Un Valls à 2 temps

Passés les 100 premiers jours, les citoyens tentent d’en faire le bilan. Chacun attendait beaucoup.

Avec Manuel Valls, et Arnaud Montebourg, la déception est hélas au rendez vous.

Si on oublie les paroles malheureuses et infondées du Ministre du « redressement productif », affirmant à tort que « le nucléaire est une énergie de l’avenir », manifestement mal informé de la situation du nucléaire dans le monde, il n’est pas inutile de s’attarder sur les agissements du ministre de l’intérieur, amalgamant insécurité et immigration, dans la droite ligne sarkozyste.

Mais revenons à Montebourg.

Debout sur son destrier, il semble croire encore que le nucléaire ait encore un quelconque avenir dans le monde en général, et en France en particulier.

Si l’on considère le désintérêt d’une population pour cette énergie quasi moyenâgeuse, qui, en France, à 80 % lui préfère des énergies propres et moins dangereuses, on pourrait s’interroger sur un possible conflit d’intérêt, et surtout sur une évidente méconnaissance fondée sur la question. lien

On pourrait, de la part d’un homme « de responsabilité », s’attendre à une clairvoyance plus adaptée à la situation, car si l’on considère les 2 catastrophes nucléaires récentes que sont Tchernobyl et Fukushima, qui sont, rappelons le, consécutives à des erreurs humaines, et à la fragilité d’une technologie mal conçue, on pourrait attendre d’un ministre une analyse plus pertinente.

Il pourrait aussi s’interroger sur le nombre grandissant de cancers, sur l’impossibilité de gérer les millions de tonnes de déchets dangereux générés par cette industrie mortifère, et sur la sous-estimation du prix du démantèlement qu’il nous faudra bien payer un jour ou l’autre.

Aujourd’hui, 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, provenant de nos anciennes mines d'uranium, sont enterrés dans les campagnes françaises. lien

A cela s’ajoute les déchets produits par les centrales nucléaires, et dont il n’existe à ce jour aucune solution acceptable pour leur gestion. lien

En France nous en produisons chaque année 50 000 tonnes. lien

Fin 2010, nous en étions à 1 320 000 m3, et selon les prévisions, fin 2020, on devrait atteindre les 1,9 millions de m3. lien

Allons à Fukushima.

Aujourd’hui, des scientifiques considèrent que la population de Fukushima sert de cobaye en ce qui concerne des problèmes de thyroïde, puisque l’iode 131 s’est fixé sur la glande des enfants de la zone accidentée, risquant de développer un cancer ultérieurement.

Plus de 30% des enfants testés ont un kyste thyroïdien. lien

Mais l’actualité ne tardera surement pas à rattraper le ministre français, le mettant devant les réalités de la dernière catastrophe, celle du 11 mars 2011, avant une probable nouvelle.

Il est certain que si cette dernière avait lieu dans notre pays, voire dans sa région, il ne serait pas étonnant qu’il révise sa position sur l’énergie nucléaire. lien

Ils sont au moins 2 dans ce gouvernement à en faire la promotion.

Et quid de l’immigration ?

Manuel Valls, l’autre ténor du nouveau gouvernement n’est pas mieux inspiré que son prédécesseur, car en reprenant le flambeau laissé par celui-ci, il manque lui aussi de clairvoyance.

Ce fils d’immigré n’a, tout comme l’ex-président, pas compris la leçon.

Il sait que la France a eu un recours massif à l’immigration lorsqu’elle a eu besoin de bras pour reconstruire le pays.

A la fin de chaque conflit, notre pays a fait appel aux étrangers pour remettre le pays sur les rails, et ceux-ci, lorsque leur tache a été accomplie, se sont amourachés de la France, en en devenant des citoyens à part entière, en y faisant des enfants, malgré les vexations régulières et racistes des citoyens « historiques », les traitant de « ritals », « d’espingos » et autres « gentillesses ».

Ce qui manque de reconnaissance, d’autant que les experts es-économie affirment que l’immigration est une excellente affaire pour l’état français, puisqu’elle rapporte 12 milliards d’euros par an, et paient nos retraites.

A ce solde positif, il faut ajouter que les immigrés occupent la plupart du temps des emplois que les français ne veulent pas et que 90% des autoroutes sont à mettre au bilan de la main d’œuvre étrangère, qui les construit, et les entretient. lien

Regardons de plus près l’histoire de ces immigrations.

De 1850 à 1900, alors que l’Europe triple quasi sa population, celle de notre pays n’augmente pas, et l’Italie, la Belgique, l’Espagne, la Suisse et la Pologne sont appelés à notre chevet pour remédier à cette situation inquiétante.

C’est par le biais du ministère de l’Armement que sont recrutés Nord africains, Indochinois et Chinois pendant la 1ère guerre mondiale, puis de 1917 à 1939, on observe un développement sans précédent de l’immigration, et Polonais, Tchécoslovaques, s’ajoutent aux Russes, Arméniens, Allemands, Italiens, et Espagnols.

Déjà à cette époque, des contraintes sont mises en place afin de permettre l’extradition des étrangers, empêchant aux médecins, non munis d’un doctorat de médecine français, d’exercer, idem pour les avocats, et à ces mesures, s’ajoutent des aides au rapatriement.

Puis, à la fin des « 30 glorieuses », Valéry Giscard d’Estaing met en place tout un arsenal de lois afin d’arrêter toute nouvelle immigration.

Rien donc de nouveau sous le soleil. lien

Pourtant, la politique lancée par l’ex-président Sarközi est reprise aujourd’hui par le nouveau ministre de l’intérieur, visant encore et toujours les Roms et oubliant manifestement qu’en temps que citoyens européens, ceux-ci ont des droits attachés à leur citoyenneté.

L’article 17 du traité des Communautés Européennes stipule : « il est institué une citoyenneté de l’Union. Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un Etat membre », et jusqu’à preuve du contraire, la Roumanie est du nombre. lien

C’est en effet depuis le 1 janvier 2007 que la Roumanie a rejoint l’Union Européenne. lien

Or, le 28 aout 2012, un camp de 180 Roms a été démantelé à St Priest, et s’il est vrai que des possibilités de relogement provisoires ont été proposées, la plupart des expulsés l’ont refusé, réclamant un logement durable, et déclarant qu’ils ne voulaient pas être séparés. lien

L’avenir nous dira si enfin les droits de ces femmes et de ces hommes persécutés seront enfin préservés, et si les deux ministres montrés du doigt se couleront de nouveau dans le moule présidentiel, lequel au sujet du nucléaire, avait décidé, lors de l’université d’été de La Rochelle de 2011 : « de s’engager fermement et précisément pour les 15 prochaines années (…) il faudra réduire de 75% à 50% la production d’origine nucléaire à l’horizon 2025 » s’engageant à « l’arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim et au renoncement à la construction du second EPR de Penly ». lien

Aujourd’hui, Jean Vincent Placé, le sénateur écologiste, en appelle à la parole donnée, et demande un calendrier pour la mise en place de ces promesses. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le fleuve fait des détours parce qu’on ne lui montre pas le chemin ».

L’image illustrant l’article provient de : « www.placeauxdroits.net&n… ;

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Articles anciens

La malédiction des fils du vent

Odyssée de l’Espèce

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *