Hollande, la grande lessive

OLIVIER CABANEL.
On sait que François Hollande tente depuis plusieurs jours d’éteindre le feu qui couvre sous la cendre, et s’apprête à lancer une « moralisation » destinée à faire toute la transparence sur le patrimoine de ses ministres, voire au delà.

L’affaire Cahuzac n’en finit pas de faire des vagues, et on a appris que loin des 600 000 euros avoués, la somme réelle dépasserait les 15 millions d’euros, (lien) ce qui pour Jean Ziegler entendu le 8 avril sur « Europe 1 », parait plus logique, car dit-il : « l’UBS ne peut s’occuper d’un potentiel client en dessous d’une certaine somme, laquelle doit être supérieure à 10 millions d’euros ».

Cet ex-député suisse, sait de quoi il parle, si on veut bien se souvenir de son livre « la Suisse lave plus blanc  », ouvrage qui donnait envie de rêver en 1991 à une transparence sur l’identité des exilés fiscaux dont le montant des fonds cachés devait être dévoilé. lien

Quand l’on songe que la France pourrait récupérer, d’après Pascal Cantin, environ 40 milliards grâce à la transparence financière, on pourrait s’étonner des lenteurs politiques et administratives constatées. lien

Décidément l’affaire révélée par Médiapart a soulevé un coin du voile qui n’est peut-être que la partie visible d’un iceberg, d’autant que ce média annonce pour bientôt d’autres révélations de type fiscal. lien

Mais revenons au choc de moralisation hollandais : la tache s’annonce compliquée : si par exemple il venait au président l’idée de rendre impossible à un élu ayant eu maille à parti avec la justice de garder son mandat, il provoquerait un certain vide autant à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat, ou dans les conseils généraux, régionaux, voire mairies…

Prenons par exemple l’UMP :

Ils ont une cinquantaine à avoir été pris en défaut pour des motifs divers : de la prise illégale d’intérêt, au détournement de fonds publics, en passant par le trafic d’alcool, le vol de carte bancaire, la corruption passive, le viol sur une mineure de 12 ans, le travail dissimulé, les injures, le blanchiment d’argent, la diffamation, le harcèlement moral ayant mené au suicide, le favoritisme dans l’attribution de marchés publics, la fraude, l’exercice illégal de la profession d’avocat, les coups et blessures, discrimination, l’abus de confiance, le blanchiment d’argent, les fausses factures, emploi fictif, propos homophobes…

De Charles Pasqua (trafic d’influence, financement illégal de campagne et abus de confiance, propos homophobes) (lien) à Alain Juppé,(abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, corruption et prise illégale d’intérêt) (lien) en passant par Brice Hortefeux, (atteinte à la présomption d’innocence(lien)Henri Guaino poursuivi pour « outrage » (lien),  Alain Carignon (corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins) (lien) Georges Tron (abus de bien sociaux, harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol) (lien) Gaston Flosse (détournement de fonds publics, emplois fictifs, et prise illégale d’intérêt), (lien) Guy Drut, (emploi fictif), (lienJean Tibéri (fraude aux électeurs), (lien) Nicolas Bazire(mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi), (lien) Serge Dassault (corruption, procédure abusive)(lien) Xavier Dugoin (trafic d’alcool, salaires fictifs, corruption, falsification de documents administratifs, prise illégale d’intérêt) (lien) André Santini (faux et usage de faux, injures, détournement de fonds publics), (lien) Eric Woerth (mis en examen pour recel dans l’affaire Bettencourt) (lien) etc…ils ont tous eu maille à partir avec la justice…sans oublier Nicolas Sarközi, récemment mis en examen, (abus de faiblesse) qui a échappé jusqu’à présent à toute condamnation. lien

Henri Guaino ne s’est pas couvert de gloire, lorsqu’il a défendu Charles Pasqua, pourtant condamné définitivement par la justice, assurant que Pasqua était « un grand républicain », ce qui lui a justement contesté Eva Joly rappelant qu’un délinquant ne pouvait pas être considéré comme un « grand républicain ». lien

Quant à Jean-François Copé, qui s’interroge sur la leçon de morale que voudraient donner les membres du gouvernement, ne devrait-il pas faire de même sur son compte, (lien) lors de son élection mouvementée au sein de son propre parti ?

Dans un livre qui vient de sortir, « comment ils ont roulé Fillon  », on apprend comment Jean-François Copé a triché pour accéder à la tête de l’UMP.

On y découvre la réaction du prédécesseur de François Hollande à l’Elysée : « Copé est vraiment nul. Il ne sait pas tricher correctement  » aurait-il déclaré, s’il faut en croire Carole Barjon, et Bruno Jeudi, les auteurs du livre. lien

Mais au PS, question condamnations, ce n’est guère mieux : ils sont au moins 44 a avoir fauté : de Jean Marc Ayrault (délit de favoritisme), (lien) à Jean Paul Huchon (prise illégale d’intérêt) (lien) en passant par Pierre Mauroy (abus de confiance, emploi fictif), (lienPierre Moscovici (atteinte au droit à l’image),(lienSégolène Royal (licenciements abusifs), (lien) quant à Jean Noel Guérini menacé, il veut bien démissionner à condition que les 50 élus socialistes qui ont été condamnés, démissionnent aussi. (lien)

Et quid du Front National ?

Jean Marie Le Pen est bien placé avec des condamnations allant de coups et blessures, à l’apologie de crime de guerre, incitation à la haine raciale, trouble manifeste à l’ordre public, diffamation, banalisation de crime contre l’humanité, antisémitisme, injures publiques, oubli de plus-value boursière et sous estimation de loyer, (lien) mais on trouve aussi dans la liste des condamnés sa propre fille, Marine et Louis Alliot(diffamation) (lien), Laurent Mirabeau, le financier de Jean Marie Le Pen, (escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier), Jean Marie Le Chevallier (subornation de témoin), Jacques Bompart (prise illégale d’intérêt), Jean Yves Le Gallou (président du groupe FN au conseil régional d’Ile de France) (provocation à la haine raciale), Catherine Mégret (discrimination), Bruno Mégret (détournement de fonds), Bruno Gollnisch (négationnisme), Alexandre Gabriac (tentative de cambriolage)…et beaucoup d’autres noms sur ce lien.

Au total près de 90 condamnations sont à mettre sur le compte du FNlien

La République a donc du pain sur la planche si elle veut moraliser le petit monde de nos élus.

Le non-cumul des mandats, l’un des points phares du programme hollandais est remis à plus tard, en2017, (lien) et le choix fait récemment d’imposer à chacun de ses ministres de dévoiler leurs patrimoines sera-t-il suffisant à effacer la suspicion qui s’est installée dans la tête des français ?…en tous cas il sera dévoilé aujourd’hui.

La manœuvre hollandaise est habile parce qu’elle oblige les autres partis à en faire de même, ce qu’a bien compris François Fillon qui n’a apparemment rien à cacher…mais quid des autres responsables de l’UMP.

Copé a tiré le premier, évoquant « un numéro de voyeurisme et d’hypocrisie » et accuse le pouvoir de provoquer un « rideau de fumée » destiné à faire oublier l’affaire Cahuzac, et tant pis pour lui si de mauvais esprits vont jusqu’à imaginer qu’il aurait quelque chose à cacher. lien

Nous voila donc à la recherche de la « transparence », mais le sera-t-elle vraiment, ou restera-t-il une certaine opacité ?

Lorsque l’on visionne cette vidéo, on peut effectivement s’inquiéter des dérives peu citoyennes constatées aux 4 coins du monde.

Mais revenons à notre république que François Hollande voulait exemplaire : doit-il garder dans son gouvernement des femmes ou des hommes qui ont été condamnés par la justice au risque de provoquer un logique remaniement ministériel.

Et Harlem Désir, le secrétaire général du parti doit-il garder parmi ses membres des élus condamnés ?

Ce qui le concerne en premier lieu, puisqu’il à lui-même été condamné pour emplois fictifs. lien

Avec la volonté des banquiers suisses qui semblent décidés à régler le problème de l’argent non déclaré (lien) et les politiciens français qui n’ont pas eu l’idée, comme l’ex-ministre du budget, de faire transiter leur bel argent à Singapour ou ailleurs, les fraudeurs ont peut-être du souci à se faire.

En tout cas, Bernard Arnaud vient de renoncer à demander la nationalité belge, déclarant qu’il ne pensait pas qu’un tel choix sème autant le trouble en France. lien

Benjamin Lebreton et Patric Michaud, experts en la matière pensent que «  les résidents français ayant un compte non déclaré en Suisse ou ailleurs n’ont plus aucune chance à court terme de passer entre les gouttes  ». lien

Ce qui demande à être prouvé, car s’il est vrai que le Luxembourg semble prêt à faire toute la transparence sur les comptes des exilés fiscaux, ça ne serait opérationnel qu’en 2015…et le Luxembourgn’est pas le seul paradis fiscal dans ce bas monde. lien

Ce délai relativement éloigné laissera tout le temps aux fraudeurs à chercher d’autres paradis.

En attendant, Jean Luc Mélenchon appelle à une manifestation « pour une 6ème République », le 5 mai prochain, un an après l’élection présidentielle, manif à laquelle Eva Joly sera présente, appelant tous les citoyens à y être. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le chameau ne se moque pas des bosses des autres ».

Olivier Cabanel

Une société au pas Moonwalk

 

GAETAN PELLETIER

Le pas moonwalk de Michael Jackson

Dans ce mouvement de danse, le danseur se déplace à reculons tout en créant l’illusion par ses mouvements corporels qu’il est en train de marcher vers l’avant. Ce paradoxe visuel (individu marchant vers l’avant, mais se déplaçant en arrière) donne l’impression qu’il flotte. Wiki.

Les sociétés occidentales manquent d’argent…mais davantage  de lucidité et  d’imagination. Elle ne se questionne plus sur son fonctionnement, sur ses ratés, sur ses manières de faire.

Depuis combien de décennies ne sommes-nous pas dans une ère de faire du surplace avec l’illusion d’avancer? Et ce, dans toutes les sphères gouvernementales.  Si l’industrie invente, la machine étatique est devenue statique. Dangereusement statique.

En fait, elle ne crée que l’illusion de mouvement.

Mesures et changements

La presse est de plus en plus inquiète de cette bicyclette stationnaire qu’est devenu l’appareil gouvernemental envasé dans des procédures arides et grippées.

Dans un billet intitulé Les maux des mots, Mario Roy de la Presse souligne que  faire des choses est de plus en plus difficile, de sorte qu’il ne reste alors qu’à les dire. C’est la première tendance: le mot remplace de plus en plus le geste.

L’exemple que donne M. Roy est la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale», adoptée par l’Assemblée nationale en 2002.

C’est un exemple parfait du surplace dans lequel nous sommes rivés. Nous faisons des observations sur les faits, nous rédigeons des avis, des rapports, des recommandations. Or,  rien ne change.

Les seules actions – comme un mode bien installé – sont d’injecter de l’argent, très souvent dans d’autres comités ou autres rapports pour essayer de cerner les problèmes.

Ce qui nourrit justement ceux qui nous contrôlent et VEULENT que nous fassions : faire rouler de l’argent pour… l’argent.

Et encore faut-il s’interroger sur ceux qui ramassent les «dépenses» de cet immobilisme qui rapporte. Ainsi que leurs buts…

L’argent et les nids de poules

Le «concept» du «plus de la même chose» est celui-là par lequel on s’acharne à vouloir prolonger une manière de faire même si celle-ci s’avère totalement inefficace. Le diagnostic que l’on pose dans le système médical et la « médecine» que l’on propose se résume ainsi : s’il existe un problème, c’est qu’il manque d’argent.

C’est exactement cette «philosophie» qui  dans plusieurs domaines nous cloisonne dans des solutions toujours fugaces et précaires.

Aux rythmes où changent  les gouvernements et les hauts fonctionnaires, avec cette manie de cultiver le croc-en-jambe – dans une démocratie désuète et convulsive –  nous en sommes venus à vivre dans une société  qui dépense plus au «rien faire» qu’à faire.

Les coqs sont plus nombreux que les poules…

La brochette de Califes

La sempiternelle recette du bipartisme – on se croirait à l’ère de Duplessis – a rendu le système visqueux et gluant : des lutteurs dans la boue. Les batailles internes du parlement ne sont plus que des esclandres de bandes dessinées où un Calife veut devenir Calife à la place du Calife. Depuis quelques décennies, nous n’avons droit qu’à un défilé  Iznogoud

Où sont les grands projets? Où sont les changements nécessaires à ce cafouillis? Où sont les vraies réformes? Où est ce véritable humanisme qu’on nous a promis?

On a l’impression que nous sommes passés d’une autoroute à un vaste entrepreneuriat de  calfeutrages  de cicatrices de nids de poules.

L’énergie dépensée – et l’argent du contribuable – dans ces luttes intra-muros, finit par ne léguer au peuple qu’une politique dormante, anesthésiée.

L’obsession de la prise de pouvoir est une pandémie.

Et le virus se promène d’un parti à l’autre.

L’Éducation Ford-T

Le gouvernement du Québec a décidé d’investir  quelque 5 millions de dollars de plus dans le système d’éducation pour contrer le décrochage scolaire.

Si nos dirigeants se paient des études pour évaluer la complexité des facteurs, ils ne s’interrogent pas,  hélas! sur maints aspects vieillots du système.

Le responsable est le décrocheur, le milieu pauvre (encore de l’argent), et une multitude de facteurs incluant la nutrition.

Bel essai!

Mais on écarte toute ouverture sur d’autres modes et d’autres facteurs. Ces grands oncles  à monocle ont un œil sur eux,  et le mauvais : le myope.

Et si le décrochage scolaire avait pour cause principale le système scolaire lui-même?  Mais qui donc dans le système scolaire est intéressé à remettre en cause une «machine si bien huilée»?

Question d’intérêt.

Dans une lettre au journal Le Devoir, intitulée Le symptôme du décrochage Pierre Demers écrit :

Les causes du décrochage sont multiples, mais une qui ne peut plus être ignorée, c’est que les jeunes s’ennuient à mourir dans nos écoles. Les pédagogies dépassées de même que l’organisation scolaire elle-même sont des sources intarissables de problèmes qui ne peuvent se résoudre d’eux-mêmes.(…) Nous pouvons continuer à injecter de l’argent de cette façon, mais tant que nous nous soucierons aussi peu des jeunes qui y vivent, rien ne changera et ils continueront de décrocher ce qui, dans le système actuel, est souvent un signe de santé mentale, un refus global d’être assimilé à un système social qui n’a aucun sens avec ses valeurs déshumanisantes. Ils risquent aussi de ne pas participer au renouvellement de la société, ce dont nous souffrirons tous.

Auteur d’un livre, Élever la conscience humaine par l’Éducation,  il propose une révolution éducative afin de libérer les jeunes par une éducation qui les humanise. C’est en leur offrant une expérience profondément spirituelle, qui fait opposition au matérialisme ambiant, que tout jeune apprendra enfin à découvrir, à savourer et à cultiver sa vie intérieure.

Il n’est pas le seul à faire le constat de cet échec. Pierre JC Allard,  dans son projet Nouvelle Société, a présenté pendant des décennies son «chapitre» consacré à une transformation de l’éducation : Une école humaine.

Je l’ai imprimé et analysé. Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi on se refuse à traiter le mal à la racine et à le considérer comme sérieux et novateur.

Sans doute parce que l’intérêt s’arrête encore à une vision étriquée ainsi qu’à une absence totale de volonté de «changer les choses».

Qui donc se soucie de l’humain? Qui donc se soucie d’un mieux-être? Et pourquoi?

Pour la simple raison que le citoyen est devenu une sorte de produit dérivé et que la constante – à des fins d’exploitation – consiste à le garder dans une mouture étalée et sans risques dans un savoir canalisé.

Le but?

La peur que l’automate se mette à penser.

De  peur que la «nourriture» de sang bleu finisse par se révolter.

La nourriture à Morlocks

Nous vivons dans un cauchemar, je ne vois pas en quoi un essai de changement pourrait nuire à l’évolution de notre société. Sauf que les acteurs ne subissent pas le cauchemar : c’est le spectateur qui est en train de regrette son billet.  Oui, les jeunes s’ennuient à l’école.  Même les enseignants s’ennuient. Le taux de décrochage des nouveaux enseignants est aussi élevé que celui des élèves.

De plus, ils sont devenus les outils de technocrates pétris à la pâte de savoirs boursoufflés et filandreux. Des technocrates qui sculptent des programmes et des «projets» dont  la réalité de terrain  est si pauvre  que  leur noble intention a la  consistance de barbe à papa. Et, souvent, ils  préfèrent se faire un lampion de leur égo plutôt que d’allumer les autres.

Combien en avons-nous comme cela éparpillés dans d’autres domaines?  Combien serions-nous prêts à dépenser pour le savoir et corriger les lacunes?

L’humain est devenu une sorte fast-food à croquer dans une cuisine  que nous ne contrôlons plus.

Une fois repus – des besoins primaires et de quelques luxes –  nous ne soucions  plus des  nègres que nous sommes devenus ou de ceux en devenir…

Les G bidonvilles

Depuis près de quarante ans, les sociétés dites riches, en arrachent. On a beau faire partie d’un G7 ou d’un G20, on s’échine à tenir la tête hors de l’eau.

Normal?

Non.

La cause est la même qui garde dans la pauvreté les sociétés dites du tiers-monde. La racaille financière draine les fonds publics de manière détournée. La crise économique est considérée – par la «presse» -  comme étant une crise passagère. Quand on connaît les sources véritables, on sait que la crise est une opération de longue date  et  d’arnaques dues à des procédures bien campées : on nous piège dans ce qu’ Ellen Brown nomme la «toile de dette»  Web of Debt.

J’en ai traduit ( sans trop fignoler)  quelques passages pour vous démontrer ce qui se passe aux États-Unis. Mais il est évident que ces «manœuvres» affectent tous les pays de la planète.

-         La Réserve fédérale n’est pas fédérale, il s’agit d’un cartel bancaire privé, appartenant à la banque par ses membres dans 12 districts de la Fed;

- Sauf pour les pièces de monnaie, ils ont « créé » l’argent que l’on appelle «Notes  de la Réserve fédérale, en violation de la Constitution en vertu de l’article I, section 8, qui donne au  Congrès seulement de  d’émettre  de l’argent  de règlementer la valeur de celle-ci … .  »
-  » L’argent tangible (pièces de monnaie et le papier-monnaie comprise) est de moins de 3 pour cent de la masse monétaire des États-Unis, « le reste est dans des entrées d’ordinateurs  pour les prêts;

 » – L’argent que les banques  prêtent  est de  «l’argent neuf» qui n’existait pas auparavant;

- 30% de l’argent crée par les banques est investi dans leur propre compte; « 

- Les banques ont déjà  réalisé des es prêts productifs pour le développement industriel;  aujourd’hui, ce sont  » de géantes machines à paris  » utilisant d’innombrables milliards pour des opérations à haut risques de type «casino» par le biais de dispositifs comme l’escroquerie des  produits dérivés et la titrisation.

Aussi longtemps que les banquiers contrôlent  notre argent, nous allons rester dans une « toile de dette » et de l’expérience des cycles de boom, de creux, d’’inflation et de  déflation, d’instabilité et de crises.

Nous sommes maintenus en dettes, donc sciemment appauvris. Et cet appauvrissement nous paralyse, car cloue notre pouvoir de développement et de libération. Besoins primaires, État primaire. Plus le loisir de réfléchir, de penser, de transformer.

On garde le citoyen dans l’inquiétude, cette paire de menottes invisible qui esclave le cerveau et l’être.

Ventre affamé…

C’est là tout le drame des sociétés au pas  «moonwalker» : on ne peut pas développer et humaniser une société clouée sur une croix qu’on nous cache. Ni les clous qui nous rivent et nous empêchent de bouger.

Appauvrissement monétaire, soit. Mais le plus grave est que nous sommes cloîtrés dans une sorte de bidonville intellectuel : il n’existe pas – ou alors on fait la sourde oreille – de moyens ou d’ouvertures pour qu’un pouvoir réel du peuple participe à la démocratie.

Le Canada n’est ni plus ni moins que 30 millions de Christs qui n’ont d’autre choix qu’un X pour les Pinocchio de l’État se livrant au jeu politique. Le citoyen est une sorte de Lazare en  fauteuil roulant.

Le ministère de l’inertie.

Il faut bien dire les choses telles qu’elles le  sont : si nous dépensions autant d’argent à creuser les causes de l’inertie par des études sur nos dirigeants et  les parlements, nous y gagnerions sûrement en actifs sur la qualité de nos vies.

Ne nous mèprenons pas sous la couverture et les fragments d’humains qui semblent habiter nos appareils étatiques, ou les structures pseudo-savantes,  les  prémisses ossifiées ou les  propos savonneux; l’entièreté de la politique peut se résumer en un seul ministère : l’inertie.

Nous marchons à reculons sur la lune.

Le problème est que nous ne vivons pas sur la lune.

Ceux qui sont en état d’apesanteur,  eux, flottent sur leurs cellules de cerveaux pas encore dégrisées.

L’État  n’est-il qu’un concessionnaire d’autos? Il fournit – sans le savoir – de l’argent à des actionnaires invisibles. La gravité reste que les citoyens  devraient être propriétaires de LEUR pays.

En cela, la démocratie est la «tempête parfaite» ( Merci à M. PHR, quoique la phrase nous a coûté cher).

Alors, attendons-nous à ce que la prochaine étape soit une crise qui, espérons-le, nous ramènera de la Lune à la Terre.

Le parcours nous coûtera encore une fortune, mais nous aurons cessé de «nous faire apprendre» cette fausse marche qui nous roule gaiement mais ne nous mène nulle part.

Les politiciens se vantent d’avoir le volant, mais c’est nous qui fournissons la voiture.

Je vous fais part d’un constat d’Ellen Brown :

L’histoire dépeint le Moyen Âge comme une période rétrograde,  et une forme d’appauvrissement et d’esclavage que seulement la révolution industrielle a changé. En fait, l’époque est entièrement différente, décrite  par l’historien du 19e siècleThorold_Rogers comme un temps où «une manœuvre» pouvait  subvenir  à tous les besoins de sa famille pendant un an en travaillant 14 semaines,  lui laissant près de neuf mois pour pouvoir travailler pour lui-même,  étudier, pêcher, voyager, ou faire ce qui lui plaisait, quelque chose qu’aujourd’hui les gens surchargés de travail, stressés,  sous-payés ne peuvent pas imaginer.

Envieux?

Il est tout à fait incompréhensible et illogique que nous soyons réduits à ne plus pouvoir améliorer nos conditions de vie par d’autres moyens que celui des «sommes monétaires».

L’argent est un moyen, pas une fin. Dans un article L’usine à fous: l’industrie de la guérison, je voulais démontrer que nos sociétés dites évoluées créent un mode de vie qui accroît ces «maladies de sociétés» nécessitant  des investissements colossaux comme correctifs.

Nous dansons sur place…

Ce qui me rappelle une anecdote des années 60, alors que le monde était plein de promesses, que l’Homme allait être enfin délivré des tâches ingrates…

À un élève qui n’avait pas de loisirs ni de passions, l’enseignant, éberlué, lui demanda :

- Mais qu’est-ce que tu vas faire quand la société des loisirs va arriver?

- Je vais jouer à la chaise musicale…

Toute la classe l’a trouvée drôle.

Il doit être dans un parlement… Là où il n’y a que deux chaises. Et toutes deux au centre…

Beau jeu!

Gaëtan Pelletier

Une société au pas Moonwalk

Le pas moonwalk de Michael Jackson

Dans ce mouvement de danse, le danseur se déplace à reculons tout en créant l’illusion par ses mouvements corporels qu’il est en train de marcher vers l’avant. Ce paradoxe visuel (individu marchant vers l’avant, mais se déplaçant en arrière) donne l’impression qu’il flotte. Wiki.

 

Moonwalker

Les sociétés occidentales manquent d’argent…mais davantage  de lucidité et  d’imagination. Elle ne se questionne plus sur son fonctionnement, sur ses ratés, sur ses manières de faire.

Depuis combien de décennies ne sommes-nous pas dans une ère de faire du surplace avec l’illusion d’avancer? Et ce, dans toutes les sphères gouvernementales.  Si l’industrie invente, la machine étatique est devenue statique. Dangereusement statique.

En fait, elle ne crée que l’illusion de mouvement.

Mesures et changements

La presse est de plus en plus inquiète de cette bicyclette stationnaire qu’est devenu l’appareil gouvernemental envasé dans des procédures arides et grippées.

Dans un billet intitulé Les maux des mots, Mario Roy de la Presse souligne que  faire des choses est de plus en plus difficile, de sorte qu’il ne reste alors qu’à les dire. C’est la première tendance: le mot remplace de plus en plus le geste.

L’exemple que donne M. Roy est la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale», adoptée par l’Assemblée nationale en 2002.

C’est un exemple parfait du surplace dans lequel nous sommes rivés. Nous faisons des observations sur les faits, nous rédigeons des avis, des rapports, des recommandations. Or,  rien ne change.

Les seules actions – comme un mode bien installé – sont d’injecter de l’argent, très souvent dans d’autres comités ou autres rapports pour essayer de cerner les problèmes.

Ce qui nourrit justement ceux qui nous contrôlent et VEULENT que nous fassions : faire rouler de l’argent pour… l’argent.

Et encore faut-il s’interroger sur ceux qui ramassent les «dépenses» de cet immobilisme qui rapporte. Ainsi que leurs buts…

L’argent et les nids de poules

Le «concept» du «plus de la même chose» est celui-là par lequel on s’acharne à vouloir prolonger une manière de faire même si celle-ci s’avère totalement inefficace. Le diagnostic que l’on pose dans le système médical et la « médecine» que l’on propose se résume ainsi : s’il existe un problème, c’est qu’il manque d’argent.

C’est exactement cette «philosophie» qui  dans plusieurs domaines nous cloisonne dans des solutions toujours fugaces et précaires.

Aux rythmes où changent  les gouvernements et les hauts fonctionnaires, avec cette manie de cultiver le croc-en-jambe – dans une démocratie désuète et convulsive –  nous en sommes venus à vivre dans une société  qui dépense plus au «rien faire» qu’à faire.

Les coqs sont plus nombreux que les poules…

La brochette de Califes

La sempiternelle recette du bipartisme – on se croirait à l’ère de Duplessis – a rendu le système visqueux et gluant : des lutteurs dans la boue. Les batailles internes du parlement ne sont plus que des esclandres de bandes dessinées où un Calife veut devenir Calife à la place du Calife. Depuis quelques décennies, nous n’avons droit qu’à un défilé  Iznogoud

Où sont les grands projets? Où sont les changements nécessaires à ce cafouillis? Où sont les vraies réformes? Où est ce véritable humanisme qu’on nous a promis?

On a l’impression que nous sommes passés d’une autoroute à un vaste entrepreneuriat de  calfeutrages  de cicatrices de nids de poules.

L’énergie dépensée – et l’argent du contribuable – dans ces luttes intra-muros, finit par ne léguer au peuple qu’une politique dormante, anesthésiée.

L’obsession de la prise de pouvoir est une pandémie.

Et le virus se promène d’un parti à l’autre.

L’Éducation Ford-T

Le gouvernement du Québec a décidé d’investir  quelque 5 millions de dollars de plus dans le système d’éducation pour contrer le décrochage scolaire.

Si nos dirigeants se paient des études pour évaluer la complexité des facteurs, ils ne s’interrogent pas,  hélas! sur maints aspects vieillots du système.

Le responsable est le décrocheur, le milieu pauvre (encore de l’argent), et une multitude de facteurs incluant la nutrition.

Bel essai!

Mais on écarte toute ouverture sur d’autres modes et d’autres facteurs. Ces grands oncles  à monocle ont un œil sur eux,  et le mauvais : le myope.

Et si le décrochage scolaire avait pour cause principale le système scolaire lui-même?  Mais qui donc dans le système scolaire est intéressé à remettre en cause une «machine si bien huilée»?

Question d’intérêt.

Dans une lettre au journal Le Devoir, intitulée Le symptôme du décrochage Pierre Demers écrit :

Les causes du décrochage sont multiples, mais une qui ne peut plus être ignorée, c’est que les jeunes s’ennuient à mourir dans nos écoles. Les pédagogies dépassées de même que l’organisation scolaire elle-même sont des sources intarissables de problèmes qui ne peuvent se résoudre d’eux-mêmes.(…) Nous pouvons continuer à injecter de l’argent de cette façon, mais tant que nous nous soucierons aussi peu des jeunes qui y vivent, rien ne changera et ils continueront de décrocher ce qui, dans le système actuel, est souvent un signe de santé mentale, un refus global d’être assimilé à un système social qui n’a aucun sens avec ses valeurs déshumanisantes. Ils risquent aussi de ne pas participer au renouvellement de la société, ce dont nous souffrirons tous.

Auteur d’un livre, Élever la conscience humaine par l’Éducation,  il propose une révolution éducative afin de libérer les jeunes par une éducation qui les humanise. C’est en leur offrant une expérience profondément spirituelle, qui fait opposition au matérialisme ambiant, que tout jeune apprendra enfin à découvrir, à savourer et à cultiver sa vie intérieure.

Il n’est pas le seul à faire le constat de cet échec. Pierre JC Allard,  dans son projet Nouvelle Société, a présenté pendant des décennies son «chapitre» consacré à une transformation de l’éducation : Une école humaine.

Je l’ai imprimé et analysé. Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi on se refuse à traiter le mal à la racine et à le considérer comme sérieux et novateur.

Sans doute parce que l’intérêt s’arrête encore à une vision étriquée ainsi qu’à une absence totale de volonté de «changer les choses».

Qui donc se soucie de l’humain? Qui donc se soucie d’un mieux-être? Et pourquoi?

Pour la simple raison que le citoyen est devenu une sorte de produit dérivé et que la constante – à des fins d’exploitation – consiste à le garder dans une mouture étalée et sans risques dans un savoir canalisé.

Le but?

La peur que l’automate se mette à penser.

De  peur que la «nourriture» de sang bleu finisse par se révolter.

La nourriture à Morlocks

Nous vivons dans un cauchemar, je ne vois pas en quoi un essai de changement pourrait nuire à l’évolution de notre société. Sauf que les acteurs ne subissent pas le cauchemar : c’est le spectateur qui est en train de regrette son billet.  Oui, les jeunes s’ennuient à l’école.  Même les enseignants s’ennuient. Le taux de décrochage des nouveaux enseignants est aussi élevé que celui des élèves.

De plus, ils sont devenus les outils de technocrates pétris à la pâte de savoirs boursoufflés et filandreux. Des technocrates qui sculptent des programmes et des «projets» dont  la réalité de terrain  est si pauvre  que  leur noble intention a la  consistance de barbe à papa. Et, souvent, ils  préfèrent se faire un lampion de leur égo plutôt que d’allumer les autres.

Combien en avons-nous comme cela éparpillés dans d’autres domaines?  Combien serions-nous prêts à dépenser pour le savoir et corriger les lacunes?

L’humain est devenu une sorte fast-food à croquer dans une cuisine  que nous ne contrôlons plus.

Une fois repus – des besoins primaires et de quelques luxes –  nous ne soucions  plus des  nègres que nous sommes devenus ou de ceux en devenir…

Les G bidonvilles

Depuis près de quarante ans, les sociétés dites riches, en arrachent. On a beau faire partie d’un G7 ou d’un G20, on s’échine à tenir la tête hors de l’eau.

Normal?

Non.

La cause est la même qui garde dans la pauvreté les sociétés dites du tiers-monde. La racaille financière draine les fonds publics de manière détournée. La crise économique est considérée – par la «presse» -  comme étant une crise passagère. Quand on connaît les sources véritables, on sait que la crise est une opération de longue date  et  d’arnaques dues à des procédures bien campées : on nous piège dans ce qu’ Ellen Brown nomme la «toile de dette»  Web of Debt.

J’en ai traduit ( sans trop fignoler)  quelques passages pour vous démontrer ce qui se passe aux États-Unis. Mais il est évident que ces «manœuvres» affectent tous les pays de la planète.

-         La Réserve fédérale n’est pas fédérale, il s’agit d’un cartel bancaire privé, appartenant à la banque par ses membres dans 12 districts de la Fed;

- Sauf pour les pièces de monnaie, ils ont « créé » l’argent que l’on appelle «Notes  de la Réserve fédérale, en violation de la Constitution en vertu de l’article I, section 8, qui donne au  Congrès seulement de  d’émettre  de l’argent  de règlementer la valeur de celle-ci … .  »
-  » L’argent tangible (pièces de monnaie et le papier-monnaie comprise) est de moins de 3 pour cent de la masse monétaire des États-Unis, « le reste est dans des entrées d’ordinateurs  pour les prêts;

 » – L’argent que les banques  prêtent  est de  «l’argent neuf» qui n’existait pas auparavant;

- 30% de l’argent crée par les banques est investi dans leur propre compte; « 

- Les banques ont déjà  réalisé des es prêts productifs pour le développement industriel;  aujourd’hui, ce sont  » de géantes machines à paris  » utilisant d’innombrables milliards pour des opérations à haut risques de type «casino» par le biais de dispositifs comme l’escroquerie des  produits dérivés et la titrisation.

Aussi longtemps que les banquiers contrôlent  notre argent, nous allons rester dans une « toile de dette » et de l’expérience des cycles de boom, de creux, d’’inflation et de  déflation, d’instabilité et de crises.

Nous sommes maintenus en dettes, donc sciemment appauvris. Et cet appauvrissement nous paralyse, car cloue notre pouvoir de développement et de libération. Besoins primaires, État primaire. Plus le loisir de réfléchir, de penser, de transformer.

On garde le citoyen dans l’inquiétude, cette paire de menottes invisible qui esclave le cerveau et l’être.

Ventre affamé…

C’est là tout le drame des sociétés au pas  «moonwalker» : on ne peut pas développer et humaniser une société clouée sur une croix qu’on nous cache. Ni les clous qui nous rivent et nous empêchent de bouger.

Appauvrissement monétaire, soit. Mais le plus grave est que nous sommes cloîtrés dans une sorte de bidonville intellectuel : il n’existe pas – ou alors on fait la sourde oreille – de moyens ou d’ouvertures pour qu’un pouvoir réel du peuple participe à la démocratie.

Le Canada n’est ni plus ni moins que 30 millions de Christs qui n’ont d’autre choix qu’un X pour les Pinocchio de l’État se livrant au jeu politique. Le citoyen est une sorte de Lazare en  fauteuil roulant.

Le ministère de l’inertie.

Il faut bien dire les choses telles qu’elles le  sont : si nous dépensions autant d’argent à creuser les causes de l’inertie par des études sur nos dirigeants et  les parlements, nous y gagnerions sûrement en actifs sur la qualité de nos vies.

Ne nous mèprenons pas sous la couverture et les fragments d’humains qui semblent habiter nos appareils étatiques, ou les structures pseudo-savantes,  les  prémisses ossifiées ou les  propos savonneux; l’entièreté de la politique peut se résumer en un seul ministère : l’inertie.

Nous marchons à reculons sur la lune.

Le problème est que nous ne vivons pas sur la lune.

Ceux qui sont en état d’apesanteur,  eux, flottent sur leurs cellules de cerveaux pas encore dégrisées.

L’État  n’est-il qu’un concessionnaire d’autos? Il fournit – sans le savoir – de l’argent à des actionnaires invisibles. La gravité reste que les citoyens  devraient être propriétaires de LEUR pays.

En cela, la démocratie est la «tempête parfaite» ( Merci à M. PHR, quoique la phrase nous a coûté cher).

Alors, attendons-nous à ce que la prochaine étape soit une crise qui, espérons-le, nous ramènera de la Lune à la Terre.

Le parcours nous coûtera encore une fortune, mais nous aurons cessé de «nous faire apprendre» cette fausse marche qui nous roule gaiement mais ne nous mène nulle part.

Les politiciens se vantent d’avoir le volant, mais c’est nous qui fournissons la voiture.

Je vous fais part d’un constat d’Ellen Brown :

L’histoire dépeint le Moyen Âge comme une période rétrograde,  et une forme d’appauvrissement et d’esclavage que seulement la révolution industrielle a changé. En fait, l’époque est entièrement différente, décrite  par l’historien du 19e siècleThorold_Rogers comme un temps où «une manœuvre» pouvait  subvenir  à tous les besoins de sa famille pendant un an en travaillant 14 semaines,  lui laissant près de neuf mois pour pouvoir travailler pour lui-même,  étudier, pêcher, voyager, ou faire ce qui lui plaisait, quelque chose qu’aujourd’hui les gens surchargés de travail, stressés,  sous-payés ne peuvent pas imaginer.

Envieux?

Il est tout à fait incompréhensible et illogique que nous soyons réduits à ne plus pouvoir améliorer nos conditions de vie par d’autres moyens que celui des «sommes monétaires».

L’argent est un moyen, pas une fin. Dans un article L’usine à fous: l’industrie de la guérison, je voulais démontrer que nos sociétés dites évoluées créent un mode de vie qui accroît ces «maladies de sociétés» nécessitant  des investissements colossaux comme correctifs.

Nous dansons sur place…

Ce qui me rappelle une anecdote des années 60, alors que le monde était plein de promesses, que l’Homme allait être enfin délivré des tâches ingrates…

À un élève qui n’avait pas de loisirs ni de passions, l’enseignant, éberlué, lui demanda :

- Mais qu’est-ce que tu vas faire quand la société des loisirs va arriver?

- Je vais jouer à la chaise musicale…

Toute la classe l’a trouvée drôle.

Il doit être dans un parlement… Là où il n’y a que deux chaises. Et toutes deux au centre…

Beau jeu!

Gaëtan Pelletier

Les bons terroristes

paul rose

PHILIPPE DAVID

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

Ecrit par : Philippe David le 16 mars 2013.

Le rêve de Hollande

 

Arabie Saoudite

Devant une foule en liesse principalement composée d’autochtones en boubou, un petit homme replet à lunettes, porteur d’une rosette de la Légion d’honneur, vient de recevoir des édiles de la ville de Tombouctou un chameau en signe de gratitude.

 

 

 

– J’en ai déjà un à l’Élysée, ça me fera la paire.

 

– Celui-ci est un camelus dromedarius, Monsieur le Président.

 

– Le mien est une femelle, de l’espèce camelus twittus. Une belle bête, racée mais indocile. Un chameau qui non seulement blatère, mais surtout déblatère, ce qui ne va pas sans me poser quelques problèmes.

 

– Si le chameau ne vous convient pas, Monsieur le Président, on peut vous offrir des moutons à la place. Ou bien des veaux.

 

– Inutile. Des moutons, j’en ai déjà plein l’enclos de l’Assemblée nationale – chez nous, on appelle ça des députés. Quant aux veaux – chez nous, on appelle ça des électeurs –, ils regimbent, mais le moment venu, ils reviendront me manger dans la main malgré l’amertume des herbages où je les fais pâturer.

 

– Le chameau est donc à vous, Monsieur le Président. Cela dit, si cet animal vous ennuie, vous aurez toujours la possibilité de vous en débarrasser en le mettant aux enchères sur le site eBête. Quoi qu’il en soit, encore merci, Monsieur le Président, d’avoir libéré les villes du nord-Mali avec une telle maestria, un sens tactique aussi pointu, une si belle audace.

 

– Ne soyez pas surpris, je m’étais entraîné lorsque j’étais Premier secrétaire du PS. Le job laissant des loisirs, des heures durant, je jouais au Kriegspiel, la main droite posée sur l’estomac par la chemise entrebâillée, et un bicorne sur la tête. Sans me vanter, j’aurais pu, moi aussi, être un conquérant d’exception : Ah ! la France, de la Corrèze au Zambèze…

 

 

 

Suit une courte apnée du sommeil. Le rêve s’en va, chassé par quelques gargouillis. L’incident passé, il revient toutefois très vite. Le petit homme replet n’est plus dans les sables de Tombouctou, mais assis en majesté sur un nuage. Installé sur un cumulus voisin, un personnage doté d’une impressionnante barbe de patriarche le regarde. Le barbu prend la parole.

 

 

 

– Qui êtes-vous ?

 

– J’allais vous poser la même question.

 

– Je suis Dieu, et j’ai mes habitudes ici.

 

– Ah ! Bonjour, Dieu. Je suis François Hollande, ci-devant généralissime des troupes françaises, vainqueur des batailles de Gao, Tombouctou et Kidal, en passe de bouter les derniers djihadistes hors du Mali.

 

– Je vois… On m’avait prévenu que vos chevilles avaient enflé, mais pas au point de chevaucher votre petit nuage à cette altitude. Je ne voudrais pas vous vexer, mon petit vieux, mais vous avez chopé le melon !

 

– J’ai quand même sauvé le Mali de l’Enfer.

 

– Là, vous empiétez sur mes plates-bandes. D’ailleurs, sans vouloir être désobligeant, permettez-moi de vous dire que vous jouez petit bras.

 

– Petit bras ? Avec la pâtée que j’ai infligée aux troupes armées d’Ansar Eddine et du Mujao ?

 

– Le sombrero que vous avez coiffé vous altère la vue, mon vieux. Comparez votre action avec les fléaux que j’envoie sur Terre pour punir les Hommes de leur vanité, ou a contrario les cataclysmes que j’évite aux Terriens afin ne pas ajouter aux destructions qu’ils s’infligent eux-mêmes, et vous constaterez que, tout président et tout chef des armées que vous soyez, vous n’êtes en définitive qu’un insignifiant moucheron…

 

 

 

Survient une nouvelle apnée du sommeil, elle-même suivie d’une gamme de gargouillis du plus bel effet. L’incident passé, le petit homme replet est revenu à Paris et dirige une réunion d’État-Major. D’un index ferme, il indique aux officiers la prochaine cible. Ce sera Monaco, malgré la redoutable réputation guerrière des troupes grimaldistes. Au même instant, une main énergique secoue le généralissime :

 

 

 

– Chéri, chéri, réveille-toi.

– Hein ? Que se passe-t-il ? C’est vous, Le Drian ?

– Mais non, c’est pas Le Drian, c’est moi, Valérie. Réveille-toi, c’est urgent. Une histoire de chevaux qui se font passer pour des bœufs. Ça te changera de tes rêves de buse qui se prend pour un aigle !

C’est pas joli, joli, ça, Votre Seigneurie

Madame la juge Ellen Paré, se présente aux petites créances pour se faire rembourser des travaux mal exécutés dans sa cuisine. Comme preuve de paiement, elle apporte un document « facture » qui indique le montant payé… mais SANS AUCUNE MENTION DES TAXES.
Madame la juge à-t-elle fait faire des travaux AU NOIR ?
Notre ministre, M. St-Arnaud, nous indique qu’il peut « difficilement développer » le sujet puisqu’il ne peut pas commenter le comportement d’un juge. « Il y a un mur de béton entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire » dit-il.  Je ne trouve qu’une seule explication logique à cet état de fait : ce mur de béton, pour être infranchissable, a dû être érigé par la compagnie Mivela de Nick Milioto.
Il dit également que le comportement des juges relève du Conseil de la magistrature. Ce conseil est chargé d’entendre et d’évaluer les plaintes déposées par des citoyens. Conséquemment, on doit le constater, c’est aux citoyens d’avoir l’œil sur les juges.
Le ministre St-Arnaud n’entend pas, quant à lui, de déposer une plainte au Conseil de la magistrature. Conséquemment, on doit encore le constater, le ministre St-Arnaud ne se considère pas comme un « citoyen » ou, s’il le fait, il refuse de prendre ses responsabilités. Pour un ministre, « c’est pas fort, fort ».
Pour un juge qui ne paierait pas ses taxes, il y aune présomption d’innocence ? Et pour un Miinistre?
Mais que devons-nous tirer de tout ceci :
  1. Un juge n’est pas toujours plus honnête que n’importe qui d’autr
  2. Un ministre n’est pas plus enclin à prendre ses responsabilités que n’importe qui d’autre.
  3. Un juge, un ministre, un psychiatre, un médecin ne sont pas toujours « imputables » de leurs actions.
  4. L’Assemblée nationale justifie surtout son existence, depuis l’apparition de la radio et de la télé, par le spectacle humoristique – de qualité bien inégale – qu’elle offre à son auditoire.
  5. Y a-t-il  une obligation pour le citoyen, de respecter sans réserve une troupe d’amuseurs quand ils ne font pas rire?
Il est peut-être temps de convoquer une « commission d’enquête publique », mais avec tous les citoyens comme participants. Mais attendons qu’il fasse un peu plus chaud. On pourrait alors réunir cette Commission  DANS LA RUE.
André Lefebvre

JIHADISME(vidéo). Laurent Louis : Le député belge qui dit un peu trop la vérité

 

Laurent Louis

Laurent Louis

Avec la fougue de la jeunesse, une logique réelle et sans langue de bois, le député indépendant belge Laurent Louis, 33 ans bientôt, s’oppose, seul contre tous les autres parlementaires, à la participation de la Belgique à la guerre au Mali. Il dénonce la manipulation internationale, le mensonge de la lutte anti-terroriste, le soutien des Occidentaux aux djihadistes en Libye, Tunisie et Syrie et dévoile les véritables raisons, selon lui, de cette opération militaire néo-colonialiste.

En l’écoutant, j’ai bu du petit lait. Il dit, sur ce sujet des soi disant « révolutions arabes », beaucoup de vérités. Le seul point où lui et moi divergeons, c’est sans doute son idéologie politique et la réalité. Pour moi, définitivement, les djihadistes, qu’ils soient en Tunisie, au Mali, en Syrie ou en Egypte, ne sont que les alliés de l’Occident...Quand ils deviennent excessifs, leurs maîtres les cognent. C’est le cas au Mali.

Après son allocution à l’Assemblée nationale belge, personne, mais vraiment personne, n’a applaudi. La vérité blesse ! Regardez !

Merci à Vénus pour la vidéo

 

Repenser la monnaie : Jean Claude Werrebrouck

J’avais demandé qu’on repense la monnaie: l’économiste Jean-Claude Werrebrouck est un penseur à part.
Il a créé un blog, La Crise des années 2010, dans lequel il nous offre des réflexions originales et particulièrement intéressantes.
Son livre, Banques centrales : indépendance ou soumission ? – Un formidable enjeu de société, est une source à laquelle doivent puiser ceux qui veulent penser le problème monétaire.

Dans cet ouvrage, Jean-Claude Werrebrouck nous livre ses réflexions au sujet de questionnements clés :
« Quel est vraiment le rôle des banques centrales et en quoi leur fonctionnement est-il révélateur de celui de nos sociétés ? »
« qu’avons-nous fait, nous les peuples, en particulier peuples européens, en créant des banques centrales intouchables, c’est-à-dire proches du sacré ? »

Son dernier article, publié le 17 décembre 2012, intitulé Faux débats sur la banque universelleest un aperçu de l’importance de ses textes.
Merci à Jean-Claude de nous donner sur ce blog son analyse.

Faux débats sur la banque universelle

La promesse présidentielle de cloisonnement des banques universelles devient, en ce début d’hiver 2012, débat à l’Assemblée Nationale. Et avec ce dernier, beaucoup d’avis donnent lieu à une littérature abondante qui, hélas, laisse de côté la question essentielle : est-il légitime de laisser aux banques le pouvoir de création monétaire ?

Ce que, dans leur jargon, les économistes évoquent sous le terme de système à « réserves fractionnaires ».

Construire un mur

La question du cloisonnement n’est certes pas inintéressante et il est éthiquement logique de vouloir protéger les dépôts des clients des risques pris par le compartiment « marché ». Démarche d’autant plus logique que la crise financière dans sa version initiale (2008) a obligé les Etats à intervenir et à élargir le niveau de protection à peine d’un effondrement planétaire. Les tenants de « l’aléa moral » souhaitent donc revenir à un modèle proche du Glass Steagall Act de 1933. On peut évidemment longtemps discuter des modalités du cloisonnement : celles du Dobb Frank Act et de la règle Volcker, celles issues du rapport Vickers ou celles issues du rapport Liikanen, ou enfin celles proposées par le gouvernement français et qui seront discutées au parlement. Toutes ces modalités, concernent très simplement, la question de l’épaisseur du mur de protection contre un tsunami financier, issu du compartiment marché et des activités spéculatives qui s’y réalisent, notamment en « propriatary trading », c’est-à-dire la spéculation en compte propre.

Maintenir l’universalité

Aux partisans d’un mur dont l’épaisseur fait débat, s’oppose tout naturellement le lobbying bancaire, dont la puissance repose d’abord sur les rapports fusionnels entretenus avec les entrepreneurs politiques et qui, en France, passe aussi et peut-être d’abord, par ce plus petit commun dénominateur qu’est l’Inspection Générale des Finances. Les arguments présentés sont simples : il ne saurait exister de frontière identifiable entre activités classiques de gestion de compte et de crédit et les activités de marché ne sont que le prolongement nécessaire des premières. Idée d’autant plus crédible que le client, notamment industriel, ne se découpe pas en tranches. Ainsi, lorsqu’un client de la BNP demande un crédit libellé en monnaie étrangère, il met nécessairement en mouvement les deux compartiments, d’où l’apparent bien-fondé de l’idée de banque universelle, en tant qu’entité réduisant les coûts de coordination et de transaction. La puissance du lobbying français est sans doute différente de celle du lobbying américain, (ce dernier est constitué d’une armée 25 fois plus nombreuse que celle représentant l’addition de la totalité des représentants syndicaux et des associations de consommateurs) mais il est tout aussi efficace. On peut donc penser que la loi française sera aussi douce que la loi Dodd-Frank dont les décrets d’application atténuent grandement une rigueur de simple apparence.

Interdire la spéculation

Il existe toutefois une autre opposition, plus spécifiquement une contre-proposition face à l’idée de séparation. Celle-ci consiste à dire, qu’il ne faut pas cloisonner ce qui ne peut l’être vraiment, en raison de nouveaux comportements d’adaptation donnant lieu à de nouvelles créativités financières. Il faut simplement interdire la spéculation, et transformer en délit personnel, donc délit touchant directement les dirigeants des établissements bancaires, le « proprietary trading ».

L’idée est séduisante mais pose de multiples problèmes quelle que soit la portée d’un texte d’interdiction.

S’il devient interdit de spéculer en général, il est clair que les opérations, simples et importantes du point de vue de la gestion des entreprises réelles, seront transférées vers d’autres juridictions. A titre de simple exemple, Il semble en effet impossible de supprimer des instruments comme les marchés à terme de matières premières ou de devises. L’interdit devient ainsi une radicale perte de compétitivité bancaire, avec réel danger pour le pourtant très simple compartiment des dépôts. Si maintenant, l’interdit porte simplement sur des paris concernant des produits dont les participants n’en ont pas un usage commun, il y aura tarissement de la liquidité -la très fameuse perte de profondeur de marché- et perte d’efficacité des instruments légitimement utilisés. D’où là aussi, risque de transfert vers des juridictions plus clémentes.

L’alternative au décloisonnement, qui consiste tout simplement à faire disparaitre l’un des deux compartiments bancaires, est ainsi peu envisageable et on peut compter sur le lobbying bancaire pour ne pas faire émerger une telle réflexion, ce qu’empiriquement nous constatons : la simple et légère taxation (0,01% sur les contrats dérivés) sur transaction de produits financiers, a déjà donné lieu à bien des péripéties. Notons d’ailleurs, que cette fort timide taxation sera de fait aisément contournable, et que seule une mise en œuvre supranationale serait susceptible d’éviter l’évasion.

Interdire la création monétaire

Il existe toutefois une toute autre piste, qui n’a pas besoin d’être repoussée par le lobbying susvisé, tant elle est éloignée du champ de la simple conscience politique : l’interdit de la création monétaire par les banques et, ce faisant, le rétablissement de la souveraineté monétaire.

Personne en effet n’évoque que pour l’essentiel, la très rapide croissance monétaire est le fait des banques par le biais des opérations de crédit. Ce qui signifie, que la masse monétaire, dont le coût de production est rigoureusement égal à zéro, est constituée pour l’essentiel de dette donnant lieu à versement de rente, laquelle est très largement prélevée sur la richesse produite par l’économie réelle. Et il s’agit effectivement le plus souvent de rente, puisque la dette produite, n’a pas nécessairement pour contre-partie, un investissement productif de richesse supplémentaire, ce qui est le cas de l’essentiel du crédit immobilier que l’on titrise, du crédit à la consommation, des titres de la dette publique et de nombreuses autres formes de dettes supports des activités de pure spéculation. La dette augmentant plus que proportionnellement au PIB – ce que mesure bien la masse monétaire qui augmente 3 à 4 fois plus vite que le PIB – la part de marché de l’industrie financière n’a cessé d’augmenter, tandis que les salaires de ses dirigeants augmentaient beaucoup plus rapidement que ceux de l’industrie. Les travaux d’Olivier Godechot de Paris School of Economics ont ainsi pu révéler, que si depuis 1996 les revenus d’activité du top100 des cadres hors finance ont été multipliés par 3,6, ceux du top 100 des cadres de la finance ont été multipliés par 8,7.

La vraie question du repositionnement des banques, est donc bien dans leur pouvoir exorbitant de prélever une rente sur une monnaie créée à coût nul, une monnaie dont la base légale est pourtant celle de l’Etat: « la monnaie comme créature de l’Etat », disait Lerner. Derrière cette question se pose donc naturellement la question de l’indépendance des banques centrales, des banques qu’il est urgent de renationaliser en leur donnant le monopole de lacréation monétaire.

Mais là encore, qui aura le courage de revenir sur plusieurs dizaines d’années d’abandon de ce bien public qu’est la monnaie ? Parions qu’aucun parlementaire n’évoquera le problème de la création monétaire en discutant, de cette tempête dans un verre d’eau, qu’est le projet de loi sur la fin de la banque universelle : son propos serait totalement incompris de ses collègues. Et ce silence ne relèvera d’aucun groupe de pression, d’aucune intrigue, d’aucun complot, mais du simple et pourtant fantastique poids d’une idéologie dominante, une idéologie qui écrase les hommes.

Décidément la fin de la crise n’est pas pour demain.

gillesbonafi.blogspot.fr

Laïcité et valeurs, le dernier combat

Par Renart Léveillé

Depuis quelque temps, le sujet de la laïcité revient et revient sous ma plume alors que je me dois d’écrire pour mon texte de la semaine sur Les 7 du Québec. C’est un hasard, et je le trouve heureux.

Juste comme je réfléchissais à quoi choisir comme sujet, je tombe via un tweet de Jeff Plante (@JF_Plante) sur le billet « Laïcité et éthique chrétienne ». Il y est question des avis divergents de Normand Baillargeon et Jean-Marc Piotte face au livre « La culture religieuse n’est pas la foi — Identité du Québec et laïcité » de Guy Durand, défendu par Jean Laberge, l’auteur dudit billet.

Dans le premier chapitre, Durand recueille de très nombreux témoignages de Québécois qui, aujourd’hui comme hier, ont façonné le Québec par l’héritage chrétien et ce, dans tous les domaines d’activités, voire même dans les institutions démocratiques elles-mêmes du Québec. On sait que la question de la laïcité de l’État québécois s’est cristallisée autour du fameux crucifix de l’Assemblée nationale. Les tenants de la laïcité intégrale ou stricte l’ont en horreur, même des croyants. Durand plaide pour conserver le crucifix car il fait partie de notre fibre d’être québécois, que nous soyons ou non des croyants, voire chrétiens.

Premièrement, le crucifix à l’Assemblée nationale ne me semble pas tellement cristalliser la question de la laïcité, même que je crois que ce serait le dernier symbole religieux à garder sa place, vu son caractère très historique. Par contre, en fouillant plus profondément dans l’Histoire, justement, il est clair que ce crucifix, en plus d’être le premier symbole du christianisme, est le puissant symbole du contraire de ce que la laïcité prône : « ce crucifix a été donné par l’archevêque de Québec à Maurice Duplessis pour sceller l’alliance entre l’Église et l’État. »

Et j’ai pris la peine de spécifier qu’il fallait fouiller « profondément » parce qu’il est certain que ce détail de l’Histoire échappe à la grande majorité des Québécois. Alors, ça me fait bien rigoler de lire que ce crucifix « fait partie de notre fibre d’être québécois ». Et c’est encore plus drôle quand on se rappelle que le changement de dénomination (et identitaire), de Canadien-Français à Québécois, s’est produit grâce à la Révolution Tranquille, qui était beaucoup une réaction au règne de Maurice Duplessis… Tentative de réécriture de l’Histoire?

Mais je ne voulais surtout pas écrire un billet au sujet du crucifix à l’Assemblée nationale (même si je pourrais seulement me concentrer ici à développer qu’en fait la possible disparition de ce symbole fait bien plus peur aux détracteurs de la laïcité que sa présence ne fait peur aux pro-laïcité). La question qui m’intéresse concerne plus amplement le lien entre la culture (l’« Ensemble des formes acquises de comportement de l’être humain. ») et la religion au Québec. Parce que l’essentiel du discours de Jean Laberge, nourri par Guy Durand, consiste en une énumération de l’ « héritage chrétien », avec l’aide de figures emblématiques du Québec comme Michel Chartrand et Camille Laurin, afin de justifier la place de la religion, enfin de sa tradition, aujourd’hui.

Le problème que j’ai avec ce discours, c’est qu’il déborde de la question étatique. C’est que même la laïcité stricte ne pourrait empêcher la population, si elle le désire, de célébrer son héritage chrétien. La culture en est bien sûr imprégnée, et un mur vide où était précédemment un crucifix, et un employé de l’État qui laisse dans sa poche un pendentif avec une croix, et une employée d’un service étatique qui laisse son voile à la maison, ne pourront changer ça. Et, pour ce qui est des valeurs, ce vers quoi tout le discours de Laberge tend, j’ai un gros bémol…

Je vais l’écrire d’emblée, son message prône l’emprisonnement, voire même la prise en otage de la culture et des valeurs par l’héritage de la religion. Et je me pose la question à savoir si le but est d’actualiser le lien entre la société et la religion (bien sûr catholique). Je m’explique, premièrement avec une question : même si je suis d’accord que les valeurs des êtres humains ont beaucoup été influencées par la religion — par son omniprésence historique dans les sociétés —, est-ce que ces valeurs sont indissociables de cet héritage?

La réponse est bien sûr non. Et la transmission de ces valeurs ne dépend pas exclusivement de la pratique religieuse, en plus. Si « Sergio Leone, le réalisateur des fameux westerns-spaghetti, bon athée et anarchiste, n’a pu s’empêcher d’user d’images religieuses chrétiennes dans son cinéma que la longue tradition catholique lui a légué en héritage », comme le souligne Laberge dans son billet, un athée comme moi peu bien élever sa fille selon une majorité de valeurs que la religion catholique ne nierait absolument pas. Alors, pourquoi toujours revendiquer la paternité religieuse des valeurs puisqu’elles ne disparaissent visiblement pas avec la remise en question de la religion, qui vient entre autres avec la laïcité? J’irais encore plus loin, elles ne disparaîtraient pas si une pilule distribuée à la totalité de la population mondiale réussissait à faire disparaître le phénomène religieux et la croyance en Dieu. Je dis qu’elles ne disparaissent pas, mais je sais très bien que le discours religieux actuel trouve justement sa base sur la peur, ou une certaine constatation — qui relève beaucoup à mon avis de l’hypocondrie — de la perdition du mode de vie occidental. À la base, c’est le propre du conservatisme et du traditionalisme d’avoir peur de l’évolution et du changement, alors ce n’est pas bien difficile à réfuter.

Et, parlant d’évolution, je crois que la religion a été nécessaire à l’évolution des sociétés humaines (beaucoup vers la gauche au Québec comme le souligne Laberge, et pourtant beaucoup vers la droite par exemple aux États-Unis…). La religion a institué une cohésion sociale qui aujourd’hui est bien assimilée (pas toujours avec bonheur, j’en conviens). Ce que la société rejette aujourd’hui de la religion est seulement ce qu’il lui reste de poussiéreux, d’archaïque. Et la religion était bien utile là où l’éducation était quasi inexistante. Alors, je crois que le défi actuel, étant donné que la population est beaucoup plus éduquée, est de remettre en question ces valeurs héritées de notre passé et, une fois le test remporté, de les célébrer en toute connaissance de cause. Cela serait bien tout le contraire d’écrire tout bonnement, comme l’a fait Guy Durand, comme une gifle à l’intelligence humaine : « Les valeurs chrétiennes sont nécessaires à la vie. » J’admets qu’en gommant l’adjectif « chrétiennes » l’énoncé a du sens, mais en gommant aussi la définition biologique en lien avec la vie. Personne ne peut mourir par manque de valeurs, encore moins chrétiennes…

Et dans cette idée de défi actuel, ce pour quoi toutes ces questions me sont intéressantes, il y a pour moi la conviction que l’abandon total de la religion (comme béquille sociale) ne pourrait que donner un coup de main à la réflexion globale. Et c’est déjà en cours de toute façon, depuis que l’État a purgé la religion de ses entrailles. Mais il reste encore des stigmates à éliminer, alors on voit clairement la terreur dans les yeux de certains croyants.

(Photo : brioso)

La laïcité instrumentalisée

 

Par Renart Léveillé

Contrairement à moi, certains trouvent la laïcité trop stricte. Elle devient alors la laïcité ouverte. Mais en y accolant l’adjectif « ouverte », elle perd tout son sens. Il n’est plus tellement question de laïcité, mais bien seulement d’une version fade d’elle-même qui, si ça lui était possible, l’empêcherait de se regarder dans le miroir…

C’est une manière comme une autre d’instrumentaliser un concept pourtant clair : séparation de l’État et de la religion, avec tout ce que cela implique au niveau des institutions, particulièrement au niveau de l’éducation. Et il y a l’interculturalisme, comme le décrit Louise Mailloux, « Professeure de philosophie au Collège du Vieux Montréal, intellectuelle athée, féministe et laïque », dans son billet « L’interculturalisme: une imposture anti-laïque » :

En mars dernier, dans une entrevue au journal le Devoir, Gérard Bouchard affirmait que le débat sur la laïcité piétine, qu’un consensus semble impossible et qu’il conviendrait d’élargir ce débat en parlant d’interculturalisme. Deux mois plus tard, lors du Symposium international sur l’interculturalisme organisé par Gérard Bouchard et son église, ce dernier réclamait du gouvernement, une loi sur l’interculturalisme. Coïncidence ou non, les jeunes libéraux, réunis en congrès au mois d’août, réclament pour leur part, une loi pour définir la laïcité ouverte et demande à Jean Charest de créer un Office québécois d’harmonisation interculturelle.

La pilule de la laïcité ouverte ne passant pas dans la population, il faut donc l’enrober d’une gélatine afin qu’elle glisse tout en douceur. Une loi-gélatine sur l’interculturalisme, votée par l’Assemblée nationale, qui servirait  à imposer une politique de laïcité ouverte. Parce qu’ici, il ne faut pas s’y tromper, l’ouverture à la culture de l’autre, c’est l’ouverture à sa religion. Et que le respect de la diversité culturelle, c’est le respect de la religion.

Là où le bât blesse, c’est que deux blogues qui ont diffusé des extraits de ce billet l’ont introduit avec un texte où se trouvent ces mots, qui portent vraiment à confusion :

Leur seul travail consiste à infiltrer la religion des Autres dans nos institutions

Y a-t-il derrière ça le message que la religion catholique a sa place dans nos institutions, puisqu’elle ne vient pas « des Autres »? Si la laïcité sert seulement à repousser les autres religions pour laisser le champ libre au catholicisme, elle est aussi instrumentalisée. Et les deux blogues en question, ce sont « Poste de veille » et « République de Bananes », tous deux dans le même conglomérat de droite que « Pour une école libre au Québec », clairement pro-religion (en tout cas occidentale), pro-famille (je suis parent et je suis plutôt pro-choix de vie – et le nom de Jeff Plante derrière tout ça en dit déjà beaucoup) et soutenant la cause de la liberté d’expression sans limites des homophobes. Et sa participation à la campagne CLÉ montre clairement son parti-pris antilaïque, puisque cette coalition ne vise pas seulement le retrait de l’imposition obligatoire du cours « Éthique et du culture religieuse » aux jeunes, mais bien aussi à défendre certains parents et « leur indignation face à la perte de leur droit de choisir pour leurs enfants un enseignement moral ou religieux à l’école en accord avec à leurs croyances et leurs convictions. »

Il faut être logique. La laïcité va de pair avec l’idée d’État, qu’il soit minimal ou éléphantesque. On ne peut pas d’un côté défendre l’évacuation du religieux en appuyant les laïques et de l’autre participer au maintient de l’enseignement religieux dans les écoles, qui sont encore du ressort de l’État. C’est un double discours franchement tordu.

Et il y a une grosse différence entre avoir un parti-pris laïque et être contre l’islam (ce qui ressort clairement du blogue « Poste de veille »). Ce que les deux ont en commun, c’est d’être contre les tentatives de la religion d’entrer dans l’espace commun. Le premier met toutes les religions sur le même pied d’égalité. Le deuxième vise une religion en particulier, et c’est selon, tente par cela de magnifier les autres religions, du moins de leur redonner un peu de lustre.

Pour ma part, étant pro-laïcité, je suis également interpellé par toutes les tentatives d’intrusions de la religion dans la société, qu’elles viennent d’une ou l’autre. Étant donné que l’islamisme est en soi plus combatif, c’est tout à fait normal que ses tentatives d’intrusions soient plus évidentes, voire même spectaculaires : regardons l’exemple des dossiers de la charia ainsi que celui des voiles islamistes. Pour ce qui est du judaïsme, c’est beaucoup plus subtil, et ça semble se retrouver surtout du côté politique (le judaïsme ne cherchant pas à convertir). Pour ce qui est du catholicisme (et du protestantisme, par extension), la question ne se pose même pas, il a ici ses bases et joue de sa survie. Son combat est ainsi omniprésent.

La difficulté du laïcisme dans les débats publics, et surtout politiques, c’est que la guerre entre la gauche et la droite repose en partie sur des partis-pris religieux, même si pour certains c’est surtout en surface. Pour aller au plus simple, la droite se rallie au judaïsme et au christianisme, alors que la gauche se rallie à l’islamisme. Alors, un laïque qui pourfend l’islamisme se voit placé dans la case droite, et s’il pourfend quoi que ce soit en lien avec les deux autres, c’est dans la case gauche qu’il atterrit, nonobstant de sa réelle position. Rien pour simplifier le débat… Ma vision : la droite se sert de la laïcité comme je l’explique plus haut, la gauche s’aveugle des débordements de l’islamisme avec les bons sentiments, quelque chose qui ressemble à de la fraternité, de la solidarité, et où l’humain et sa religion sont à tort entremêlés (par exemple : supporter la cause de la Palestine et des habitants de la bande de Gaza — que l’on ne peut séparer de l’islamisme au niveau religieux — ne devrait pas pour autant donner le feu vert à leurs coreligionnaires…). Ainsi, dans le cas de la gauche, la laïcité est à la carte (une autre manière de dire « laïcité ouverte »).

Quoiqu’il en soi, la laïcité devrait servir à faire table rase des différences ethno-religio-culturelles, afin de mettre l’emphase sur le respect global. S’en servir pour mettre de l’avant ses intérêts, ce n’est pas très loin de l’ignominie.

Rien à reprocher, sauf—

 

 

Publié le 17 février 2011 à 17h54

Le vérificateur général demande plus de transparence à Québec

 Denis Lessard

La Presse

(Québec) Le gouvernement Charest se dirige vers un dépassement de 5 milliards de dollars de ses dépenses d’ici à 2014, année prévue du retour au déficit zéro, observe le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, dans son plus récent rapport à l’Assemblée nationale.

        Bon ! Ça, ça veut rien dire parce que ce 5 milliards de dépassement représente le 38% qui manque au 62% de « privation de dépenses » que le gouvernement à promit de faire, pour se rendre au 100% de dépenses prévues.

Donc, on ne peut rien reprocher à Bachand!!!

 

Remis hier, le rapport observe aussi que, depuis deux ans, les dépenses auront été de 2 milliards de dollars supérieures au plan qu’avait lancé le gouvernement en 2009.

        C’est encore le résultat du 38% qui manque au 62%, expliqué plus haut. Le gouvernement administre de façon exemplaire on doit le reconnaître.

Interrogé par La Presse, M. Lachance reconnaît en revanche que les revenus ont été supérieurs aux attentes. Résultat net: le déficit budgétaire était l’an dernier de 1 milliard inférieur aux prévisions.

        Bon çà, c’est peut-être là le seul accroc dans l’administration Bachand. Il s’est absolument trompé sur sa prévision des revenus. Mais je ne doute pas qu’il puisse rectifier le tir en dépensant au plus vite, ce milliard qui manque au DÉFICIT.

Son efficacité et sa logique sont incontestable.

«Le gouvernement prévoit toujours l’équilibre en 2014.

         Une chose est certaine : si jamais un manque de déficit permettait d’obtenir des revenus supérieurs aux dépenses, la « constance » de l’administration Bachand rétablira les choses au niveau « équilibre » soyez certain. Je donne absolument toute ma confiance à cette administration!!!

 Donc, compte tenu de la croissance des dépenses, c’est qu’il prévoit que les revenus vont augmenter aussi

        Conséquemment, il va augmenter les dépenses encore plus. C’est incontournable. « Déficit » oblige!!!

De façon générale, le plan de retour à l’équilibre budgétaire peut tenir la route: «La période de cinq ans n’est pas terminée, c’est à la fin qu’on pourra conclure, il n’y a qu’une année de passée», observe le vérificateur, qui refuse de parler de «dérapage» des dépenses.

         Évidemment, puisque, comme on vient de le voir, elles ne dérapent pas du tout. Notre gouvernement efficace en détient le contrôle absolu.

Ce plan de réduction des dépenses visait à en ramener la croissance à 2,7%; elle sera plutôt de 5,1%.

        Mais Bachand n’a pas encore dit son dernier mot; il prendra certainement les moyens de rectifier tout cela. Moi j’ai Foi en lui!!!

Une série de fonds spéciaux et d’organismes non budgétaires ne sont pas comptabilisés dans le plan -plus de 18 milliards de dépenses qui ont crû de 15% depuis l’an dernier.

        Bon. He bien là, ma confiance est quelque peu ébranlée parce que 5.1% ajouté à 15% qui ne sont pas comptabilisés ça fait …beaucoup et très loin du 2,7% qui avait été promis.

        Si j’étais vérificateur général j’irais me chercher une bouteille de scotch pour noyer mes inquiétudes.

Au passage, M. Lachance observe que la Société des alcools base sa politique de prix sur des prévisions prudentes – elle pourrait baisser ses tarifs si elle était plus audacieuse.

        Il semble bien que M. Lachance a eu la même réaction que moi. Lorsqu’il est allé acheter sa bouteille de scotch, il a remarqué que les prix n’étaient pas aussi bas qu’il le croyait. Cela a du lui redonner confiance!!!

Aussi, le financement de la caisse de retraite des fonctionnaires et des employés des réseaux est basé sur des calculs réalistes: «Les hypothèses actuarielles sont dans une fourchette tout à fait correcte», résume M. Lachance.

 

        Et voilà ce que peut faire un bon verre de scotch, ça va mieux même lorsqu’on a des gros problèmes. Prenez-en tous note!!!

Plus de transparence 

«Il est clair, a soutenu M. Lachance, qu’il devrait y avoir pour les parlementaires une reddition de comptes qui reflète l’ensemble des dépenses. On ne peut pas dire qu’elles ne sont pas présentes actuellement, mais elles sont dans plusieurs endroits

        Bon. Ce qu’il veut dire ici, c’est qu’on essaie de les cacher. La transparence, d’accord, mais il faut garder la possibilité d’amélioration. Ça fait partie de la planification sur la « prévoyance »

«Le gouvernement donne l’heure juste, mais il faut regrouper l’information, il ne présente pas le portrait de façon compréhensible.» C’est un aspect «qu’il faut améliorer», dit le vérificateur.

         Améliorer la possibilité que nous puissions comprendre notre gouvernement est une note qui pourrait s’avérer utile éventuellement. Évidemment!

Ainsi, il faut gratter les tableaux des comptes publics pour voir que le gouvernement a pris des engagements non comptabilisés de 34,7 milliards de dollars en mars 2010, une hausse de 2,8 milliards, soit 8,8% par rapport à l’année précédente. En trois ans, ces factures à venir ont augmenté de 12,4 milliards.

         Probablement que ce sont des « tableaux noirs imbéciles » qu’il faut gratter. Ces tableaux que M. Charest veut changer pour des « tableaux blancs intelligents ».

        Ce qui prouve qu’il a parfaitement raison, puisque ces « tableaux noirs » ont causé des engagements non comptabilisés de 34,7 milliards de nos dollars en 2010. Une hausse d’argent non comptabilisée de 2,8 milliards sur l’année précédente.

      Donc en 2009, il y avait également eu 31,9 milliards de dollars de non comptabilisés.

 

        Pourquoi vouloir aller chercher des escroqueries dans l’industrie de la construction? Me demanderez-vous?

       Je ne le sais pas du tout!

       On pourrait commencer par prendre conscience de ces milliards non comptabilisés chaque année au gouvernement, je suis entièrement d’accord avec vous.

Il prend ses distances de l’évaluation de 27 milliards de dépenses engagées passées «sous le radar» que claironnaient des manchettes hier: «Le chiffre des dépenses non budgétaires, c’est 18 milliards. Ces organismes font des transactions entre eux, ce qui fait qu’on peut compter en double le même argent.»

        Il a peut-être raison; mais je remarque qu’on « peut compter en double » seulement les dépenses et jamais les revenus. C’est peut-être là, une indication du « pourquoi », on doit accepter les « budgets » drastiques et « courageux » de M. Bachand?

«Les fonds spéciaux vont venir compliquer votre vie dans la comparaison des chiffres année après année», a expliqué en point de presse le ministre des Finances, Raymond Bachand.

        Et quand il fait une promesse, ce con, on peut être certain qu’il l’a tiendra!!!

 Il ne voit pas de reproches particuliers dans le rapport du vérificateur,…

        Pas tellement surprenant! Il a le même QI que celui du ministre qui ne voyait pas de reproches, du commissaire Bastarache, dans son rapport sur la nomination des juges.

….hormis «l’importance d’être transparent». La comptabilité est rigoureuse, insiste M. Bachand.

       L’importance d’être plus « transparent » pour une comptabilité « rigoureuse »??? Je ne vois pas comment, si cette comptabilité est vraiment rigoureuse.

En point de presse, Pauline Marois a relevé que les engagements de Québec en matière de santé -la construction d’hôpitaux en PPP- allaient «avoir des impacts considérables sur nos finances publiques».

 

          Constat qui n’est pas nécessairement une preuve d’un QI élevé; vous serez d’accord avec moi. Mon chat aurait déduit la même chose (mais il n’en aurait pas parlé; ce qui est à son avantage).

 Selon le vérificateur, ces milliards seront versés à la dette, mais uniquement au moment de la livraison des immeubles. Le gouvernement a ajouté 40 milliards à la dette en 8 ans de pouvoir, et le vérificateur estime 34 milliards d’engagements à venir, «du jamais vu dans l’histoire du Québec», lance Mme Marois.

          Encore quelque chose qu’elle n’a jamais vu?? Cou-donc? A-t-elle l’expérience nécessaire pour diriger un parti politique gouvernemental, celle-là? Elle n’a jamais rien vu!!!

Les contribuables, déplore-t-elle, devront «casquer» pour ces engagements des libéraux, qui se targuent d’être des experts en économie.

        Casquer signifie « payer ». Donc « les contribuables vont payer… » C’est quoi le problème? Contribuable signifie « Celui qui contribue » c’est normal qu’il paye non? Moi ce qui m’inquiète c’est qu’elle emploi le mot « contribuable ».

       Il ne changera pas de signification lorsqu’elle sera au pouvoir; j’en suis presque certain. Ce qui veut dire qu’on va continuer de payer!!!

 

L’adéquiste François Bonnardel croit de son côté que, dans un objectif de transparence, le gouvernement devrait s’engager à consolider toutes ses dépenses sur une seule ligne dans ses comptes publics…

      Autrement dit: Écrire de la prose!!!

…«Les dépenses des organismes et des fonds ont explosé pour atteindre 18 milliards. Elles ne sont pas assujetties à un contrôle serré et représentent pourtant le quart des dépenses totales. C’est une aberration de manipuler ainsi les chiffres du budget», a lancé M. Bonnardel.

        Attention là, mon ti-garçon; tu es en train de couper les ponts qui pourraient te servir lorsque tu seras au pouvoir!!! Tu démontres un manque d’expérience flagrant.

        Ton honnêteté fondamentale prend probablement le dessus!! Contrôle-toi que diable!!!

Amicalement

                                                                       Elie l’Artiste

                                    ———————————–

Médecine: L’Atout (La toux???) !!!

 

Ariane Lacoursière

La Presse  Publié le 09 février 2011 à 05h00

  »Le Québec n’a jamais compté autant de médecins. Selon les plus récentes statistiques du Collège des médecins, il y aurait actuellement 18 504 omnipraticiens et spécialistes dans la province – un sommet historique.

 Malgré tout, le réseau de la santé se dit toujours en pénurie de ressources. Pourquoi? Les différentes associations médicales ne s’entendent pas sur la question. »

      Hey!!! Les gars??? Pas besoin de s’entendre, c’est un fait qui est observable!!!

      Voici les faits :

a) On recense actuellement 2,35 médecins par 1000 habitants au Québec.

 B) À la suite de mises à la retraite massives, la province ne comptait plus que 1,93 médecin par 1000 habitants en 1998.

      Bon! Enfin! On n’entendra plus de « dénonciations » intempestives et inutiles envers le parti politique qui a provoqué cette retraite massive. Déjà, là, c’est un vrai « remède » pour l’Assemblée Nationale.

c) Près de 49% des médecins sont des omnipraticiens et 51%, des spécialistes.

       D’après moi, ça prendrait plus de « spécialistes » dont la spécialité est d’être « omnipraticien »; autrement dit : des vrais « médecins »; pas des « expérimentateurs scientifiques ». 

« Selon le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, cela s’explique par le fait que les médecins offrent proportionnellement moins de services directs aux patients. »

       Évidemment ce sont des « spécialistes » pas des médecins. Ils sont « compétents »; mais pas pour soigner les malades; mais pour soigner certaines maladies.

«Aujourd’hui, les nouveaux médecins travaillent moins d’heures, dit-il. La conciliation travail-famille est plus importante. L’offre de services est donc diminuée.»

      Çà, ça s’ajoute à la conséquence de la « spécialisation ». Autrement dit : ils travaillent moins……..en plus!!!

      Mais dites donc docteur; Juste une « tite » question en passant. Cette « conciliation travail-famille« , ça s’applique-tu aussi aux infirmières???

     Avez-vous des stats sur le nombre heures de travail des infirmières au Québec? Et profitez -en donc pour nous informer si elles offrent moins de « sevices directs » aux patients, elles aussi?

Le Dr Bernard se réjouit tout de même de la hausse des effectifs médicaux. (Bon! Ok! Tu me répondras une autre fois; mais voici un lien au cas où:

http://www.centpapiers.com/temoignage-poignant-dune-infirmiere-a-relayer-un-chu-du-21-e-siecle/60206

).

      Évidemment qu’il s’en réjouit, puisqu’il est « président du Collège des médecins ». Y doit y avoir une cotisation queck part???

     Quoi? QU’est-ce qu’il y a??? Je pense comme nos gouvernements. Pourquoi vouloir me le reprocher???

      On doit, cependant, le constater: Avec l’ajout de tous ces médecins, ça fait encore plus de monde dans les corridors des hopitaux!

      Mais, avouons que c’est un mal pour un bien puisque: C’est là où se trouvent la majorité des malades. « 

      Mais ça s’améliore!!! Les civières qui servaient à 40, ne servent plus, maintenant, qu’à 22 (J’ai lu ça queck part dernièrement)

« Selon lui, l’augmentation des cohortes d’étudiants en médecine des dernières années porte ses fruits. »

      C’est ce que je disais : Selon lui; mais pas selon les patients; pour qui les cotisations au collège ne donnent absolument rien.

     À ce niveau-là, le Club de Hockey Canadien est plus efficace pour les patients de Ste-Justine. Hip! Hip! Hourra pour Molson; le seul vrai  »elixir » pour la société en dépression!!!

«Et je pense que ça va se poursuivre au cours des prochaines années», affirme-t-il.

      Moi aussi. Surtout si le Parti Québécois appuie toujours le fait que les étudiants en médecine ne sont pas obligé de rester ici ni de rembourser leur prêts.

     Patientons donc, encore un peu.

     Lorsque toute la population sera « médecin », chacun pourra se soigner individuellement. De plus, « ça coûtera pas cher » puisqu’on va pouvoir se soigner avec les « échantillons » que les médecins reçoivent gratuitement de l’industrie pharmaceutique. Sans compter que les infirmières pourront souffler un peu!!!

     On est sur la bonne voie, les amis!!!

Vive le collèèèège!!!

Vivre le Miniiiissssse !!!

Vive le Québèèèèc!!!

 Vive le Québec Liiiiiibre!!!

 Amicalement

                                                                      Elie l’Artiste

Pourquoi Amir Khadir a été refusé?

Pourquoi Amir Khadir a-t-il été refusé de la commission parlementaire spéciale en lien avec le lock-out au Journal de Montréal? Tout simplement par partisanerie à mon avis.
Ce député est populaire, plein d’éclat et surtout, je vais même utiliser le terme à la mode, pugnace. Au-delà des idées qu’il défend, aussitôt qu’il prend la parole, il fait paraître les autres fades, c’est le moins qu’on puisse dire.
Serait-ce donc alors aussi un peu par jalousie que les autres députés l’ont mis de côté? Surtout quand on sait que l’orgueil humain est très fort?
Mais il ne faut pas oublier aussi que chaque fois qu’Amir Khadir marque des points médiatiquement, c’est de la bonne publicité pour son parti, Québec Solidaire. C’était moins évident avant, ça l’est de plus en plus.
Dans le contexte politique actuel, ce député est ce qui se rapproche le plus de l’intégrité aux yeux de plusieurs, dont moi.
Ajout :
C’est complètement absurde …

RÉER obligatoire : la mauvaise idée de Claude Castonguay

L’État a toujours le beau jeu puisque le peuple ne se rend pas compte qu’il en est lui-même le maître.

(Phrase de mon cru en guise d’introduction.)

La réaction viscérale de certains face à l’idée de rendre obligatoire l’épargne pour la retraite est très compréhensible. C’est que cette idée de l’ex-ministre Claude Castonguay semble être la preuve que le système ne fonctionne pas, ou plutôt, mal, voire très mal, désastreusement. Et cela donne des munitions à ceux qui voudraient qu’on se débrouille tous par nous-mêmes, sans avoir à se fier aux bons soins que nous sommes en droit d’attendre de nos gouvernements, tous paliers confondus, étant donné que nous avons en masse payés et payons encore.

Mais, c’est en donnant en pâture notre pouvoir que nous en sommes arrivés là, cela dit avec en tête l’Histoire. D’autres diront qu’on nous l’a pris ce pouvoir. Soit, la vérité doit bien se trouver quelque part entre les deux. Parce que rétroactivement, nous pouvons dire que la situation actuelle est le résultat d’une suite de mollesses citoyennes et, bien sûr, de mensonges ou de travestissement de la réalité par les décideurs.

Voilà plus de vingt ans, il était clair que la retraite n’était pas une affaire personnelle. Et cela c’est désagrégé jusqu’à ce que le sigle RÉER soit devenu à la mode, et l’inquiétude qui est venue avec. Parler pour parler, on en vient même à penser que cette inquiétude a été inoculée pour amoindrir les chances d’une longue retraite (comme on se doute, le stress n’est pas bien compatible avec les records Guiness de longévité). C’est bien clair que c’est du domaine des élucubrations, ce qui est parfois le seul luxe de certains citoyens sous pression.

Pour revenir à un propos plus terre-à-terre, Michel Arsenault, le président de la FTQ :

s’oppose à la solution proposée par le rapport qui souhaite obliger les travailleurs et les travailleuses à cotiser à un REER en créant une nouvelle structure financière. En 2008, on a déjà vu ce que nos banquiers et boursicoteurs ont fait avec nos économies en nous entraînant dans une crise financière sans précédent [...]

Le gouvernement du Québec a déjà en main tous les outils nécessaires pour assurer une meilleure retraite aux travailleurs et aux travailleuses avec la Régie des rentes du Québec. Le monde en a assez de voir leurs maigres épargnes se balader en montagne russe. Si on veut vraiment que la situation financière des futurs retraités s’améliore, ça prend une rente garantie, ce que la RRQ fournit à ses cotisants [...]

Ce qu’il faut, entre autres, c’est hausser sur une période de sept ans les cotisations au Régime de rentes pour ainsi en arriver à doubler le revenu des futurs retraités, tout en maintenant la participation des employeurs. [...]

Les citoyens n’ont pas à faire les frais de la mauvaise gestion qui prévaut depuis trop longtemps. Une bonne partie de la classe moyenne est déjà prise à la gorge, et c’est une bonne bouffée d’air qu’il lui faut, pas une idée aussi asphyxiante.

Et à l’Assemblée nationale, il semble y avoir consensus autour du refus de cette idée. Espérons que le problème ne sera pas tout simplement balayé par-devant comme on le voit trop souvent depuis longtemps.

Parce que c’est la raison, le pourquoi nous en sommes à ce triste résultat.

(Photo : nickpoulson4)

Grosse fatigue

La FFQ défend le port du voile intégral dans les garderies

La Fédération des femmes du Québec est contre l’interdiction du « port du niqab ou de la burqa aux travailleuses de garderie en milieu familial ». « Selon Mme Conradi, [la présidente de la FFQ] des femmes victimes d’exclusion sociale pourraient se retrouver encore plus marginalisées, et sans revenu, si l’Etat leur impose de travailler à visage découvert. »

Tout d’abord, je ne comprends pas ce qu’est pour cette fédération la différence entre une travailleuse « de la fonction publique et des services publics » et une éducatrice « des services de garde en milieu familial », puisqu’elle « souscrit à l’interdiction du port du voile intégral » pour la première. Ça me semble deux poids deux mesures et je ne vois que la hauteur du salaire comme différence…

Sinon, je sais qu’il n’y a qu’une poignée de femmes voilées de la sorte, donc que cette loi ne servirait pas pour beaucoup de cas. Et, franchement, il n’y aurait que des parents culturellement compatibles pour laisser leurs enfants à une éducatrice déguisée à l’année en fantôme foncé. Mais je crois quand même que cette loi est logique comme elle est, question de message. Je suis contre la laïcité à la carte.

La FFQ parle « d’exclusion sociale » pour ces femmes et c’est bien ce dont il s’agit, mais c’est une exclusion forcée qui ne vient pas de l’extérieur, elle est interne. C’est leur « culture » qui les place dans cette position de victime. Et ce n’est pas en les accommodant qu’elles s’en affranchiront.

Traitez-moi d’intolérant tant que vous le voudrez, je suis pour la méthode des bâtons dans les roues quand il est question de la religion dans ce qu’elle a de plus extrémiste.

Qu’on ne me dise pas qu’un accoutrement de la sorte encourage le « vivre ensemble ».

Copé répand encore sa propagande éventée : journalistes, faites votre travail !

Nous poursuivons notre grève du zèle  - dix-neuvième jour aujourd’hui – et ses deux articles quotidiens en soutien au mouvement pour les retraites. Mais parfois, nous vous confessons que c’est vraiment dur. De ne pas céder au découragement et laisser en plan le blog, plutôt que de se laisser aller à n’user que d’invectives, tant la tentation est grande. Par exemple, en lisant l’interview accordée au Parisien par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, nous n’avons d’abord ressenti qu’une irrépressible envie de l’agonir d’injures. Lisez plutôt : tous les poncifs les plus éculés de la propagande réactionnaire y sont.

« J’observe que, dans beaucoup d’autres pays européens où il a fallu faire des efforts similaires et même parfois plus importants — 65 ans, 67 ans —, cela s’est mieux passé. Il y a en France une sorte de rituel d’un autre siècle. Grève, manifestations, oui, mais la prise en otage de l’outil économique, c’est intolérable. Il faudra bien un jour que cela cesse, sans compter l’image désastreuse donnée à l’étranger. C’est l’essentiel du pays qui est paralysé par l’action d’une poignée d’extrémistes. Or, chacun doit bien comprendre que nous n’avons aucun autre choix. En cinquante ans, le nombre d’actifs par retraités a été divisé par deux et, parallèlement, le temps passé à la retraite a été multiplié par deux ! On a l’obligation de faire des réformes pour l’intérêt supérieur du pays. » Ils étaient deux à l’interviewer : Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes. Il est absolument intolérable, au bout de plusieurs mois de débat à propos de la contre-réforme gouvernementale, de continuer à laisser désinformer sans réagir ces manipulateurs de l’UMP – et Copé est l’un des pires. Chacun sait désormais qu’il ne s’agit pas seulement d’évoquer l’âge légal du départ en retraite, comme le fait sciemment Copé, sans aborder aussi le nombre d’annuités nécessaire pour bénéficier du taux plein. Or, quand les défenseurs des privilégiés et du capital nous serinent que les autres pays ont consenti des efforts semblables à celui qu’ils réclament – à 85% aux salariés, voyez la « justice » de la chose – ils se gardent bien de préciser ce deuxième élément. 65 ou 67 ans, d’accord, mais combien d’annuités ? En France, ce sera 41,5 – et il se trouve des « socialistes » pour l’approuver ! Et ailleurs ? En Espagne ou en Allemagne, exemples couramment mis en avant par ces salopards tartuffes de la droite, 35 annuités seulement ! Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, vos lecteurs le savent-ils ? Mais faites votre travail, bon sang ! N’êtes-vous donc que deux dictaphones pour enregistrer et retranscrire pieusement la parole de ceux qui nous mentent sans cesse ainsi par omission ? Encouragé par votre silence coupable, Copé poursuit – pourquoi se gêner : « C’est le financement du système de retraites de 60 millions d’habitants qui est en jeu. On ne peut pas reculer. C’est hors de question. Je n’ai pas entendu une seule proposition alternative convaincante au relèvement de l’âge légal à 62 ans. Il n’y a pas un seul rapport d’experts qui cautionne l’idée folle défendue par les socialistes d’augmenter de 45 milliards d’euros les impôts pour rester aux 60 ans. Il faut quand même un peu atterrir. » Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, rien à redire ? Votre rôle, pour éclairer le débat, n’est-il pas de remettre les choses en perspective ? Or qu’en est-il de l’évolution de la fiscalité en France depuis dix ans ? Jacques Généreux, Secrétaire national à l’Economie du Parti de gauche, vous rafraîchit la mémoire : « Imaginez que si on avait simplement maintenu le barème de l’imposition sur le revenu de la fin 1999, c’est-à-dire vous éliminez tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus hauts revenus depuis les années 2000, au cours des dix dernières années, mais ça fait presque 100 milliards de ressources en plus pour l’Etat ! Ça fait en direct 65 à 70 milliards de recettes fiscales supplémentaires et pourquoi je dis 100 miliards ? Ça, c’est le syndicat national des impôts qui l’a calculé : eh bien parce que le fait d’avoir creusé de 65 milliards vos recettes fait que vous êtes obligé d’emprunter, de vous endetter, etc. Donc on aurait aujourd’hui, chaque année, 100 milliards d’euros de disponibilité, de marges de manoeuvre supplémentaires dans les caisses de l’Etat si on n’avait pas touché au barème de l’imposition sur le revenu«  (voir notre billet du 28 septembre dernier). Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, vos lecteurs le savent-ils ? Faites-vous preuve d’un manque de courage en vous abstenant de contrer les arguments fallacieux du roquet de l’UMP – ne nous embarrassons plus de précautions oratoires : lui-même ne traitait-il pas les militants de gauche de « cloportes » ? Ou alors est-ce que votre incompétence vous fait ignorer ces données pourtant élémentaires autant que cruciales du débat ? Toujours est-il qu’en laissant ainsi Copé répandre avec arrogance et mauvaise foi sa propagande libérale, vous vous faites complice de cette monstrueuse entreprise de manipulation de l’opinion. Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, aujourd’hui ça tombe sur vous, mais l’apostrophe est valable pour nombre de confrères : faites votre travail (bordel) !

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