SIDA DE CIVILISATION : Les grandes hypothèses – 7

Yan Barcelo, 28 août 2010
Quels sont les grands fruits de l’Occident tributaires du message évangélique du Christ? Nous les connaissons tous (et, bien sûr, plusieurs sont contestés), mais leur insertion dans la tradition chrétienne ne saute pas nécessairement aux yeux.
Démocratie – Il peut sembler abusif d’associer démocratie et théologie chrétienne, mais il ne fait pas de doute que sans la matrice chrétienne, nos grands systèmes de démocratie politique n’auraient pas vu le jour. Car la démocratie – un système par lequel la volonté populaire s’exprime via le vote individuel – avait besoin pour naître de la matrice de la notion d’âme individuelle, telle que l’a pensée le christianisme.
Avant même qu’émerge l’idée du citoyen – l’entité politique fondamentale des systèmes démocratiques – il fallait penser la valeur de la personne humaine individuelle. Et avant de penser cette individualité sociale, il fallait penser la valeur incontestable de l’individualité, l’idée que l’âme de chacun vaut absolument, que chaque personne est sacrée. C’est ce que le christianisme a permis de penser à partir du message du Christ. De là, nous en sommes arrivés à donner valeur à chaque individualité et à la l’expression de chaque individualité.
Il est remarquable que c’est en Angleterre, principal réceptacle du mouvement protestant et de son affirmation du lien direct de l’âme individuelle à Dieu, sans l’intermédiation des prêtres, que s’est produite la première révolution démocratique sous la forme très embryonnaire de la monarchie parlementaire. Puis, c’est dans les colonies britanniques d’Amérique, encore là tributaires de la ferveur protestante, que la première grande révolution démocratique a pris forme, avant même la révolution française de 1789. Ne nous méprenons pas, cependant : le protestantisme est simplement venu fixer un ensemble de lignes de force qui avaient déjà été mises en place par le catholicisme.
Aujourd’hui, nous baignons littéralement dans l’individualisme de telle sorte qu’il semble une évidence absolue. Mais cette évidence est loin d’être… évidente. Elle constitue une nouveauté récente dans l’histoire intellectuelle et spirituelle du monde. Il est notable que cette notion, si fondamentale à l’Occident, échappe encore à la majorité de l’humanité (en Inde, en Chine, dans tout l’extrême-orient et en Afrique). Certes, dans ces zones géographiques, on préserve à divers degrés la notion d’une certaine sphère d’autonomie individuelle, mais elle est très secondaire. Ce qui prévaut, c’est un impératif « communautariste » dans lequel l’individu se définit essentiellement par sa fonction dans le groupe, nullement par une valeur intrinsèque. Dans ces systèmes de pensée, la partie n’a que très peu de sens et de valeur; elle est rapidement subjuguée par la logique de la totalité du corps social. Il est difficile pour un occidental de soupeser la profondeur à laquelle plongent le conformisme social de ces systèmes où l’individu n’a de valeur que par les devoirs qu’il assume.
Et cette façon de penser qui caractérise la plus grande part de l’humanité aujourd’hui domine aussi la quasi-totalité de l’histoire humaine. La notion de la valeur sacrée de la personne, de ses attributs de créativité uniques, de ses dons particuliers susceptibles de l’entraîner dans un parcours social qui peut traverser toutes les classes sociales, cette notion est une conquête occidentale qui n’a triomphé qu’au cours des 200 ou 300 dernières années. C’est un acquis extrêmement fragile.
On voit d’ailleurs cette fragilité dans la frénésie hystérique qui caractérise cette notion aujourd’hui, où l’individualisation et ses liens nécessaires à la communauté donnent lieu à une atomisation croissante d’individus isolés, parcellaires, déstructurés. Nous souffrons de plus en plus de formes aberrantes de l’individualisme, pourtant il demeure que cette notion est une des conquêtes fondamentales de l’Occident.
(La semaine prochaine, j’enchaînerai avec le thème suivant de la science et de la technologie comme fruits privilégiés de notre héritage occidental et chrétien.)

22 pensées sur “SIDA DE CIVILISATION : Les grandes hypothèses – 7

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    29 août 2010 à 7 07 23 08238
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    Comme vous le dites, certaines sont contestées. je prends donc la position de l’avocat du diable. (Ce qui n’est pas très brillant dans un contexte religieux je l’avoue) 🙁

    Par exemple.

    « un système par lequel la volonté populaire s’exprime via le vote individuel – avait besoin pour naître de la matrice de la notion d’âme individuelle, telle que l’a pensée le christianisme. »

    La notion « d’âme individuelle » n’est pas d’origine chrétienne mais d’origine grecque. C’est d’ailleurs Platon qui développe cette notion d’animus/âme.

    Ce qui vous appuie cette portion de votre raisonnement sur l’origine de la démocratie puisque celle-ci est également grecque. Sauf que le Christianisme n’a rien à y voir.

    « Il est remarquable que c’est en Angleterre, principal réceptacle du mouvement protestant et de son affirmation du lien direct de l’âme individuelle à Dieu, sans l’intermédiation des prêtres, que s’est produite la première révolution démocratique sous la forme très embryonnaire de la monarchie parlementaire »

    Vous avez parfaitement raison sur ce point à un détail prêt. la forme embryonaire de la démocratie est apparue avec la Grande Charte en 1215, en Angleterre. Les pouvoirs royaux de Jean sans Terre furent amoindris par les Barons du royaume qui s’emparèrent de cette portion du pouvoir.

    Mais cet événement s’est produit bien avant la réforme du Christianisme de Martin Luther qui est né en 1483. Encore une fois, le protestantisme n’a rien à voir, lui non plus, avec l’émergence de la démocratie.

    « Il est difficile pour un occidental de soupeser la profondeur à laquelle plongent le conformisme social de ces systèmes où l’individu n’a de valeur que par les devoirs qu’il assume. »

    Je suis en complet accord avec vous.

    Malheureusement, c’est ce que nos autorités essaient d’instaurer actuellement dans la société occidentale. L’instruction actuelle est basée, depuis 40 ans, sur la « compétence » et non la « connaissance ». Ce qui ramène la valeur individuelle aux possibilités de production qu’il a apprit et qu’il peut « traduire » dans cette société. Pour le reste, il n’est devenu qu’un numéro. Nous sommes d’accord pour dire que ce nouveau « mouvement éducationnel » n’a pu être entreprit avant l’élimination des religions de notre société. La religion défendait effectivement, « l’intrinsèque » de chacun des individus.

    De plus, vous avez absolument raison de dire:

    « C’est un acquis extrêmement fragile. »

    Cet acquis est actuellement sapé à sa base depuis 40 ans. La valeur intrinsèque de l’individu, est située à zéro, sur l’échelle actuelle des valeurs sociales. D’ici une dizaine d’années, les autorités dirigerons un troupeau de moutons tout juste satisfait de « bêler » lorsqu’il sentent un « manque » ou un « besoin » quelconque.

    Ce n’est, cependant, pas assuré que les autorités réussissent à faire atteindre ce point de « non-retour » par les individus. Mais rien ne garantit pour l’instant qu’ils ne réussiront pas, si un certain « éveil » n’est pas provoqué dans notre société.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    29 août 2010 à 8 08 20 08208
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    @Alain Lefebvre

    Les éléments que vous mettez de l’avant sont très judicieux et pertinents. Voici ma réplique à certains.

    Il est certain que la notion d’âme n’a pas attendu le christianisme pour émerger. Avant même les Grecs, on la trouve chez les Égyptiens et les hindous, par exemple. Cependant, à la différence du christianisme, nous sommes ici dans des systèmes d’exclusion: certains sont plus égaux que d’autres, en quelque sorte. Et certains – une majorité – n’ont ni âme ni statut, ou tout comme: les esclaves, par exemple, ou les intouchables. Et rappelons-nous que la « démocratie » à Athènes (comme à Londres plus tard dans les débuts de la monarchie parlementaire) n’était que l’affaire d’un petit nombre de « citoyens », essentiellement les possédants. Ni les esclaves ni les femmes n’y étaient admis.

    L’élément-clé que le christianisme a apporté dans tout cela est un mouvement universalisant: TOUS les individus valent, TOUS ont une âme et, de ce fait, dans la transcription sociale de ce principe interne, ont voix au chapitre. Il est éloquent que c’est le christianisme qui, le premier, s’est érigé contre l’esclavage dans l’histoire et a oeuvré à l’abolir à l’intérieur de son aire d’influence au cours des siècles qui ont suivi la chute de Rome. Or, s’il y a une institution omniprésente au cours de l’antiquité, c’est bien celle de l’esclavage. Cette universalisation de la notion d’âme, c’est directement au message du Christ que nous la devons.

    Par ailleurs, quand vous notez que la Grande Charte britannique précède l’avènement du protestantisme, vous avez raison, mais ce fait confirme mon argument. L’instauration des premiers balbutiements de démocratie n’a pas attendu le protestantisme; déjà le ferment du christianisme était à l’oeuvre. Par contre, il est certain que le protestantisme, en instaurant un nouveau rapport de la conscience individuelle à Dieu, a contribué à radicaliser les lignes de force déjà présentes dans le catholicisme.

    Enfin, je trouve extrêmement intéressant le point que vous soulevez en rapport à notre système éducatif par « compétences ». C’est un élément auquel je n’avais pas réfléchi et que je trouve extrêmement pertinent. Il est certain que tous les éléments cruciaux de notre héritage, tout particulièrement notre héritage chrétien, ayant été balancés par-dessus bord (vérité, beauté, âme, Dieu, etc.) la réalité de l’âme est de plus en plus en danger et l’individualisme se retrouve sans gouvernail et prend des formes de plus en plus dévoyées et hystériques. Un ami philosophe, Jacques Dufresne, aime répéter souvent: « l’ablation de l’âme est une opération silencieuse ».

    Merci pour vos commentaires. Ils sont l’occasion précieuse pour moi de préciser et d’articuler plus solidement mes arguments.

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    29 août 2010 à 9 09 10 08108
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    « Merci pour vos commentaires. Ils sont l’occasion précieuse pour moi de préciser et d’articuler plus solidement mes arguments. »

    C’était le but de l’intervention. Et c’est moi qui vous remercie pour cet article très important pour l’avenir de l’humanité, malgré les apparences.

    Nous sommes, présentement, à un carrefour où l’homme accentuera sa « liberté individuelle » ou la perdra totalement.

    Le travail de sape est très insidieux et, par le fait même, extrêmement dangereux. D’autant plus qu’il est basé exclusivement sur la facette émotionnelle superficielle des individus tout autant que sur une certaine « paresse intellectuelle » qui est encouragée.

    On verra bien ce qui en adviendra. Pour l’instant seuls des articles tels que celui-ci ont la possibilité de provoquer un « éveil » face à ce danger important. D’où l’importance de les « argumenter ». 😉

    Amicalement

    André Lefebvre

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    29 août 2010 à 11 11 21 08218
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    @Yan Barcelo

    « L’élément-clé que le christianisme a apporté dans tout cela est un mouvement universalisant: TOUS les individus valent, TOUS ont une âme et, de ce fait, dans la transcription sociale de ce principe interne, ont voix au chapitre. Il est éloquent que c’est le christianisme qui, le premier, s’est érigé contre l’esclavage dans l’histoire et a oeuvré à l’abolir à l’intérieur de son aire d’influence au cours des siècles qui ont suivi la chute de Rome. »

    Alors pourquoi est-ce que les colons chrétiens arrivés en Afrique, en Amérique et ailleurs ont tous traité les indigènes et les peuples s’y trouvant comme étant des sous-humains de moindre valeur qu’eux et ont quasiment systématiquement procédé à leur extermination, déplacement, vol de leurs terres ou conversion?

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      29 août 2010 à 20 08 15 08158
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      @Francois Marginean
      Comprenez bien que je parle du point de vue des principes fondateurs des sociétés. Le christianisme a effectué un travail civilisateur, mais sur des populations souvent très guerrières et brutales pour qui tout étranger n’était qu’une valeur servile à marchander. Dans la zone européenne seulement, il a fallu à l’Église près de trois siècles pour en arriver à éliminer l’esclavage, et encore plus longtemps pour abolir le servage. < Et quand les Européens sont arrivés en Afrique et surtout en Amérique, tout particulièrement les Espagnols, là encore nous avions affaire à des individus assoiffés d'or et prêts à toutes les brutalités, dont la vision était que les populations indigènes de ces continents n'étaient pas des humains. Là encore, l'oeuvre civilisatrice de l'Église, qui a multiplié les bulles condamnant l'esclavage, n'a pu s'accomplir que sur trois siècles. Ce sont les Britanniques, au début du 18e siècle, qui ont réussi à cesser ce traffic honteux. Malheureusement, nous ne sommes pas au bout de nos peines au chapitre de l'esclavage. Les "sweatshops" asiatiques ne sont qu'une version moderne de l'esclavage antique, souvent plus brutal encore; et c'était la même chose dans les "maquiladoras" mexicaines. Mais en Asie, ces pratiques sont bien loin de l'orbite d'influence du christianisme. Finalement, aucun peuple n'a accompli le commandement d'amour du Christ - loin s'en faut. Mais cela n'empêche pas cette injonction d'être une force civilisatrice fondamentale de l'Occident. Et rappelons-nous qu'aux plus grandes idées, il faut des millénaires et des millénaires pour s'exercer.

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        29 août 2010 à 20 08 43 08438
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        Ce qui m’amène à soumettre la proposition d’étudier le travail « merveilleux » d’évangélisation des amérindiens par les Jésuites en Nouvelle France.

        Ils ont été banni pour avoir fomenter des troubles et de saccages de tribus et de villages blancs huguenots dans la région de New York.

        Donc, comme vous le dite, « …aucun peuple n’a accompli le commandement d’amour du Christ …rappelons-nous qu’aux plus grandes idées, il faut des millénaires et des millénaires pour s’exercer »

        Je suis d’accord avec vous. mais peut-on garantir que ce commandement d’amour du Christ s’est finalement installé dans l’Église? Et je parles d’aujourd’hui en 2010.

        Toutes les opinions pour ou contre, trouverons un appui dans la situation actuelle de l’Église. Donc nous tournerions en rond à en discuter.

        Par contre, il est exact que: « cela n’empêche pas cette injonction d’être une force civilisatrice fondamentale de l’Occident » Ou devrait l’être en tous les cas.

        Avouons qu’il y a énormément de lacunes.

        Amicalement

        André Lefebvre

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          30 août 2010 à 13 01 03 08038
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          @André Lefebvre
          Vous soulevez la question épineuse de l’Église catholique. Je n’ai pas terminé ma réflexion sur cette institution. Sommairement, je crois qu’il est important que le message du Christ soit porté, transmis et constamment rappelé par un groupe de religieux dévoués. L’évangélisation est un travail constant, de tous les jours, pour la conscience individuelle. Devant les assauts constants de violence, de mensonge et de laideur, il faut constamment se « ré-évangéliser ». Je soutiens donc la notion très grande d’Église en tant que « corps mystique du Christ » incarné dans la communauté des fidèles. Cependant, faut-il entériner l’Église dans toutes ses structures et ses défaillances actuelles? Ca, c’est une autre paire de manches. Mais il est certain que, malgré tous les ratés et les carences de l’Église dans l’histoire (ratés et carences très nombreux!), je crois que cette institution (la plus ancienne qui tienne encore dans le monde, ce qui n’est pas insignifiant, quand même) doit subsister… avec de nombreux amendements. Car, malgré toutes ses fautes (quelle institution n’en a pas?), elle a joué un rôle plus que positif dans l’histoire.

          @Francois Marginean
          Évidemment, si on veut fixer le regard uniquement les épisodes répréhensibles de l’Église, on trouvera amplement de quoi se rincer l’oeil. Mais alors, c’est l’équivalent de condamner la révolution francaise à cause de la Terreur et parce qu’elle a mené presque infailliblement à Napoléon.
          Certes, l’Église a eu de grandes phases d’obscurantisme, mais c’est aussi dans son giron qu’ont pris leur envol des sommets de l’esprit comme Origène, Saint-Augustin, Bonaventure, Thomas d’Aquin, Saint-Jean-de-la-Croix et quantité d’autres. Je préfère tourner mon regard vers ces lumières que vers les ombres vers lesquelles pointe l’auteur de l’article que vous citez. (Je demeure fidèle à mon principe: plutôt allumer une chandelle

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    30 août 2010 à 1 01 03 08038
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    Je comprends ce que vous dites, cher Yan, mais j’ai encore de grands doutes sur les bienfaits du Christianisme (et de toutes les autres religions aussi) en tant que principes fondateurs de nos sociétés. J’ai un peu l’impression qu’on regarde en arrière et attribue faussement toutes nos avancées de la conscience au Christianisme plutôt que simplement à la pulsion évolutive que chaque être humain possède en soi.

    Voici un autre exemple de ce qui me chicote dans tout cela:

    Before we start screaming about a return to Christianity, let us recall just exactly what that has meant for the world.

    When the Black Plague roared across Europe, millions died as infected fleas found the filthy bodies of Europeans a comfortable home. Of course, the means to prevent or minimize the Black Plague were known, indeed had been known since the time of the great Egyptian physician Imhotep. All it took was simple hygiene and sanitation. But Imhotep’s medical advice was lost when Christians burned the Great Library of Alexandria. Christians were told to avoid Roman-style public bathing as a sin because of the nude display of ones body, and few people had private baths. Monks practiced avoidance of bathing as an ascetic exercise and discouraged bathing among their congregations. When the Plague arrived, monks called flagellants proceeded to engage in public displays of self-mutilation, moving from town to town, soliciting donations, and whipping themselves publicly. In the process, they sprayed the crowd with their own infected blood. The crowd, imagining that the blood was holy and would protect them, did not wipe it off. Instead of ending the plague, the Christian flagellants spread it even further.

    The end of over-population, coupled with the arrival
    of the Medieval warm period produced a golden age called the Renaissance, whose surplus of food allowed the building of great architectural wonders including Cathedrals, and as man started to realize that the Bible did not have the answers, the flowering of science. Many of the science treatises destroyed at Alexandria had been copied by Arabic scholars and started to find their ways back into Europe. The church, aware it was losing its monopolistic grip on the people, fought back, with the abuses of Galileo and Giordano Bruno typical examples of the Unholy inquisition.

    Then the little ice age hit. Food production collapsed and starvation fell across the world. Church leaders, uninterested in science, set about trying to find a group of people to blame for the calamity (not unlike Al Gore and the Warmistas today), and launched the witch burning times. Even though the Potato had already been introduced to Europe by Spanish explorers to the New World, the church declared that any plant growing under the soil was the product of the devil, and one risked ones soul eating it. As a result, standing on a nearly inexhaustible food supply, millions starved to death.

    And before you all start screaming about how this was all long ago, please remember that witch burnings were still taking place in Mexico and South America and India well into the 1990s. The Inquisition, supposedly officially ended in 1836, was actually renamed to the Congregation of the Doctrine of the Faith, an institution that exists to this very day. The current Pope was previously the head of the CDF/Inquisition. Our veil of civilization lying over religious hysteria is wearing thin indeed.

    Meanwhile, let us look at the benefits of a world ruled by the Christian religion, shall we?

    « Entering the city [Jerusalem, July 15, 1099], our pilgrims pursued and killed Saracens up to the Temple of Solomon, in which they had assembled and where they gave battle to us furiously for the whole day so that their blood flowed throughout the whole temple. Finally, having overcome the pagans, our knights seized a great number of men and women, and the killed whom they wished and whom they wished they let live…. Then, rejoicing and weeping from extreme joy, our men went to worship at the sepulchre of jour Saviour Jesus and thus fulfilled their pledge to Him…. They also ordered that all the Saracen dead should be thrown out of the city because of the extreme stench, for the city was almost full of their cadavers. The live Saracens dragged the dead out before the gates and made piles of them, like houses. No one has ever heard of or seen such a slaughter of pagan peoples since pyres were made of them like boundary marks, and no one except God knows their number. » — [Histoire anonyme de la premiere croisade, L. Brehier, ed. Paris: Champion, 1924 (From The Portable Medieval Reader, Ed. James Bruce Ross and Mary Martin McLaughlin)]

    And, of course…

    Child Molestation among Jehovah’s Witnesses

    Vatican: « Those other religions molest children too!!! »

    ‘Evil’: A harrowing look at a pedophile priest

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      30 août 2010 à 14 02 42 08428
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      @Francois Marginean
      Évidemment, si on veut fixer le regard uniquement sur les épisodes répréhensibles de l’Église, on trouvera amplement de quoi se rincer l’oeil. Mais alors, c’est l’équivalent de condamner la révolution francaise à cause de la Terreur et parce qu’elle a mené presque infailliblement à Napoléon.
      Certes, l’Église a eu de grandes phases d’obscurantisme, mais c’est aussi dans son giron qu’ont pris leur envol des sommets de l’esprit comme Origène, Saint-Augustin, Bonaventure, Thomas d’Aquin, Saint-Jean-de-la-Croix et quantité d’autres. Je préfère tourner mon regard vers ces lumières que vers les ombres vers lesquelles pointe l’auteur de l’article que vous citez. (Je demeure fidèle à mon principe: plutôt allumer une chandelle que maudire l’obscurité).
      Par ailleurs, j’aimerais soulever quelques éléments du texte que vous citez qui sont de grossières distorsions.
      Tout d’abord, cet auteur conteste un retour au christianisme, mais ce qu’il sous-entend est un retour à la tout-puissance de l’Église. Cette phase de la théocratie catholique est bel et bien morte et enterrée, fort heureusement.
      Que l’Église ait contribué à répandre des idées anti-hygiéniques, nul doute. Mais il faut se rappeler que nous sommes encore en plein bas Moyen-Âge, un monde de factions mafieuses issues de tribus barbares et guerrières, où le soin du corps était le cadet des soucis. L’Église a contribué à cette négligence, mais n’oublions pas que son clergé participait des mêmes préjugés de l’époque.
      La charge contre Galilée est une affaire qu’on aime tout le temps mettre en galerie pour dénoncer l’attitude anti-science de l’Église. C’est une affaire surfaite: d’abord, c’est le seul cas patent qu’on peut mettre de l’avant. De plus, nombre de prélats de l’Église étaient au même moment d’ardents étudiants des nouvelles théories astronomiques. Le cas de Galilée est une affaire qu’on a complètement déformée et gonflée hors de proportion. C’est justement un sujet dont je vais traiter dans ma prochaine chronique.
      Autre erreur de l’auteur: la Renaissance (environ 1350) et la construction des cathédrales ne coïncident nullement. Les travaux sur Notre-Dame, par exemple, ont commencé en 1000 environ.
      L’autre billevisée: blâmer le christianisme et plus préciséement l’Église pour la destruction de la librairie d’Alexandrie. On connaît quatre coupables possibles pour cette destruction et on ne sait nullement lequel est le plus coupable, s’ils le sont tous, ou aucun. Voici les suspects: César en 48 avant J.C, Aurélien en 300 de notre ère, l’archevêque Théophilus vers 400, enfin le caliphe Omar, en 640. Chacun porte peut-être une partie du blâme, un plus que les autres, aucun d’eux: on ne le sait tout simplement pas. Accuser les chrétiens, relève de la pure mauvaise foi ou de la simple ignorance crasse.
      Enfin, associer l’Inquisition et la Congrégation pour la doctrine de la foi constitue un exercice de propagande. Que l’Église veille à l’intégrité de sa doctrine via la CDF, cela est tout à fait légitime et va de soi . Que cela prenne la forme de la chasse aux sorcières et des bûchers de l’Inquisition, c’est une autre affaire. Mais insister pour lier les deux jusqu’au 20e siècle, il faut vraiment prendre ses désirs pour des réalités. Quand l’actuel Benoît XVI était à la tête de la CDF, il n’a pas, à ma connaissance, procédé à brûler qui que ce soit au bûcher.
      Bref, toute cette charge qu’on mène systématiquement contre l’Église et le christianisme et à laquelle participe cet auteur relève d’un ressentiment démesuré et abusif. C’est oublier que depuis le Moyen-Âge il y a eu la science, les technologies, l’éclosion des démocraties, la séparation de l’État et de l’Église et quantité d’autres avancées, et ce sont toutes des avancées dont l’Église a elle aussi bénéficié et qu’elle a intégrées. Condamner l’Église au nom de ses dérives passées relève autant de la mauvaise foi que si on condamnait le parlement francais d’aujourd’hui à cause des campagnes contre les Albigeois et du massacre de la Saint-Barthélémy qui ont eu lieu il y a plus de 400 ans. Gardons un peu de perspective, quand même.

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    30 août 2010 à 13 01 29 08298
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    J’ai vraiment l’intérêt éveillé sur la suite de vos réflexions. Et je me permettrai de commenter évidemment.

    Il va sans dire que je ne suis ni pro, ni anti religieux. La religion est un fait qui existe depuis des millénaires et on ne peut pas l’effacer de l’histoire, ni en effacer les apports, Que certains soient positifs et d’autres négatifs est tout à fait normal.

    Il faut également ne pas laisser de côté la situation intellectuelle et psychologique de l’époque dont on considère les événements religieux. Par exemple, il serait surprenant aujourd’hui, que le Pape puisse mettre sur pied une croisade contre les Talibans ou contre les terroristes.

    Chaque époque possède sa vision du monde. À cela s’ajoute la vision de chaque région/nation. Égorgé un mouton sur une rue de Montréal n’a pas le même impact que de l’égorger sur une rue d’une ville islamique ou juive.

    Personnellement, je crois que toute religion n’est qu’une conséquence d’un manque de connaissances; c’est pourquoi, elles se basent sur des dogmes.

    Un petit détail au sujet des « lumières » du Christianisme. Il faut reconnaître que St-Augustin est celui qui a « inventé » le Péché Originel. Rien, avant lui et surtout pas dans la Thora ou la Genèse ne parle de péché de la part d’Adam et Éve.

    Voir origine du péché originel:

    « Il n’y a, en fait, aucune notion de « péché originel » dans le texte de la Genèse racontant l’histoire d’Adam et Ève dans l’Eden[3]. La formalisation du concept tient à une lecture de l’épître aux Romains, V 5, 12 de Paul de Tarse explicitée par saint Augustin d’Hippone au IVe siècle dans sa lutte contre Pélage  »

    Si je note ceci c’est que ce « péché » me teint à coeur et surtout pour indiquer que les « lumières » du temps étaient déjà, en grande partie, « sous le boisseau ».

    Amicalement

    André Lefebvre

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      30 août 2010 à 15 03 23 08238
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      @ André Lefebvre
      Vous avez tout à fait raison de garder en perspective les particularités des différentes époques et d’éviter de juger prématurément les « crimes » d’une autre époque selon les critères de la nôtre.

      Pour ce qui concerne le « péché originel », la formalisation de cette notion relève sans doute de Saint-Augustin, mais il ne l’a pas inventée de toute pièce, quand même. Dans la Genèse, le premier livre de Moïse, il y a bel et bien l’exil hors du paradis terrestre. Mais pourquoi? Parce que Adam et Ève ont désobéi à Dieu? La réponse est un peu courte. Avant de désobéir, la faute d’Adam et Ève trouve ancrage plus profondément: dans leur détournement de Dieu, de Sa providence, pour assurer leur autonomie par la connaissance du bien et du mal.

      Le christianisme a formalisé cette faute dans le récit mythique de la Genèse, puis plus tard dans la notion de péché originel. Mais cette notion d’une faute fondamentale de l’humanité est partagée par toutes les grandes religions: l’homme s’est détourné de sa Source pour tenter d’être Dieu par lui-même et en lui-même. Chaque religion et chaque spiritualité (qui est la fine fleur de chaque religion) le dit différemment, mais elle revient essentiellement à la même carence profonde et difficilement déracinable.

      Dans le bouddhisme, par exemple, on emprunte évidemment un langage très différent, mais on arrive au même endroit. Un maître zen m’a dit cette phrase tout à fait inattendue: « Tout le zen bouddhisme se résume à cette parole des Évangiles: ‘Père que Ta Volonté soit faite, non la mienne’. » Pour les religions, comme pour les spiritualités, le malheur des humains tient à ce désalignement et ce détournement de la volonté individuelle vis-à-vis la Volonté de Dieu.

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    30 août 2010 à 13 01 39 08398
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    Merci pour votre réponse honnête qui, je sens, vient de votre coeur.

    Le pouvoir a toujours attiré les pires psychopathes et assoiffés du pouvoir. Dans le fond, il faut plutôt se tourner vers les gens provenant de la population, ceux qui sont des pères et des mères, des humanistes et des gens généreux qui ont vraiment compris le message du Christ. Le reste des institutions sont à mon avis parfaitement inutiles, sinon dangereuses.

    Les têtes des organisations religieuses ont toujours été, jusqu’à tout récemment, proche du pouvoir en place. Il faut voir dans son coeur pour trouver le vrai sentiment de religiosité, le vrai temple de « Dieu » ou du Christ, que je considère être des symboles du Mystère de la vie et de son incroyablement organisation.

    Bien à vous, messieurs,

    François Marginean

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      30 août 2010 à 15 03 33 08338
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      @ Francois Marginean
      Je suis réticent, Francois, à tirer une ligne trop étanche entre spiritualité privée et religion publique, entre sphère personnelle et intime et sphère publique et institutionnelle. Les institutions sont inévitables; plus encore, elles sont essentielles. Tant que nous ne serons pas des anges baignant directement dans l’harmonie divine, nous aurons à traiter avec les passions désordonnées des personnes.

      Et toutes les institutions émergent au départ de la volonté et du besoin de tenir en échec ces passions. Que ces mêmes institutions soient à leur tour contaminées par ces mêmes passions est malheureux et inévitable. Et c’est pourquoi il faut constamment travailler à les nettoyer et les renouveler. Et ce travail est le même pour chaque individu: il faut constamment lutter contre les pulsions de ressentiment, d’avidité, de violence qui cherchent à nous envahir. Dans un jardin, il y a forcément les fleurs, mais aussi les mauvaises herbes. S’il n’y avait plus de mauvaises herbes, ca veut dire qu’il n’y aurait plus de fleurs non plus. Fleurs et mauvaises herbes procèdent de la même source de vie fondamentale. Et le travail d’émondage du jardinier est constamment à reprendre et à refaire, comme celui de l’individu, comme celui des institutions, dans un long processus de perfectionnement… dont on ne voit pas la fin, mais qu’on peut, et qu’on doit, sans cesse maintenir dans l’idéal (ce même idéal s’affinant et se perfectionnant lui aussi sans cesse).

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    30 août 2010 à 15 03 35 08358
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    @ André Lefebvre et Francois Marginean
    Au fait, merci messieurs pour vos généreux commentaires. Ils ont vraiment été l’occasion pour moi de nuancer et d’élargir ma réflexion.

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    2 septembre 2010 à 12 12 48 09489
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    J’ajouterais ceci:

    « Mais pourquoi? Parce que Adam et Ève ont désobéi à Dieu? La réponse est un peu courte. Avant de désobéir, la faute d’Adam et Ève trouve ancrage plus profondément: dans leur détournement de Dieu, de Sa providence, pour assurer leur autonomie par la connaissance du bien et du mal »

    Adam et Éve ne pouvaient pas assurer leur autonomie par la connaissance du Bonheur et du Malheur (et non du Bien et du Mal), puisqu’ils n’étient pas encore assez « éveillés » pour même voir qu’ils étaient « nus ». Ils ne peuvent donc pas être coupable de désobéiscence, ils n’étaient pas assez « intelligents » popur cela. Le coupable, au yeux du Seigneur, est le serpent qu’il punit.

    Lorsqu’il expulse Adam et Éve du paradis, la seule raison invoquée est  » Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bonheur et du malheur. » Il les chasse d’Éden pour qu’il « ne tendent pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie et vive à jamais ». Il n’y a donc aucune implication de désobéiscence justifiant cette expulsion.

    Vous dites:

    « Mais cette notion d’une faute fondamentale de l’humanité est partagée par toutes les grandes religions: l’homme s’est détourné de sa Source pour tenter d’être Dieu par lui-même et en lui-même »

    Ce qui n’est pas du tout exact, puisque c’est Le Seigneur lui-même qui avoue: « L’homme est devenu comme l’un de nous… » Donc, l’homme n’a pas voulu se détourner pour devenir Dieu, il l’est effectivement devenu par l’action du serpent qui lui a dévoilé la connaissance du Bonheur et du Malheur. Le Seigneur lui-même accuse cette transformation de l’homme qui a réussi apr l’acquisition de cette connaissance.

    Mais malgré cette base faussée qui appuie toutes les religions,vous avez raison, il est évident que ces religions ont dû apporter quelque chose de positif à l’humanité. C’est ce qui attise l’intérêt que je porte à vos articles que je lis aussitôt éditées.

    Amicalement

    André Lefebvre

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        2 septembre 2010 à 14 02 43 09439
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        Vous plait-il de vous imposer exégète? S’il en faut, il convient de ne pas substituer les mots d’un texte formulés par un auteur autre que vous-même.
        Le bien est une notion et le bonheur un étât.

        Pour une étude plus approfondie sur les notions de bien et de mal dans le contexte biblique de la genèse, puis-je vous présentez Eugen Drewermann, Le Mal, en 3 tomes (près de 2000 pages)?

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    2 septembre 2010 à 20 08 41 09419
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    « il convient de ne pas substituer les mots d’un texte formulés par un auteur autre que vous-même »

    Ce n’est pas une substitution, c’est plutôt une rectification. Les mots qui furent traduits pas Bien et Mal furent corigés dans la Bible TOB par Bonheur et Malheur.

    « Pour une étude plus approfondie sur les notions de bien et de mal dans le contexte biblique de la genèse, puis-je vous présentez Eugen Drewermann, Le Mal, en 3 tomes (près de 2000 pages)? »

    Ouf! Heureusement qu’il n’est pas question de Bien et de mal dans la Genèse!!! Quel tristesse que des théologiens partent sur une info faussée à la base pour établir leur réflexion.

    Ce dont il est question est une science du Bonheur et du Malheur (voir la Bible, 1 volume 1729 pages)

    Par contre l’info recherchée se trouve dans un seul chapitre. Pas si mal en fin de compte.

    Il y a plusieurs mots dont la signification fut biaisée. D’ailleurs la toute première phrase de la Genèse: Bereshit etc.. est complètement erronnée dans sa traduction. Mais cela est un autre sujet.

    André Lefebvre

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    2 septembre 2010 à 20 08 52 09529
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    Vous dites:

    « Le bien est une notion et le bonheur un étât. »

    J’ajouterai donc qu’une science qui représente une « notion » n’est pas une science; c’est une opinion.

    De sorte que la science dont on parle dans la Genèse est définitivement une science puisqu’elle s’adresse à un « état ».

    Comme je le disais, il est malheureux de perdre autant d’énergie pour élaborer une simple « opinion/notion ».

    André Lefebvre

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      2 septembre 2010 à 21 09 46 09469
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      J’ai eu plaisir à lire ‘l’opinion/notion’ de Drewermann. Ceci ayant contribué à mon bonheur.

      À chacun ses intérêts.

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        2 septembre 2010 à 22 10 20 09209
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        J’ai eu plaisir à regarder le film Avatar de James Cameron. Il a également contribué à mon bonheur.

        En fait vous avez raison, c’est le Bonheur qui est important.

        Mon intérêt s’applique exclusivement èa l’histoire; et comme tout ce qui est dans l’univers fait partie de l’histoire, je peux dire que mon intérêt « ratisse assez large ». 🙂

        Amicalement

        André Lefebvre

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