Un discours du trône creux

À la lecture du discours du trône, je remarque dès le départ les priorités, dont le choix de l’ordre, avec l’environnement en dernier, qui est assez révélateur :

« Au cours de cette nouvelle session, notre gouvernement se concentrera sur cinq priorités claires : renforcer la souveraineté du Canada et sa place dans le monde, renforcer la fédération, exercer un leadership économique efficace, continuer de lutter contre le crime et améliorer notre environnement. »

Et en plus, le choix du terme « améliorer » – « improving », dans la version anglaise — est assez flou. L’environnement n’est pas un produit de consommation à améliorer, elle va bien ou mal, on la protège ou non. Le pire, c’est que dans la section réservée à cette fin, « La protection de l’environnement » apparaît dans l’avant-dernier paragraphe, alors on voit encore de manière déguisée une position timide, étant donné ce choix dans l’élaboration chirurgicale d’un texte du genre, il ne faut pas se leurrer. Tout est bien calculé, tout autant que cette jambette politique de Stephen Harper sur Stéphane Dion.

Pour avoir lu quelques analyses de quelques blogueurs politiques, il apparaît que Stéphane Dion est pris au piège de la pire manière et qu’il doit se dresser fièrement au nom de son parti et de son image. Pour sa part, Lattachepol croit que « Ne pas défaire ce gouvernement n’arrangera pas les choses pour eux, surtout pas au Québec. On ne va pas en politique pour s’écraser, pour sauver sa job quelques mois. » Et il ajoute : « Les électeurs respectent les élus qui ont du courage. » Et termine par : « Le PLC pourra ainsi sauver le peu de respect qu’il lui reste dans la population. » Je suis hautement d’accord.

Louis, pour sa part, expose la fine stratégie conservatrice et écorche le demi-chef libéral au passage : « On peut détester les positions politiques de droite vieillottes et dépassées de Harper et de ses amis conservateurs (ou adéquistes, au Québec), mais force est d’admettre qu’il joue très bien le jeu politique. Comme quoi un manipulateur sachant manipuler aura souvent l’avantage sur un idéologue un peu naïf comme Dion. » Et, comme ajoute Christian Rioux en commentaire et sur son propre blogue, il est clair que le PLC fera le même tour de passe-passe que le PQ en s’affichant fortement contre tout en étant absent, en partie, au moment du vote.

De son côté, Capitaine Virgil penche du côté de la critique des institutions démocratiques qui sont prises dans un carcan franchement soporifique… De plus, il doute fort que cela nous serve bien, et avec raison : « Beaucoup de gens dépendent de la politique, mais pas ceux qui devraient, c’est-à-dire les citoyens. » Dans un monde où la rapidité et l’efficacité sont de mise, le parlementarisme actuel apparaît comme étant pantouflard et moyenâgeux… Par contre, cela sied bien au Parti Conservateur. Et comme je l’ai ajouté en commentaire à ce texte : « Quand dans une société c’est le gouvernement qui traine de la patte, c’est pas bon signe… »

En espérant que la malléabilité et la facilité du web et le bouillonnant et dynamique laboratoire blogosphérique influenceront un jour nos dirigeants.

14 pensées sur “Un discours du trône creux

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    18 octobre 2007 à 10 10 27 102710
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    Excellent article, court, des sources et une bonne analyse. Du vrai journalisme citoyen  » à la Pierre R ». Félicitations, aussi, à qui a choisi cette photo !

    Cela dit, Harper est un habile (mot censuré) et Dion un pauvre (mot censuré). Le Canada est à censurer et le Québec n’est pas publiable… Je me retire pour un temps du commentaire politique. Parlons du 911, de l’Islam et du Intelligent Design. Je vais réfléchir à l’usage du cothurne dans le théâtre grec…

    Pierre JC Allard

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    18 octobre 2007 à 10 10 33 103310
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    je vous en prie Pierre JC Allard. Un peu de retenue. Veuillez cesser quelque peu vos basses flatteries qui ne nous informent finalement que de la grande complicité qui existe entre vous et Pierre R.

    Quant à l’objectivité qui en dégage, je laisse le lecteur tirer ses propres conclusions.

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    18 octobre 2007 à 10 10 41 104110
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    @ Daniel Bedard : Est-ce que le compliment que vous m’avez adressé sur un autre fil et dont je vous ai remercié fait de vous mon complice :-))

    PJCA

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    18 octobre 2007 à 10 10 50 105010
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    Un article court de Renart qui méritait pourtant d’être plus long étant donné la grande portée du sujet traité.

    Je vais me montrer davantage objectif et m’affirmer en disant que je ne suis pas d’accord avec le commentaire de M. Allard.

    Cet article effleure à peine le sujet et ne nous apprend pas grand chose finalement. Et à mon avis ce n’est pas ma définition à moi du journalisme-citoyen.

    J’aurais aimé aussi que Renart me dise pourquoi le discours du Trône ne contient aucune allusion à la gestion du système judiciaire canadien. Comme si tout était rose de ce coté. Pas très rassurant tout cela. Ne trouvez-vous pas Messieurs ?

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    18 octobre 2007 à 11 11 00 100010
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    En supplique à M. Allard, je veux juste vous signifier que je demeure objectif en tout temps. C’est cela faire du journalisme-citoyen. Lorsque je trouve que l’article est bon je le dis tout simplement. Mais lorsqu’on le trouve moins bon il faut aussi le dire mais se justifier par contre. C’est de cette façon qu’un rédacteur conserve sa crédibilité. Non en s’esquivant comme Pierre R. le fait en ce moment à mon égard alors que je lui confie une responsabilité directement relié au journalisme-citoyen. Alors que fait-il ? Si c’est cela votre perception du journalisme-citoyen M. Allard, faudrait y travailler encore un peu.

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    18 octobre 2007 à 10 10 48 104810
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    Mais non pourquoi. Elles m’amusent si ce sont de vraies flatteries. 😉

    J’hésitais à lui demander si « à la Pierre R » était une critique ironique ou un compliment sérieux. Je pencherai plutôt pour l’ironie avec ses félicitations pour la photo.

    Maintenant je note que les articles de Pierre R. s’améliorent avec par ex. la source de ces citations. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Il faut juste laisser un peu de temps au forgeron amateur.

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    18 octobre 2007 à 15 03 38 103810
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    On dit souvent que nos compatriotes français s’embourbent dans leurs propres mots juste on dirait pour le plaisir de les utiliser alors que plus souvent qu’autrement on n’arrive à comprendre le contexte dans lequel ils s’inscrivent.

    Comme cela si personne les comprend ils risquent pas de se faire reprendre.

    Si c’est cela j’aime mieux encore pour ma part la ’’vulgate’’ du journalisme traditionnel. Mais est-ce qu’au moins le terme vulgate se dit, le Furtif ?

    Vous savez, les mots mes petits amis français, il ne faudrait tout de même pas se montrer important au point de les inventer. Encore faut-il qu’ils existent dans le dictionnaire !

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    18 octobre 2007 à 11 11 52 105210
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    @Goupil

    Un mien ami m’accuse d’être elliptique avec excès. Votre article me fait le même effet . Je ne viendrai pas vous en tenir rigueur, au contraire . Il est stimulant de ne pas rencontrer les platitudes habituelles émises dans la vulgate du journalisme traditionnel .

    Autre chose, félicitations pour l’illustration.

    Pb de lexique : Jambette ? = Croc en jambe ??

    Le furtif

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    18 octobre 2007 à 22 10 45 104510
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    La vulgate : [Péjoratif] idéologie vulgarisée pour le plus grand nombre.

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    19 octobre 2007 à 8 08 28 102810
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    Bien. Mais pour mon bénéfice personnel et ma culture élargie vers la vôtre Renart où trouve-t-on même ce péjoratif ?

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    19 octobre 2007 à 4 04 47 104710
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    Je voulais bien sûr parler de celle de St Jérome.
    Pierre JC sait combien j’y suis attaché.

    Merci Renart d’avoir su voir que vouloir parler au plus grand nombre conduit souvent , hélas , à ne plus rien dire à personne.

    Cordialement

    le Furtif

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    19 octobre 2007 à 13 01 33 103310
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    Désolé les amis, mais je ne comprends plus rien à rien…

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    19 octobre 2007 à 13 01 44 104410
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    En tant que journaliste-citoyen faudrait-il plutôt comprendre tout à tout…

    Bouché par hasard, mon Renart ?

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    19 octobre 2007 à 14 02 19 101910
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    Pas du tout. Je n’ai fait que continuer dans votre vague vague…

    Cela voulait dire, pour votre part, pouvez-vous reformuler votre question :

    « Mais pour mon bénéfice personnel et ma culture élargie vers la vôtre Renart où trouve-t-on même ce péjoratif ? »

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