Systèmes bancaires, canadien et américain

Quelques mots sur la structure des banques américaines, celle des banques canadiennes… et la différence.

La Réserve fédérale américaine:

1) décide de la politique monétaire des États-Unis avec un double objectif de stabilité des prix et de plein emploi, et l’obligation de faciliter la croissance économique;

2) supervise le système bancaire américain;

3) publie des rapports, tels que le livre beige, relatifs à l’économie américaine;

4) agit comme prêteur de dernier ressort;

5) peut agir sur la valeur externe de la monnaie, le dollar américain, notamment à travers l’utilisation de ses taux directeurs (rémunération des prêteurs) pour motiver la venue ou la fuite de capitaux et donc influer sur la masse monétaire et la croissance économique des États-Unis (exemple du protectionnisme déguisé qui entraîne par la suite une dévaluation du dollar et donc une meilleure compétitivité-prix);

6) est indépendante des institutions politiques.

Dans la crise actuelle, c’est ce dernier point qui a nuit à l’économie américaine.

Au Canada, en 1990, le gouvernement a décidé de ne plus permettre les fusions de grandes banques canadiennes, ce qui a déterminé la frontière entre : « grandes banques » et « trop grandes banques ». De plus, nos banques ont gardé un standard sévère d’attribution de crédits.

Spécifions quelques différences:

1) Le Canada dispose d’un système de réglementation fort et centralisé et il possède un marché hypothécaire différent des Etats-Unis.

2) Nous n’avons pas encouragé au niveau du fisc l’accès aux hypothèques.

3) Les hypothèques « sub-prime » n’existent presque pas au Canada. De plus,l’emprunteur qui a une hypothèque supérieure à 80% doit obligatoirement assurer son hypothèque.

Au final, les banques canadiennes subissent une forte réglementation étatique qui est centralisée. Pour ce faire, nous avons le « Office of the Superintendent of Financial Institutions » et la « Financial Consumer Agency of Canada ».

Finalement, le Forum Economique mondial, considère que le système bancaire canadien est le système le plus « sain » au monde.

Voyons pour les taux d’inétrêts:

Les entreprises ont un besoin de financement et vont emprunter. Le taux d’intérêt est un coût de production, les entreprises devront rembourser le capital et les intérêts.Si le taux d’intérêt est élevé, le coût du crédit sera élevé, il y aura une baisse de la demande de capitaux et l’investissement baissera.

Les ménages ont une capacité de financement, car ils épargnent. Le taux d’intérêt est un revenu : si le taux d’intérêt est élevé, l’épargne augmente (donc la circulation cesse), la consommation chute, la production baisse et le chômage augmente.

Il existe une situation que certains qualifient de risque lorsque le taux d’intérêt est bas.

Ce risque est la fuite de capitaux vers l’étranger où le rendement est supérieur. En réalité, si nos capitaux sont bien investis à l’étranger, normalement, le rendement découlant de ces investissements, augmente notre richesse. À moins que ce ne soit la Caisse de dépôt qui choisisse le lieu où investir, semble-t-il.

Comme je le disais, je ne vois pas d’autres empêchements au taux d’intérêt bas que celui de limiter les possibilités des spéculateurs, principalement  ceux sur les taux de change qui sont, en fait, les spéculateurs les plus importants de la finance.

André Lefebvre

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