Stimuli et taux zéro dans l’indifférence générale…

Les citoyens Américains préoccupés de faire fructifier l’argent de leur retraite sont placés par leur Réserve Fédérale face à une situation impossible, celle où ils en sont réduits soit à placer leurs deniers en banque à 0.01% soit à spéculer en bourse afin de tenter de rentabiliser ces sommes qui risquent tout aussi bien d’être perdues. (voir mon précédent papier)… Car la troisième possibilité s’offrant à eux – celle de consommer – ne semble pas une option intéressante dans un contexte où l’incertitude règne en maîtresse. En fait, en maintenant leurs taux aux niveau actuels ridiculement bas, les autorités US démontrent une indifférence royale envers ceux de leurs concitoyens tentés par épargner alors même qu’ils font preuve d’une immense sollicitude vis-à-vis d’établissements financiers bénéficiant de liquidités illimitées! Destinée – en théorie – à motiver à de nouveaux prêts accordés aux acteurs de l’économie réelle, cette générosité gonfle artificiellement les profits des banques trop timorées pour s’engager à fond en faveur de la société civile tout en ne bénéficiant que fort peu à des PME peu enclines à de nouveaux investissements à cause d’une situation économique très fragile…

En réalité, en inondant leur nation de dollars, MM. Bernanke, Geithner et acolytes tentent désespérément de sauver le marché immobilier cataclysmique de leur pays tout en garantissant en outre 90% de la totalité des prêts hypothécaires futurs et en cours. Pourtant, en dépit de taux à leur plus bas historique et, accessoirement, de prix immobiliers attrayants, ce marché ne parvient toujours pas à se redresser: les ventes de maisons n’ont-elles pas (encore) dégringolé de 27% en Juillet dernier? Comment s’en étonner du reste alors que le taux du chômage semble immuable autour des 9.5% et que la bourse escompte le « double dip »…?

Que les autorités US reconnaissent aujourd’hui que leurs stimuli massifs ont très clairement échoué à ressusciter leur économie tout en engraissant au passage multinationales et autres établissements financiers « too bigs to fail » et en laissant sur le carreau le travailleur moyen qui, nonobstant le fait de devoir continuer à payer ses impôts, ne peut même plus placer décemment ses économies.

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