Une pitoyable « guerre des monnaies »

Nous vivons une époque formidable! De celles où, en dépit de statistiques du chômage Américain démontrant un afflux de 95’000 demandeurs d’emploi supplémentaires sur le marché du travail sur Septembre, ne voilà-t-il pas que l’indice Dow Jones rétorque en … passant au-dessus du seuil des 11’000 points. La hausse du chômage serait-elle subitement devenue un facteur positif pour les Bourses? Assurément oui si l’on part du principe que cette dégradation manifeste des fondamentaux de l’économie US forcera la main de la Réserve Fédérale à injecter encore et toujours plus de liquidités dans le système. La première économie au monde s’enfonce-t-elle dans la stagnation? Qu’à cela ne tienne bonnes gens puisque les spéculateurs et autres investisseurs devant l’Eternel sont garantis d’être favorisés par des autorités US qui feront feu de tout bois préalablement aux élections du 2 Novembre prochain. Et tant pis si c’est – une fois de plus – le contribuable qui devra se résigner à accepter les créances pourries et autres prêts hypothécaires insolvables d’être intégrés au bilan de son Gouvernement…

Pourtant, ces manœuvres savamment affublées de l’appellation de « baisses de taux quantitatives » cachent également une autre stratégie de la part de l’Etat Américain. S’il est vrai et même incontestable que ces injections de liquidités étaient vitales en 2008 et en 2009 afin de juguler la déflation tout en motivant les Banques à prêter un peu plus, leur usage – voire la seule menace d’y avoir recours! – aboutit aujourd’hui à l’affaiblissement du billet vert! Les expressions de « guerre des monnaies » et de « mesures de rétorsion protectionniste » employées ces derniers jours et amplement relayées par les économistes et par la presse signifient tout simplement que les Etats-Unis d’Amérique ont décidé d’affaiblir leur Dollar afin de certes exporter plus mais principalement dans le but de diminuer la valeur de leur endettement détenu par les étrangers! Que celles et ceux qui ont raté le premier épisode se rassurent: nous ne sommes qu’au début d’une situation hyper conflictuelle qui consistera pour chacune des nations de cette Terre à tenter l’impossible pour affaiblir sa devise nationale. Le théâtre des opérations en sera le gigantesque marché des Changes qui brasse quotidiennement 4’000 milliards de dollars sachant que les belligérants principaux en seront les Etats-Unis et la Chine.

Cette dernière, taxée depuis de nombreuses années de maintenir son Yuan à des niveaux artificiellement bas, vient d’être rejointe par la Banque du Japon, intervenue récemment sur les marchés afin de tenter d’enrayer le raffermissement de son Yen, et sera – à n’en pas douter – prochainement imitée par d’autres nations dans un exercice planétaire de dévaluations dites « compétitives » qui feront de la Grande Dépression la seconde grande crise financière mondiale après celles des années 2007-2011! Tout ceci n’empêchera bien-sûr pas la Fed de faire appel à cette bombe atomique constituée par cette seconde version des baisses de taux quantitatives: les politiciens Occidentaux n’en sont plus à ce dégât près et n’hésiteront pas à avoir recours à tous les instruments à leur disposition afin de retarder un (petit) peu l’échéance de nos insolvabilités afin de gagner (aujourd’hui) quelques suffrages supplémentaires!

En attendant, l’ultimatum adressé à la Chine et à d’autres pays exportateurs est le suivant: Renforcez vos devises sans tarder si vous ne voulez pas que vos économies – inondées par nos liquidités – ne subissent une inflation désordonnée qui provoquera une agitation sociale que vous craignez comme la mort… Après « QE 1? – premier épisode salvateur des baisses de taux quantitatives -, accueillez aujourd’hui « QE 2? le ravageur.

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