Sauvetage Irlandais : le jeu de dupes…

Les crises grecque et irlandaise présentent plus de différences que de points communs. Certes, c’est les déficits importants de ces deux pays qui ont provoqué une aggravation de la charge de leurs financements ayant à son tour accru le risque de défaut de paiement qui s’est lui-même traduit par une augmentation supplémentaire des taux d’intérêts à acquitter sur ces dettes… Pourtant, la crise irlandaise émane de l’implosion de sa bulle immobilière directement responsable de ses déboires bancaires tandis que les problèmes grecs résultent d’une absence totale de gouvernance combinée à des déficits astronomiques, y compris en période de bonne croissance économique. L’Irlande a ainsi pu engranger les excédents durant sa période de forte appréciation immobilière. Ces revenus ont certes été redevables à une bulle, ils ont néanmoins permis à ce pays de subir en 2009 un niveau d’endettement inférieur à celui de la moyenne Européenne puisqu’il était de 65.5% de son P.I.B. alors que cette moyenne Européenne était l’an dernier de l’ordre de 79.2% du P.I.B…. L’accélération de la crise propulsera bien-sûr les déficits irlandais jusque vers des paliers vertigineux qui resteront néanmoins inférieurs aux chiffre grecs.

Précisément, ces déficits entre ces deux nations sont incontestablement de nature foncièrement différente car, alors que la Grèce souffre de déficiences structurelles à long terme, les seuls que doit aujourd’hui affronter l’Irlande proviennent du renflouement de ses établissements financiers. Ce pays est effectivement confronté de nos jours à l’obligation impérieuse de devoir recapitaliser ses banques. Pour autant, ce sauvetage – mérité ou non mais ceci est une autre question – est un acte ponctuel qui devrait autoriser – théoriquement à tout le moins – la libération subséquente de la croissance irlandaise.

L’Irlande enfin a beaucoup à perdre que la Grèce en acceptant l’aide (intéressée) de l’Union. Il est ainsi indiscutable que les subside Européennes ont autorisé une réduction du fardeau de la charge de financement assumée par la Grèce tout en forçant à une austérité intérieure que les politiciens grecs n’auraient jamais eu le cran d’appliquer de leur propre initiative… L’Irlande, elle, a beaucoup plus à risquer de cette charité Européenne qui – selon toute vraisemblance – sera conditionnée à une augmentation de l’impôt qu’elle prélève sur ses sociétés. Majoration de la charge fiscale qui découragera nombre d’entreprises étrangères implantées – ou souhaitant s’établir – dans le pays et qui, en conséquence, ne feront plus bénéficier l’Irlande de leurs investissements et autres avantages, notamment en terme d’emploi et donc de croissance. En revanche, ces sociétés resteront dans les autres pays d’Europe qui continueront à percevoir leurs impôts… L’altruisme ne semble vraiment pas être une qualité Européenne.

Une pensée sur “Sauvetage Irlandais : le jeu de dupes…

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    5 décembre 2010 à 19 07 48 124812
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    Ah..et on pleure ?

    Bah, bah, bah..Les grecs ont instaurés comme art de vivre la fraude, logique que les finances de l’état s’en soient ressenties.

    Les irlandais ont clairement voté pour le libéralisme, ça ne les a pas dérangé d’attirer chez eux des pans entiers d’économie délocalisés.

    Faudrait pleurer avec eux ?…. Moi pas.

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