Une monde à deux vitesses

Rejoignant la Chine, le Brésil et d’autres économies dites « émergentes », l’Inde est aujourd’hui très préoccupée par l’augmentation des pressions inflationnistes et a donc tout récemment relevé de 0.5 point son taux directeur pour le porter à 4.5%. Taux qui reste très nettement en-dessous du niveau de l’inflation prévalant dans le pays puisque le prix des denrées alimentaires est en hausse de 16%!

C’est pourtant le Brésil qui jusque là s’est montré le plus agressif dans sa lutte contre l’inflation puisque les taux en vigueur y sont à 10.75% avec un risque évident de ralentissement économique à la clé. Car ces resserrements de politique monétaire ne manqueront pas – dans une région qui vit et qui se développe énormément grâce au crédit comme l’Asie – de produire leurs effets secondaires: le ratio des crédits par rapport au P.I.B. n’est-il pas de 127% en Chine…? De fait, les prévisions de croissance pour la Chine et le Brésil ont été revues en baisse pour l’an prochain à respectivement 9 et 4%.

Toujours est-il que le concert des nations émergentes ou nouvelles n’hésite pas à remonter ses taux: l’Australie a ainsi procédé à cinq relèvements depuis le déclenchement de la crise financière, Israël quatre fois suivies par la Malaisie, la Thaïlande et la Corée dans une moindre mesure… Seuls les pauvres pays occidentaux – Etats-Unis, Union Européenne et Grande Bretagne – restent empêtrés dans leurs baisses de taux quantitatives et ce dans une conjoncture où leur croissance est décidément en berne.

D’où une problématique supplémentaire à gérer pour eux car c’est la déflation qui les menace si les pays émergents continuent à remonter leurs taux d’intérêts avant qu’une croissance minimale ne permette à l’Occident de prendre le relais d’une activité économique condamnée à ralentir dans les pays luttant contre l’inflation.

Michel Santi

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