Un marché averti n’en vaut hélas pas deux !

Comment expliquer aux investisseurs Américains et étrangers ayant placé leurs avoirs aux USA en Bons du Trésor, obligations diverses et autres produits d’épargne que le Gouvernement Américain ne les leur rendra pas intact? La Réserve Fédérale n’a-t-elle pas en effet annoncé à l’occasion de sa réunion d’Août la poursuite des baisses de taux quantitatives et – donc – la levée de toute protection (résiduelle) pour les heureux titulaires de papiers valeurs libellés en dollars? Les esprits chagrins seraient certes tentés de voir là une manipulation politique (à moins de trois mois des élections du « mid term ») visant à conforter – sur le court terme bien-sûr – ceux des électeurs Américains (c’est-à-dire pratiquement tous!) ayant emprunté sans compter… et tant pis si ces artifices contribuent activement à torpiller sur le long terme l’épargne de leurs propres citoyens!

Cas d’école en réalité à la portée d’étudiants en première année de sciences économiques que ces injections massives de liquidités – via l’activation frénétique de la planche à billets – qui, à force de mettre du dollar dans le système, finiront pas lui supprimer toute valeur car les revenus payés par l’Etat Fédéral sur ces placements, eux, restent stagnants! Passe encore pour l’Américain moyen, peu sensible à la dépréciation de sa monnaie nationale, et encore persuadé que son Gouvernement protègera ses avoirs. La grogne commence néanmoins à se faire entendre globalement, illustrée par l’OPEP dont un des membres (l’Iran) vient de déclarer: « Ils achètent notre pétrole et nous donnent un papier sans valeur »… Et pour cause: les Etats-Unis d’Amérique, qui ont 234 ans, n’ont-ils pas crée sur ces seules quatre dernières années la moitié de la masse monétaire de toute leur Histoire? Un remake de 1929 avec son lot de défauts de paiement colossaux n’est certes plus d’actualité mais remplacer la banqueroute par la perte sévère du pouvoir d’achat (l’autre nom de l’inflation) n’est-il pas reculer pour mieux sauter?

Le « Bureau of Labor Statistics » ayant ainsi récemment calculé que le pouvoir d’achat du billet vert avait décliné de 80% en l’espace de 60 ans environ et ce dans une conjoncture de connivence (ou d’inconscience?) généralisée puisque le marché obligataire US bénéficie d’un rush spectaculaire émanant de la classe moyenne Américaine et des investisseurs internationaux. Ces détenteurs de ce « papier sans valeur » ne sont-ils pas persuadés que le déclassement du dollar sera sans incidence sur ces placements et que les rendements sur les T-Bonds à leur plus bas historique induisent une inflation totalement absente des radars? Et tant pis si les marchés obligataires se trompent régulièrement dans leur prévision inflationniste… Il est vrai que la grande préoccupation contemporaine serait plutôt la déflation dont le spectre est, à juste titre, entretenu par de très mauvaises statistiques du chômage. Après tout, l’armée de sans emplois et de ceux qui sont sous employés consommera de moins en moins, contribuant ainsi à exercer une pression baissière sur les prix. Cercle vicieux qui, à écouter la quasi totalité des analystes, serait seul susceptible d’être éradiqué par une activation hyperbolique de la planche à billets…

Pourtant, l’inflation et la politique monétaire de la Réserve Fédérale US, finiront tôt ou tard et immanquablement à diverger: comment ferez-vous ce jour là pour protéger votre patrimoine? Préparez-vous pour le sauve-qui-peut hors du dollar et hors du papier Américain!

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