SIDA DE CIVILISATION : Les grandes hypothèses / Conclusion – 2

Yan Barcelo, 16 janvier 2011

Pourquoi l’Occident ne croit-il plus en lui-même?

Ses penseurs et intellectuels lui ont donné une foule de raisons d’avoir honte et de vouloir renoncer à lui-même. Le dernier argument en date veut que les fruits de l’Occident aient comme résultat ultime de détruire la planète et ses milieux de vie. Tragique ironie, juge-t-on, les moyens que l’homme occidental s’est donnés pour améliorer et adoucir ses conditions de vie sont en train de détruire la possibilité même de la vie humaine sur cette planète.

Cette charge qui vient des réseaux environnementalistes pas toujours extrémistes est la dernière en date d’une offensive idéologique à l’œuvre depuis plus de 200 ans. Certaines grandes étapes de cette offensive, dont je ne prétends pas faire un relevé exhaustif ici, ont pris les formes suivantes : a) la réduction matérialiste issue de certains milieux scientifiques au 19e siècle cristallisée autour du darwinisme et, ensuite, du freudisme; b) le rêve du « bon sauvage », issu du rousseauisme, amplifié à l’époque romantique, et qui a gagné en force avec une certaine anthropologie occupée à lire comment la civilisation industrielle détruit les cultures traditionnelles et tous les refuges où peut se planquer le « bon sauvage »; c) la culpabilisation de l’Occident suite à la colonisation et à l’exploitation des peuples de la planète par les puissances européennes au nom d’une culture chrétienne logocentrique se prétendant supérieure.

Ces charges sont-elles sans fondements? Que non! Bien sûr, le rêve du « bon sauvage » est une billevesée qui a servi à alourdir la culpabilité occidentale. Quant à la destruction éco-planétaire par la surcharge de CO2 dans l’atmosphère, on constatera sans doute de plus en plus qu’il s’agit d’une autre sornette. Il n’empêche que l’Occident doit dire mea culpa face à de nombreuses accusations.

Mais fini l’auto-flagellation! Le cadavre occidental a été suffisamment disséqué, dépecé, macéré. Il est temps qu’on ramène le gisant à la vie. Le suicide intellectuel auquel on procède depuis si longtemps ne porte plus aucun avantage, que des désavantages. Quelles « valeurs » s’occupe-t-on de servir à nos citoyens et surtout à nos jeunes? Le cynisme, le plaisir matérialiste, le divertissement violent, le placotage d’opinion sans égard pour la moindre vérité; et dans les avenues les plus extrêmes, nous avons affaire à la formation virtuelle au crime et à la laideur et à la pornographie en ligne.

Mais quelle est notre erreur? Où nous sommes-nous égarés? Nous avons renoncé, et renonçons de plus en plus, à nos racines chrétiennes. Tous ces fruits dont nous jouissons encore aujourd’hui, et dont la planète entière veut jouir à son tour, sont issus de la matrice chrétienne, de l’hypothèse de civilisation Christ-Dieu sur laquelle l’Occident a misé. Certes, il y a aussi dans cet héritage les lignes de force de la Grèce antique et du judaisme, mais ces terreaux sont relativement mineurs. La terre nourricière essentielle de l’Occident, c’est dans les Évangiles qu’elle repose. Et je ne crois pas que l’Occident et ses fruits puissent survivre, renaître et prospérer en se coupant de ce bassin nourricier.

Suite la semaine prochaine…

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