SIDA de civilisation – L’homoparentalité

Yan Barcelo – 22 mai 2010
Il y a une semaine, paraissait dans les pages des 7 du Québec un article faisant l’éloge de l’homoparentalité. Ce fut un malheureux événement.
L’homoparentalité, quand elle est le projet délibéré d’un couple homosexuel, est une aberration, pure et simple. Est-ce à dire que l’homoparentalité de fait est condamnable? Bien sûr que non. Je connais personnellement un homosexuel qui, séparé de sa femme, s’avère un très bon père, bien que deux de ses enfants sont passés par une adolescence très houleuse et que son garçon a eu beaucoup de difficulté à reconnaître l’homosexualité de son père. Mais il reste qu’une telle situation est un mal moindre que le simple exil du père, même si elle s’avère éminemment regrettable.
Toutefois, passer d’une situation de fait à une situation de principe par l’institutionnalisation de l’homoparentalité, il y a un pas qui implique d’enjamber un abîme.
Or, ce pas, le Québec a l’insigne et profondément aberrant honneur d’être le premier état au monde à l’avoir franchi. En 2003, le gouvernement a admis légalement l’homoparentalité. Jusqu’où ne pratiquerons-nous “l’ouverture”?!? Et le plus abject et grotesque, c’est qu’on a procédé à rayer des dizaines de milliers d’années de sagesse ancestrale sans le moindre débat public! Je répète: sans le moindre débat public!
Quelle pauvre petite population écervelée ne sommes-nous? Nous débattons à qui mieux-mieux d’accommodements raisonnables, nous formons même une commission parlementaire pour mener publiquement un psychodrame autour de quelques émois relativement marginaux, pourtant quand il s’agit de remettre en question un des piliers de l’institution fondamentale de la société, pas un mot.
Et c’est ainsi que nous remettons en cause la relation trinitaire la plus essentielle de la vie (papa-maman-enfant) en exaltant une non-relation homosexuelle qui est non seulement biologiquement infertile, mais dans sa dimension spirituelle fondée sur le narcissisme et la peur de l’autre sexe. Pourtant, pas un mot. Pas même l’embryon d’un débat.
Et aujourd’hui, voici le genre de situations avec lesquelles on se retrouve. Une femme se fait inséminé artificiellement à partir du sperme d’un ami homosexuel. Elle n’a aucun homme dans sa vie – sauf ce “père” homosexuel qui vient faire un tour de temps en temps – et elle n’a pas non plus de conjointe stable, quoiqu’un ancienne amante vient elle aussi lui donner un coup de main à l’occasion.
Dans un autre cas, un “homme”, accompagné de son “conjoint”, est appelé à subir un changement de sexe et se présente dans une clinique de fertilité pour y confier son sperme. Il prévoit dans un futur indéterminé utiliser ce sperme pour fertiliser une mère porteuse de qui il recueillera l’enfant qu’il rêve d’avoir et qu’il adoptera avec son “conjoint”.
Voilà où nous mène la société laïque et sa morale “rationnelle” dans laquelle nous nous engageons de plus en plus. Il est évident qu’une morale laïque est un non-sens, chose dont j’ai débattu déjà dans des billets précédents. Là où le ciel a été évacué, et avec lui le destin cosmique de l’âme, il n’y a pas d’autre balise « morale » que la sensibilité et le goût de chacun. Il y a 40 ans, au moment où Trudeau décriminalisait l’homosexualité, l’idée d’une institutionnalisation du mariage homosexuel et de l’homoparentalité aurait été considérée totalement scandaleuse – ou farfelue. Et voici que nos sensibilités s’étant émoussées (sans parler d’une érosion totale de notre sens moral), 40 ans plus tard nous en sommes rendus là. Une moralité authentique pourrait-elle être aussi élastique? Or, pour résister à cette érosion des mœurs, nous pouvons seulement argutier autour d’hypothétiques études sociologiques ou psychologiques. La simple évidence de la conscience morale est mise hors jeu, a priori.
Or les prochaines étapes de l’évolution de nos moeurs sexuelles se dessinent clairement devant nous: nous allons en venir à admettre la pédophilie juvénile (la forme antique du mentorat entre un homme d’âge mûr et un adolescent pubère), puis imperceptiblement nous allons voir émerger diverses pratiques déviantes comme étant “in”: domination et sado-masochisme, fétichisme, esclavage sexuel d’un individu à l’intérieur d’un groupe. Ce n’est qu’une question de temps. Le temps que nos « sensibilités » s’émoussent.
Certains vont dire que mes propos sont homophobes. Balivernes. Bien des déchirements autour d’une prétendue « homophobie » ressortent d’une « confusion des genres » héritée du christianisme où on croit que l’amour permet tout et admet tout. C’est une profonde et malheureuse erreur. Le Christ a pardonné à la femme adultère, mais son pardon ne valait que dans la mesure où celle-ci était repentante et s’engageait à ne plus pécher.
Ainsi, il ne m’appartient pas de « jeter la pierre » aux homosexuels, et c’est une chose dont je me garde bien. Je ne suis pas leur juge et l’impératif de l’amour fait en sorte qu’il m’appartient seulement de les accueillir. Par contre, cet accueil ne doit pas me rendre aveugle à la faute de leur dérèglement moral. Comme on le répète souvent dans les milieux de l’Église, il faut « haïr la faute et aimer le pécheur ».
Tout cela impose donc de faire une distinction très nette. D’un côté, il importe d’accueillir et d’accepter l’homosexuel en tant que personne. D’autre part, il faut s’ériger contre l’institutionnalisation de l’homosexualité tant par le mariage que par l’homoparentalité.
Évidemment, l’esprit du temps n’est pas du tout propice à une telle remise en question. Mais le temps fera probablement son œuvre pour que son esprit se transforme.

Une pensée sur “SIDA de civilisation – L’homoparentalité

  • avatar
    23 mai 2010 à 6 06 05 05055
    Permalink

    Yan,

    Bonjour,

    Je ne peux partager le rationnel de la position du développé de l’article.
    Je soulève deux points:
    Le premier : j’ai vu trop de séropositifs, passer du jour au lendemain dans un état de « cachexie ».
    A partir de là, le sens de « sidéen » prend toute son ampleur.
    En second un enfant a besoin de repères, et je ne puis que déplorer que le Québec ait avalisé, de manière hypocrite, afin de protéger un certain électorat.
    Un enfant à besoin de sa maman et son papa.
    J’ai assisté à de multiples Conférences, j’en ai données des milliers de par le monde, pour lutter contre l’homophobie.
    J’avalise totalement « Le Livre Blanc » mais le monde fonctionne à l’envers.
    Il faut respecter le droit aux différences OUI !!
    J’ai des ami(e)s de tous bords.
    Mais je défends leurs positions et leur manière de vivre, mais rien ne remplacera la valeur d’une famille stable.
    A présent, je veux bien en débattre à la condition de ne pas avoir comme certains oiseaux les yeux « crevés » pour chanter de jour comme de nuit.
    J’ai publié un ouvrage « Le Roseau et Le Ravi » primé par l’UNESCO mais la prime je n’en ai pas voulue.
    Il fait référence tout comme Prat,Stagnara, Roberston etc.
    Merci pour l’article et je ne suis pas fermé à une certaine libéralisation, en conclusion je ne cautionne point: Ce qui ne peut que tuer.
    La philosophie, protège l’être, comme une corde un pendu.
    Patrick Juan

    Le Panda

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