Une justice conditionnée par le vocabulaire juridique!

Un débat à l’émission de Denis Lévesque jeudi 13 décembre. Y sont présents un avocat et un psychologue. Plus, Michel Surprenant, président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues, et Daniel Benson, ex-détenu et intervenant chez l’Association Option-Vie.

La raison du débat : LA LIBÉRATION DE GUY TURCOTTE!

Il n’y a pas grand-chose à ajouter aux articles écrits par des journalistes sur la libération que vient d’obtenir Guy Turcotte, qui sortira de Pinel dans la soirée. Beaucoup de personnes sont choquées par cette libération.

Ce qui a retenu mon attention au cours du débat, c’est la justice «deux poids deux mesures», selon le langage juridique. Deux cas de meurtre, mais deux sentences différentes.

PREMIER CAS – Daniel Benson, ex-détenu et maintenant intervenant chez l’Association Option-Vie, assassine en 1982 le compagnon de sa mère, un homme violent qui bat sa mère depuis dix ans.

Conséquence : il est condamné à la prison à perpétuité, et libéré au bout de vingt-cinq ans. Résultat : il a un dossier judiciaire.

DEUXIÈME CAS – Guy Turcotte, cardiologue, père de deux enfants. Parce qu’il n’accepte pas sa rupture avec Isabelle Gaston, il poignarde ses deux enfants à quarante-six reprises le 20 février 2009

En juillet 2011, le verdict du jury le déclare non-responsable pour cause d’un trouble d’adaptation avec humeur dépressive. Résultat : il n’a pas de dossier judiciaire.

Il est interné à l’Institut Philippe-Pinel. Il embauche des psychiatres, dont la Dr Dominique Bourget qui clame qu’il ne représente plus de danger pour la société.

Deux meurtres, mais le bon sens est figé dans des expressions : un dossier judiciaire ou pas de dossier judiciaire.

Ne faudrait-il pas voir au-delà du jargon juridique qui ne représente qu’une perception subjective de la réalité? Deux hommes ont commis un meurtre. Entre les deux, c’est le premier que j’aurais libéré.

Je pense qu’une vaste majorité de la population partage cette opinion. Qui a nommé, et selon quels critères, ces gens de la Commission qui disent croire que Turcotte est un danger…. puis choisissent de consulter des « experts » qui leur disent que Turcotte n’en est plus un?  Qui mène ce jeu dont la démocratie est exclue?

Quand une population voit deux poids, deux mesures, elle perd confiance en son système de justice et en tous ceux qui la gouvernent.

 

Carolle Anne Dessureault

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