SIDA DE CIVILISATION : Les grandes hypothèses – 11

Yan Barcelo, 19 décembre 2010 (Photo tirée de Visipix.com)

Après deux mois d’absence, je poursuis dans cette chronique avec les grands thèmes qui forment les fruits privilégiés de l’Occident et dont le mûrissement est tributaire de l’héritage chrétien d’une façon fondamentale. Dans des articles précédents, j’ai tenté de montrer combien certaines des plus grandes productions culturelles de l’Occident (démocratie, assistance sociale, science, technologie, industrie) n’auraient pu voir le jour sans la matrice de pensée inaugurée en premier lieu par le christianisme, ensuite par les traditions grecques et judaïques.

Je poursuis dans cette chronique en mettant de l’avant trois autres fruits originaux de l’Occident : socialisme, capitalisme et affirmation de la femme (de façon plus restrictive, le féminisme). Je réserve une discussion plus étendue de ce dernier thème pour la semaine prochaine.

Certains jugeront ces fruits comme étant vénéneux et dont la valeur, dans certains cas, est contestable, mais il est certain qu’ils sont exclusifs à l’arbre culturel de l’Occident et n’auraient pu naître ailleurs que dans le terrain fertilisé par le christianisme. Aussi, ces fruits font-ils l’objet de la convoitise de presque tous les pays et toutes les nations, et leur diffusion, comme celle de la science/technologie et de la démocratie, sont-ils la marque d’un triomphe planétaire de l’Occident.

Quel pays aujourd’hui ne subit-il pas, ou n’a-t-il subi, l’influence profonde d’un de ces héritages? Combien de pays ont été marqués, par exemple, par la philosophie politique du communisme, du socialisme, de la social-démocratie? Combien se transforment pour intégrer les pratiques du capitalisme? Combien sont agités par l’affirmation croissante des femmes? Tous ces courants si puissants n’auraient pu voir le jour hors de la terre intellectuelle fertilisée par le christianisme.

Socialisme. – Toutes les variations de la pensée socialiste, qui vont du marxisme-léninisme au maoïsme, en passant par l’anarchisme libertaire et la social-démocratie prennent racine dans le deuxième commandement du Christ (aimer son prochain comme soi-même). Toutefois, le Christ avait également enjoint ses auditeurs d’aimer Dieu de toute leur force et toute leur pensée, mais c’est une partie que la plupart des théoriciens socialistes ont choisi d’ignorer. Ils ont cherché à penser l’utopie de la grande communauté humaine, mais sans Dieu. Et du coup, ils ont mené à certains des totalitarismes les plus étouffants de l’histoire.

En même temps qu’ils ont oublié Dieu, les socialismes ont étrangement oublié l’humain. Leurs systèmes sont cruellement carencés au plan de leur anthropologie : ils ont cru que l’être humain était une boîte noire totalement déterminée et contrôlée par les grandes structures extérieures : appareil de production, superstructure politique, impératifs idéologiques. Changez les conditions extérieures et vous allez changer l’humain, ont-ils pensé.

Laissez faire que l’humain porte en son cœur même l’envie, la convoitise et l’orgueil; en agissant sur les bons leviers de conditionnement structuraux, nous allons changer le cœur même de l’homme et le rendre généreux, charitable, communautaire… heureux. Mais Pascal nous avait déjà avertis : qui veut faire l’ange, fait la bête.

Il reste que le socialisme a eu un parcours extrêmement puissant pendant plus d’un siècle et a conquis près de la moitié de la population terrestre, que ce soit en Russie, en Chine, dans la moitié de l’Europe et dans nombre d’autres pays. Or, même s’il est un enfant estropié de la pensée chrétienne, il n’en reste pas moins que le socialisme est bel et bien son enfant.

Capitalisme. – Comme l’ont démontré certains historiens de l’économie, notamment John Gilchrist, on trouve les premiers ferments du capitalisme dans l’organisation des monastères du Bas Moyen-Âge. C’est là qu’on voit pour la première fois des groupes s’organiser de façon complexe et systématique pour créer, à partir d’avoirs existants, des avoirs additionnels, et non plus simplement accumuler et exploiter des richesses existantes. On sait la fertilité que cette formule a eu par la suite, que ce soit dans les grandes banques italiennes de la Renaissance, les sociétés industrielles du 19è siècle et les conglomérats du 20è.

Malheureusement, la situation financière de ce début de millénaire nous donne une vision pervertie du capitalisme, un capitalisme purement monétaire qui ne s’occupe plus de faire de l’argent qu’à partir du loyer de l’argent. C’est une forme exaltée de l’usure, que l’Église condamnait si vigoureusement dans l’Europe du Moyen-Âge. Mais avant ce capitalisme hyper-financier, dont nous avons récemment vu le triomphe indécent, la faillite scandaleuse et le nouveau triomphe non moins scandaleux, il existe le capitalisme de production, celui qui s’occupe de faire fructifier son bien par la production, la distribution et la multiplication d’autres biens, matériels ou intellectuels.

Or, ce capitalisme-là est inséparable de ces autres fruits de l’Occident : science, technologie et industrie. À l’intérieur de cette matrice, le capitalisme agit essentiellement comme l’engin monétaire d’échange, d’accumulation et de réinvestissement. Et, à ce titre, il est un fruit totalement légitime et unique de l’Occident.

Le jugement sévère qu’on fait le plus souvent à l’endroit du capitalisme tient à une méprise : on condamne le processus même du capitalisme alors que l’objet véritable du litige tient à la propriété privée et au fait qu’on a vu en celle-ci un droit sacré, ce qui a eu tendance de préserver les droits à l’exclusivité des oligarchies depuis la plus haute antiquité.

Or, condamner le capitalisme en lui-même à cause d’une surextension du droit de propriété privée est une erreur. Si on respecte sa logique interne vouée à la multiplication de richesses (une logique qui peut être asservie autant par le dynamisme entrepreneurial individuel qu’étatique ou collectif), il se présente comme un des fruits les plus fertiles et les plus puissants à avoir émergé de la matrice chrétienne.

20 pensées sur “SIDA DE CIVILISATION : Les grandes hypothèses – 11

  • Ping : SIDA DE CIVILISATION Les grandes hypothèses – 11 Cent Papiers Sun, 19 Dec 2010 06:39:00 | Region MAG

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      19 décembre 2010 à 22 10 31 123112
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      @André Lefebvre
      Je constate que j’ai négligé de vous inclure dans mes remerciements. Je m’empresse de le faire et de vous communiquer mes meilleurs voeux pour Noël et la Nouvelle Année.

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    19 décembre 2010 à 9 09 17 121712
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    Content de vour voir également de retour en santé …

    j’ai tenté de montrer combien certaines des plus grandes productions culturelles de l’Occident (démocratie, assistance sociale, science, technologie, industrie) n’auraient pu voir le jour sans la matrice de pensée inaugurée en premier lieu par le christianisme, ensuite par les traditions grecques et judaïques.

    J’ai bien peur que vous n’inversiez historiquement les courants… aux dernieres nouvelles, le christiansme est issu du judaismequi lui est largement antérieur et non le contraire…la culture grecque existait avec ses philosophes également bien avant le courant chrétien ..

    Toutes les variations de la pensée socialiste, qui vont du marxisme-léninisme au maoïsme, en passant par l’anarchisme libertaire et la social-démocratie prennent racine dans le deuxième commandement du Christ (aimer son prochain comme soi-même).
    Désolé une nouvelle fois de ne pas être d’accord, mais le christianisme n’est pas à l’orgine de la pensée de paix et d’amour envers son prochain… c’est comme si vous disiez qu’un homme sans courant idéologique ou spirituel est incapable d’avoir un type de raisonnement sur sa relation à l’autre .. il est largement prouvé que déjà les tribus préhistoriques savaient faire attention et nourrir leurs membres immobilisés ( blessure, vieillesse) .. la compassion et l’empathie envers son prochain e sont pas nés avec le christianosme quand même… donc, pourquoi les courants politiques qui ont comme base ces valeurs là devraient ils les avoir retiré d’un courant spirituel ????

    C’est une forme exaltée de l’usure, que l’Église condamnait si vigoureusement dans l’Europe du Moyen-Âge.
    La dîme ou la vente de bulles papales devaient être une forme de loterie j’imagine…

    on trouve les premiers ferments du capitalisme dans l’organisation des monastères du Bas Moyen-Âge. C’est là qu’on voit pour la première fois des groupes s’organiser pour créer, à partir d’avoirs existants, des avoirs additionnels, et non plus simplement accumuler et exploiter des richesses existantes. On sait la fertilité que cette formule a eu par la suite, que ce soit dans les grandes banques italiennes de la Renaissance, les sociétés industrielles du 19è siècle et les conglomérats du 20è.
    Contradiction avec la phrse précédante… les banques survivaient avec les taux usuriers déjà à cette époque là…

    Laissez faire que l’humain porte en son cœur même l’envie, la convoitise et l’orgueil; en agissant sur les bons leviers de conditionnement structuraux, nous allons changer le cœur même de l’homme et le rendre généreux, charitable, communautaire… heureux.
    Toujours le bon vieux argument qu’on né avec toutes les fautes possibles dûes au péché originel .. pas drôle ça, crée par un dieu qui a décidé qu’on est baisé dés la naissance par une histoire en Eden qui marque notre espece depuis le début des temps, et si on trébuche pendant notre vie face aux injustices flagrantes du systéme on finit en enfer…

    Désolé. votre texte ne m’accroche absolument pas, rien de personnel, mais vos idées sont restrictives, limités, et très conditionnées , comme la religion dont vous faites la promotion…

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    19 décembre 2010 à 22 10 27 122712
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    Tout d’abord, merci à Marc Lafontan, Alain B., Francois M, Jean-Marie de Serre et Aimé Laliberté pour l’accueil chaleureux que vous réservez à mon retour dans Cent Papiers. Recevez tous mes meilleurs voeux pour Noël et pour la Nouvelle Année.
    Je procède à quelques notes rapides en réponse aux commentaires.
    @Sebas
    La propriété est un droit nécessaire, c’est certain. Mais s’agit-il d’un droit « sacré ». Je ne vois pas comment on peut en faire un absolu. C’est déjà le cas, dans nos sociétés, que la taxation progressive distribue socialement une plus grande part de la propriété des nantis (en principe, tout au moins – dans les faits, c’est une autre affaire).
    Je crois que nous nous entendons sur les banques et leurs pratiques d’usure et de sur-profits financiers. Toutefois, vous affichez un credo libertaire en attaquant l’État, là où je ne puis vous suivre. Pour le meilleur et pour le pire, l’État a toujours été une composante des sociétés, même dans sa forme la plus embryonnaire dans les tribus plus primitives. Puisque l’État est inévitable, la seule question demeure de le rendre le moins nuisible et, idéalement, le plus serviable au bien commun.

    @Marc Lafontan
    Je vous invite à lire l’ensemble de ma série « Les grandes hypothèses ». Je crois que vous allez y trouver nombre de précisions et d’élaborations autour des thèmes que vous remettez en question.
    1) Certes les civilisations judaique et grecque précèdent historiquement la chrétienne. Mais la préséance intellectuelle revient à mon sens à cette dernière, car les fondements qu’elle a établi pour l’héritage occidental sont beaucoup plus profonds et plus larges que ce qu’ont contribué les deux autres (je vous invite encore une fois à lire la série, plus particulièrement ma discussion sur la science et la technologie).
    2) Évidemment, les humains n’ont pas attendu le Christ pour aimer leurs proches… mais pas nécessairement leurs prochains. Vous ne trouverez dans aucune philosophie, dans aucune religion, dans aucune spiritualité précédant le christianisme l’équivalent du deuxième commandement du Christ d’aimer son prochain comme soi-même, cela incluant son ennemi (nuance majeure!). Cette proposition, insérée au coeur du message spirituel chrétien, est totalement originale et inédite. Bien sûr, vous pouvez ne pas être d’accord, mais cela n’empêche pas cette injonction d’avoir été le ferment de toutes les pensées socialistes subséquentes, à commencer par tout le travail des « bonnes oeuvres » réalisées par le christianisme (hopitaux, écoles, orphelinats, etc.) Hors de la matrice chrétienne, le socialisme et le communisme sont impensables… et n’ont justement pas été pensés. Ils ont été repiqués et reformulés, comme en Chine maoiste, par exemple, mais ils n’y sont pas nés.
    3. La naissance du capitalisme dont je parle dans les monastères date du IXe siècle, et précède de deux ou trois siècles l’apparition des banques, phénomène qui s’est concentré en Lombardie à partir du 12e ou 13e siècle.
    4. En m’assignant l’idée que nous naissons tous méchants, vous me faites dire quelque chose que je ne dis nullement – et que le christianisme ne dit pas non plus. L’homme naît bon et méchant à la fois, il porte en son coeur à la fois l’ombre et la lumière, et il lui appartient de diffuser plus d’ombre ou plus de lumière dans le cours de sa vie. Il serait plus juste de dire que la nature que nous recevons en héritage à la naissance est corrompue, ou tout au moins corruptible. Le choix de l’égoïsme et de la violence est toujours immédiatement disponible à l’individu et il est indéniable qu’un grand nombre y ont recours.
    C’est un des grands malheurs des pensées déterministes du 19e siècle (tout particulièrement le marxisme, le darwinisme et le freudisme) d’avoir assigné à une origine extérieure (superstructure chez Marx, héritage génétique chez Darwin, CA inconscient chez Freud) l’émergence du mal dans les échanges humains. Cela a mené à des utopies particulièrement meurtrières, reproduisant le piège au sujet duquel nous avertissait Pascal: « Qui veut faire l’ange fait la bête ». Une autre erreur tient à la proposition contraire de Rousseau qui a imaginé le « bon sauvage », ou l’idée que l’homme naît bon, et que c’est la société qui le corrompt (si la société est essentiellement un ensemble d’humains, et que chaque humain naît intrinsèquement bon, alors d’où vient donc la corruption?).

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    20 décembre 2010 à 4 04 44 124412
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    Bonjour M. Barcelo,
    d’abord je vous souhaite de joyeuses fêtes et c’est un plaisir de lire votre retour parmis nous.

    Poursuivant la lecture de votre saga de civilisation, je fais le chemin de votre réflection. Les grandes hypothèses aboutiront possiblement vers une conclusion que j’ai bien hâte de découvrir et que dont je présens l’objectif.
    C’est à ce moment qu’une discussion pourra, à mon avis, se poursuivre en faveur d’une solution possible et fructueuse par une ouverture des champs de réflection plus large que celle dans laquelle nous oeuvrons socialement.

    Et bonne année.

    DG

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      20 décembre 2010 à 10 10 36 123612
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      Monsieur Gélinas,
      Je salue votre sagesse d’attendre la fin de ma démonstration avant d’en discuter pleinement. Et j’espère que vous serez au rendez-vous, dans trois ou quatre semaines, pour le faire. Au plaisir.

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    20 décembre 2010 à 6 06 49 124912
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    Merci M. Barcelo; et je vous souhaite, également, de merveilleuses fêtes.

    Je suis d’accord sur plusieurs points relevés par Marc. Je crois que vous le savez déjà.

    J’ai hâte de lire la suite et d’arriver à votre conclusion.

    La question qui m’asticote le plus est de savoir si vous arriverez à celle, presqu’inévitable, que la religion est responsable de l’esprit élitiste qui existe chez l’homme depuis 5,000 ans.

    Allez-vous relever l’évidence qu’en installant la « perfection divine » et « l’imperfection diabolique », la notion religieuse a déterminé les deux extrêmes d’un système favorisant une élite aux dépens de la masse?

    Et que malgré toutes les belles paroles et les beaux sentiments montrés en surface, c’est cet élitisme,essentiellement, qui produit le non respect des différences entre individus et la volonté de soumettre la masse à ses fins personnelles.

    J’admire votre désir de vouloir aider à faire comprendre la beauté de l’amour universel inconditionnel; mais je doute qu’une religion, quelle qu’elle soit, puisse y servir d’exemple de par la nature même de sa phylosophie de base.

    Mais je peux faire erreur évidemment.

    Amicalement

    Elie L’Artiste

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      20 décembre 2010 à 10 10 48 124812
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      Monsieur L’Artiste,
      Il y a des entourloupettes techniques qui m’échappent avec les commandes de Cent Papiers. Vous allez trouver ma réponse AVANT votre commentaire, et non à sa suite, comme ce serait normalement le cas. Mes excuses… Et merci pour vos notes.

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    20 décembre 2010 à 10 10 43 124312
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    M. L’Artiste,
    Je ne livrerai pas encore ma conclusion, mais il est certain qu’elle n’est pas celle que vous suggérez de la religion responsable de l’esprit élitiste qui règne depuis plus de 5000 ans. Je suis curieux de connaître votre raisonnement pour arriver, de votre côté, à cette conclusion. Je ne dirais pas que les religions sont responsables de l’esprit élitiste, mais que les groupes religieux aient créé des élites, c’est incontestable. Par ailleurs, l’humain n’a pas besoin de religion pour former des élites; le processus semble inscrit dans la nature même. Il y en a qui sont plus forts, plus intelligents, plus laborieux, etc. Le problème n’est pas de savoir si quelqu’un, par ses talents, se qualifie pour l’élite, mais s’il use de ses talents pour servir ou pour se servir, pour exploiter le bien commun ou pour y contribuer. Pour revenir à la religion, je dirais qu’elles ont cherché à opérer comme garde-fou pour essayer d’assurer que les élites servent le bien commun – avec un succès très mitigé, hélas.

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    20 décembre 2010 à 12 12 43 124312
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    « Par ailleurs, l’humain n’a pas besoin de religion pour former des élites; le processus semble inscrit dans la nature même.  »

    Sans vouloir éterniser le débat, il faut se demander si l’esprit élitiste existe chez les peuples dit « primitifs ». Peuples qui n’érigent pas de « perfection divine » ou « d’imperfection satanique », mais qui se contentent de percevoir l’interelation de tout ce qui existe sans donner plus d’importance à l’un ou l’autre.

    Si c’est le cas, dire que le processus élitiste est inscrit dans la nature de l’homme n’est pas exact. Il serait alors inscrit dans sa « culture ».

    Tout ça reste à être vérifier objectivement je pense.

    Amicalement

    Elie L’Artiste

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      21 décembre 2010 à 3 03 05 120512
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      La culture ne fait pas abstaction du comportement prométhéen.

      Il faut lire quelques ouvrages en anthropologie sociale, plus spécifiquement une disciplines de l’ethnographie étudiant entre autre la nature de l’organisation sociale de l’homme.

      Un des milliers de livres:
      Le Rameau d’or – volume 1, Le Roi magicien dans la société primitive, de James George Frazer (1854–1941).

      Titre évocateur non?

      «On peut toujours apprendre ce qu’on ne sait pas, non ce qu’on croit savoir. » Gustave Thibon

      DG

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        21 décembre 2010 à 7 07 10 121012
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        « Il faut lire quelques ouvrages en anthropologie sociale, plus spécifiquement une disciplines de l’ethnographie étudiant entre autre la nature de l’organisation sociale de l’homme. »

        Excellent comme référence; malheureusement tous ces ouvrages sont l’oeuvre de personnes qui sont déjà convaincu que l’élitisme est « humain ». Ils voyaient une « échelle sociale » partout où ils passaient.

        La preuve: le titre:
        « Le Roi magicien dans la société primitive, de James George Frazer (1854–1941). »

        Il n’y avait pas de « rois magiciens » chez les amérindiens. Et pour le savoir il faut demander aux amérindiens, étudier leur structure sociale et lire les rapports de relations écrits à l’époque d’avant l’influence des « blancs ».

        Chez les indiens qui ne se réunissaient en tribu qu’après la saison de chasse, le chef était nommé à chaque année pour le temps que durait cette « unification »; et il pouvait être changé à chaque saison s’il n’avait pas été efficace l’année auparavant. D’ailleurs aucun n’étaient nommé « chef » pour plus d’une saison.

        Dépendamment de la région où ils habitaient, certains se réunissaient en tribu, soit l’hiver ou soit l’été. C’était une question de survie à cause des influences climatiques de leur région et du genre de chasse assurant leur survie.

        Ceci n’est qu’un détail qui appuie ce que je disais; il y en a plusieurs autres.

        Curieusement, ils n’avaient pas de « religion » non plus et plusieurs ethnologues se sont efforcés d’en décrire une; à cause de, toujours la même raison : Pour eux, il est impossible pour quiconque, de ne pas croire en un dieu quelconque.

        Difficile pour un daltonien de décrire les couleurs avec exactitude; et il est conseillé de douter de cette description.

        Amicalement

        André Lefebvre

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          21 décembre 2010 à 12 12 50 125012
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          Monsieur L’Artiste,
          Les éléments que vous communiquez relatifs aux amérindiens sont instructifs et je ne doute pas qu’on puisse y trouver un modèle social passablement égalitaire et relativement a-religieux. Mais à l’image de tout le secteur des sciences sociales, je suis devenu très sceptique de toute proposition au sujet d’une quelconque population de « bons et heureux sauvages ».
          Pour ce qui concerne les amérindiens, je connais bien peu de choses de leurs structures sociales, mais je ne serais pas étonné qu’en cherchant un peu on y trouverait une structure d’élitisme quelconque, ne serait-ce que dans l’existence d’une classe de guerriers à qui revenaient les principaux privilèges, et d’un « prolétariat » de femmes à qui revenaient les tâches dépourvues de « noblesse ».
          Côté religion, je croirais volontiers que plusieurs groupes amérindiens n’avaient pas de « religion » organisée et ritualisée selon un modèle chrétien ou musulman, mais ils avaient définitivement une structure de croyances et de convictions religieuses: le Grand Manitou et les esprits-manitous mineurs, le lieu paradisiaque de repos des guerriers morts, la croyance que la bravoure et le courage guerrier était récompensés au-dessus de toute autre vertu dans l’après-vie, etc.

          Répondre
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          21 décembre 2010 à 14 02 34 123412
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          @André

          Nul doute que la tradition orale, rapportée par le chef Donacona à Jacques Cartier au retour de son deuxième voyage, au sujet de l’île aux massacres vers 1500 n’est que pure fantaisie; cinq Micmacs seulement échappèrent au massacre et au moins deux cents furent égorgés.

          Néanmoins il relate les perpétuels attaques des «Trudamens devers le su» envers les Micmacs. Ces Iroquois, loin de leur territoire, n’avaient guère subit l’influence malsaine des blancs, et pourtant…


          L’ile aux massacres.

          Évidemment que toutes les autres traditions ‘orales’ qui parlent d’un Eden-merveilleux-en-terre-d’Amérique-avant-l’arrivée-des-méchands-blancs ne sont que pure vérité.

          DG

          Répondre
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            21 décembre 2010 à 15 03 27 122712
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            Et pour dissiper toute confusion ou allusion raciste:

            ma grand-mère paternelle Ross était une Abénakis, les Waban-Aki, de la région de Trois-Rivières. Décédée avant ma naissance, je n’ai pu bénéficier de la tradition directe ‘orale’. 🙂

            Légende Micmacs

            Une légende disait qu’une femme avait eu la vision d’une île flottant vers leurs terres. Sur l’île il y avait de grands arbres et des êtres vivants. Cette légende disait que les maqigtulit (grands canoes) se déplaceraient en utilisant d’énormes ailes blanches comme celles d’oiseaux géants. On disait même que les nouveaux venus à la peau claire (wapek) parleraient de divinités inconnues ici, des divinités que même les envahisseurs n’arriveraient pas à décrire de la même façon. Ces nouveaux arrivant détruiraient les Autochtones et les tueraient sans respecter leur honneur. Les Autochtones perdraient leur esprit. Allait ensuite arriver un temps où la Terre Mère deviendrait très malade. Les pluies seraient empoisonnées. Les poissons allaient mourir. Les esprits de chacun retourneraient dans des corps de couleurs différentes, les couleurs de l’arc-en-ciel. Redevenu logiques ces êtres aux couleurs différentes s’uniraient pour redonner la santé à la Terre Mère.

            Malgré qu’elle soit légèrement différente d’un Peuple à l’autre, c’est une légende que l’on retrouve chez Peuples Anishinaabe et ceux de la même famille linguistique dont les Eyou (Cris), les Anishinaabe (Algonquins), les Waban-Aki (Abénaquis), les Wolastoqiyik (Malécites), Inu (Montagnais, ), les Mi’kmaq, les Chippewa (Ojibwe), les Tsitsistas (Cheyenne). ref. http://www.astrosante.com/PremiersAmgwesewajuit.html

            Ta’n wejgwa’tegemgeg Mi’gmaq tet wigultijig. Depuis toujours les Mi’kmaq ont vécu ici.

            DG

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            21 décembre 2010 à 16 04 12 121212
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            Monsieur Gélinas,
            Merci pour cette légende. Très belle, très troublante, peut-être très vraie. Le temps semble lui donner raison, et espérons qu’elle aura raison jusqu’à sa conclusion (des peuples de différentes couleurs qui redonneront à la Terre sa santé), dont je ne doute pas.

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            21 décembre 2010 à 18 06 02 120212
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            Vous avez raison, c’est une très belle légende. Elle est sûrement apparue après 1492. 😉

            Quant aux guerres entre les tribus amérindiennes, il faut considérer que chacune avait son territoire et que l’ensemble des tribus faisaient du commerce bien avant l’arrivée des blancs.

            Je ne crois pas du tout que l’amérique était un Éden avant l’arrivé des blancs et je ne crois pas au « bon sauvage » de Rousseau.

            Par contre, il est établit que les amérindiens, comme tous les peuples « primitifs » depuis la préhistoire, étaient obligés de se servir des aptitudes de chacun des membres. Et cela avait développé une respect envers chacun des individus sana exception, ainsi que de la liberté individuelle.

            Peu de gens savent qu’un amérindien n’était pas obligé de suivre les ordres d’un « chef ». C’est d’ailleurs pourquoi, le conseil des « vieilles femmes » choisissait un chef ayant des qualités d’orateur. Il devait « convaincre » les membres de la tribu s’il voulait entreprendre quoi que ce soit.

            Comme l’article n’est pas sur les amérindiens, je ferai seulement remarquer que, aussi curieux que cela paraisse, les sociétés actuelles qui contrôlent la planète, sont toutes issues d’une culture où s’est développée depuis très longtemps le concept d’élitisme qu’on y retrouve encore aujourd’hui.

            Les amérindiens sont venus d’Europe, au plus tard, il y a 12,000 ans, bien avant que ce concept n’apparaisse chez l’humanité. C’est-à-dire, bien avant toute religion. C’est le même cas pour les primitifs d’amazonie.

            Je ne fournis pas d’informations ni d’affirmation; je ne fais que signaler des détails qui devraient laisser assez de doutes pour vérifier avant de se fier à ses « impressions » ou à ce qui a été affirmé auparavant par des autorités imbues de préjugés.

            Personnellement. cela ne me dérange pas tellement,
            qu’on attribue tout ce qu’il y a de merveilleux dans l’univers à ce que Saül de Tarse a pu imaginer. Je ne fais que dire ce que je pense.

            Amicalement

            Elie l’Artiste

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