Who’s next ?

Certains parallèles ont été tirés entre la Grèce et … les Etats-Unis sous prétexte que, si l’endettement global de la première atteint 115% de son P.I.B. aujourd’hui, les seconds devraient parvenir d’ici deux ans à des dettes globales de 140% ramenées à leur P.I.B… Pourtant, la comparaison est nettement plus appropriée entre la zone Euro et les Etats-Unis qui disposent chacun d’atouts et de sérieux handicaps.

Ainsi, la zone Euro dans sa globalité est endettée (en 2009) à hauteur de 79% de son P.I.B. moyen alors que l’endettement Fédéral US atteint 83% du P.I.B. Américain avec des avantages toutefois pour les Etats-Unis qui n’ont pas la rigidité du bloc Européen et qui par ailleurs seraient susceptibles de renouer plus rapidement que l’Union avec la croissance … même s’il est incontestable que cette croissance est – dans les deux cas – quasi entièrement redevable aux stimuli.

Néanmoins, la zone Euro, elle, se caractérise par une cassure incontestable entre un noyau dur de pays exportateurs et un bloc de nations périphériques au déficit commercial endémique … qui ne va tout de même pas sans rappeler la situation qui prévaut entre les Etats-Unis (nets importateurs) et la Chine (net exportatrice). Si ce n’est que les déséquilibres Européens se retrouvent encore accentués par le bloc monétaire unifié et rigide.

Quoiqu’il en soit, cette configuration astrale Européenne a été assez bien tolérée jusque là par les marchés: de fait, les obligations Allemandes (bunds) – référence absolue en la matière – se négociaient préalablement à la crise selon un écart relativement insignifiant par rapport aux Bons du Trésor des PIIGS… Nations Européennes sinistrées qui mettent aujourd’hui en place force plans d’austérité qui mettront sur le carreau des centaines de milliers de futurs chômeurs pour restaurer la confiance de marchés qui exigent toutes sortes de sacrifices expiatoires!

L’Occident sur endetté se retrouve ainsi à scruter en permanence la réaction de marchés spéculatifs tout en prenant garde à en être bien perçu pour ne pas en subir les foudres! Ce faisant, nos dirigeants – qui se bornent à adopter des mesures placebos et à se montrer champions en communication – se condamnent à voir cette crise s’aggraver ou à tout le moins se manifester sous d’autres formes et ce tant que la racine fondamentale de notre instabilité – à savoir la très faible croissance de nos pays – n’aura pas été traitée.

De la crise Asiatique à la crise Russe de la décennie précédente en passant la bulle des valeurs technologiques et par la crise du système bancaire US ou par la crise de Dubaï hier et celle de l’Europe aujourd’hui, la volatilité financière est condamnée à persister dès lors que nos croissances n’auront pas été stimulées par des ré équilibrages – voire des boulversements – structurels. La seule incertitude étant: où et qui sera la prochaine région, le prochain pays ou le prochain secteur d’activité à en être touché…?

MICHEL SANTI

Une pensée sur “Who’s next ?

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    5 juillet 2010 à 8 08 48 07487
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    C’est beau tout ça, mais on fait, tout le monde, depuis le tout début, dans le totalitarisme.

    Sans tricherie (imprimerie de billets de banque à volonté…), le capitalisme s’effondre même avant 1929. Sans tricherie, les États-Unis d’Amérique sont bombardés de sanctions économiques pour des dizaines de milliers de crimes de guerre, pour des crimes contre l’humanité, pour des renversements multiples d’États étrangers, pour leur possession d’ADM, etc..

    Tout ça, ces beaux chiffres, le PIB, toutes ces conneries, c’est relatif à l’impérialisme des États-Unis d’Amérique. Pas d’impérialisme? Pas d’États-Unis d’Amérique aussi importants… pas de comparaison avec d’autres États voyous…, dont plusieurs de l’Union Européenne -qui ne respectent pas les lois qu’ils imposent à Cuba quant aux accusations qu’ils portent contre elle-…

    Bref, qui sera le prochain touché? À peu près tout le monde, pourquoi? Parce que ces plans d’austérité, après ces glorieuses qu’ils nous ont donné comme conditionnement, ne sont que le résultat d’un après «conditionnement», auquel nous sommes devenus aussi accrochés que des héroïnomanes.

    Maintenant que nous sommes accros au système de consommation absurde que le capitalisme corporatiste a créé, ils nous ôtent les béquilles et nous demandent de nous débrouiller tout seul, pour faire encore plus de profit.

    Ces plans d’austérité n’ont toutefois rien à voir avec la vie princière qu’ont certains bourgeois parasitaires de ce monde, qui sont redevables au labeur des prolétaires plus que jamais.

    Il faut changer de système économique. Les travailleurs doivent imposer leur diktat.

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