Vers une vraie démocratie… comme la Chine

PIERRE JC ALLARD

Ce titre semble provocateur?  Il l’est…  mais juste un peu, car il est surtout ambigü.  Comme la plupsrt des gens, vous avez sans doute cru que je disais  que nous allions vers une véritable démocratie, comme la Chine serait, une véritable démocratie et vous en avez été choqué.  La Chine démocratique, quelle blague !

Je vous demainde de relire et de comprendre autre chose. Je souhaiterais que nous allions vers une véritable démocratie…  comme je crois que la Chine voudrait aller vers une véritable démocratie…. Vous voyez ? Ca va mieux, n’est-ce pas ?   Une ambiguïté….  Ma seule (petite) provocation a été de planter cette ambiguité.  Elle n’est pas gratuite: elle veut montrer ce qu’on peut faire à la vérité quand on crée des ambiguités….

Par exemple, tout le discours que nous tenons en Occident sur la démocratie est ambigü … et la vérité en prend pour ses frais. C’est que, lorsque nous parlons de démocratie, nous n’y voyons que le droit pour tous de décider des grands principes à suivre, l’obligation inhérente à notre démocratie de laisser la majorité choisir. Nous négligeons le droit, au moins implicite dans un Etat de droit, que nous du peuple avons de réaliser ensemble  les choses que nous voulons accomplir ensemble sans en être empêchés sans raison.

Quand on escamote ce second droit, il en sort le préjugé que nous en Occident sommes démocrates… et les Chinois, non.  Or c’est au mieux une demi-vérité et ce n’est pas innocent.

Quand on parle de démocratie en Occident, on parle exclusivemt d’un droit de choisir les options qui seront appliquées au palier des grande dossiers poltiques, économiques, sociaux…  Joli, mais c’est une arnaque. Une fumisterie, car il est évident que Quidam Lambda n’a pas les connaissances nécessaire pour comprendre ces grands dossiers, ni  pour prendre les décisions pointues qu’il faut prendre dans cesdossiers etqui font la différence entre être bien ou mal gouverné.

Quand disant « démocratie » on reste au palier des « grands principes », on ne dit que des paroles creuses. Sur la justice, la liberté ou autres choses sur quoi on est tous d’accord. Le peuple décide… mais Il n’y a rien à décider. Est-ce ça la démocratie ?

Quidam Lambda sait très bien qu’il n’y comprend rien et il ne touche pas a ces grands dossiers autrement qu’en échangeant des poncifs au Café du Commerce ou sur le web. Il opine, comme lui disent d’opiner les médias partisans qu’il choisit par atavisme, comme il s’identifie au Russe ou au Tchàque de son équipe de hockey, au Marocain ou au Suédois du PSG ou des Verts.  En politique comme en sport, Quidam Lambda est partisan: il joue à la démocratie par identification.

Il y joue parfois avec ferveur, mais il sait très bien que sa vie quotidienne ne dépend pas de ses choix démocratiques, que tout ce qui est important en politique est décidé par d’autres. Par des gens qui en savent plus que lui….  Des gens qui ont aussi, souvent, d’autres intérets que les siens.  Il n’ira pas plus loin que de s’en plaindre.

Cette démocratie peut être amère. Comment pourrait-il apporter des solutions?  Comment pourrait-il VIVRE la démocratie?   Question académique. On ne lui en donne pas l’occasion et il n’en a même pas le goût.. il n’y a sans doute pas plus de 3% de la population qui s’intéressent aux grands dossiers.  Les autres veulent seulement qu’on leur donne plus d’argent, plus de services, qu’on assure leur sécurié et qu’on ne les embête pas trop.

La démocratie que nous avons est un emballage vide.  On nous demande de mettre le titre et la photo sur les dossiers: d’autres y mettent le contenu… L’emballage de la démocratie sort de chez Hermes, mais il ne contient que du papier froissé, couvert de mots creux et déja lus.

Cette démocratie des grandes options n’existe pas vraiment;  en fait, elle est impossible. Si on voulait la faire naîtreau-dela d’un certain seuil assez bas, le résultat en serait catastrophique, comme l’ont prouvé les Athéniens, il y a plus de 2000 ans.  La démocratie est là pour cacher le pouvoir que n’ont pas ceux qui ne savent pas.

La démocratie « qui choisit les grandes options » est un leurre. On a dit ad nauseam que nombre ne faisait pas raison, que la démocratie était la tyrannie de la majorité, et même Churchill, qui s’y connaissait en ambiguités, a eu cette phrase-poison bien connue, pour dire que « la démocratie était la pire forme de gouvernement… sauf les autres formes que l’on avait essayées. »..  Se gardant bien d’ajouter, toutefois, qu’on ferait tout pour que jamais ne soit essayée une meilleure forme de gouvernement qui pourrait fonctionner…

Se pourrait-il qu’existât une meilleure forme de gouvernement que la chimérique démocratie que nous avons. ?  Que ce soit justement une démocratie dans ce sens escamoté en Occident du « pouvoir d’agir ensemble » ?  Le Empowerment de Saul Alinsky et la pensée qui en découle ?

Est-ce qu’une VRAIE démocratie ne devrait rester EN DEÇA de ce «certain seuil» au-dela duquel l’individuu ordinaire perd pied, et où la démocratie comme nous l’avons bâtie en Occident devient  une mystification?  Il faudrait voir, car c’est précisément ce que l’on fait en Chine.

La Chine démocratique n’est pas une blague. C’est une chose qui grandit. Nous avons en Occident une pseudo démocratie mise de l’avant au niveau étatique – là où elle ne peut PAS s’appliquer – alors que la démocratie au niveau local, celle qui pourrait jouer son rôle, est perfidement mise sous tutelle par cette pseudo démocratie au palier de l’État !  En Chine la démocratie est bien présente. EN DEÇA DU SEUIL.

Surtout, ne pas croire que ce qui est en deça de ce seuil soit anodin. En fait, l’essentiel du RÉEL est là.  Le réel, c’est ce puit qu’il faut savoir où creuser, cette route dont on fera le tracé, les vigiles qu’on mettra pour que l’ordre règne… Il y a beaucoup de décisions à prendre au palier où le peuple a la compérence de les prendre. On évite en Occiodent d’en parler trop, pour deux (2) raisons.

La première est que ces décisions portent sur le quotidien et, pour la gouvernance, sont de ces « détails » dont  on dit souvent que le Diable y loge… parce qu’ils ne s’ajustent pas toujours bien avec les grands principes dont ont décidé les « autorités supérieures ».  La deuxième, c’est que ce domaine recèle un énorme potentiel d’argent et de pouvoir. Trop pour que ceux qui ont fai main basse sur le contrôle des États en en faisant un jeu de symboles en abandonnent sans lutte la gestion au monde ordinaire.

Tout ce qui est local, muncipal, proche du peuple et de ses besoins  ET DONT LE PEUPLE POURRAIT EFFICACEMENT DÉCIDER  est donc, en Occident, soigneusement soustrait à l’influence directe de celui-ci.  Le fonctionnement en est astrent aux règles de la «démocratie» représentative  qui prévaut au niveau de l’État, avec ses Partis pour encadrer toute liberté de pensée, ses caisses occultes pour que toute conscience puisse être louée, ses médias menteurs pour que l’imagination ne soit JAMAIS au pouvoir

En Chine, au contraire on a commencé la démocratie pas là. En bas. La démocratie monte vers le pouvoir, poussant devant elle ce seuil dont nous avons parlé et qui est mobile. C’est peut-tre le modèle à suivre. Nous en reparlerons.

 

PIerre JC Allard

8 pensées sur “Vers une vraie démocratie… comme la Chine

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    26 novembre 2012 à 9 09 30 113011
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    La démocratie : usurpation de pouvoirs ou pouvoir du peuple?? Un sujet maintes fois traité qui demeure toujours d’actualité. Les démocraties qui répondent aux constitutions que les oligarchies ont imposées à leurs peuples, comme c’est le cas de la grande majorité des pays de notre occident, demeurent des démocraties d’usurpation des pouvoirs qui servent d’abord et avant tout les intérêts de ces mêmes oligarchies. Elles appellent cela la démocratie représentative sur laquelle, par les partis politiques, l’information et la désinformation, et les systèmes électoraux ils ont plein contrôle. Ainsi, l’État et tous les pouvoirs dont il dispose deviennent des outils de plus pour donner suite à leurs projets de conquête et de domination.
     
    En Amérique latine, longtemps dominée par la démocratie oligarchique, un réveil se produit et certains peuples sont parvenus à briser le monopole des oligarchies sur l’État et ses pouvoirs. C’est, entre autres, le cas de la Bolivie avec Évo Morales, de l’Équateur avec Rafael Correa, du Venezuela avec Hugo Chavez, du Nicaragua avec Daniel Ortega. Dans chacun de ces pays, il y a eu une constituante et une constitution discutée et décidée par le peuple. Des dispositions constitutionnelles sont prévues pour assurer une participation continue du peuple aux grandes décisions et aux destinées du pays. Les systèmes électoraux ont été modifiés pour assurer la participation de tous les citoyens et citoyennes sans prêter à confusion d’identité et sans possibilités que ces dernières puissent être usurpés. Il s’agit, dans ces derniers cas de la démocratie, dite participative.
     
    Il n’est pas surprenant que les oligarchies et les maîtres de la démocratie représentative de leurs propres intérêts s’acharnent avec tous les pouvoirs dont ils disposent pour faire échec à cette nouvelle démocratie qui a retrouvé ses lettres de noblesse : le pouvoir du peuple pour le peuple. Je pense que nous aurions intérêt à relever ces expériences d’une démocratie retrouvée par les peuples.
     
    Si dans un passé récent, les groupes révolutionnaires de l’Amérique latine luttaient pour libérer leurs peuples de dictateurs ou d’élus corrompus, aujourd’hui ce sont les oligarchies et l’Empire qui s’acharnent à créer des groupes terroristes pour se débarrasser, par tous les moyens, y inclut les assassinats, de ces nouveaux dirigeants.
     
    Une réflexion que j’ajoute à celles, toujours très pertinentes, de
    PJCA.

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    26 novembre 2012 à 11 11 12 111211
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    « car il est évident que Quidam Lambda n’a pas les connaissances nécessaire pour comprendre ces grands dossiers, ni pour prendre les décisions pointues qu’il faut prendre dans cesdossiers etqui font la différence entre être bien ou mal gouverné. »

    Cette phrase est aussi « ceuse » que le mot « Démocratie » ou « état de droit ». La différence entre « bien ou mal gouverné » n’apparaît pas du tout dans l’histoire politique connue.

    Quelles décisions « ceux qui savent » ont-il prise qui a amélioré l’état du citoyen? Exclusivement celle qui, au même moment, améliorait la richesse de ces « ceux qui savent ».

    Il n’y a que deux premiers ministres qui sont resté pauvre dans l’histoire du Québec: 1) Maurice Duplessis et 2) René Lévesque. Les autres furent tous « gras durs » à leur retraite.

    « Ceux qui savent » ne garantissent aucunement la bonne gestion. Tout ce qu’ils garantissent est qu’ils connaissent la « gamique ».

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    26 novembre 2012 à 18 06 39 113911
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    @ OF

    Ce qu’il font de bien est toujours ça de pris, mas je ne suis pas tres optimiste sur la capacité de nouveaux leaders de résister aux sirenes de la corruption.

    La solution ne peut être que systemique: un « check and balance’ qui rend l’abus de pouvoir. aussi difficile que faire se peut, tout en sachant que tous vont essayer de tricher et qu’il faut constamment parfaire le système.

    Quand on est au bout de ce qu’une approche peut donner, compte tenu des améliorations possibles, il faut faire table rase et recommencer autrement. Je crois qu’on en est là de ce qu’avai mis brillament en place la constitution américaine et les penseures comme Madison.

    PJCA

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    26 novembre 2012 à 18 06 54 115411
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    @ Lartioste

    Je dis bien que « les gens qui en savent plus que lui …ont aussi, souvent, d’autres intérets que les siens ». En fait, il n’y a pas d’autre solution que systémique, comme je le dis plus haut, et c’est sans cesse une course entre l’ingéniosité des abuseurs et celle des régulateurs.

    Une exception: « le despote éclairé » qui a tout pouvoir et peut donc se permettre la parfaite incorruptibiité. Mais on serait alors dans une vision paternaliste qui est l’antithèse de la zeitgeist actuelle. Inutile de même en discuter.

    PJCA

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      26 novembre 2012 à 20 08 33 113311
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      À la condition d’être convaincu d’avoir besoin de quelqu’un pour nous diriger; ce dont je ne suis pas. 🙂

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    27 novembre 2012 à 11 11 58 115811
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    «Sur la justice, la liberté ou autres choses sur quoi on est tous d’accord. Le peuple décide… mais Il n’y a rien à décider. Est-ce ça la démocratie ?»

    Le bulletin de vote et son pendant moderne le vote surprise sont ce qu’on a laissé en place devant l’édifice en ruine pour faire crédible. La démocratie s’est «barrée avec notre pognon et notre véritable liberté».

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    30 novembre 2012 à 13 01 46 114611
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    Bonsoir, Pierre.

    Malgré tous ses défauts, je pense pourtant que le système « démocratique » occidental est le moins mauvais. En théorie. Car en pratique, il est sujet à de très nombreuses dérives : à des accaparations de biens à des fins partisanes, à des initiatives détournées du bien public vers les profits des amis ou alliés, au retour de féodalités, etc.

    Pourquoi est-ce possible ? Parce que nos systèmes donnent aux élus des blancs seings durant plusieurs années avant que, l’élection approchant, ils ne fassent assaut de démagogie et de cadeaux de pacotille en direction des gogos d’électeurs.

    La solution ? Les jurys citoyens (un peu sur le modèle qu’avait proposé Ségolène Royal en 2007). De tels jurys existent déjà en Allemagne du nord et en Scandinavie. Leur principe : tirer au sort chaque année durant le mandat un certain nombre de jurés appelés à questionner l’élu et à lui demander des justifications sur la nature de son action et sur les éventuelles retards ou carences qui sont apparus durant l’exercice par rapport à ses engagements de campagne. Après quoi est rédigé un procès-verbal communiqué à la presse (écrite et télévisée) au niveau correspondant à la sphère de compétence de l’élu. Avec un tel système, l’élu reste sous pression et ne peut plus se défausser durant des années ou se livrer durant son mandat à une tambouille douteuse avec ses amis.

    Mais quoi qu’il en soit, aucun système n’est parfait. Après des millénaires de gestion des affaires publiques, si un tel système existait, nous le connaîtrions, non ?

    Cordiales salutations.

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    30 novembre 2012 à 14 02 27 112711
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    @Fergus: Il est vrai qu’aucun système n’est parfait, mais certains s’annoncent et dans certains cas s’avèrent plus parfaits de ce que nous avons actuellement dans nos démocraties représentatives. Je vous invite à regarder du côté du Venezuela où le peuple semble avoir trouvé une formule qui améliore de beaucoup la participation du citoyen et de la citoyenne et qui rend plus responsables les élus (es). Vous trouverez rapidement sur Google de nombreuses références à la démocratie participative. Sans être parfaite, elle constitue une avancée importante sur la voie de la véritable démocratie.

    Vous pouvez également regarder ce qui se fait en Bolivie, depuis 2005, année de l’élection d’Évo Morales. Il en va de même pour l’Équateur…

    Pour quelqu’un qui cherche quelque chose de différent, il y a là matière à découvrir de nombreuses innovations pour que le peuple soit toujours la préoccupation première de ses élus (ues).

    Sans prétention

    Oscar Fortin

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