L’affaire Cahuzac n’en finit pas de faire des vagues, et on a appris que loin des 600 000 euros avoués, la somme réelle dépasserait les 15 millions d’euros, (lien) ce qui pour Jean Ziegler entendu le 8 avril sur « Europe 1 », parait plus logique, car dit-il : « l’UBS ne peut s’occuper d’un potentiel client en dessous d’une certaine somme, laquelle doit être supérieure à 10 millions d’euros ».
Cet ex-député suisse, sait de quoi il parle, si on veut bien se souvenir de son livre « la Suisse lave plus blanc », ouvrage qui donnait envie de rêver en 1991 à une transparence sur l’identité des exilés fiscaux dont le montant des fonds cachés devait être dévoilé. lien
Quand l’on songe que la France pourrait récupérer, d’après Pascal Cantin, environ 40 milliards grâce à la transparence financière, on pourrait s’étonner des lenteurs politiques et administratives constatées. lien
Décidément l’affaire révélée par Médiapart a soulevé un coin du voile qui n’est peut-être que la partie visible d’un iceberg, d’autant que ce média annonce pour bientôt d’autres révélations de type fiscal. lien
Mais revenons au choc de moralisation hollandais : la tache s’annonce compliquée : si par exemple il venait au président l’idée de rendre impossible à un élu ayant eu maille à parti avec la justice de garder son mandat, il provoquerait un certain vide autant à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat, ou dans les conseils généraux, régionaux, voire mairies…
Prenons par exemple l’UMP :
Ils ont une cinquantaine à avoir été pris en défaut pour des motifs divers : de la prise illégale d’intérêt, au détournement de fonds publics, en passant par le trafic d’alcool, le vol de carte bancaire, la corruption passive, le viol sur une mineure de 12 ans, le travail dissimulé, les injures, le blanchiment d’argent, la diffamation, le harcèlement moral ayant mené au suicide, le favoritisme dans l’attribution de marchés publics, la fraude, l’exercice illégal de la profession d’avocat, les coups et blessures, discrimination, l’abus de confiance, le blanchiment d’argent, les fausses factures, emploi fictif, propos homophobes…
De Charles Pasqua (trafic d’influence, financement illégal de campagne et abus de confiance, propos homophobes) (lien) à Alain Juppé,(abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, corruption et prise illégale d’intérêt) (lien) en passant par Brice Hortefeux, (atteinte à la présomption d’innocence) (lien)Henri Guaino poursuivi pour « outrage » (lien), Alain Carignon (corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins) (lien) Georges Tron (abus de bien sociaux, harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol) (lien) Gaston Flosse (détournement de fonds publics, emplois fictifs, et prise illégale d’intérêt), (lien) Guy Drut, (emploi fictif), (lien) Jean Tibéri (fraude aux électeurs), (lien) Nicolas Bazire(mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi), (lien) Serge Dassault (corruption, procédure abusive)(lien) Xavier Dugoin (trafic d’alcool, salaires fictifs, corruption, falsification de documents administratifs, prise illégale d’intérêt) (lien) André Santini (faux et usage de faux, injures, détournement de fonds publics), (lien) Eric Woerth (mis en examen pour recel dans l’affaire Bettencourt) (lien) etc…ils ont tous eu maille à partir avec la justice…sans oublier Nicolas Sarközi, récemment mis en examen, (abus de faiblesse) qui a échappé jusqu’à présent à toute condamnation. lien
Henri Guaino ne s’est pas couvert de gloire, lorsqu’il a défendu Charles Pasqua, pourtant condamné définitivement par la justice, assurant que Pasqua était « un grand républicain », ce qui lui a justement contesté Eva Joly rappelant qu’un délinquant ne pouvait pas être considéré comme un « grand républicain ». lien
Quant à Jean-François Copé, qui s’interroge sur la leçon de morale que voudraient donner les membres du gouvernement, ne devrait-il pas faire de même sur son compte, (lien) lors de son élection mouvementée au sein de son propre parti ?
Dans un livre qui vient de sortir, « comment ils ont roulé Fillon », on apprend comment Jean-François Copé a triché pour accéder à la tête de l’UMP.
On y découvre la réaction du prédécesseur de François Hollande à l’Elysée : « Copé est vraiment nul. Il ne sait pas tricher correctement » aurait-il déclaré, s’il faut en croire Carole Barjon, et Bruno Jeudi, les auteurs du livre. lien
Mais au PS, question condamnations, ce n’est guère mieux : ils sont au moins 44 a avoir fauté : de Jean Marc Ayrault (délit de favoritisme), (lien) à Jean Paul Huchon (prise illégale d’intérêt) (lien) en passant par Pierre Mauroy (abus de confiance, emploi fictif), (lien) Pierre Moscovici (atteinte au droit à l’image),(lien) Ségolène Royal (licenciements abusifs), (lien) quant à Jean Noel Guérini menacé, il veut bien démissionner à condition que les 50 élus socialistes qui ont été condamnés, démissionnent aussi. (lien)
Et quid du Front National ?
Jean Marie Le Pen est bien placé avec des condamnations allant de coups et blessures, à l’apologie de crime de guerre, incitation à la haine raciale, trouble manifeste à l’ordre public, diffamation, banalisation de crime contre l’humanité, antisémitisme, injures publiques, oubli de plus-value boursière et sous estimation de loyer, (lien) mais on trouve aussi dans la liste des condamnés sa propre fille, Marine et Louis Alliot(diffamation) (lien), Laurent Mirabeau, le financier de Jean Marie Le Pen, (escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier), Jean Marie Le Chevallier (subornation de témoin), Jacques Bompart (prise illégale d’intérêt), Jean Yves Le Gallou (président du groupe FN au conseil régional d’Ile de France) (provocation à la haine raciale), Catherine Mégret (discrimination), Bruno Mégret (détournement de fonds), Bruno Gollnisch (négationnisme), Alexandre Gabriac (tentative de cambriolage)…et beaucoup d’autres noms sur ce lien.
Au total près de 90 condamnations sont à mettre sur le compte du FN. lien
La République a donc du pain sur la planche si elle veut moraliser le petit monde de nos élus.
Le non-cumul des mandats, l’un des points phares du programme hollandais est remis à plus tard, en2017, (lien) et le choix fait récemment d’imposer à chacun de ses ministres de dévoiler leurs patrimoines sera-t-il suffisant à effacer la suspicion qui s’est installée dans la tête des français ?…en tous cas il sera dévoilé aujourd’hui.
La manœuvre hollandaise est habile parce qu’elle oblige les autres partis à en faire de même, ce qu’a bien compris François Fillon qui n’a apparemment rien à cacher…mais quid des autres responsables de l’UMP.
Copé a tiré le premier, évoquant « un numéro de voyeurisme et d’hypocrisie » et accuse le pouvoir de provoquer un « rideau de fumée » destiné à faire oublier l’affaire Cahuzac, et tant pis pour lui si de mauvais esprits vont jusqu’à imaginer qu’il aurait quelque chose à cacher. lien
Nous voila donc à la recherche de la « transparence », mais le sera-t-elle vraiment, ou restera-t-il une certaine opacité ?
Lorsque l’on visionne cette vidéo, on peut effectivement s’inquiéter des dérives peu citoyennes constatées aux 4 coins du monde.
Mais revenons à notre république que François Hollande voulait exemplaire : doit-il garder dans son gouvernement des femmes ou des hommes qui ont été condamnés par la justice au risque de provoquer un logique remaniement ministériel.
Et Harlem Désir, le secrétaire général du parti doit-il garder parmi ses membres des élus condamnés ?
Ce qui le concerne en premier lieu, puisqu’il à lui-même été condamné pour emplois fictifs. lien
Avec la volonté des banquiers suisses qui semblent décidés à régler le problème de l’argent non déclaré (lien) et les politiciens français qui n’ont pas eu l’idée, comme l’ex-ministre du budget, de faire transiter leur bel argent à Singapour ou ailleurs, les fraudeurs ont peut-être du souci à se faire.
En tout cas, Bernard Arnaud vient de renoncer à demander la nationalité belge, déclarant qu’il ne pensait pas qu’un tel choix sème autant le trouble en France. lien
Benjamin Lebreton et Patric Michaud, experts en la matière pensent que « les résidents français ayant un compte non déclaré en Suisse ou ailleurs n’ont plus aucune chance à court terme de passer entre les gouttes ». lien
Ce qui demande à être prouvé, car s’il est vrai que le Luxembourg semble prêt à faire toute la transparence sur les comptes des exilés fiscaux, ça ne serait opérationnel qu’en 2015…et le Luxembourgn’est pas le seul paradis fiscal dans ce bas monde. lien
Ce délai relativement éloigné laissera tout le temps aux fraudeurs à chercher d’autres paradis.
En attendant, Jean Luc Mélenchon appelle à une manifestation « pour une 6ème République », le 5 mai prochain, un an après l’élection présidentielle, manif à laquelle Eva Joly sera présente, appelant tous les citoyens à y être. lien
Comme dit mon vieil ami africain : « le chameau ne se moque pas des bosses des autres ».
Olivier Cabanel























Nous poursuivons notre grève du zèle - dix-neuvième jour aujourd’hui – et ses deux articles quotidiens en soutien au mouvement pour les retraites. Mais parfois, nous vous confessons que c’est vraiment dur. De ne pas céder au découragement et laisser en plan le blog, plutôt que de se laisser aller à n’user que d’invectives, tant la tentation est grande. Par exemple, en lisant l’interview
d’évoquer l’âge légal du départ en retraite, comme le fait sciemment Copé, sans aborder aussi le nombre d’annuités nécessaire pour bénéficier du taux plein. Or, quand les défenseurs des privilégiés et du capital nous serinent que les autres pays ont consenti des efforts semblables à celui qu’ils réclament – à 85% aux salariés, voyez la « justice » de la chose – ils se gardent bien de préciser ce deuxième élément. 65 ou 67 ans, d’accord, mais combien d’annuités ? En France, ce sera 41,5 – et il se trouve des « socialistes » pour l’approuver ! Et ailleurs ? En Espagne ou en Allemagne, exemples couramment mis en avant par ces salopards tartuffes de la droite, 35 annuités seulement ! Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, vos lecteurs le savent-ils ? Mais faites votre travail, bon sang ! N’êtes-vous donc que deux dictaphones pour enregistrer et retranscrire pieusement la parole de ceux qui nous mentent sans cesse ainsi par omission ? Encouragé par votre silence coupable, Copé poursuit – pourquoi se gêner : « C’est le financement du système de retraites de 60 millions d’habitants qui est en jeu. On ne peut pas reculer. C’est hors de question. Je n’ai pas entendu une seule proposition alternative convaincante au relèvement de l’âge légal à 62 ans. Il n’y a pas un seul rapport d’experts qui cautionne l’idée folle défendue par les socialistes d’augmenter de 45 milliards d’euros les impôts pour rester aux 60 ans. Il faut quand même un peu atterrir. » Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, rien à redire ? Votre rôle, pour éclairer le débat, n’est-il pas de remettre les choses en perspective ? Or qu’en est-il de l’évolution de la fiscalité en France depuis dix ans ? Jacques Généreux,
Secrétaire national à l’Economie du Parti de gauche, vous rafraîchit la mémoire : « Imaginez que si on avait simplement maintenu le barème de l’imposition sur le revenu de la fin 1999, c’est-à-dire vous éliminez tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus hauts revenus depuis les années 2000, au cours des dix dernières années, mais ça fait presque 100 milliards de ressources en plus pour l’Etat ! Ça fait en direct 65 à 70 milliards de recettes fiscales supplémentaires et pourquoi je dis 100 miliards ? Ça, c’est le syndicat national des impôts qui l’a calculé : eh bien parce que le fait d’avoir creusé de 65 milliards vos recettes fait que vous êtes obligé d’emprunter, de vous endetter, etc. Donc on aurait aujourd’hui, chaque année, 100 milliards d’euros de disponibilité, de marges de manoeuvre supplémentaires dans les caisses de l’Etat si on n’avait pas touché au barème de l’imposition sur le revenu« (voir notre