Une histoire de géant

En 1964, près de Mangliss des fouilles ont mis à jour des squelettes d’hommes mesurant près de 3 mètres.

L’anthropologiste Larson Kohl avait découvert en 1936 au bord du lac Elyasi, en Afrique, des ossements humains géants, et en 1937 deux paléontologistes allemands (Von Königswald et Weidenreich) ont trouvé en Chine plusieurs ossements humains d’une taille étonnante.

Puis Rex Gilroy, archéologue australien a découvert à Mount Victoria, des empreintes fossiles indiscutables de pieds de géants.

D’autres découvertes ont suivi, qui confirment qu’il y eut sur notre planète une civilisation de géants.

La Bible elle-même s’en est fait l’écho en décrivant la lutte entre David et le géant Goliath.

Dans les Nombres (chapitre 13, verset 33) : « nous vîmes des géants, les fils d’Anak…et à nos yeux nous étions devant eux comme des sauterelles ».

La civilisation grecque évoque aussi ces géants : à son retour de Troie, les Dieux décidèrent qu’Hercule les aiderait à se battre contre les géants, car seul un mortel pouvait les vaincre.

De l’Egypte, où Hérodote parle aussi de géants, aux Thaïlandais anciens qui prétendent que les premiers hommes étaient de taille collosale, en passant par les Nordiques décrivant Thor se battant contre des Géants, ils sont partout.

C’est peut-être ce qui a inspiré Ron Mueck.

Cet australien de 50 ans s’est découvert une vocation sur le tard : il a commencé sa carrière en faisant des marionnettes pour la télévision (muppet show) ou le cinéma (Laybrinthe).

Ses parents lui avaient montré la voie : son père faisait des jouets de bois, et sa mère des poupées en chiffon.

En 1990, il fonde une entreprise de production de mannequins pour la publicité, mais c’est lorsqu’il réalise en 1996, pour sa belle-mère, artiste peintre, une sculpture de Pinochio qu’il prend le tournant décisif qui va faire de lui un artiste incontestable. En 1997, il est révélé par l’exposition organisée par la Royal Academy of Arts, pour laquelle il réalise « dead dad », puis il est invité pour la Biennale de Venise, en 2001, où il présente un jeune garçon de 5 mètres de haut et enfin en 2005 au Grand Palais.

La méticulosité avec laquelle il donne vie à ses sculptures, recréant les détails des muscles, de la peau, réalisant une barbe de 3 jours, un grain de beauté sur le cou d’une femme enceinte géante de 3 mètres.

Chaque poil est sculpté, poncé et inséré dans la peau, l’un après l’autre.

Est-il un artiste, ou un artisan génial ? Lui ne se pose pas la question, la polémique qu’il suscite le laisse indifférent.

« Je n’ai jamais eu l’ambition d’être un sculpteur, je ne sais pas pourquoi je fais çà, mais je ne sais pas ce que je pourrais faire d’autre. Je ne me revendique pas artiste, c’est simplement la seule chose que je sais faire » déclare-t-il amusé.

Il n’a jamais sculpté des personages de taille normale : « on voit des gens de taille humaine tous les jours ! » déclare-t-il en souriant.

En fait, il n’est pas dans l’hyperréalisme, car ces personnages sont toujours hors norme.

Ses œuvres jouent avec la réalité et la déformation de celle-ci, et depuis sa première sculpture, Pinochio, on retrouve tout le temps dans ses sculptures le thème du mensonge et de la vérité.

Il aime que l’on se pose une question sur la nature de ses personnages : sont-ils vivants ou pas ?

Ron Mueck nous emmène vers l’irrationnel, il joue de nos sens, et on aime ça, on en redemande.

Car comme disait un vieil ami africain :
« On ne lance des pierres que sur les arbres qui portent des fruits ».

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