TDF la controverse

 

 

TDF:  Un mal nécessaire? Des gens ont choisi d’afficher et d’exprimer sur facebook l’expression du sentiment qu’ils ressentent face à la gent féminine, le tout teinté de misogynie, d’une part de vérité, de préjugés se heurtant à d’autres préjugés, dans une démarche qui transpire le besoin de partager leurs opinions et les sentiments qui les habitent.

Dans une société conformiste qui évite le plus possible toute forme de discussion ouverte, franche et articulée, ce type d’action serait plutôt perçu comme un besoin d’interroger maladroitement les enjeux humains, de questionner le rôle de l’individu dans sa vie privée et sociale. Dans plusieurs cas, les médias sociaux ayant remplacé les réunions ou les simples contacts humains divers, les craintes, les attentes et les questionnements sont souvent réprimés, perçus dérangeants, fastidieux, stupides et ennuyeux. D’ailleurs l’auditoire sérieux se fait rare et peu enclin à philosopher dès lors qu’un sujet ne relève pas de l’actualité ou des modes incontournables. Il règne un fond de pensée collective de laquelle on ne doit pas déroger, de crainte d’être marqué au fer rouge. Un d’ousse tu sors toi!

On a habitué l’individu a s’identifier à des normes populaires, ce mot ayant toute sa signification. Il a développé la crainte du rejet qui est le fantôme qui hante tout individu. Affronter ce fantôme peut donner lieu à de nombreuses versions parfois cocasses et colorées, mais aussi à des versions lugubres.

On serait ici devant un cas flagrant de recherche d’individualité, de morale déficiente et d’atteinte aux droits et libertés.

A trop vouloir être laxiste sans endosser les réflexions qui en découlent, on a créé un monde absolument tortionnaire qui s’attaque à tout même à la liberté de pensée. Cet essai maladroit du regroupement TDF est tout de même une liberté d’expression, une ébauche de discussion plus ou moins formulée ainsi. Ne tenir aucun discours équivaut à faire un clivage. Le sanctionner condamne tout le discours et les points importants qui auraient pu susciter un débat intelligent. Faut-il rappeler que la violence et le harcèlement existent et qu’il serait plutôt important de prêter une oreille attentive aux éléments susceptibles de les déclencher lorsqu’on tente d’en formuler certains même maladroitement, et ce, même si celui qui tend l’oreille ne cautionne ni les causes ni les effets.

Une large partie des gens qui ont adhéré à ce site ne sont pas probablement ni révoltés, ni haineux. Ils sont sûrement ballottés et incapables de franchir seuls le seuil de la tolérance, ne sachant comment se départir eux-mêmes des étiquettes que la société accole et s’en sentant prisonniers. Il appert plus probable qu’ils traînent en eux un vague malaise dont la société ne semble pas en mesure de les aider à se soulager. Mais nous savons que marcher sans crainte dans ses propres chaussures requiert du temps, des efforts et parfois de l’aide. Nous savons que le processus de compréhension et d’acceptation de certaines réalités, les nôtres comme celles des autres, nous permet de ne pas assommer le premier con que l’on croise.

Un redresseur de torts a infiltré la page facebook et a pu la fermer, mais avant il a recueilli les informations sur les gens qui s’y étaient inscrits et les a rendues publiques (noms, adresses, emplois, etc). Qu’y a-t-il derrière cette mission de faire cesser à tout prix la provocation qui rappelle celle de cet homme qui a mis sur pied le mouvement des carrés blancs lequel, n’eut été du départ du gouvernement en place, allait réussir à stigmatiser un débat de société dans un BCBG folklorique sans but précis, sans attente, un festival de plus dans le paysage du Québec? Allaient bientôt se distribuer des permis pour vendre des hot-dogs le long du parcours et pourquoi pas une halte pour les animaux de compagnie et des kiosques de parapluies et de chaudrons. Ces interventions ont-elles pour but de mettre un terme à un débat qui autrement n’aurait jamais eu la possibilité d’avoir lieu? En ciblant les gens à museler… on réussit à esquiver le débat et à noyer la cause.

Intolérance des deux côtés? Peur? Désir de s’exprimer vs désir de se conformer? Ce qui interpelle est que des individus se dressent les uns contre les autres, à la manière des gangs de rues, pour des motifs mal définis, pour une cause dont les défenseurs sont suffisamment nombreux et dont le bien-fondé contient ses propres nuances.

Lorsque des individus doivent emprunter un mouvement collectif pour passer un message, c’est qu’il y a un message. Qu’essaient-ils de dire? A condamner ne réussit-on pas qu’à endormir un problème, à empêcher de sains débats, à se fermer à toute réflexion? Ces intolérances, les leurs et celles des bien-pensants sont dommageables. Elles empêchent premièrement une société d’avoir une vue globale des gens qui la composent en balayant les malaises sous le tapis et elles ferment les portes qui auraient pu s’ouvrir en jetant un regard objectif, actif et bénéfique.

 

Elyan

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