Une Europe en plein déni

La péninsule Ibérique croule sous les endettements sachant que, hormis la baisse de notation espagnole il y a quelques jours, le Portugal est la prochaine nation d’Europe périphérique à devoir être bientôt renflouée. Quant à l’Espagne, sa taille – Too Big to Fail – la rend tout bonnement impossible à secourir dans les mêmes conditions que l’Irlande ou que la Grèce… Pourtant, à l’instar de la petite Irlande, les ennuis espagnols proviennent de ses déboires immobiliers ayant substantiellement fragilisé son système bancaire même si – de manière tout à fait incompréhensible – la majorité des propriétés espagnoles en vente le sont toujours à des prix exorbitants quand tout le monde sait qu’elles ne valent que le tiers des prix affichés!

Ainsi, après avoir poussé dans le sens de secours d’urgence accordés par l’Union à la Grèce et à l’Irlande, les marchés considèrent aujourd’hui le Portugal et l’Espagne en plein déni et il est à cet égard étrange que Moody’s ait tant attendu pour baisser la notation espagnole. Il est probable que ces atermoiements soient plus de nature politique que strictement comptable, l’institut ayant peut-être attendu des mesures d’aides plus franches et moins timorées émanant de l’Union Européenne … qui ne se matérialisent toujours pas! Madame Merkel étant toujours tenante d’une ligne dure même si elle n’est plus suivie par pratiquement aucune nation européenne. La Chancelière allemande en est ainsi toujours au stade où elle craint de payer un prix électoral lourd tout secours important qui serait accordé à un pays comme l’Espagne, considérée et accusée par les citoyens allemands d’avoir des années durant joué à la cigale pendant que la fourmi qu’ils sont travaillaient industrieusement à amasser les réserves pour les jours difficiles…

Les allemands conditionnent donc – ce qui est certes en partie défendable – toutes nouvelles subsides à des mesures drastiques de réductions des déficits et ce en dépit d’autres nations européennes (comme la France ou l’Italie) qui estiment à juste titre que le Portugal ou l’Espagne ne sont plus en mesure de payer – humainement – le prix de sacrifices supplémentaires… Sans négliger qu’un regain d’austérité saperait et tuerait la très timide croissance qui semble y poindre. En fait, les agences de notation sont aujourd’hui perplexes face à la hausse – annoncée pour le mois prochain – des taux européens qui alourdira encore le fardeau de la dette de ces pays fragilisés à un moment totalement inopportun … mais cette décision de la BCE est uniquement imputable à l’intransigeance (et aux complexes) allemands.

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