Un plan vigilant pour gagner notre liberté

Toujours en lien avec le political compass, j’aimerais poursuivre mon commentaire sur les options politiques — qui se base sur les notions de l’autoritarisme, de l’anarchisme, de la gauche et de la droite — et ainsi projeter ma pensée vers le futur. Au départ, avec mon texte « Pourquoi je ne suis pas libertarien (maisque je suis quand même quelque peu sous le charme) », j’ai exposé une lecture quand même assez positive du libertarianisme (qui est beaucoup dans l’air du temps) et élaboré une critique qui s’appuie sur le problème à court terme de cette philosophie, s’il y avait un changement sociétaire radical dans cette voie, qui prend pour acquis la responsabilisation de la population et ne propose pas de plan autre que de l’optimisme aveugle : faites-nous confiance, tout va bien aller si on fait disparaître l’État!

Aussi, avec mon texte « Uppercut de la gauche vers la droite : un peu de philosophie politique », j’ai désigné l’ennemi à abattre, le néo-libéralisme, en le plaçant en contradiction avec les positions libertariennes, anarcho-socialistes et socialistes. Donc, deux textes sur les droites en guise de point de départ pour un projet de société que je vais vous exposer plus en détail dans les lignes qui vont suivre.

Avant tout, pour le bien de l’exercice, je me dois de nous placer collectivement dans le quadrant et, pour se faire, je m’appuierai sur le résultat le plus près de nous, c’est-à-dire notre Très Cher Premier Ministre Stephen Harper. Étant donné qu’il n’a pas été élu majoritairement et que le Québec semble assez différent du reste du Canada, je nous placerai donc tout près du centre (voir le graphique plus bas), dans la partie droite en haut, plus près du milieu par rapport à l’axe gauche-droite et assez haut par rapport à l’axe étatisme-anarchisme, parce que bien sûr l’État est encore très présent dans nos vies, au grand dam de plusieurs, dont moi.

Ce positionnement est le plus objectif que je peux fournir, étant donné l’absence de données fiables et l’impossibilité de faire passer ce test à la société québécoise (ou plus largement aux sociétés occidentales) comme entité personnelle unique… J’aurais pu placer le point de départ ailleurs, à peu près dans coin-là, j’en conviens, c’est hasardeux : je l’ai choisi en tenant compte des autres points déjà existants. Même si ça semble pour certains assez accessoire, je tiens à utiliser ce graphique majoritairement pour sa qualité démonstrative, même si le test et le site d’où il provient ne semblent pas faire l’unanimité. Par contre, je maintiens ce choix de positionnement dans cette partie du quadrant, car il est clair que notre système est contrôlé en grande partie par le corporatisme, plus près de la droite néo-conservatrice que de la gauche socialiste, il faut l’admettre; et les positions anarcho-socialistes et libertariennes ne trouvent aucune correspondance comparative dans des sociétés actuelles, encore moins dans la nôtre.

Donc, étant donné que les forces néo-libérales tentent de tirer la société de leur côté en se drapant pourtant de plus en plus de la philosophie libertarienne pour asseoir leurs acquis et leurs privilèges avec l’aide de l’État, ce qui est un non-sens, je crois qu’il serait urgent de se sortir de ce piège qui pourrait être fatal pour la cohésion économique, sociale et environnementale. Le plan que je propose, comme le démontre bien le graphique, serait de bifurquer à gauche tout en se débarrassant tranquillement de la coercition étatique, pour ensuite de se rendre vers une plus grande liberté.

Ce plan ne pourrait se faire à court terme, c’est évident, car il faut du temps pour armer la population du sens de la responsabilité. Alors, ce premier mouvement idéologique vers l’anarcho-socialisme modéré aurait pour but de mettre au diapason la population avec ses élites (débarrassées de ses avantages étatiques), si possible, de concerter les instances mondiales pour la survie de l’espèce humaine, en tentant aussi d’écorcher le moins possible la faune et la flore, et d’éduquer la population à une plus grande démocratie, à une conscience citoyenne, que la technologie permettra à coup sûr si la population s’en empare. C’est l’importance et la réussite de cette étape qui feront en sorte de nous mener ensuite vers la liberté.

Parce que si nous nous dirigeons trop rapidement vers l’anarchie et le libre marché, je crois que la tendance lourde des multinationales se poursuivra de plus belle (de par leur pouvoir déjà accumulé) et finira de gaspiller les ressources et d’engloutir les richesses dans l’inertie des coffres-forts, réels et virtuels. Sans la responsabilisation des citoyens (qui pourront par des mouvements de masse influencer l’éthique de l’entrepreneuriat et du commerce), il ne pourrait y avoir de justice dans l’anarchie, car l’accumulation de mauvaises décisions populaires et le laisser-aller ne pourront qu’avantager l’opportunisme des mieux nantis, armés de la convergence propagandiste des médias intéressés et prompts à se servir de la couardise des masses pour arriver à leurs fins. Notre société en est déjà un bon exemple : la course folle que nous impose nos élites afin de payer pour des désirs personnels très secondaires, en faisant fi des répercussions à long terme, avec l’intention implicite de maintenir artificiellement le système économique actuel en vie est un non-sens.

Pour ce qui est du but à atteindre, je le place au centre en bas, car il représente un équilibre sain à mon sens, et je ne saurais choisir entre les deux extrêmes anarcho-socialistes et libertariens dans une utopie si lointaine : chaque petit pas dans ce sens nous rapprochera d’une réponse plus pragmatique. Pour ceux qui me diraient qu’un vrai équilibre se trouverait dans le milieu de la cible, tout près de notre position actuelle, je leur dirais que le haut du graphique représentant les philosophies autoritaristes nous ont déjà bien prouvés leur inefficacité, et qu’il est temps de voir où l’humanité peut bien se rendre si on lui offre l’opportunité de se dépasser au niveau social avec l’alternative anarchiste. Qui voudra relever le défi?

Maintenant, la première tâche serait de changer la « mise en marché », l’imagerie de l’anarchisme, car je ne crois pas que le drapeau noir et le « A » entouré d’un cercle puissent plaire à la population en général…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *