STABILISONS-LES TOUS … !

libeUn petit million à peine de manifestants pour défendre nos retraites ? Et la droite de pavoiser : La faible mobilisation ouvre la voie à la réforme, titre Le Figaro, qui conçoit ainsi sa mission d’informer.  Libération se met quant à lui à l’heure de Rolland-Garros et croit bon de décerner un Avantage Sarkozy. Tout n’est-il pas déjà écrit d’avance ?

Les grands médias ressassent jusqu’à la nausée le faux argument démographique et la propagande qui prétend l’allongement de la durée du travail inéluctable est puissamment auto-réalisatrice, comme disent les économistes des prédictions de « les-marchés« . Parce qu’on sait bien qu’ils vont le faire. Comme ils font toujours ce qu’ils veulent, au fond, en méprisant les peuples tout en invoquant hypocritement une démocratie de plus en plus hypothétique.

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Ils expliquent même la technique à utiliser dans un document officiel : le cahier N° 13 de politique économique du Centre de recherches de l’OCDE. Son titre ? La faisabilité politique de l’ajustement. D’un cynisme écoeurant. Extrait : « Les politiques de stabilisation économique et d’ajustement peuvent provoquer des troubles sociaux, voire mettre en péril la stabilité des pays. Dans ce Cahier de politique écononomique sont analysées les conséquences politiques de tels programmes. Il ressort de cinq études de cas approfondies et de deux échantillons importants de pays, en Amérique latine et en Afrique, que les coûts politiques en termes degrèves, de manifestations ou d’émeutes sont très différents d’une mesure de stabilisation à l’autre. Le calendrier d’application des mesures, le régime constitutionnel, les interventions ciblées des donateurs influent également sur ces coûts. Ces recherches ont ainsi permis de définir et de préciser les caractéristiques d’un programme de stabilisation politiquement optimal qui, pour un même résultat économique, minimise les coûts politiques. (…) le programme de stabilisation a un caractère d’urgence et comporte nécessairement beaucoup de mesures impopulaires puisque l’on réduit brutalement les revenus et les consommations des ménages en diminuant les salaires des fonctionnaires, les subventions ou l’emploi dans le bâtiment. En revanche, les mesures d’ajustement structurel peuvent être étalées sur de nombreuses années et chaque mesure fait en même temps des gagnants et des perdants, de telle sorte que le gouvernement peut s’appuyer facilement sur une coalition des bénéficiaires pour défendre sa politique. » Ecoeurant, on vous dit. C’est comme ça sur 42 pages. Lisez : l’intégralité du document est consultable ici.

Olivier Bonnet

Ce texte a été initialement publié par Olivier Bonnet sous le titre:  « Profiteurs de crise »

Une pensée sur “STABILISONS-LES TOUS … !

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    31 mai 2010 à 8 08 51 05515
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    La prémisse de base est toujours de « réduire brutalement les revenus et la consommations des ménages », alors que, dans une société d »abondance, c’est la part du revenu consacré à l’épargne et à l’investissement qui doit diminuer.

    Il faut nettoyer l’ardoise d’une richesse largement fictive qui est concentrée en haut de la pyramide des revenus. C’est cette fiction qui pousse à une surproduction, puis mène à la pure spéculation, créant encore davantage de cette même fausse richesse.

    L’objectif devrait être d’augmenter le revenu et donc la consommation des ménages EN BAS de la pyramide, tout en freinant les investissements matériels. On aura ainsi un nivellement relatif à la hausse de la consommation des biens.

    Dans ce scénario, l’augmentation de productivité conduit à un déplacement des dépenses vers l’intangible (les services) et vers le collectif (infrastructures).

    On a le type d’enrichissement dont nous avons vraiment besoin.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/02/12/linsatisfaction-permanente/

    Pierre JC Allard

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