Sarkozy, nous voilà ! Toujours plus loin dans la spirale xénophobe.

C’est le dernier dérapage en date, venant après sa récente stigmatisation des Roms, témoin de l’insupportable dérive populiste et xénophobe de l’homme qui déshonore la France en piétinant ses valeurs : « Nicolas Sarkozy proposait vendredi de déchoir de la nationalité les « personnes d’origine étrangère » qui « auraient volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique », résume la rédaction du Post.

« Et pourquoi ne pas juger indigne au point d’être déchu de sa nationalité le fait de se soustraire à « l’impôt citoyen » sur le revenu en dissimulant tout ou partie de ses revenus au fisc ?interroge le posteur MacBeth. Pourquoi ne pas juger indigne au point d’être déchu de sa nationalité le fait de tricher avec la loi pour le financement de son parti politique ?« , ajoute-t-il, limpide allusion au bettencourtgate. Evidemment, le président-des-riches a l’indignation sélective. Mais il y a pire. « En annonçant des dispositions particulières de déchéance de la nationalité pour les « Français d’origine étrangère », le président de la République distingue deux sortes de Français. Du jamais vu depuis le régime de Vichy« , observe avec justesse Mediapart.

Et de fait, « Sur RMC, Dominique Rousseau, professeur de droit, spécialiste en droit constitutionnel, explique ce lundi que ce serait une mesure qui ne serait « pas conforme à la Constitution »,rapporte Le Post« Les propos du président de la République sont directement contraires à l’article 1er de la Constitution de 1958 qui garantit l’égalité entre les citoyens. Toutes les lois qui feraient une distinction fondée sur l’origine des citoyens remettraient en cause les principes affirmés en 1789 dans la Déclaration des droits de l’Homme et réaffirmés en 1958. Et c’est d’ailleurs l’article 1er de la Constitution, ce qui révèle son caractère fondamental.

Ça va très loin. Quel Français aujourd’hui n’a pas d’origine étrangère ? Avec son père, son grand-père, etc. C’est une très grave entorse aux principes fondamentaux de notre République« , estime Dominique Rousseau. » Citons le début de ce fameux premier article : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Voici le vigoureux communiqué publié par la Ligue des droits de l’Homme :

ldh« La xénophobie de Nicolas Sarkozy menace la démocratie

Le président de la République a pris la lourde responsabilité de faire des étrangers et des personnes d’origine étrangère ceux et celles qui seraient responsables de l’insécurité. Parce qu’il a échoué dans sa politique sécuritaire, parce qu’il enregistre des échecs électoraux, parce qu’il entend interdire toute enquête impartiale sur des faits mettant en cause le financement de sa campagne électorale, et parce qu’il aggrave l’insécurité sociale et économique de millions de Français tout en favorisant jusqu’à la caricature les plus nantis, le président de la République et son gouvernement ont manifestement décidé d’agiter les vieux refrains des années 1930 destinés à attiser la haine contre les étrangers.

En se livrant, à quelques jours d’intervalle, à un discours discriminatoire contre les Gens du voyage et les citoyens européens que sont les Roms, puis en recherchant chez les étrangers et les personnes d’origine étrangère les causes de l’insécurité, Nicolas Sarkozy est en train de menacer les fondements mêmes de la République. Ce ne sont pas les délinquants que Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Français d’origine étrangère et les étrangers, qu’il désigne comme les boucs émissaires de tous nos maux. Ce qui est ici en cause, ce n’est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, c’est l’expression d’une xénophobie avérée.

Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes. Le président de la République et son gouvernement mettent ainsi en œuvre une stratégie de la tension, espérant sans doute retrouver un électorat perdu, au risque de mettre en péril la paix civile. La LDH, parce qu’elle porte de manière intangible les mêmes principes depuis plus de cent dix ans quels que soient les gouvernements, appelle tous ceux et toutes celles qui sont attaché(e)s à la démocratie et aux libertés à rejeter ces manifestations de xénophobie. »

l est vraiment temps de se débarrasser de ce méprisable populiste incendiaire, prêt à tout pour se faire réélire, y compris et surtout à toutes les bassesses, avant qu’il n’entraîne avec lui la France dans la fosse à purin de l’histoire.

Olivier Bonnet

L’illustration provient du blog Tout est dans tout.

Une pensée sur “Sarkozy, nous voilà ! Toujours plus loin dans la spirale xénophobe.

  • avatar
    4 août 2010 à 19 07 43 08438
    Permalink

    « L’expression d’une xénophobie avérée » selon la LDH et « contraire à l’esprit républicain » et à la Constitution française selon Robert Badinter !

    La ligue des droits de l’homme en France affirme : « Ce ne sont pas les délinquants que Nicolas Sarkozy poursuit, ce sont les Français d’origine étrangère et les étrangers, qu’il désigne comme les boucs émissaires de tous nos maux. Ce qui est ici en cause, ce n’est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, c’est l’expression d’une xénophobie avérée. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes ».

    Source : http://www.ldh-france.org/La-xenophobie-de-Nicolas

    Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et ancien Président du Conseil Constitutionnel en France affirme : « L’article premier de la Constitution dit que (…) la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine», qu’ils soient français de souche ou d’origine étrangère, a martelé ce lundi sur France inter Robert Badinter, l’ancien Garde des Sceaux socialiste. En voulant sanctionner d’une certaine manière une catégorie de Français – ceux d’origine étrangère – le chef de l’Etat «veut faire des discriminations contre les Français au regard de mêmes crimes, de même infractions, selon l’origine de la personne, selon les modalités d’acquisition de la nationalité française», a insisté le socialiste. «C’est contraire à l’esprit républicain», a-t-il résumé ».

    Source : 20minutes.fr, « Déchéance de nationalité: Une mesure contraire à la Constitution française » à l’adresse : http://www.20minutes.fr/article/587049/Politique-Decheance-de-nationalite-Une-mesure-contraire-a-la-Constitution-francaise.php

    Voir aussi : lemonde.fr, « Déchéance de nationalité : une impossibilité juridique ? » à l’adresse : http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/08/03/decheance-de-nationalite-une-impossibilite-juridique_1395089_823448.html#ens_id=1390910

    Voir aussi : lemonde.fr « Patrick Weil : « Sarkozy fait perdre à la droite républicaine ses valeurs » » à l’adresse : http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/08/02/patrick-weil-sarkozy-fait-perdre-a-la-droite-republicaine-ses-valeurs_1394706_823448.html

    Selon le philosophe Bernard-Henri Lévy « on devient Français ou on ne le devient pas – mais, dès lors qu’on l’est devenu, il est interdit de distinguer entre Français plus ou moins français ».
    Le philosophe Bernard-Henri Lévy affirme que la proposition de Sarkozy « contreviendrait de manière frontale à un axiome trois fois sacré car inscrit dans le triple marbre des trois textes fondateurs de notre vivre ensemble républicain : le programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944, la Déclaration des droits de l’homme de 1948, la Constitution de 1958. Il postule, cet axiome, l' »égalité devant la loi » (quelle que soit, précisément, leur « origine ») de tous les citoyens. Il dit qu’on est Français ou qu’on ne l’est pas – mais qu’à partir du moment où on l’est, on l’est tous de la même manière. Il insiste : on devient Français ou on ne le devient pas – mais, dès lors qu’on l’est devenu, il est interdit de distinguer entre Français plus ou moins français.

    On peut discuter, en d’autres termes, des conditions qui permettent d’accéder à l’être-Français; on peut les multiplier, les affiner, les durcir, les solenniser : mais que l’on laisse s’insinuer l’ombre de l’idée qu’il y aurait deux classes de Français selon qu’ils sont nés Français ou qu’ils le sont seulement devenus, que l’on se laisse aller à imaginer un ordre des choses où il y aurait les Français à l’essai et les Français pour toujours, les Français en sursis et les Français sans débat, les Français qui restent Français même s’ils commettent des actes de délinquance et ceux qui cessent de l’être parce qu’ils ne l’étaient, au fond, qu’à demi, voilà qui, si la France est la France, n’est tout simplement pas concevable. Question de principe ».

    Source : Bernard-Henri Lévy, lemonde.fr, « Les trois erreurs de Nicolas Sarkozy » à l’adresse : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/04/les-trois-erreurs-de-nicolas-sarkozy_1395439_3232.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20100804-%5Bopinions%5D

    Eric Folot

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *