Roosevelt, Bernanke, Keynes et les autres…

L’Histoire, économique ou autre, ne se répète pas nécessairement mais peut être riche d’enseignements pour qui veut bien se donner la peine de l’analyser. Ainsi, la spécialisation par excellence du Président de la US Federal Reserve, Ben Bernanke, étant la période de la Grande Dépression aurait, selon nombre d’observateurs, énormément contribué à orienter les programmes de sauvetage Américains mis en place en 2008 et en 2009. Après tout, majorations des dépenses publiques, réductions des impôts accompagnées de leur épiphénomène consistant à baisser dramatiquement les taux d’intérêts tout en gérant tant bien que mal des augmentations massives de déficits ont été les mesures phares de Bernanke qui s’était lui-même (servilement) inspiré de grand-père Keynes… Pour autant, l’économie US a-t-elle vraiment renoué aujourd’hui avec une saine production industrielle, un regain de confiance des consommateurs, un déclin du chômage, un système financier solide car débarrassé de ses dettes … bref: les Etats-Unis se portent-ils mieux en Juillet 2010 qu’à l’automne 2008, c’est-à-dire lors de la faillite de Lehman? Car Keynes serait aujourd’hui vraiment très fier de la politique économique de son pays: En effet, les dépenses Gouvernementales US n’ont jamais atteint leur niveau actuel et ce y compris durant la période – pourtant très généreuse – du New Deal!

En fait, Franklin Roosevelt n’était pas vraiment un adepte inconditionnel de Keynes: Ce dernier, à la sortie d’une réunion en 1934 avec son Président, n’avait-il effectivement pas manifesté sa « déception » face à un interlocuteur réticent à adopter l’ensemble de l’attirail préconisé…? Roosevelt qui, prenant même le contre pieds de Keynes, devait augmenter les impôts en 1936 afin de résorber ses déficits tant et si bien que c’est la récession qui fut au rendez-vous dès l’été 1937 avec, à la clé, une chute de l’indice Standard & Poors de 54% en moins d’une année! Par la suite, la croissance reprit quand même le dessus à la faveur de l’intensification des dépenses Gouvernementales du fait du conflit mondial… Décidément, l’économie n’est pas une science exacte.

Une pensée sur “Roosevelt, Bernanke, Keynes et les autres…

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    11 juillet 2010 à 11 11 25 07257
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    Gilles Gervais
    Dans Roosevelt, Bernanke,
    Keynes et les autres…

    La véritable confrontation entre la vision économique de Franklin Delano Roosevelt et celle de Keynes eut lieu à l’été 1944 (lors de la rencontre historique de Bretton Woods, New Hampshire, qui allait décider de l’ordre monétaire d’après-guerre). FDR n’était pas un keynesien. À l’université FDR avait écrit un papier sur son ancêtre, Isaac Roosevelt, un proche collaborateur d’Alexandre Hamilton, le premier secrétaire au Trésor des États-Unis, le fondateur de la première National Bank of the United States, et fondateur également de ce qu’il convient d’appeler l’American system of political economy, par opposition au système britannique d’Adam Smith. Toute sa vie durant, Roosevelt perfectionna ses connaissances du American system et eut des engueulades mémorables avec Winston Churchill sur la différence entre les deux systèmes, tel que rapporté par un de ses fils, Elliot, qui accompagnait son père dans ses déplacements. [Voir le livre « As I saw it », par Elliot Roosevelt ].
    Vous ne seriez pas le premier à se méprendre sur FDR, « le keynesien », car ce que vous décrivez très brièvement dans votre article est devenue monnaie courante chez les journalistes financiers et les économistes contemporains.

    D’abord, pour en finir avec la légende que Bernanke est l’expert de la grande dépression:
    Bernanke est définitivement l’homme de Wall Street qui rejette un grand nombre des accomplissements positifs de FDR. Sur le mur de Bernanke, se trouve une photo de Hjalmar Schacht ( président de la Reichsbank (23-29) (33-34) et ministre des Finances d’Hitler (1934-37) et ministre sans portefeuille jusqu’en 1943. Un modèle peu édifiant, pour dire le moindre!

    Le test décisif en ce moment,
    qui détermine si un homme politique est un homme de paille de Wall Street ou bien s’il est plutôt quelqu’un qui veille sur « l’intérêt général » de la population, est l’urgente nécessité de passer une loi Glass-Steagall modelée sur la loi de FDR (pour non seulement séparer les banques de dépots des banques d’investissements, mais aussi pour se débarasser des montagnes de papiers toxiques qui empoisonnent le système bancaire). Voir mon article paru le 19 mai sur centpapiers : La Seule Option est le Glass-Steagall http://www.centpapiers.com/la-seule-option-est-le-glass-steagall/13818/
    Actuellement, il y a dissension à l’intérieur du « Federal Reserve System » : Il y a deux gouverneurs régionaux de la Réserve Fédérale ( Richard Fisher de la Fed de Dallas et Thomas Hoenig de la Fed de Kansas City ) qui ont appuyé publiquement la nécessité de voter une loi Glass-Steagall aux États-Unis, alors que le grand patron de la Fed, Bernanke, s’est mobilisé tout récemment pour empêcher qu’un amendement en faveur de rétablir Glass-Steagall soit rejeté au Sénat américain (l‘amendement bi-partisan Cantwell-McCain). Les derniers développements sur Glass-Steagall aux États-Unis sont disponibles sur (http://www.committeerepubliccanada.ca/Obamaetsareformefinancieresurlegrill.htm)

    Sur Keynes et FDR :
    Les intentions véritables du britannique Keynes sont trahies par l’aveu de Keynes dans la préface de sa Théorie Générale, parue en 1936 en allemand, où il reconnaît que celle-ci s’adapte plus facilement aux conditions d’un État totalitaire. (http://www.committeerepubliccanada.ca/Keynesdemasque.htm).
    Milton Friedman a utilisé le même argument en faveur du général Augusto Pinochet! Franklin Delano Roosevelt et Dexter White s’opposaient à la position de l’empire britannique représenté par Keynes. La mort prématurée de FDR en 1945 a fait que les provisions de ce grand président d’établir un système monétaire plus juste, qui soit en mesure d’en finir avec les politiques de pillage de l’empire britannique, n’ont pu être réalisé. Ce système d’empire, contrôlé à la fois par la « city » à Londres et Wall Street, est en train de s’écrouler maintenant, conséquemment, la nécessité d’appliquer un Glass-Steagall global est également maintenant.

    Sur l’économie qui est une science inexacte :
    Ici, je vous donne raison. Par contre, la France dans la période récente, a eu deux grands économistes qui, contrairement aux autres, ont pleinement mérité le prix Nobel en économie. Jacques Rueff et Maurice Allais n’ont pas élaboré une science économique exacte, mais combien plus rigoureuse et scientifique que leurs contemporains. Quant à Lyndon LaRouche, qui fêtera bientôt ses 88 ans, il vient tout juste de terminer un texte économique qui se veut une continuation et un perfectionement du American system of political economy d’Alexandre Hamilton, de Friedrich List et d’Henry Carey. Une science exacte ? J’espère bien en faire un compte rendu aux lecteurs de cent papiers au mois d’août, et vous pourrez juger vous-même.

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