Une histoire de deux théories de l’exploitation (2e partie)

La semaine dernière, je vous ai exposé comment Marx avait à la fois raison et tort au sujet de l’exploitation. Il avait raison dans le sens qu’il existe effectivement une classe dirigeante minoritaire qui exploite une majorité des gens. Il avait également raison sur le fait que la nature de cette exploitation est économique. «il avait également raison de prétendre que les exploiteurs utilisent la force de coercition de l’État afin de perpétrer leur pillage. Là où Marx se trompait, c’est dans l’indentification des vrais coupable, ainsi que leur modus opérandi. Je propose donc d’y jeter un peu de lumière pour vous montrer les véritables parasites grâce aux écrits d’économistes comme Eugen von Böhm Bawerk, Ludwig von Mises, Murray Rothbard et Hans Hermann Hoppe.

Le point de départ est le même que celui de la théorie marxienne, c’est-à-dire l’exploitation du serf par son seigneur ou de l’esclave par son maitre. Le serf est exploité parce qu’il n’a pas le contrôle d’une terre qu’il a lui-même développé et mise en valeur. Le seigneur n’ayant obtenu le titre que par pillage et ne contribue en rien à la mise en valeur de la terre, pas même les semences. Il en va de même pour l’esclave qui n’a pas le contrôle de son propre corps. Ce genre d’exploitation n’existe cependant pas dans un capitalisme pur. Ce n’est pas de l’exploitation de développer et mettre en valeur une ressource qui n’était utilisée par personne auparavant ou d’employer ces ressources dans la production d’autres biens, ni d’épargner ces ressources et ces produits afin de produire des biens futurs. Ces actes en eux-mêmes n’enlèvent rien à personne et des biens additionnels ont été créés. En réalité, là où il y a exploitation est lorsque le principe de première mise en valeur (le «homestead») n’est pas respecté. Ainsi, c’est lorsque le contrôle partiel ou total de ressources ou de biens est obtenu par la force par des gens qui ne l’ont ni développé, ni produit, ni épargné, ni obtenu par une entente contractuelle avec le propriétaire légitime, qu’il y a vraiment de l’exploitation. L’exploitation, c’est l’expropriation d’un bien des premiers utilisateurs, producteurs et épargnants par des non premiers utilisateurs, non-producteurs et non-épargnants. C’est l’expropriation de gens dont la prétention sur leur propriété est le travail, le contrat et l’épargne par des gens dont la prétention ne vient de nulle part et que ne tiennent absolument pas compte du travail ou des contrats des autres.

L’exploitation ainsi définie a toujours fait partie de l’histoire humaine. Nous avons toujours pu nous enrichir que de deux façons. Soit en mettant en valeur des ressources inutilisées, en produisant et en épargnant, soit en expropriant ceux qui mettent en valeur, produisent et épargnent. Il y a toujours eu en parallèle avec la première mise en valeur, la production et l’épargne; l’acquisition non-productive et non-contractuelle de propriétés. À travers le temps, tout comme les producteurs se sont constitués en sociétés et en entreprises, les exploiteurs ont également formé des entreprises d’exploitation à grande échelle, les État et gouvernements. Avec une classe dirigeante, membre de ces sociétés d’exploitation, installée sur un certain territoire et exploitant les ressources économiques de producteurs exploités, le centre de l’Histoire devient bel et bien une lutte entre exploitants et exploités. Sur cette évaluation de l’histoire, les marxistes et autrichiens pourraient trouver un terrain d’entente.

Alors que les entreprises productrices apparaissent et disparaissent grâce au soutien ou l’absence de soutien des consommateurs, la classe dirigeante n’apparait pas vraiment parce qu’il existe une demande pour ses services. Il serait plutôt absurde de croire que des producteurs consentent réellement à leur expropriation. On doit les forcer à l’accepter. La classe dirigeante ne disparait pas non plus quand on le souhaite. Nous ne pourrions pas la faire partir en s’abstenant de transiger avec elle, comme on pourrait réduire une entreprise productive à la faillite. La classe dirigeant tient son revenu de transactions non-productives et non-contractuelles, de sorte qu’elle n’est affectée par aucun boycott. La seule chose qui puisse abattre une entreprise d’exploitation est, pour reprendre un terme marxiste, un certain état de « conscience de classe », c’est à dire le degré auquel la classe exploitée est consciente de son exploitation.

Un exploiteur fait des victimes et ces victimes peuvent devenir des ennemis. Il pourrait être possible pour les exploiteurs d’utiliser la simple force pour maintenir une population similaire d’exploités, mais la force seule ne saurait suffire à permettre d’exploiter une population largement supérieure en nombre. Pour y réussir, il faut que la majorité de cette population accepte comme légitime les actes d’exploitation. Il faut que la majorité ait abandonné l’idée de résister les acquisitions non-productives et non-contractuelles de propriété. Le pouvoir de la classe dirigeante ne peut être brisé que si les expropriés acquièrent une idée claire de leur état et s’unissent et s’indignent des acquisitions non-productives et non-contractuelles de propriété et refusent d’y contribuer.

L’abolition de la domination féodale et absolutisme a été le fruit d’une telle prise de conscience à travers le libéralisme des droits naturels. Cependant, suite à une dégradation de la conscience de classe, le processus de libéralisation s’est inversé et le niveau d’exploitation s’est accru de puis la fin du XIXe siècle et en particulier depuis la première guerre mondiale. Du point de vue des autrichiens, les marxistes portent une partie du blâme pour cette perte de conscience en occultant la conception correcte de l’exploitation, celle dont les développeurs initiaux, producteurs et contractants sont victimes de la part de ceux qui ne produisent rien; par la fausse opposition entre le capitaliste et le salarié.

L’institution d’une classe dirigeant exploitante sur une classe exploitée beaucoup plus nombreuse doit passer par l’imposition d’un système de droit public, superposé à un système de droit privé. La classe dirigeante protège sa situation dominante en créant une constitution pour le fonctionnement interne de son entreprise. En formalisant le fonctionnement interne de l’État, elle crée une certaine stabilité juridique qui instaure une opinion publique favorable. La constitution rationalise du même coup le « droit » des représentants de l’État de se livrer à des acquisitions de propriété de façon non-contractuelle et non-productive. Ce système de subordination du droit privé au droit public crée un dualisme dans lequel il existe un ensemble de lois pour les dirigeants et les dirigés. Contrairement à ce que croient les marxistes, ce n’est pas parce que les droits de propriétés sont reconnus par la loi qu’il existe une justice de classe, mais plutôt parce qu’il existe une distinction légale entre une classe agissant selon le droit public, et une autre agissant selon un droit privé subordonné. L’État n’est pas exploiteur parce qu’il protège les droits de propriété capitalistes, mais parce qu’il est exempt d’avoir à acquérir sa propriété par la production et le contrat.

En tant qu’entreprise exploitante, l’État a avantage à ce qu’un bas niveau de conscience de lasse règne à tout moment. La redistribution de la propriété et du revenu est un moyen efficace de « diviser pour régner ». C’est le moyen que l’État utilise pour semer la zizanie au sein de la société. La redistribution du pouvoir d’état par la démocratisation, en ouvrant à tout le monde les positions de pouvoir permet également de réduire la résistance à l’exploitation en tant que telle.

L’État est également le grand centre de la propagande. Donc, l’exploitation c’est la liberté; les impôts sont des « contributions volontaires »; les relations non-contractuelles deviennent conceptuellement contractuelles; un gouvernement pour et par le peuple; sans l’État, il n’y aurait ni droit, ni sécurité et les pauvres mourraient de faim, etc. Tout ça fait partie d’une superstructure idéologique visant à légitimer l’exploitation économique.

Les marxistes ont également raison d’identifier une collaboration entre les capitalistes et l’État, même si leur explication est fausse. Ce n’est pas parce que les bourgeois considèrent que l’État garantit les droits de propriété, il viole ces droits plutôt allègrement, mais parce que plus une entreprise est grande, plus elle est passible d’être exploitée par l’État, mais plus grands aussi sont les gains si elle se voit accorder par l’État une protection particulière des contraintes de la concurrence capitaliste. C’est pourquoi « l’establishment » bourgeois est intéressé par l’État et veut l’infiltrer.

En retour, l’État s’intéresse à la collaboration avec les capitalistes à cause de son pouvoir financier. Plus précisément, il s’intéresse à la haute finance afin mettre en œuvre en coopération avec l’élite bancaire et son système de réserves fractionnaires pour créer de la fausse monnaie dans un cartel dirigé par une banque centrale. Cette symbiose permet entre autre à la classe dirigeante de s’infiltrer à même le système nerveux de la société civile.

Dans la réalité, la théorie marxiste sert bien les véritables exploiteurs en détournant l’attention vers des boucs-émissaires de convenance. Le grossissement constant des État et la concurrence entre ceux-ci, mènera inévitablement à la concentration du pouvoir et la stagnation économique. Lorsque ça se produira, les pressions anti-étatiques viendront un jour mettre ce système à bas. Mais contrairement à ce que prétendent les marxistes, la solution ne sera certainement pas la socialisation des moyens de production. La propriété sociale est non-seulement inefficace et impraticable, comme l’expose von Mises dans son livre « Socialisme », mais il est incompatible avec l’idée que l’état puisse un jour dépérir. Si les moyens de production sont possédés collectivement et si on suppose que les idées de tout le monde concernant l’utilisation des ces moyens de production ne coïncideront pas toujours, ces moyens de production nécessiteront une intervention perpétuelle de l’État, c’est à dire d’une institution ayant la force d’imposer la volonté des uns contre la volonté des autres. Au contraire, le dépérissement de l’État et avec lui, la fin de l’exploitation et une prospérité sans précédent ne peut que passer par l’avènement d’une société de propriété privée pure sans autre régulation que le droit privé.

9 pensées sur “Une histoire de deux théories de l’exploitation (2e partie)

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    29 avril 2011 à 8 08 22 04224
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    Bon article David. Merci.

    Je relève une phrase importante:

     » La classe dirigeant tient son revenu de transactions non-productives et non-contractuelles, de sorte qu’elle n’est affectée par aucun boycott. »

    Ces transactions non-productives sont protégées par des lois. Ce sont ces lois qu’il faut transformer pour atteindre cette classe dirigeante; et l’acquisition du pouvoir de changer ces lois ne repose que sur l’information claire fournie à ceux qui votent.

    Le vote électoral est le talon d’Achille du système; et les dirigeants sont de moins en moins aptes à le contrôler, parce que leur temps de « réajustement » n’est plus efficace suite à l’augmentation de la vitesse de propagation de l’information.

    Pour la première fois de l’histoire, les résultats fournis par les études de « situation présente » arrivent trop tard; et lorsque les dirigeants sont prêts à se « réajuster », la situation a déjà changé.

    Leur retard sur la réalité se fait de plus en plus important.

    Cela change toute la donne politique. Nous en aurons la confirmation lors des prochaines élections du 2 mai.

    Un exemple plus précis serait:

    Depuis trois jours, je répète la possibilité de la prise du pouvoir par le NPD, s’il devient l’opposition officielle, au moyen d’une colalition. La seule possibilité pour Harper de garder le pouvoir est d’être majoritaire.

    Cette « réalité de la situation » fut abordée, pour la première fois par les médias officiels, seulement hier soir. Soit: trois jours trop tard.

    Et pourtant, je ne suis pas un « spécialiste » de politique; mais j’ai quand même perçu cette possibilité, avant même que les « rapports » sur la situation électorale puissent être lu par les spécialistes.

    L’information circule plus vite que la ceuillette des autorités « spécialistes ».

    La possibilité d’une structure sociale complètement nouvelle devient une possibilité.

    Amicalement

    André Lefebvre

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    29 avril 2011 à 11 11 16 04164
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    @ PD

    Si ce que vous dites ici représente la pensée libertarienne majoritaire, je considère que nous sommes essentiellement du même avis.

     » Au secteur primaire, L’appropriation initiale d’une ressource naturelle s’étant toujours faite par la force, toute propriété d’une ressource naturelle au-delà des droits que peut conférer le travail qu’on a investi dans sa transformation est donc illégitime, voire immorale. Le gain qu’on en retire est une extorsion. (…) Au secondaire, au contraire, la propriété privée doit être la regle. La création du capital fixe est la résultante d’un travail et l’’appropriation du capital fixe par ses créateurs est parfaitement justifiée. »

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/09/18/secteurs-primaire-et-secondaire/

    En voir les conséquences:

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/03/01/le-fric-tous-azimuts/

    Il serait temps de travailler ensemble à la liquidation du corporatisme des banquiers et la la fusion entre gauchistes et libertariens peut devenir opérationnelle. Il n’y a que des questions de vocabulaire à résoudre pour tranquiliser les dogmatiques. Inutile de vous souligner que les corporatistes feront tout pour éviter que ces questions de dogmes ne soient résolues 😉

    PJCA

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    29 avril 2011 à 11 11 33 04334
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    @ L’artiste: D’accord sur le phénomene de gap entre information et reaction, mais je crois que les mesures correctives peuvent ëtre introduitepar le Systeme: 1) au palier de la compilation, comme on a vu les machines a voter américaines diverger de 8% des exit polls, et b) dans la simple diffusion des résultats par de médias totalement contrôlés. Sur ce deuxieme point, l’internet donne une certaine protection et le m’attends donc a ce que l’on mette le paquet sur le contrôle de l’Internet. Sur le premier… on verra.

    PJCA

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      29 avril 2011 à 15 03 03 04034
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      je m’y attends également (2) mais ce n’est pas encore dans la poche. 😉

      Amicalement

      Élie l’Artiste

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    30 avril 2011 à 4 04 59 04594
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    @Pierre JC Allard

    L’article est quand même un peu sommaires sur certaines différences.

    D’abord, à la différence de Marx, il n’y a pas de vision historiciste, mais une vision jus naturaluste du droit qui explique pourquoi tel acte est un acte juste et pourquoi tel autre est un acte d’exploitation.

    Si Rothbard préconise la suppression total de l’Etat au profit d’organisation purement contractuelles (entreprises, associations, copropriétés, coopératives, etc…), ce n’est pas le cas de Mises qui ne répond pas en terme d’éthique ou de technique institutionelle, il est neutre à cet égard.

    Enfin, si des bourgois « big business » utilisent le pouvoir étatique, c’est aussi le cas de la fonction publique et du « big syndicalisme ».

    Il m’est d’avis que la principale cause de celà est la responsabilité limitée, abération déresponsabilisante qui tant pour les entreprises que pour les associations, permet par la taille, de contruire des groupes de pression considérables en faisant payer aux autres le risque de faillite qu’elles portent.

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      5 mai 2011 à 6 06 40 05405
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      «Il m’est d’avis que la principale cause de celà est la responsabilité limitée, abération déresponsabilisante qui tant pour les entreprises que pour les associations, permet par la taille, de contruire des groupes de pression considérables en faisant payer aux autres le risque de faillite qu’elles portent.»

      Vous soulignez ici, une part de vérité qui dérange Philippe David. Tant qu’il y aura des groupes d’intérêts, il y aura leurs intérêts, défendus via des organisations.

      Ici, je parle pour ma part des classes. Tant qu’elles existeront, elles auront leurs intérêts et ces intérêts seront défendus via des «Conseil du patronat», via des syndicats, etc..

      Le corporatisme que dénonce hypocritement monsieur David existera tant qu’il y aura des classes, et une lutte de classe. Il portera tout simplement un autre nom, le temps venu d’abolir l’État. Mais ce sera du pareil au même, les exploitants du labeur d’autrui auront toujours intérêt à se concerter pour trouver de nouvelles manières de tirer d’avantage profit du labeur d’autrui. C’en sera de même pour les exploités, qui auront certes légitimité d’en faire autant.

      Ce sont les classes, le problème. Pas l’État, qui lui, peut être gouverné par la droite, comme par la gauche. Par le prolétariat, comme par les bourgeois.

      Les libertariens comme monsieur David remettent toute la faute sur l’État, mais les classes existeront malgré la disparition de l’État, seul et dernier rempart entre l’asservissement total des forces laborieuses et leur libération, au profit de la classe bourgeoise.

      Nier les classes, c’est nier l’évidence d’une exploitation des uns par les autres. Nier les classes, c’est nier les faits.

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    30 avril 2011 à 10 10 43 04434
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    Bravo prof! Brillant exposé très instructif. À quand l’examen?-)

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    4 mai 2011 à 6 06 07 05075
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    «Ce n’est pas de l’exploitation de développer et mettre en valeur une ressource qui n’était utilisée par personne auparavant ou d’employer ces ressources dans la production d’autres biens, ni d’épargner ces ressources et ces produits afin de produire des biens futurs.»

    C’est une exploitation de développer une ressource, de laquelle on tirera une valeur ajoutée.

    «Ces actes en eux-mêmes n’enlèvent rien à personne et des biens additionnels ont été créés.»

    Ils sont néanmoins saisis à ce «personne» et les biens additionnels sont créés à partir de matières enlevées à ce «personne», sont le fruit d’une exploitation de ces matières.

    «En réalité, là où il y a exploitation est lorsque le principe de première mise en valeur (le «homestead») n’est pas respecté. »

    Aucun sens. Vous redonnez la définition que vous aimez, aux mots que vous n’aimez pas. Il y a exploitation dès qu’il y a mise en valeur d’une matière, quelle qu’elle soit. Il n’y a pas de respect ou non de la mise en valeur, mais une mise en valeur, tout simplement, donc une exploitation de la matière première au profit qu’elle devienne la matière transformée, mise en valeur.

    «Ainsi, c’est lorsque le contrôle partiel ou total de ressources ou de biens est obtenu par la force par des gens qui ne l’ont ni développé, ni produit, ni épargné, ni obtenu par une entente contractuelle avec le propriétaire légitime, qu’il y a vraiment de l’exploitation.»

    C’est faux. Dès lors qu’il a une mise en valeur, il y a une exploitation. Qu’elle soit d’une matière ou d’une force de travail sur la matière, c’en est pareille.

    Quant à l’entente conclue par un employeur et un salarié, elle n’est que le consentement sur les modalités de cette exploitation.

    Franchement Philippe, vous vous répétez et nous avons maintes fois fait le tour du sujet. Et rien n’y change. Il y a une exploitation du salarié par l’employeur, dès lors qu’il y a création d’une valeur ajoutée, c’est un fait indéniable. Et ce n’est pas l’acceptation du salarié de se faire exploiter qui efface son exploitation. L’affirmer, c’est s’inventer une réalité qui ne dérange pas…

    «L’exploitation, c’est l’expropriation d’un bien des premiers utilisateurs, producteurs et épargnants par des non premiers utilisateurs, non-producteurs et non-épargnants.»

    Aucunement. L’exploitation, c’est tirer profit d’une valeur ajoutée au dépend d’un objet, ou d’un animal et/ou d’un humain. Il y a donc une exploitation du salarié, quand l’employeur tire profit de la force de travail des salariés, pour en créer des valeurs ajoutées, via la conjugaison de cette force de travail aux outils de production acquis par des conditions elles-mêmes conditionnées par d’autres conditionnements.

    Les processus en expliquent d’autres et de la sorte, on peut également expliquer la provenance des capitaux nécessaires à l’appropriation des moyens de production par les bourgeois. Et on peut donc expliquer d’où provient la «liberté individuelle» d’exploiter le labeur d’autrui, voire de l’accumulation du capital, nécessaire pour ce, via des conditionnements que le capitalisme ne concède pas à tout le monde.

    Vous êtes totalitaire et ici, pour vous donner raison, vous réécrivez la définition des termes, dont de l’exploitation. C’en est pathétique et pitoyable, et il y en a pour vous en féliciter, ce qui encore plus odieux.

    Vos couches pleines n’impressionnent que les impressionnables.

    «C’est l’expropriation de gens dont la prétention sur leur propriété est le travail, le contrat et l’épargne par des gens dont la prétention ne vient de nulle part et que ne tiennent absolument pas compte du travail ou des contrats des autres.»

    C’est plutôt vous qui ne considérez pas les processus ayant expliqué l’amas de capitaux chez une minorité de gens, faisant ainsi du totalitarisme pour expliquer la domination d’une minorité parasitaire, étant la seule potentielle actrice d’une société carburant au capital. Vous faites donc fi du fait que seuls ces acteurs peuvent employer de la main d’œuvre, vous faites donc vous-même du totalitarisme.

    «Il y a toujours eu en parallèle avec la première mise en valeur, la production et l’épargne; l’acquisition non-productive et non-contractuelle de propriétés.»

    N’importe quoi. Il faut le faire… Vous le faites encore. Vous parlez ici et là d’acquisitions qui ne dérangent personne, tout en vous refusant de constater l’état premier des acquisiteurs. C’est du totalitarisme.

    Bon, ça y est, ras-le-bol! Pu capable, il n’y a aucun argument dans ce torchon qui valle qu’on en débatte, puisque vous ne faites que nier des faits, dès les premiers mots de ce torchon.

    L’employeur exploite bel et bien le labeur d’autrui, lorsqu’il en tire profit et il possède d’emblée ses moyens de production, parce que ses conditions à lui, le lui permettaient.

    Votre couche pleine n’est qu’un amas de totalitarismes. C’en est lassant. Et je trouve plutôt pathétique que monsieur Allard y accorde même un seul brin d’intérêt.

    Si monsieur Allard, comme nouvelle société, prévoit mon exploitation tout en la niant, je me battrai très fort pour l’empêcher de construire cette «nouvelle société», qui n’a rien de neuf à offrir aux opprimés à ce que je vois.

    Quant aux autres, rien à foutre. André Lefebvre s’est toujours dit en faveur de l’exploitation de l’homme par l’homme, rien de neuf dans ses propos. Il est en extase devant cette cochonnerie de couche pleine pour capitalistes, écrite par un capitaliste.

    Je n’en veux pas, moi, de votre société d’opprimés par une clique minoritaire, parasitaire, incapable de gagner sa vie humblement par elle-même.

    Solidairement,

    Sylvain Guillemette

    Alternative socialiste

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    5 mai 2011 à 7 07 28 05285
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    @SylvainGuillemette

    Si j’utilise votre paradigme.

    Les hommes de l’Etat sont une/des classes, Elus, fonctionaires des différents corps, qui visent comme tous les autres a accroitre leur pouvoir.

    —-
    L’Etat dispose du monopole de la violance légal et ne cesse de détourner le droit pour servir l’interert des politiquements forts, big business et big syndicalisme.

    Les libertariens ne sont pas opposés en tant que tels à l’Etat mais à empécher que l’individut soit asservit par un autre ou un groupe d’autres.

    Clairement l’Etat qui concentre le pouvoir au lieu d’établir des rêgles générales permettant de le fractionner. Est le pire ennemi de la civilisation.

    Répondre

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