

Le ministre des finances et sa cour n’ont pu tenir une autre promesse électorale (tiens du déjà vu), soit celle entre autres bien sûr de faire disparaître le fonds des générations. Ici bat le coeur du Québec. Nous approchons des méandres financiers qui avec la caisse de dépôt et les sociétés publiques-privées (ah ah ah) tirent vraiment les ficelles de nos avoirs et sont responsables, mis à part la collusion et la corruption, de notre endettement vertigineux.

Il y a près d’un an, j’ai abondamment arrosé mes commentaires sur 7 du Québec, dans un survol répétitif à la Selling Quebec by the pound des lois tripotées, ficelées, revampées par le parti libéral, lesquelles lois comportaient deux articles forts troublants: un qui empêchait dorénavant les ministères concernés par des fonds spécifiques de piger dans ces fonds et l’autre qui permettait au plan nord de piger allègrement dans ces fonds pour se payer ses caprices. Ainsi donc, des engagements ont été pris, dont les fonds garantissent la faisabilité comme une hypothèque. Tant qu’il y a hypothèque, on ne peut disposer librement de son bien à moins de régler d’abord l’hypothèque. Cet argent du fonds des générations, accumulé pour rembourser la dette (fonds issu de contributions et de sacrifices supplémentaires que l’on avait demandé aux contribuables de faire dans le seul but de payer la dette du Québec) continue de nourrir un plan nord remastérisé pour lequel on croit comprendre que le gouvernement investira moins, alors que dans les faits il n’est souvent même plus nécessaire d’annoncer quelqu’investissement que ce soit: la ligne directe est installée comme un cathéter dans un érable au printemps: la sève coule par gravité.

Penchons-nous, bien qu’il faille être prudent ce faisant car cette action est devenue risquée, sur la question suivante: comment le parti québécois qui était le parti d’opposition lorsque toutes les lois qui touchaient à la possibilité de se servir de fonds spéciaux ont été défigurées en mettant le cadenas sur le coffre et la paille dans la gueule du plan nord, a-t-il pu ne pas être au courant qu’il ne pourrait pas abolir le fonds des générations, celui-ci servant de caution au plan nord? Un gros mensonge? Un de plus? Facile gérer des morons. On a qu’à lui foutre un mal de tête dont il se rappellera dans 10 ans à tenter de réfléchir à ce qui se passe et on a le temps de déménager son pays.

Alors la fermeture de Gentilly… on peut se gargariser avec encore un moment. Alors les gaz de schiste, préparons les masques. L’échiquier de la machine est en place et où qu’on bouge c’est échec et mat. Le gouvernement le sait et s’en réjouit. Il opère un temps de trêve, celui où toutes les horreurs sortiront de la commission Charbonneau. Il en profitera pour se positionner dans ce plan nord afin d’en retirer les bienfaits pour ses générations futures.

Ce gouvernement qui a eu le temps d’aller en France, de discuter avec la Chine, de rencontrer des exploitants, en est encore à rédiger sa loi 1 concernant la corruption. On apprend, sans trop de surprise, que cette loi ferait appel à l’AMF. Les contrats de 50 millions et plus seront son dada. Comme la collusion et la corruption s’opèrent à moins de 50 millions (nous en avons tous les jours le constat à la commission d’enquête qui a fait naître dans la tête de ce gouvernement la nécessité de poursuivre son oeuvre en mettant en place une loi efficace mais surtout rassurante, soporifique et lourde), il faut se questionner à savoir pourquoi on ne peut pas être arnaqueur en-deçà de 50 millions. Ça m’échappe. De plus, notons que (à moins que le gouvernement l’ignore ce qui serait décourageant mais peu probable, donc inévitablement décourageant) la possibilité d’oeuvrer en partenariat, en consortium, transgresse aisément les mécanismes de cette loi. Si l’AMF ne sort la loupe qu’après 50 millions, cette loupe risque de prendre la poussière et … on le sait. Ce serait donc la loi qui renforce la croyance des morons qu’on fera tout pour mieux l’éloigner de la corruption?  Notons de plus que l’AMF veut se soustraire à la loi d’accès à l’information: jouissance. Embarque sur la piste mon Gérard, on se danse une lambada.

Nous sommes à deux doigts, même moins, à un cheveu plutôt de ne plus pouvoir bouger à moins d’envisager une prise de la Bastille. Malheureusement, nous n’avons pas de Bastille et il faudrait plus d’affamés. Nous risquons donc d’être réduits au silence, d’avoir les cheveux blancs et cette insoutenable envie de crier: mangez de la m…

Nous traînons la charrue et le boeuf. Vous croyez que ça le fera? J’en doute.

Dans ce budget, on a aussi poivré les moins bien nantis, en supprimant quelques millions à la sécurité du revenu, dans l’expectative qu’il y aurait une diminution des besoins de derniers recours. Le taux de chômage augmente, on nous annonce la récession même chez le vendeur de rêves et dans un souci d’utiliser des mots à consonance positive on prévoit une diminution d’achalandage au lieu de dire qu’on coupera. Voyez la nuance? C’est du noir devenu gris pâle presque blanc. Ça ne se dit pas avant Noël: on va couper les vivres à ceux qui gagnent 600$ par mois, comme dans: Joyeux sacrement de Noël . Il faut dire aussi qu’on a choisi le jour de la guignolée pour l’annoncer en détails. C’était peut-être un doigt disgracieux, mais bon il faut encore que les intéressés puissent se payer la télé pour le savoir.

Rien dans le budget pour toucher les primes, les fonds de retraite kevlar, les dépenses de doublons pour maintenir en façade des organismes complètement publics dont une large part des activités relève maintenant de nombreux méandres publics-privés ou tout simplement privés.

Notons que les nominations (voir le site) ont de quoi surprendre et tiennent à elles seules un discours silencieux édifiant. Je ne mets pas en doute le désir sincère de plusieurs acteurs engagés dans cette pièce de théâtre. Leur ignorance n’empêchera toutefois pas qu’on se serve d’eux pour tirer les rideaux. Servez-vous, c’est bar open.

Et après s’être bourré la face, on annonce la mise en place d’un comité de trois sages qui évaluera les nominations:  les leurs?

Nous savions. Nous avons regardé le mur et avons foncé dedans comme des abrutis. Ce n’est pas ici que s’applique: heureux les simples d’esprit.

Si quelqu’un a une bonne blague, c’est le moment.

Le parti québécois a adopté une politique de courtoisie, à défaut d’une politique correcte et se lève maintenant en chambre le défenseur des vertus qui écarte avec persévérance la moindre allusion péjorative à l’égard de ses pairs. Ainsi le leader parlementaire de la deuxième opposition de l’assemblée nationale ne peut se permettre de dire que le parti au pouvoir a trompé ses électeurs lors de la campagne électorale. On se lève et on invoque l’article 35: Personne ne doit même suggérer qu’on les traite de menteurs. On assiste à une opposition qui bafouille et se creuse les méninges pour dégoter un terme qui veuille dire la même chose tout en faisant appel à un vocabulaire que de nombreux citoyens ne comprendront pas et qui ne heurte pas les oreilles chastes et l’image grandiose de ceux à qui on le destinait.

Sortons le baise-main, la mouche et les perruques. Dame Marois, d’emblée je vous salue et m’incline avec respect afin d’obtenir de vous qu’il me soit permis d’adresser dans cette enceinte un réquisitoire bienveillant à votre endroit. Les mois ont passé et il appert que de août à novembre le chemin fut pénible et teinté de propos pour lesquels il me tarde que vous puissiez y apporter vos lumières afin de dissiper tout mépris. Ne serais-ce qu’une impression que de croire que certains propos vous ont échappé par mégarde ou cela n’est-il que le fruit d’une erreur d’interprétation de ma part pour laquelle d’ores et déjà je vous supplie humblement de m’accorder votre pardon? Voyez comme il m’est pénible d’ainsi vous contraindre à répondre pour la compréhension ultime de vos chers électeurs envers lesquels je me suis engagé moi-même avec diligence à agir en tant que serviteur. Je comprends bien entendu que le temps qui me fut accordé pour m’adresser à vous clôt le débat en vertu des règles de cette chambre et qu’il serait inexcusable de ma part d’abuser de ce puissant symbole de notre démocratie. Je me vois donc disposé, en toute déférence, à céder la parole à un confrère. Votre silence vous honore et j’invite l’assemblée présente à acclamer ce savant exemple de dignité qui ne peut qu’aider la politique à retrouver ses lettres de noblesse.

C’est du 101 intensif. Quand on a pas ce qu’il faut pour être respecté, il reste la contrainte.

Vive le castor et ses royautés!

Notre ministre s’est baladée en Alberta pour étudier la demande concernant les sables bitumineux. Des experts en environnement parlent d’un dossier qui devrait être remis au BAPE mais le BAPE a déjà les mains pleines avec le gaz de schiste et la machine veut tout faire en même temps et très vite. Les publicités à la télévision nous chantent les mérites des sables bitumineux. Heureux hasard.

Le ministre des finances veut lui aussi accélérer la complétion des quelques lois laissées en plan par le précédent gouvernement libéral.

La commission d’enquête arrivait avec ses gros sabots, son lot de bavures et d’éclaboussure, il fallait mettre en retrait quelques têtes et puisque le consensus semblait dissonant pour les gaz de schiste sous le parti libéral, pourquoi ne pas faire élire un parti qui promet de faire le contraire et fera la même chose. Il y aura moins de vagues.

Et quand ça grince, il y a toujours un abruti en haut ou en bas pour dire: ils ont été élus démocratiquement. Ça c’est comme gagner à la loterie. Tu peux te payer 10 kilos de coke et le silence de la justice et une incroyable virée.

Quand on s’adresse aux électeurs comme si on faisait un effort, qu’on positionne un mur hautain, qu’on refuse le plus possible de lui expliquer ce qu’on fait avec son argent, qu’on lui ment, qu’on lui cache la teneur de dossiers, les informations qu’il est en droit de recevoir s’il le désire, on s’approche de la dictature.

Déconsidérer l’administration prend ici toute sa signification dans ce subtil mélange d’écoeurement et de lucidité. Je ne vous cache pas que ça sent l’alcool frelaté et qu’à force ça saoule.

Il faudra attendre de voir si la commission d’enquête va trouver important de citer ceux qui ont commandé un rapport qu’ils ont ignoré jusqu’à ce qu’il leur serve de bouée pour certain(s) et d’alibi pour d’autres. A date, la saga des bouteilles de vin avait pris la priorité. SAQ oblige, les fêtes approchent? Il y a même la CAQ qui demande des dons au moment où les pauvres ont besoin de l’aumône du citoyen. Les gens pourront festoyer en toute tranquillité en sachant que des gardiens veillent au grain. (C’est une blague: il ne reste plus de grain).

Nous sommes devant le Disneyland des atrocités multiples parées de paillettes et de lumières. On supprime autour de 100 millions du budget de 9.4 milliards pour l’éducation pré-scolaire. Ça fait cher la comptine.

Il faut aussi remarquer le repêchage de Véronique Hivon comme ministre responsable du dossier mourir dans la dignité… et ministre déléguée aux services sociaux … et à la protection de la jeunesse. Un dossier qui nécessite son (sa) propre ministre doit être important, à moins qu’il n’y avait plus aucun ministère de disponible d’où la nécessité d’en créer un… ou à moins qu’on puisse être ministre sans ministère…? A première vue, l’ensemble de ces fonctions hétéroclites a de quoi foutre le cafard à un vampire.

Il est vrai que vu l’état des services sociaux… un sondage ferait pencher plusieurs citoyens en faveur d’assainissements qu’on peut interpréter de différentes façons. Peut-être la suite logique au budget qui a annoncé des coupures pour les services sociaux et dans la santé.

« Can you tell me where my country lies? »
said the unifaun to his true love’s eyes.
« It lies with me! » cried the Queen of Maybe
– for her merchandise, he traded in his prize.

Quebec Sink

 

ELYAN

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