L’agenda politique de l’automne

Trop nombreuses, on commence par laquelle ?

Dans son édition du 15 septembre 2013, le magazine L’actualité dresse la liste des « Sujets chauds de l’automne politique ». Parmi les quinze sujets énumérés, on ne trouve même pas les dossiers que nous souhaitons suivre. C’est-à-dire, en premier lieu, la Politique jeunesse déjà mentionnée lors du Sommet des jeunes en août, un thème proche de la mission de Reflet de Société. Puis le projet d’autonomie alimentaire du parti québécois, relié à la survie de la ferme familiale, un thème auquel nous avons déjà consacré deux chroniques.

valeurs sociales réflexions débats société communauté citoyen

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers PolitiqueSociété

La liste des priorités est tellement grande que les besoins de chacun risquent d’être noyés dans l’ensemble. Qu’il s’agisse :

… la classe politique a les mains pleines, et aucun parti, aussi honnête soit-il, ne saurait venir à bout de tous les problèmes, tout en faisant plaisir à la majorité des électeurs. Des électeurs dont les élus dépendent pour conserver leur siège à l’Assemblée nationale de Québec, à la Chambre des communes d’Ottawa ou à la mairie.

Salle_Assemblee_nationale_Quebec gouvernement politique politicien

Politiciens honnêtes

D’accord, nous devons veiller à ce que ces élus nous représentent honnêtement. Mais nous ne pouvons nous attendre à ce qu’ils fassent des miracles à notre place. Et qu’ils réussissent à relancer une économie qui repose sur l’exploitation abusive des ressources naturelles, tout en respectant l’intégrité de la nature, avec sa pureté, sa faune et ses espaces verts…

On ne peut s’attendre à ce que la construction soit florissante sans étalement urbain. Que l’on rénove le réseau routier sans qu’il y ait des problèmes de circulation durant les travaux. Que l’on réduise les taxes tout en améliorant les services. Que l’on rentabilise les fermes familiales, tout en achetant nos aliments aux prix les plus bas…

Emplois locaux

Pourtant, on sait déjà que tout ce qui ne coûte pas cher est fabriqué à l’étranger, là où les salaires sont très bas. On comprendra, par conséquent, qu’en achetant ces produits venus d’ailleurs, on contribue à la perte d’emplois chez nous et pour nous.

Il est facile d’exiger de nos élus qu’ils règlent tous les problèmes. « C’est pour cela qu’on les paye », pense-t-on. Mais par quel problème doivent-ils commencer, ces élus, quand tous les sujets semblent prioritaires ?

En fait, nous aussi nous devons participer activement à la solution de ces problèmes. D’abord dans les choix de notre vie quotidienne. Et puis chacun à notre manière, selon nos talents et nos possibilités.

Autres textes sur Politique 

Des tétons contre le crucifix

CRUCIFIX DÉCÂLISSE

C’est en ces termes que les beaux tétons des respectables FEMEN se sont exprimés hier au Salon bleu de l’Assemblée nationale.

Cet organisme international confirme, une fois de plus, que le dossier de la laïcité n’est pas un petit dossier québécois, mais touche directement à un des enjeux internationaux, c’est-à-dire la division des nations en groupes distincts non-homogènes et hermétiques. 

CRUCIFIX DÉCÂLISSE

Difficile de trouver mieux pour frapper la sensibilité québécoise !
Un bon sacre contre le crucifix «patrimonial» !  Il y a de quoi faire monter le lait de plusieurs tétons québécois !

Quel a donc été l’objectif de cet organisme international en lançant CRUCIFIX DÉCÂLISSE tout en nous faisant admirer leurs magnifiques tétons ?

Ont-elles apporté quelque chose au débat ?
Ont-elles vraiment des revendications féministes antireligieuses ou sont-elles plutôt des punchs médiatiques qui font bander, outre le bataillon médiatique, bien des gens ?   Il y a eu Playboy et aujourd’hui les FEMEN.

Les FEMEN n’apportent jamais rien d’autre que leurs seins dans tous les dossiers.  Elles agrémentent l’actualité tout en semant la confusion et l’effroi.
Dans notre dossier québécois, c’est exactement ce qui résulte de leur coup d’éclat: Confusion, même effroi, le tout pour accentuer la division voire exacerber encore plus les passions.

Imaginez, s’en prendre ainsi et de la sorte au crucifix, ce symbole religieux encore très cher à plusieurs de nos concitoyens. 
S’en prendre ainsi à notre «patrimoine» pour certains autres tout aussi attaché à «LEUR» crucifix !  Ce crucifix qui peut dire «Vade retro satanas» au compétiteur qu’est l’islam.

L’entrevue faite par Anne-Marie Dussault à la jolie porte-parole FEMEN division Québec était presque un clip promotionnel pour ce mouvement international.   On a parlé plus de FEMEN et de leur «noble» (sic) mission que du pour quoi de leur action à l’Assemblée nationale. 

D’où sort cet organisme de jolies filles sexées ?

On dit que c’est Victor Svyatski qui serait l’homme à l’origine du mouvement.
On dit aussi que le maître à penser n’était pas un ange féministe.
On dit «qu’il est allé chercher les plus jolies filles parce qu’elles font vendre plus de papier. Les plus jolies filles ont droit à la première page. C’est devenu leur manière de faire pour vendre la marque.»

Le mouvement FEMEN n’est pas anodin.  Il est international et reçoit sûrement du financement dont on ne sait de qui.  Combien valent ces jolis tétons ?  Sûrement quelques bons dollars.  

Il y a de quoi faire une thèse de doctorat sur ce phénomène médiatique.  Il est clair que l’impact psychologique des FEMEN est notable.  Quel message reçoit-on de ces jolis tétons ?  Quelles émotions nous transmettent-elles ?  Nous plongent-elles dans la confusion et de l’esprit, et des sentiments et des valeurs ?

Lorsqu’on analyse leur impact avec attention, on s’aperçoit que leurs actions nous offrent un savant mélange qui nous mêle bien des choses.
Plusieurs personnes se sont penchées sur l’impact de ces jolies filles aux beaux tétons.  On peut facilement associer leurs gestes d’éclat à une nouvelle forme de propagande bien adapté à notre XXIe siècle.

Mme Victoria Issaïeva, éditorialiste pour la Voix de la Russie, a réfléchi sur ces FEMEN.  Son article:  FEMEN, ou le vandalisme et l’exhibitionnisme érigés en vertu apporte de l’eau au moulin de la réflexion.  La description que fait Mme Issaïeva pousse l’analyse un peu plus loin que le mamelon.

Comme dans tous les dossiers internationaux, il y a ceux qui sont bons et ceux qui sont méchants.  Les FEMEN comme nous l’a démontré encore hier soir Anne-Marie Dussault, se situe du côté des bons.  La France a même consacré ce mouvement sur ces timbres postaux:
«La nouvelle Marianne des timbres postaux est une Femen»
On s’est inspiré de Inna Shevchenko, une jolie « pitoune ».
(Le terme grossier « pitoune » est utilisé pour rester dans le même créneau linguistique que la déclaration qui suit)
Mme Shevchenko s’est fort élégamment exclamée sur Twitter: « Désormais, tous les homophobes, extrémistes et fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre! »

« Femen, un groupe sectaire ?  Oui, selon Iseul, une Antigone infiltrée »

Pour compléter l’éventail de l’émotion médiatique sur ce thème, il y a aussi Antigone qui a été créée dit-on contre le mouvement FEMEN.  À étudier ces deux groupes opposés et tellement complémentaires pour former des groupes de pensée distincts dans notre société, il se pourrait bien que les deux groupes soient financés par les mêmes intérêts.

Pour parachever le tableau, il ne faut pas non plus oublier les fameuses Pussy Riot tant vénérées par nos médias.
Un article plus qu’intéressant à leur sujet:
« Pussy Riot : pourquoi une telle médiatisation? »
Cet article fait un survol assez complet de ce mouvement des jolies Pussy.
Il nous offre des liens renversants comme celui-ci nous montrant une des manifestations des respectables Pussy Riots.

Pour conclure, nous devons toujours analyser ce que nous recevons à travers nos médias.  On nous fait ressentir, aimer ou haïr.  On nous offre très peu, très très peu, de matériel pour réfléchir.  L’information objective, journalistique et véritable qui est essentielle pour faire reposer notre opinion et notre jugement est pratiquement inexistante. 

Le CRUCIFIX DÉCÂLISSE nous a donné une autre bonne dose d’émotions intenses en secouant nos valeurs, celle du crucifix et de la bienséance en passant par le sexe.

Dites-nous ce que vous a livré le geste éclatant des FEMEN.
Dites-nous le sentiment qu’il a fait jaillir en vous ?
Avez-vous été enragé contre ces intégristes laïcs qui veulent décâlisser votre crucifix ?
Avez-vous été enragé contre ce gouvernement qui parle de laïcité et garde le maudit crucifix dans la chambre où se font les lois, comme si nos lois étaient faites uniquement pour le dieu catholique ?

Quelle est maintenant votre nouvelle émotion accentuée par les beaux tétons ?

Serge Charbonneau

 

Laïcité et valeurs, le dernier combat

Par Renart Léveillé

Depuis quelque temps, le sujet de la laïcité revient et revient sous ma plume alors que je me dois d’écrire pour mon texte de la semaine sur Les 7 du Québec. C’est un hasard, et je le trouve heureux.

Juste comme je réfléchissais à quoi choisir comme sujet, je tombe via un tweet de Jeff Plante (@JF_Plante) sur le billet « Laïcité et éthique chrétienne ». Il y est question des avis divergents de Normand Baillargeon et Jean-Marc Piotte face au livre « La culture religieuse n’est pas la foi — Identité du Québec et laïcité » de Guy Durand, défendu par Jean Laberge, l’auteur dudit billet.

Dans le premier chapitre, Durand recueille de très nombreux témoignages de Québécois qui, aujourd’hui comme hier, ont façonné le Québec par l’héritage chrétien et ce, dans tous les domaines d’activités, voire même dans les institutions démocratiques elles-mêmes du Québec. On sait que la question de la laïcité de l’État québécois s’est cristallisée autour du fameux crucifix de l’Assemblée nationale. Les tenants de la laïcité intégrale ou stricte l’ont en horreur, même des croyants. Durand plaide pour conserver le crucifix car il fait partie de notre fibre d’être québécois, que nous soyons ou non des croyants, voire chrétiens.

Premièrement, le crucifix à l’Assemblée nationale ne me semble pas tellement cristalliser la question de la laïcité, même que je crois que ce serait le dernier symbole religieux à garder sa place, vu son caractère très historique. Par contre, en fouillant plus profondément dans l’Histoire, justement, il est clair que ce crucifix, en plus d’être le premier symbole du christianisme, est le puissant symbole du contraire de ce que la laïcité prône : « ce crucifix a été donné par l’archevêque de Québec à Maurice Duplessis pour sceller l’alliance entre l’Église et l’État. »

Et j’ai pris la peine de spécifier qu’il fallait fouiller « profondément » parce qu’il est certain que ce détail de l’Histoire échappe à la grande majorité des Québécois. Alors, ça me fait bien rigoler de lire que ce crucifix « fait partie de notre fibre d’être québécois ». Et c’est encore plus drôle quand on se rappelle que le changement de dénomination (et identitaire), de Canadien-Français à Québécois, s’est produit grâce à la Révolution Tranquille, qui était beaucoup une réaction au règne de Maurice Duplessis… Tentative de réécriture de l’Histoire?

Mais je ne voulais surtout pas écrire un billet au sujet du crucifix à l’Assemblée nationale (même si je pourrais seulement me concentrer ici à développer qu’en fait la possible disparition de ce symbole fait bien plus peur aux détracteurs de la laïcité que sa présence ne fait peur aux pro-laïcité). La question qui m’intéresse concerne plus amplement le lien entre la culture (l’« Ensemble des formes acquises de comportement de l’être humain. ») et la religion au Québec. Parce que l’essentiel du discours de Jean Laberge, nourri par Guy Durand, consiste en une énumération de l’ « héritage chrétien », avec l’aide de figures emblématiques du Québec comme Michel Chartrand et Camille Laurin, afin de justifier la place de la religion, enfin de sa tradition, aujourd’hui.

Le problème que j’ai avec ce discours, c’est qu’il déborde de la question étatique. C’est que même la laïcité stricte ne pourrait empêcher la population, si elle le désire, de célébrer son héritage chrétien. La culture en est bien sûr imprégnée, et un mur vide où était précédemment un crucifix, et un employé de l’État qui laisse dans sa poche un pendentif avec une croix, et une employée d’un service étatique qui laisse son voile à la maison, ne pourront changer ça. Et, pour ce qui est des valeurs, ce vers quoi tout le discours de Laberge tend, j’ai un gros bémol…

Je vais l’écrire d’emblée, son message prône l’emprisonnement, voire même la prise en otage de la culture et des valeurs par l’héritage de la religion. Et je me pose la question à savoir si le but est d’actualiser le lien entre la société et la religion (bien sûr catholique). Je m’explique, premièrement avec une question : même si je suis d’accord que les valeurs des êtres humains ont beaucoup été influencées par la religion — par son omniprésence historique dans les sociétés —, est-ce que ces valeurs sont indissociables de cet héritage?

La réponse est bien sûr non. Et la transmission de ces valeurs ne dépend pas exclusivement de la pratique religieuse, en plus. Si « Sergio Leone, le réalisateur des fameux westerns-spaghetti, bon athée et anarchiste, n’a pu s’empêcher d’user d’images religieuses chrétiennes dans son cinéma que la longue tradition catholique lui a légué en héritage », comme le souligne Laberge dans son billet, un athée comme moi peu bien élever sa fille selon une majorité de valeurs que la religion catholique ne nierait absolument pas. Alors, pourquoi toujours revendiquer la paternité religieuse des valeurs puisqu’elles ne disparaissent visiblement pas avec la remise en question de la religion, qui vient entre autres avec la laïcité? J’irais encore plus loin, elles ne disparaîtraient pas si une pilule distribuée à la totalité de la population mondiale réussissait à faire disparaître le phénomène religieux et la croyance en Dieu. Je dis qu’elles ne disparaissent pas, mais je sais très bien que le discours religieux actuel trouve justement sa base sur la peur, ou une certaine constatation — qui relève beaucoup à mon avis de l’hypocondrie — de la perdition du mode de vie occidental. À la base, c’est le propre du conservatisme et du traditionalisme d’avoir peur de l’évolution et du changement, alors ce n’est pas bien difficile à réfuter.

Et, parlant d’évolution, je crois que la religion a été nécessaire à l’évolution des sociétés humaines (beaucoup vers la gauche au Québec comme le souligne Laberge, et pourtant beaucoup vers la droite par exemple aux États-Unis…). La religion a institué une cohésion sociale qui aujourd’hui est bien assimilée (pas toujours avec bonheur, j’en conviens). Ce que la société rejette aujourd’hui de la religion est seulement ce qu’il lui reste de poussiéreux, d’archaïque. Et la religion était bien utile là où l’éducation était quasi inexistante. Alors, je crois que le défi actuel, étant donné que la population est beaucoup plus éduquée, est de remettre en question ces valeurs héritées de notre passé et, une fois le test remporté, de les célébrer en toute connaissance de cause. Cela serait bien tout le contraire d’écrire tout bonnement, comme l’a fait Guy Durand, comme une gifle à l’intelligence humaine : « Les valeurs chrétiennes sont nécessaires à la vie. » J’admets qu’en gommant l’adjectif « chrétiennes » l’énoncé a du sens, mais en gommant aussi la définition biologique en lien avec la vie. Personne ne peut mourir par manque de valeurs, encore moins chrétiennes…

Et dans cette idée de défi actuel, ce pour quoi toutes ces questions me sont intéressantes, il y a pour moi la conviction que l’abandon total de la religion (comme béquille sociale) ne pourrait que donner un coup de main à la réflexion globale. Et c’est déjà en cours de toute façon, depuis que l’État a purgé la religion de ses entrailles. Mais il reste encore des stigmates à éliminer, alors on voit clairement la terreur dans les yeux de certains croyants. Ce texte tqui n’a rien perdu de son intérêt  est repris d’un article de Renart dsur ce site de décembre 2011 (Photo : brioso)

La laïcité instrumentalisée

 

Par Renart Léveillé

Contrairement à moi, certains trouvent la laïcité trop stricte. Elle devient alors la laïcité ouverte. Mais en y accolant l’adjectif « ouverte », elle perd tout son sens. Il n’est plus tellement question de laïcité, mais bien seulement d’une version fade d’elle-même qui, si ça lui était possible, l’empêcherait de se regarder dans le miroir…

C’est une manière comme une autre d’instrumentaliser un concept pourtant clair : séparation de l’État et de la religion, avec tout ce que cela implique au niveau des institutions, particulièrement au niveau de l’éducation. Et il y a l’interculturalisme, comme le décrit Louise Mailloux, « Professeure de philosophie au Collège du Vieux Montréal, intellectuelle athée, féministe et laïque », dans son billet « L’interculturalisme: une imposture anti-laïque » :

En mars 2011, dans une entrevue au journal le Devoir, Gérard Bouchard affirmait que le débat sur la laïcité piétine, qu’un consensus semble impossible et qu’il conviendrait d’élargir ce débat en parlant d’interculturalisme. Deux mois plus tard, lors du Symposium international sur l’interculturalisme organisé par Gérard Bouchard et son église, ce dernier réclamait du gouvernement, une loi sur l’interculturalisme. Coïncidence ou non, les jeunes libéraux, réunis en congrès au mois d’août, réclament pour leur part, une loi pour définir la laïcité ouverte et demande à Jean Charest de créer un Office québécois d’harmonisation interculturelle.

La pilule de la laïcité ouverte ne passant pas dans la population, il faut donc l’enrober d’une gélatine afin qu’elle glisse tout en douceur. Une loi-gélatine sur l’interculturalisme, votée par l’Assemblée nationale, qui servirait  à imposer une politique de laïcité ouverte. Parce qu’ici, il ne faut pas s’y tromper, l’ouverture à la culture de l’autre, c’est l’ouverture à sa religion. Et que le respect de la diversité culturelle, c’est le respect de la religion.

Là où le bât blesse, c’est que deux blogues qui ont diffusé des extraits de ce billet l’ont introduit avec un texte où se trouvent ces mots, qui portent vraiment à confusion :

Leur seul travail consiste à infiltrer la religion des Autres dans nos institutions

Y a-t-il derrière ça le message que la religion catholique a sa place dans nos institutions, puisqu’elle ne vient pas « des Autres »? Si la laïcité sert seulement à repousser les autres religions pour laisser le champ libre au catholicisme, elle est aussi instrumentalisée. Et les deux blogues en question, ce sont « Poste de veille » et « République de Bananes », tous deux dans le même conglomérat de droite que « Pour une école libre au Québec », clairement pro-religion (en tout cas occidentale), pro-famille (je suis parent et je suis plutôt pro-choix de vie – et le nom de Jeff Plante derrière tout ça en dit déjà beaucoup) et soutenant la cause de la liberté d’expression sans limites des homophobes. Et sa participation à la campagne CLÉ montre clairement son parti-pris antilaïque, puisque cette coalition ne vise pas seulement le retrait de l’imposition obligatoire du cours « Éthique et du culture religieuse » aux jeunes, mais bien aussi à défendre certains parents et « leur indignation face à la perte de leur droit de choisir pour leurs enfants un enseignement moral ou religieux à l’école en accord avec à leurs croyances et leurs convictions. »

Il faut être logique. La laïcité va de pair avec l’idée d’État, qu’il soit minimal ou éléphantesque. On ne peut pas d’un côté défendre l’évacuation du religieux en appuyant les laïques et de l’autre participer au maintient de l’enseignement religieux dans les écoles, qui sont encore du ressort de l’État. C’est un double discours franchement tordu.

Et il y a une grosse différence entre avoir un parti-pris laïque et être contre l’islam (ce qui ressort clairement du blogue « Poste de veille »). Ce que les deux ont en commun, c’est d’être contre les tentatives de la religion d’entrer dans l’espace commun. Le premier met toutes les religions sur le même pied d’égalité. Le deuxième vise une religion en particulier, et c’est selon, tente par cela de magnifier les autres religions, du moins de leur redonner un peu de lustre.

Pour ma part, étant pro-laïcité, je suis également interpellé par toutes les tentatives d’intrusions de la religion dans la société, qu’elles viennent d’une ou l’autre. Étant donné que l’islamisme est en soi plus combatif, c’est tout à fait normal que ses tentatives d’intrusions soient plus évidentes, voire même spectaculaires : regardons l’exemple des dossiers de la charia ainsi que celui des voiles islamistes. Pour ce qui est du judaïsme, c’est beaucoup plus subtil, et ça semble se retrouver surtout du côté politique (le judaïsme ne cherchant pas à convertir). Pour ce qui est du catholicisme (et du protestantisme, par extension), la question ne se pose même pas, il a ici ses bases et joue de sa survie. Son combat est ainsi omniprésent.

La difficulté du laïcisme dans les débats publics, et surtout politiques, c’est que la guerre entre la gauche et la droite repose en partie sur des partis-pris religieux, même si pour certains c’est surtout en surface. Pour aller au plus simple, la droite se rallie au judaïsme et au christianisme, alors que la gauche se rallie à l’islamisme. Alors, un laïque qui pourfend l’islamisme se voit placé dans la case droite, et s’il pourfend quoi que ce soit en lien avec les deux autres, c’est dans la case gauche qu’il atterrit, nonobstant de sa réelle position. Rien pour simplifier le débat… Ma vision : la droite se sert de la laïcité comme je l’explique plus haut, la gauche s’aveugle des débordements de l’islamisme avec les bons sentiments, quelque chose qui ressemble à de la fraternité, de la solidarité, et où l’humain et sa religion sont à tort entremêlés (par exemple : supporter la cause de la Palestine et des habitants de la bande de Gaza — que l’on ne peut séparer de l’islamisme au niveau religieux — ne devrait pas pour autant donner le feu vert à leurs coreligionnaires…). Ainsi, dans le cas de la gauche, la laïcité est à la carte (une autre manière de dire « laïcité ouverte »).

Quoiqu’il en soi, la laïcité devrait servir à faire table rase des différences ethno-religio-culturelles, afin de mettre l’emphase sur le respect global. S’en servir pour mettre de l’avant ses intérêts, ce n’est pas très loin de l’ignominie.

Hollande, la grande lessive

OLIVIER CABANEL.
On sait que François Hollande tente depuis plusieurs jours d’éteindre le feu qui couvre sous la cendre, et s’apprête à lancer une « moralisation » destinée à faire toute la transparence sur le patrimoine de ses ministres, voire au delà.

L’affaire Cahuzac n’en finit pas de faire des vagues, et on a appris que loin des 600 000 euros avoués, la somme réelle dépasserait les 15 millions d’euros, (lien) ce qui pour Jean Ziegler entendu le 8 avril sur « Europe 1 », parait plus logique, car dit-il : « l’UBS ne peut s’occuper d’un potentiel client en dessous d’une certaine somme, laquelle doit être supérieure à 10 millions d’euros ».

Cet ex-député suisse, sait de quoi il parle, si on veut bien se souvenir de son livre « la Suisse lave plus blanc  », ouvrage qui donnait envie de rêver en 1991 à une transparence sur l’identité des exilés fiscaux dont le montant des fonds cachés devait être dévoilé. lien

Quand l’on songe que la France pourrait récupérer, d’après Pascal Cantin, environ 40 milliards grâce à la transparence financière, on pourrait s’étonner des lenteurs politiques et administratives constatées. lien

Décidément l’affaire révélée par Médiapart a soulevé un coin du voile qui n’est peut-être que la partie visible d’un iceberg, d’autant que ce média annonce pour bientôt d’autres révélations de type fiscal. lien

Mais revenons au choc de moralisation hollandais : la tache s’annonce compliquée : si par exemple il venait au président l’idée de rendre impossible à un élu ayant eu maille à parti avec la justice de garder son mandat, il provoquerait un certain vide autant à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat, ou dans les conseils généraux, régionaux, voire mairies…

Prenons par exemple l’UMP :

Ils ont une cinquantaine à avoir été pris en défaut pour des motifs divers : de la prise illégale d’intérêt, au détournement de fonds publics, en passant par le trafic d’alcool, le vol de carte bancaire, la corruption passive, le viol sur une mineure de 12 ans, le travail dissimulé, les injures, le blanchiment d’argent, la diffamation, le harcèlement moral ayant mené au suicide, le favoritisme dans l’attribution de marchés publics, la fraude, l’exercice illégal de la profession d’avocat, les coups et blessures, discrimination, l’abus de confiance, le blanchiment d’argent, les fausses factures, emploi fictif, propos homophobes…

De Charles Pasqua (trafic d’influence, financement illégal de campagne et abus de confiance, propos homophobes) (lien) à Alain Juppé,(abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, corruption et prise illégale d’intérêt) (lien) en passant par Brice Hortefeux, (atteinte à la présomption d’innocence(lien)Henri Guaino poursuivi pour « outrage » (lien),  Alain Carignon (corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins) (lien) Georges Tron (abus de bien sociaux, harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol) (lien) Gaston Flosse (détournement de fonds publics, emplois fictifs, et prise illégale d’intérêt), (lien) Guy Drut, (emploi fictif), (lienJean Tibéri (fraude aux électeurs), (lien) Nicolas Bazire(mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi), (lien) Serge Dassault (corruption, procédure abusive)(lien) Xavier Dugoin (trafic d’alcool, salaires fictifs, corruption, falsification de documents administratifs, prise illégale d’intérêt) (lien) André Santini (faux et usage de faux, injures, détournement de fonds publics), (lien) Eric Woerth (mis en examen pour recel dans l’affaire Bettencourt) (lien) etc…ils ont tous eu maille à partir avec la justice…sans oublier Nicolas Sarközi, récemment mis en examen, (abus de faiblesse) qui a échappé jusqu’à présent à toute condamnation. lien

Henri Guaino ne s’est pas couvert de gloire, lorsqu’il a défendu Charles Pasqua, pourtant condamné définitivement par la justice, assurant que Pasqua était « un grand républicain », ce qui lui a justement contesté Eva Joly rappelant qu’un délinquant ne pouvait pas être considéré comme un « grand républicain ». lien

Quant à Jean-François Copé, qui s’interroge sur la leçon de morale que voudraient donner les membres du gouvernement, ne devrait-il pas faire de même sur son compte, (lien) lors de son élection mouvementée au sein de son propre parti ?

Dans un livre qui vient de sortir, « comment ils ont roulé Fillon  », on apprend comment Jean-François Copé a triché pour accéder à la tête de l’UMP.

On y découvre la réaction du prédécesseur de François Hollande à l’Elysée : « Copé est vraiment nul. Il ne sait pas tricher correctement  » aurait-il déclaré, s’il faut en croire Carole Barjon, et Bruno Jeudi, les auteurs du livre. lien

Mais au PS, question condamnations, ce n’est guère mieux : ils sont au moins 44 a avoir fauté : de Jean Marc Ayrault (délit de favoritisme), (lien) à Jean Paul Huchon (prise illégale d’intérêt) (lien) en passant par Pierre Mauroy (abus de confiance, emploi fictif), (lienPierre Moscovici (atteinte au droit à l’image),(lienSégolène Royal (licenciements abusifs), (lien) quant à Jean Noel Guérini menacé, il veut bien démissionner à condition que les 50 élus socialistes qui ont été condamnés, démissionnent aussi. (lien)

Et quid du Front National ?

Jean Marie Le Pen est bien placé avec des condamnations allant de coups et blessures, à l’apologie de crime de guerre, incitation à la haine raciale, trouble manifeste à l’ordre public, diffamation, banalisation de crime contre l’humanité, antisémitisme, injures publiques, oubli de plus-value boursière et sous estimation de loyer, (lien) mais on trouve aussi dans la liste des condamnés sa propre fille, Marine et Louis Alliot(diffamation) (lien), Laurent Mirabeau, le financier de Jean Marie Le Pen, (escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier), Jean Marie Le Chevallier (subornation de témoin), Jacques Bompart (prise illégale d’intérêt), Jean Yves Le Gallou (président du groupe FN au conseil régional d’Ile de France) (provocation à la haine raciale), Catherine Mégret (discrimination), Bruno Mégret (détournement de fonds), Bruno Gollnisch (négationnisme), Alexandre Gabriac (tentative de cambriolage)…et beaucoup d’autres noms sur ce lien.

Au total près de 90 condamnations sont à mettre sur le compte du FNlien

La République a donc du pain sur la planche si elle veut moraliser le petit monde de nos élus.

Le non-cumul des mandats, l’un des points phares du programme hollandais est remis à plus tard, en2017, (lien) et le choix fait récemment d’imposer à chacun de ses ministres de dévoiler leurs patrimoines sera-t-il suffisant à effacer la suspicion qui s’est installée dans la tête des français ?…en tous cas il sera dévoilé aujourd’hui.

La manœuvre hollandaise est habile parce qu’elle oblige les autres partis à en faire de même, ce qu’a bien compris François Fillon qui n’a apparemment rien à cacher…mais quid des autres responsables de l’UMP.

Copé a tiré le premier, évoquant « un numéro de voyeurisme et d’hypocrisie » et accuse le pouvoir de provoquer un « rideau de fumée » destiné à faire oublier l’affaire Cahuzac, et tant pis pour lui si de mauvais esprits vont jusqu’à imaginer qu’il aurait quelque chose à cacher. lien

Nous voila donc à la recherche de la « transparence », mais le sera-t-elle vraiment, ou restera-t-il une certaine opacité ?

Lorsque l’on visionne cette vidéo, on peut effectivement s’inquiéter des dérives peu citoyennes constatées aux 4 coins du monde.

Mais revenons à notre république que François Hollande voulait exemplaire : doit-il garder dans son gouvernement des femmes ou des hommes qui ont été condamnés par la justice au risque de provoquer un logique remaniement ministériel.

Et Harlem Désir, le secrétaire général du parti doit-il garder parmi ses membres des élus condamnés ?

Ce qui le concerne en premier lieu, puisqu’il à lui-même été condamné pour emplois fictifs. lien

Avec la volonté des banquiers suisses qui semblent décidés à régler le problème de l’argent non déclaré (lien) et les politiciens français qui n’ont pas eu l’idée, comme l’ex-ministre du budget, de faire transiter leur bel argent à Singapour ou ailleurs, les fraudeurs ont peut-être du souci à se faire.

En tout cas, Bernard Arnaud vient de renoncer à demander la nationalité belge, déclarant qu’il ne pensait pas qu’un tel choix sème autant le trouble en France. lien

Benjamin Lebreton et Patric Michaud, experts en la matière pensent que «  les résidents français ayant un compte non déclaré en Suisse ou ailleurs n’ont plus aucune chance à court terme de passer entre les gouttes  ». lien

Ce qui demande à être prouvé, car s’il est vrai que le Luxembourg semble prêt à faire toute la transparence sur les comptes des exilés fiscaux, ça ne serait opérationnel qu’en 2015…et le Luxembourgn’est pas le seul paradis fiscal dans ce bas monde. lien

Ce délai relativement éloigné laissera tout le temps aux fraudeurs à chercher d’autres paradis.

En attendant, Jean Luc Mélenchon appelle à une manifestation « pour une 6ème République », le 5 mai prochain, un an après l’élection présidentielle, manif à laquelle Eva Joly sera présente, appelant tous les citoyens à y être. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le chameau ne se moque pas des bosses des autres ».

Olivier Cabanel

Les bons terroristes

paul rose

PHILIPPE DAVID

Il a renoncé à l’idée saugrenue de faire un hommage à Paul Rose à l’Assemblée Nationale, mais je suis toujours hors de moi. Je suis toujours sidéré qu’un député de l’Assemblée Nationale ait même pu faire la suggestion que l’Assemblée honore un homme qui était un des responsables de la mort d’un des députés et ministres qui y ont siégé. Un homme qui, jusqu’à sa mort, n’a jamais exprimé de remords. Selon lui, il n’avait rien à se faire pardonner. Ça en dit fichtrement long sur Amir Khadir et cette frange de la gauche québécoise qu’il représente. Une frange qui incorpore un assez haut pourcentage de l’élite intellectuelle gauchiste.

Évaporons, si vous le voulez bien, le petit nuage mystique dont cette gauche nationaliste veut entourer Paul Rose et le FLQ pour y voir le vrai visage. Qu’on se le dise tout de suite, l’objectif des felquistes n’était pas le Québec indépendant dont rêvait René Lévesque et ceux qui l’entouraient. C’est pourquoi Lévesque les a désavoués. Le rêve des felquistes était d’imiter la révolution cubaine et de faire du Québec une Cuba du nord. Ce qu’on doit en dire, c’est qu’heureusement, ils n’ont pas réussi.

Soyons extrêmement clairs : tout usage de la violence et de la terreur à des fins politiques constitue du terrorisme, donc par définition, le FLQ était une organisation terroriste. Alors, qu’est-ce que ça dit de ceux qui, par leur propagande, tentent de faire des héros de ces terroristes? La réponse est qu’un petit terroriste en puissance sommeille en chacun d’eux. Pour le comprendre, il faut examiner quelques-unes de leurs croyances.

Pour vouloir faire de Paul Rose un héros, il faut croire que la fin justifie les moyens. Il faut croire que les actes les plus répréhensibles sont justifiables pour faire avancer leur cause. Que ce soit le meurtre, la prise d’otage ou même d’utiliser des innocents. (On se souviendra que le FLQ a utilisé un jeune de 16 ans pour transporter une de ses bombes et qu’il y a laissé sa vie. Quelle bassesse inouïe!) Cette croyance amène aussi à excuser toute transgression et la justifier généralement dans un discours victimaire. « Il est normal qu’ils aient agit ainsi, ils étaient opprimés.» Ce discours, nous l’avons entendu pour le FLQ, nous l’avons aussi entendu au sujet du conflit Israëlo-Palestinien : il importe peu que le Hamas lancent continuellement des roquettes sur des villes israéliennes, ce sont de pauvres opprimés! Mais si Israël a le culot de se défendre, alors là… On retrouve ces mêmes éléments dans le discours de Québec solidaire sur la violence dans les manifestations étudiantes. Encore là on dépeint les casseurs comme de pauvres victimes de brutalité policière.

Il faut aussi croire que les droits collectifs sont plus importants que les droits individuels. La grande majorité des gauchistes vous diront qu’il est justifiable de faire entorse aux droits d’un individu pour le bien du plus grand nombre. Ceci peut paraître raisonnable, jusqu’à ce qu’on pousse la logique à son extrême. Car si on laisse le loup entrer dans la bergerie et qu’on permet de violer le droit d’un individu, où trace-t-on la ligne de ce qui est acceptable. Si on peut violer un de ses droits, combien d’autres droits peut-on se permettre de lui enlever? Deux? Dix? Le droit de libre expression? De libre-association? De propriété? Le droit à la vie peut-être? J’ai le regret de vous dire que dans notre social-démocratie, sauf pour le droit à la vie, le reste des droits individuels que je viens de nommer sont déjà mal amochés. Mais si on continue à suivre cette voie et qu’on y ajoute l’idée que la fin justifie les moyens, est-il si farfelu de penser que même une vie humaine peut-être sacrifiée pour ce qu’on conçoit comme étant le bien du plus grand nombre? Et si une vie peut être sacrifiée, alors dix, cent, mille n’est qu’une question de statistiques.

Si les gens comme Khadir étaient capables d’un tant soit peu d’introspection, ils reconnaitraient que le bien collectif passe par le bien de chaque individu et non de certains individus au détriment des autres, mais de par l’histoire du XXe siècle, je ne crois pas qu’ils en soient capables. La tentative de béatification de Paul Rose en est une preuve.

En guise de conclusion, je me permettrai ici une petite flèche à Mathieu Bock-Côté qui, il n’y a pas très longtemps, traitait les libertariens de « marxistes de droite ». Bien que la conception du monde par les libertariens peut être vue par certains comme utopique, aucun libertarien ne considérerait l’usage de la violence comme un moyen légitime d’y parvenir, contrairement aux marxistes qui n’hésitent pas un seul instant à sacrifier des vies humaines à leur cause. C’est pourquoi une telle comparaison, pour un libertarien, est la pire des insultes.

Ecrit par : Philippe David le 16 mars 2013.

Le rêve de Hollande

 

Arabie Saoudite

Devant une foule en liesse principalement composée d’autochtones en boubou, un petit homme replet à lunettes, porteur d’une rosette de la Légion d’honneur, vient de recevoir des édiles de la ville de Tombouctou un chameau en signe de gratitude.

 

 

 

– J’en ai déjà un à l’Élysée, ça me fera la paire.

 

– Celui-ci est un camelus dromedarius, Monsieur le Président.

 

– Le mien est une femelle, de l’espèce camelus twittus. Une belle bête, racée mais indocile. Un chameau qui non seulement blatère, mais surtout déblatère, ce qui ne va pas sans me poser quelques problèmes.

 

– Si le chameau ne vous convient pas, Monsieur le Président, on peut vous offrir des moutons à la place. Ou bien des veaux.

 

– Inutile. Des moutons, j’en ai déjà plein l’enclos de l’Assemblée nationale – chez nous, on appelle ça des députés. Quant aux veaux – chez nous, on appelle ça des électeurs –, ils regimbent, mais le moment venu, ils reviendront me manger dans la main malgré l’amertume des herbages où je les fais pâturer.

 

– Le chameau est donc à vous, Monsieur le Président. Cela dit, si cet animal vous ennuie, vous aurez toujours la possibilité de vous en débarrasser en le mettant aux enchères sur le site eBête. Quoi qu’il en soit, encore merci, Monsieur le Président, d’avoir libéré les villes du nord-Mali avec une telle maestria, un sens tactique aussi pointu, une si belle audace.

 

– Ne soyez pas surpris, je m’étais entraîné lorsque j’étais Premier secrétaire du PS. Le job laissant des loisirs, des heures durant, je jouais au Kriegspiel, la main droite posée sur l’estomac par la chemise entrebâillée, et un bicorne sur la tête. Sans me vanter, j’aurais pu, moi aussi, être un conquérant d’exception : Ah ! la France, de la Corrèze au Zambèze…

 

 

 

Suit une courte apnée du sommeil. Le rêve s’en va, chassé par quelques gargouillis. L’incident passé, il revient toutefois très vite. Le petit homme replet n’est plus dans les sables de Tombouctou, mais assis en majesté sur un nuage. Installé sur un cumulus voisin, un personnage doté d’une impressionnante barbe de patriarche le regarde. Le barbu prend la parole.

 

 

 

– Qui êtes-vous ?

 

– J’allais vous poser la même question.

 

– Je suis Dieu, et j’ai mes habitudes ici.

 

– Ah ! Bonjour, Dieu. Je suis François Hollande, ci-devant généralissime des troupes françaises, vainqueur des batailles de Gao, Tombouctou et Kidal, en passe de bouter les derniers djihadistes hors du Mali.

 

– Je vois… On m’avait prévenu que vos chevilles avaient enflé, mais pas au point de chevaucher votre petit nuage à cette altitude. Je ne voudrais pas vous vexer, mon petit vieux, mais vous avez chopé le melon !

 

– J’ai quand même sauvé le Mali de l’Enfer.

 

– Là, vous empiétez sur mes plates-bandes. D’ailleurs, sans vouloir être désobligeant, permettez-moi de vous dire que vous jouez petit bras.

 

– Petit bras ? Avec la pâtée que j’ai infligée aux troupes armées d’Ansar Eddine et du Mujao ?

 

– Le sombrero que vous avez coiffé vous altère la vue, mon vieux. Comparez votre action avec les fléaux que j’envoie sur Terre pour punir les Hommes de leur vanité, ou a contrario les cataclysmes que j’évite aux Terriens afin ne pas ajouter aux destructions qu’ils s’infligent eux-mêmes, et vous constaterez que, tout président et tout chef des armées que vous soyez, vous n’êtes en définitive qu’un insignifiant moucheron…

 

 

 

Survient une nouvelle apnée du sommeil, elle-même suivie d’une gamme de gargouillis du plus bel effet. L’incident passé, le petit homme replet est revenu à Paris et dirige une réunion d’État-Major. D’un index ferme, il indique aux officiers la prochaine cible. Ce sera Monaco, malgré la redoutable réputation guerrière des troupes grimaldistes. Au même instant, une main énergique secoue le généralissime :

 

 

 

– Chéri, chéri, réveille-toi.

– Hein ? Que se passe-t-il ? C’est vous, Le Drian ?

– Mais non, c’est pas Le Drian, c’est moi, Valérie. Réveille-toi, c’est urgent. Une histoire de chevaux qui se font passer pour des bœufs. Ça te changera de tes rêves de buse qui se prend pour un aigle !

C’est pas joli, joli, ça, Votre Seigneurie

Madame la juge Ellen Paré, se présente aux petites créances pour se faire rembourser des travaux mal exécutés dans sa cuisine. Comme preuve de paiement, elle apporte un document « facture » qui indique le montant payé… mais SANS AUCUNE MENTION DES TAXES.
Madame la juge à-t-elle fait faire des travaux AU NOIR ?
Notre ministre, M. St-Arnaud, nous indique qu’il peut « difficilement développer » le sujet puisqu’il ne peut pas commenter le comportement d’un juge. « Il y a un mur de béton entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire » dit-il.  Je ne trouve qu’une seule explication logique à cet état de fait : ce mur de béton, pour être infranchissable, a dû être érigé par la compagnie Mivela de Nick Milioto.
Il dit également que le comportement des juges relève du Conseil de la magistrature. Ce conseil est chargé d’entendre et d’évaluer les plaintes déposées par des citoyens. Conséquemment, on doit le constater, c’est aux citoyens d’avoir l’œil sur les juges.
Le ministre St-Arnaud n’entend pas, quant à lui, de déposer une plainte au Conseil de la magistrature. Conséquemment, on doit encore le constater, le ministre St-Arnaud ne se considère pas comme un « citoyen » ou, s’il le fait, il refuse de prendre ses responsabilités. Pour un ministre, « c’est pas fort, fort ».
Pour un juge qui ne paierait pas ses taxes, il y aune présomption d’innocence ? Et pour un Miinistre?
Mais que devons-nous tirer de tout ceci :
  1. Un juge n’est pas toujours plus honnête que n’importe qui d’autr
  2. Un ministre n’est pas plus enclin à prendre ses responsabilités que n’importe qui d’autre.
  3. Un juge, un ministre, un psychiatre, un médecin ne sont pas toujours « imputables » de leurs actions.
  4. L’Assemblée nationale justifie surtout son existence, depuis l’apparition de la radio et de la télé, par le spectacle humoristique – de qualité bien inégale – qu’elle offre à son auditoire.
  5. Y a-t-il  une obligation pour le citoyen, de respecter sans réserve une troupe d’amuseurs quand ils ne font pas rire?
Il est peut-être temps de convoquer une « commission d’enquête publique », mais avec tous les citoyens comme participants. Mais attendons qu’il fasse un peu plus chaud. On pourrait alors réunir cette Commission  DANS LA RUE.
André Lefebvre

JIHADISME(vidéo). Laurent Louis : Le député belge qui dit un peu trop la vérité

 

Laurent Louis

Laurent Louis

Avec la fougue de la jeunesse, une logique réelle et sans langue de bois, le député indépendant belge Laurent Louis, 33 ans bientôt, s’oppose, seul contre tous les autres parlementaires, à la participation de la Belgique à la guerre au Mali. Il dénonce la manipulation internationale, le mensonge de la lutte anti-terroriste, le soutien des Occidentaux aux djihadistes en Libye, Tunisie et Syrie et dévoile les véritables raisons, selon lui, de cette opération militaire néo-colonialiste.

En l’écoutant, j’ai bu du petit lait. Il dit, sur ce sujet des soi disant « révolutions arabes », beaucoup de vérités. Le seul point où lui et moi divergeons, c’est sans doute son idéologie politique et la réalité. Pour moi, définitivement, les djihadistes, qu’ils soient en Tunisie, au Mali, en Syrie ou en Egypte, ne sont que les alliés de l’Occident...Quand ils deviennent excessifs, leurs maîtres les cognent. C’est le cas au Mali.

Après son allocution à l’Assemblée nationale belge, personne, mais vraiment personne, n’a applaudi. La vérité blesse ! Regardez !

Merci à Vénus pour la vidéo

 

Repenser la monnaie : Jean Claude Werrebrouck

J’avais demandé qu’on repense la monnaie: l’économiste Jean-Claude Werrebrouck est un penseur à part.
Il a créé un blog, La Crise des années 2010, dans lequel il nous offre des réflexions originales et particulièrement intéressantes.
Son livre, Banques centrales : indépendance ou soumission ? – Un formidable enjeu de société, est une source à laquelle doivent puiser ceux qui veulent penser le problème monétaire.

Dans cet ouvrage, Jean-Claude Werrebrouck nous livre ses réflexions au sujet de questionnements clés :
« Quel est vraiment le rôle des banques centrales et en quoi leur fonctionnement est-il révélateur de celui de nos sociétés ? »
« qu’avons-nous fait, nous les peuples, en particulier peuples européens, en créant des banques centrales intouchables, c’est-à-dire proches du sacré ? »

Son dernier article, publié le 17 décembre 2012, intitulé Faux débats sur la banque universelleest un aperçu de l’importance de ses textes.
Merci à Jean-Claude de nous donner sur ce blog son analyse.

Faux débats sur la banque universelle

La promesse présidentielle de cloisonnement des banques universelles devient, en ce début d’hiver 2012, débat à l’Assemblée Nationale. Et avec ce dernier, beaucoup d’avis donnent lieu à une littérature abondante qui, hélas, laisse de côté la question essentielle : est-il légitime de laisser aux banques le pouvoir de création monétaire ?

Ce que, dans leur jargon, les économistes évoquent sous le terme de système à « réserves fractionnaires ».

Construire un mur

La question du cloisonnement n’est certes pas inintéressante et il est éthiquement logique de vouloir protéger les dépôts des clients des risques pris par le compartiment « marché ». Démarche d’autant plus logique que la crise financière dans sa version initiale (2008) a obligé les Etats à intervenir et à élargir le niveau de protection à peine d’un effondrement planétaire. Les tenants de « l’aléa moral » souhaitent donc revenir à un modèle proche du Glass Steagall Act de 1933. On peut évidemment longtemps discuter des modalités du cloisonnement : celles du Dobb Frank Act et de la règle Volcker, celles issues du rapport Vickers ou celles issues du rapport Liikanen, ou enfin celles proposées par le gouvernement français et qui seront discutées au parlement. Toutes ces modalités, concernent très simplement, la question de l’épaisseur du mur de protection contre un tsunami financier, issu du compartiment marché et des activités spéculatives qui s’y réalisent, notamment en « propriatary trading », c’est-à-dire la spéculation en compte propre.

Maintenir l’universalité

Aux partisans d’un mur dont l’épaisseur fait débat, s’oppose tout naturellement le lobbying bancaire, dont la puissance repose d’abord sur les rapports fusionnels entretenus avec les entrepreneurs politiques et qui, en France, passe aussi et peut-être d’abord, par ce plus petit commun dénominateur qu’est l’Inspection Générale des Finances. Les arguments présentés sont simples : il ne saurait exister de frontière identifiable entre activités classiques de gestion de compte et de crédit et les activités de marché ne sont que le prolongement nécessaire des premières. Idée d’autant plus crédible que le client, notamment industriel, ne se découpe pas en tranches. Ainsi, lorsqu’un client de la BNP demande un crédit libellé en monnaie étrangère, il met nécessairement en mouvement les deux compartiments, d’où l’apparent bien-fondé de l’idée de banque universelle, en tant qu’entité réduisant les coûts de coordination et de transaction. La puissance du lobbying français est sans doute différente de celle du lobbying américain, (ce dernier est constitué d’une armée 25 fois plus nombreuse que celle représentant l’addition de la totalité des représentants syndicaux et des associations de consommateurs) mais il est tout aussi efficace. On peut donc penser que la loi française sera aussi douce que la loi Dodd-Frank dont les décrets d’application atténuent grandement une rigueur de simple apparence.

Interdire la spéculation

Il existe toutefois une autre opposition, plus spécifiquement une contre-proposition face à l’idée de séparation. Celle-ci consiste à dire, qu’il ne faut pas cloisonner ce qui ne peut l’être vraiment, en raison de nouveaux comportements d’adaptation donnant lieu à de nouvelles créativités financières. Il faut simplement interdire la spéculation, et transformer en délit personnel, donc délit touchant directement les dirigeants des établissements bancaires, le « proprietary trading ».

L’idée est séduisante mais pose de multiples problèmes quelle que soit la portée d’un texte d’interdiction.

S’il devient interdit de spéculer en général, il est clair que les opérations, simples et importantes du point de vue de la gestion des entreprises réelles, seront transférées vers d’autres juridictions. A titre de simple exemple, Il semble en effet impossible de supprimer des instruments comme les marchés à terme de matières premières ou de devises. L’interdit devient ainsi une radicale perte de compétitivité bancaire, avec réel danger pour le pourtant très simple compartiment des dépôts. Si maintenant, l’interdit porte simplement sur des paris concernant des produits dont les participants n’en ont pas un usage commun, il y aura tarissement de la liquidité -la très fameuse perte de profondeur de marché- et perte d’efficacité des instruments légitimement utilisés. D’où là aussi, risque de transfert vers des juridictions plus clémentes.

L’alternative au décloisonnement, qui consiste tout simplement à faire disparaitre l’un des deux compartiments bancaires, est ainsi peu envisageable et on peut compter sur le lobbying bancaire pour ne pas faire émerger une telle réflexion, ce qu’empiriquement nous constatons : la simple et légère taxation (0,01% sur les contrats dérivés) sur transaction de produits financiers, a déjà donné lieu à bien des péripéties. Notons d’ailleurs, que cette fort timide taxation sera de fait aisément contournable, et que seule une mise en œuvre supranationale serait susceptible d’éviter l’évasion.

Interdire la création monétaire

Il existe toutefois une toute autre piste, qui n’a pas besoin d’être repoussée par le lobbying susvisé, tant elle est éloignée du champ de la simple conscience politique : l’interdit de la création monétaire par les banques et, ce faisant, le rétablissement de la souveraineté monétaire.

Personne en effet n’évoque que pour l’essentiel, la très rapide croissance monétaire est le fait des banques par le biais des opérations de crédit. Ce qui signifie, que la masse monétaire, dont le coût de production est rigoureusement égal à zéro, est constituée pour l’essentiel de dette donnant lieu à versement de rente, laquelle est très largement prélevée sur la richesse produite par l’économie réelle. Et il s’agit effectivement le plus souvent de rente, puisque la dette produite, n’a pas nécessairement pour contre-partie, un investissement productif de richesse supplémentaire, ce qui est le cas de l’essentiel du crédit immobilier que l’on titrise, du crédit à la consommation, des titres de la dette publique et de nombreuses autres formes de dettes supports des activités de pure spéculation. La dette augmentant plus que proportionnellement au PIB – ce que mesure bien la masse monétaire qui augmente 3 à 4 fois plus vite que le PIB – la part de marché de l’industrie financière n’a cessé d’augmenter, tandis que les salaires de ses dirigeants augmentaient beaucoup plus rapidement que ceux de l’industrie. Les travaux d’Olivier Godechot de Paris School of Economics ont ainsi pu révéler, que si depuis 1996 les revenus d’activité du top100 des cadres hors finance ont été multipliés par 3,6, ceux du top 100 des cadres de la finance ont été multipliés par 8,7.

La vraie question du repositionnement des banques, est donc bien dans leur pouvoir exorbitant de prélever une rente sur une monnaie créée à coût nul, une monnaie dont la base légale est pourtant celle de l’Etat: « la monnaie comme créature de l’Etat », disait Lerner. Derrière cette question se pose donc naturellement la question de l’indépendance des banques centrales, des banques qu’il est urgent de renationaliser en leur donnant le monopole de lacréation monétaire.

Mais là encore, qui aura le courage de revenir sur plusieurs dizaines d’années d’abandon de ce bien public qu’est la monnaie ? Parions qu’aucun parlementaire n’évoquera le problème de la création monétaire en discutant, de cette tempête dans un verre d’eau, qu’est le projet de loi sur la fin de la banque universelle : son propos serait totalement incompris de ses collègues. Et ce silence ne relèvera d’aucun groupe de pression, d’aucune intrigue, d’aucun complot, mais du simple et pourtant fantastique poids d’une idéologie dominante, une idéologie qui écrase les hommes.

Décidément la fin de la crise n’est pas pour demain.

gillesbonafi.blogspot.fr

Laïcité et valeurs, le dernier combat

Par Renart Léveillé

Depuis quelque temps, le sujet de la laïcité revient et revient sous ma plume alors que je me dois d’écrire pour mon texte de la semaine sur Les 7 du Québec. C’est un hasard, et je le trouve heureux.

Juste comme je réfléchissais à quoi choisir comme sujet, je tombe via un tweet de Jeff Plante (@JF_Plante) sur le billet « Laïcité et éthique chrétienne ». Il y est question des avis divergents de Normand Baillargeon et Jean-Marc Piotte face au livre « La culture religieuse n’est pas la foi — Identité du Québec et laïcité » de Guy Durand, défendu par Jean Laberge, l’auteur dudit billet.

Dans le premier chapitre, Durand recueille de très nombreux témoignages de Québécois qui, aujourd’hui comme hier, ont façonné le Québec par l’héritage chrétien et ce, dans tous les domaines d’activités, voire même dans les institutions démocratiques elles-mêmes du Québec. On sait que la question de la laïcité de l’État québécois s’est cristallisée autour du fameux crucifix de l’Assemblée nationale. Les tenants de la laïcité intégrale ou stricte l’ont en horreur, même des croyants. Durand plaide pour conserver le crucifix car il fait partie de notre fibre d’être québécois, que nous soyons ou non des croyants, voire chrétiens.

Premièrement, le crucifix à l’Assemblée nationale ne me semble pas tellement cristalliser la question de la laïcité, même que je crois que ce serait le dernier symbole religieux à garder sa place, vu son caractère très historique. Par contre, en fouillant plus profondément dans l’Histoire, justement, il est clair que ce crucifix, en plus d’être le premier symbole du christianisme, est le puissant symbole du contraire de ce que la laïcité prône : « ce crucifix a été donné par l’archevêque de Québec à Maurice Duplessis pour sceller l’alliance entre l’Église et l’État. »

Et j’ai pris la peine de spécifier qu’il fallait fouiller « profondément » parce qu’il est certain que ce détail de l’Histoire échappe à la grande majorité des Québécois. Alors, ça me fait bien rigoler de lire que ce crucifix « fait partie de notre fibre d’être québécois ». Et c’est encore plus drôle quand on se rappelle que le changement de dénomination (et identitaire), de Canadien-Français à Québécois, s’est produit grâce à la Révolution Tranquille, qui était beaucoup une réaction au règne de Maurice Duplessis… Tentative de réécriture de l’Histoire?

Mais je ne voulais surtout pas écrire un billet au sujet du crucifix à l’Assemblée nationale (même si je pourrais seulement me concentrer ici à développer qu’en fait la possible disparition de ce symbole fait bien plus peur aux détracteurs de la laïcité que sa présence ne fait peur aux pro-laïcité). La question qui m’intéresse concerne plus amplement le lien entre la culture (l’« Ensemble des formes acquises de comportement de l’être humain. ») et la religion au Québec. Parce que l’essentiel du discours de Jean Laberge, nourri par Guy Durand, consiste en une énumération de l’ « héritage chrétien », avec l’aide de figures emblématiques du Québec comme Michel Chartrand et Camille Laurin, afin de justifier la place de la religion, enfin de sa tradition, aujourd’hui.

Le problème que j’ai avec ce discours, c’est qu’il déborde de la question étatique. C’est que même la laïcité stricte ne pourrait empêcher la population, si elle le désire, de célébrer son héritage chrétien. La culture en est bien sûr imprégnée, et un mur vide où était précédemment un crucifix, et un employé de l’État qui laisse dans sa poche un pendentif avec une croix, et une employée d’un service étatique qui laisse son voile à la maison, ne pourront changer ça. Et, pour ce qui est des valeurs, ce vers quoi tout le discours de Laberge tend, j’ai un gros bémol…

Je vais l’écrire d’emblée, son message prône l’emprisonnement, voire même la prise en otage de la culture et des valeurs par l’héritage de la religion. Et je me pose la question à savoir si le but est d’actualiser le lien entre la société et la religion (bien sûr catholique). Je m’explique, premièrement avec une question : même si je suis d’accord que les valeurs des êtres humains ont beaucoup été influencées par la religion — par son omniprésence historique dans les sociétés —, est-ce que ces valeurs sont indissociables de cet héritage?

La réponse est bien sûr non. Et la transmission de ces valeurs ne dépend pas exclusivement de la pratique religieuse, en plus. Si « Sergio Leone, le réalisateur des fameux westerns-spaghetti, bon athée et anarchiste, n’a pu s’empêcher d’user d’images religieuses chrétiennes dans son cinéma que la longue tradition catholique lui a légué en héritage », comme le souligne Laberge dans son billet, un athée comme moi peu bien élever sa fille selon une majorité de valeurs que la religion catholique ne nierait absolument pas. Alors, pourquoi toujours revendiquer la paternité religieuse des valeurs puisqu’elles ne disparaissent visiblement pas avec la remise en question de la religion, qui vient entre autres avec la laïcité? J’irais encore plus loin, elles ne disparaîtraient pas si une pilule distribuée à la totalité de la population mondiale réussissait à faire disparaître le phénomène religieux et la croyance en Dieu. Je dis qu’elles ne disparaissent pas, mais je sais très bien que le discours religieux actuel trouve justement sa base sur la peur, ou une certaine constatation — qui relève beaucoup à mon avis de l’hypocondrie — de la perdition du mode de vie occidental. À la base, c’est le propre du conservatisme et du traditionalisme d’avoir peur de l’évolution et du changement, alors ce n’est pas bien difficile à réfuter.

Et, parlant d’évolution, je crois que la religion a été nécessaire à l’évolution des sociétés humaines (beaucoup vers la gauche au Québec comme le souligne Laberge, et pourtant beaucoup vers la droite par exemple aux États-Unis…). La religion a institué une cohésion sociale qui aujourd’hui est bien assimilée (pas toujours avec bonheur, j’en conviens). Ce que la société rejette aujourd’hui de la religion est seulement ce qu’il lui reste de poussiéreux, d’archaïque. Et la religion était bien utile là où l’éducation était quasi inexistante. Alors, je crois que le défi actuel, étant donné que la population est beaucoup plus éduquée, est de remettre en question ces valeurs héritées de notre passé et, une fois le test remporté, de les célébrer en toute connaissance de cause. Cela serait bien tout le contraire d’écrire tout bonnement, comme l’a fait Guy Durand, comme une gifle à l’intelligence humaine : « Les valeurs chrétiennes sont nécessaires à la vie. » J’admets qu’en gommant l’adjectif « chrétiennes » l’énoncé a du sens, mais en gommant aussi la définition biologique en lien avec la vie. Personne ne peut mourir par manque de valeurs, encore moins chrétiennes…

Et dans cette idée de défi actuel, ce pour quoi toutes ces questions me sont intéressantes, il y a pour moi la conviction que l’abandon total de la religion (comme béquille sociale) ne pourrait que donner un coup de main à la réflexion globale. Et c’est déjà en cours de toute façon, depuis que l’État a purgé la religion de ses entrailles. Mais il reste encore des stigmates à éliminer, alors on voit clairement la terreur dans les yeux de certains croyants.

(Photo : brioso)

Rien à reprocher, sauf—

 

 

Publié le 17 février 2011 à 17h54

Le vérificateur général demande plus de transparence à Québec

 Denis Lessard

La Presse

(Québec) Le gouvernement Charest se dirige vers un dépassement de 5 milliards de dollars de ses dépenses d’ici à 2014, année prévue du retour au déficit zéro, observe le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, dans son plus récent rapport à l’Assemblée nationale.

        Bon ! Ça, ça veut rien dire parce que ce 5 milliards de dépassement représente le 38% qui manque au 62% de « privation de dépenses » que le gouvernement à promit de faire, pour se rendre au 100% de dépenses prévues.

Donc, on ne peut rien reprocher à Bachand!!!

 

Remis hier, le rapport observe aussi que, depuis deux ans, les dépenses auront été de 2 milliards de dollars supérieures au plan qu’avait lancé le gouvernement en 2009.

        C’est encore le résultat du 38% qui manque au 62%, expliqué plus haut. Le gouvernement administre de façon exemplaire on doit le reconnaître.

Interrogé par La Presse, M. Lachance reconnaît en revanche que les revenus ont été supérieurs aux attentes. Résultat net: le déficit budgétaire était l’an dernier de 1 milliard inférieur aux prévisions.

        Bon çà, c’est peut-être là le seul accroc dans l’administration Bachand. Il s’est absolument trompé sur sa prévision des revenus. Mais je ne doute pas qu’il puisse rectifier le tir en dépensant au plus vite, ce milliard qui manque au DÉFICIT.

Son efficacité et sa logique sont incontestable.

«Le gouvernement prévoit toujours l’équilibre en 2014.

         Une chose est certaine : si jamais un manque de déficit permettait d’obtenir des revenus supérieurs aux dépenses, la « constance » de l’administration Bachand rétablira les choses au niveau « équilibre » soyez certain. Je donne absolument toute ma confiance à cette administration!!!

 Donc, compte tenu de la croissance des dépenses, c’est qu’il prévoit que les revenus vont augmenter aussi

        Conséquemment, il va augmenter les dépenses encore plus. C’est incontournable. « Déficit » oblige!!!

De façon générale, le plan de retour à l’équilibre budgétaire peut tenir la route: «La période de cinq ans n’est pas terminée, c’est à la fin qu’on pourra conclure, il n’y a qu’une année de passée», observe le vérificateur, qui refuse de parler de «dérapage» des dépenses.

         Évidemment, puisque, comme on vient de le voir, elles ne dérapent pas du tout. Notre gouvernement efficace en détient le contrôle absolu.

Ce plan de réduction des dépenses visait à en ramener la croissance à 2,7%; elle sera plutôt de 5,1%.

        Mais Bachand n’a pas encore dit son dernier mot; il prendra certainement les moyens de rectifier tout cela. Moi j’ai Foi en lui!!!

Une série de fonds spéciaux et d’organismes non budgétaires ne sont pas comptabilisés dans le plan -plus de 18 milliards de dépenses qui ont crû de 15% depuis l’an dernier.

        Bon. He bien là, ma confiance est quelque peu ébranlée parce que 5.1% ajouté à 15% qui ne sont pas comptabilisés ça fait …beaucoup et très loin du 2,7% qui avait été promis.

        Si j’étais vérificateur général j’irais me chercher une bouteille de scotch pour noyer mes inquiétudes.

Au passage, M. Lachance observe que la Société des alcools base sa politique de prix sur des prévisions prudentes – elle pourrait baisser ses tarifs si elle était plus audacieuse.

        Il semble bien que M. Lachance a eu la même réaction que moi. Lorsqu’il est allé acheter sa bouteille de scotch, il a remarqué que les prix n’étaient pas aussi bas qu’il le croyait. Cela a du lui redonner confiance!!!

Aussi, le financement de la caisse de retraite des fonctionnaires et des employés des réseaux est basé sur des calculs réalistes: «Les hypothèses actuarielles sont dans une fourchette tout à fait correcte», résume M. Lachance.

 

        Et voilà ce que peut faire un bon verre de scotch, ça va mieux même lorsqu’on a des gros problèmes. Prenez-en tous note!!!

Plus de transparence 

«Il est clair, a soutenu M. Lachance, qu’il devrait y avoir pour les parlementaires une reddition de comptes qui reflète l’ensemble des dépenses. On ne peut pas dire qu’elles ne sont pas présentes actuellement, mais elles sont dans plusieurs endroits

        Bon. Ce qu’il veut dire ici, c’est qu’on essaie de les cacher. La transparence, d’accord, mais il faut garder la possibilité d’amélioration. Ça fait partie de la planification sur la « prévoyance »

«Le gouvernement donne l’heure juste, mais il faut regrouper l’information, il ne présente pas le portrait de façon compréhensible.» C’est un aspect «qu’il faut améliorer», dit le vérificateur.

         Améliorer la possibilité que nous puissions comprendre notre gouvernement est une note qui pourrait s’avérer utile éventuellement. Évidemment!

Ainsi, il faut gratter les tableaux des comptes publics pour voir que le gouvernement a pris des engagements non comptabilisés de 34,7 milliards de dollars en mars 2010, une hausse de 2,8 milliards, soit 8,8% par rapport à l’année précédente. En trois ans, ces factures à venir ont augmenté de 12,4 milliards.

         Probablement que ce sont des « tableaux noirs imbéciles » qu’il faut gratter. Ces tableaux que M. Charest veut changer pour des « tableaux blancs intelligents ».

        Ce qui prouve qu’il a parfaitement raison, puisque ces « tableaux noirs » ont causé des engagements non comptabilisés de 34,7 milliards de nos dollars en 2010. Une hausse d’argent non comptabilisée de 2,8 milliards sur l’année précédente.

      Donc en 2009, il y avait également eu 31,9 milliards de dollars de non comptabilisés.

 

        Pourquoi vouloir aller chercher des escroqueries dans l’industrie de la construction? Me demanderez-vous?

       Je ne le sais pas du tout!

       On pourrait commencer par prendre conscience de ces milliards non comptabilisés chaque année au gouvernement, je suis entièrement d’accord avec vous.

Il prend ses distances de l’évaluation de 27 milliards de dépenses engagées passées «sous le radar» que claironnaient des manchettes hier: «Le chiffre des dépenses non budgétaires, c’est 18 milliards. Ces organismes font des transactions entre eux, ce qui fait qu’on peut compter en double le même argent.»

        Il a peut-être raison; mais je remarque qu’on « peut compter en double » seulement les dépenses et jamais les revenus. C’est peut-être là, une indication du « pourquoi », on doit accepter les « budgets » drastiques et « courageux » de M. Bachand?

«Les fonds spéciaux vont venir compliquer votre vie dans la comparaison des chiffres année après année», a expliqué en point de presse le ministre des Finances, Raymond Bachand.

        Et quand il fait une promesse, ce con, on peut être certain qu’il l’a tiendra!!!

 Il ne voit pas de reproches particuliers dans le rapport du vérificateur,…

        Pas tellement surprenant! Il a le même QI que celui du ministre qui ne voyait pas de reproches, du commissaire Bastarache, dans son rapport sur la nomination des juges.

….hormis «l’importance d’être transparent». La comptabilité est rigoureuse, insiste M. Bachand.

       L’importance d’être plus « transparent » pour une comptabilité « rigoureuse »??? Je ne vois pas comment, si cette comptabilité est vraiment rigoureuse.

En point de presse, Pauline Marois a relevé que les engagements de Québec en matière de santé -la construction d’hôpitaux en PPP- allaient «avoir des impacts considérables sur nos finances publiques».

 

          Constat qui n’est pas nécessairement une preuve d’un QI élevé; vous serez d’accord avec moi. Mon chat aurait déduit la même chose (mais il n’en aurait pas parlé; ce qui est à son avantage).

 Selon le vérificateur, ces milliards seront versés à la dette, mais uniquement au moment de la livraison des immeubles. Le gouvernement a ajouté 40 milliards à la dette en 8 ans de pouvoir, et le vérificateur estime 34 milliards d’engagements à venir, «du jamais vu dans l’histoire du Québec», lance Mme Marois.

          Encore quelque chose qu’elle n’a jamais vu?? Cou-donc? A-t-elle l’expérience nécessaire pour diriger un parti politique gouvernemental, celle-là? Elle n’a jamais rien vu!!!

Les contribuables, déplore-t-elle, devront «casquer» pour ces engagements des libéraux, qui se targuent d’être des experts en économie.

        Casquer signifie « payer ». Donc « les contribuables vont payer… » C’est quoi le problème? Contribuable signifie « Celui qui contribue » c’est normal qu’il paye non? Moi ce qui m’inquiète c’est qu’elle emploi le mot « contribuable ».

       Il ne changera pas de signification lorsqu’elle sera au pouvoir; j’en suis presque certain. Ce qui veut dire qu’on va continuer de payer!!!

 

L’adéquiste François Bonnardel croit de son côté que, dans un objectif de transparence, le gouvernement devrait s’engager à consolider toutes ses dépenses sur une seule ligne dans ses comptes publics…

      Autrement dit: Écrire de la prose!!!

…«Les dépenses des organismes et des fonds ont explosé pour atteindre 18 milliards. Elles ne sont pas assujetties à un contrôle serré et représentent pourtant le quart des dépenses totales. C’est une aberration de manipuler ainsi les chiffres du budget», a lancé M. Bonnardel.

        Attention là, mon ti-garçon; tu es en train de couper les ponts qui pourraient te servir lorsque tu seras au pouvoir!!! Tu démontres un manque d’expérience flagrant.

        Ton honnêteté fondamentale prend probablement le dessus!! Contrôle-toi que diable!!!

Amicalement

                                                                       Elie l’Artiste

                                    ———————————–

Médecine: L’Atout (La toux???) !!!

 

Ariane Lacoursière

La Presse  Publié le 09 février 2011 à 05h00

  »Le Québec n’a jamais compté autant de médecins. Selon les plus récentes statistiques du Collège des médecins, il y aurait actuellement 18 504 omnipraticiens et spécialistes dans la province – un sommet historique.

 Malgré tout, le réseau de la santé se dit toujours en pénurie de ressources. Pourquoi? Les différentes associations médicales ne s’entendent pas sur la question. »

      Hey!!! Les gars??? Pas besoin de s’entendre, c’est un fait qui est observable!!!

      Voici les faits :

a) On recense actuellement 2,35 médecins par 1000 habitants au Québec.

 B) À la suite de mises à la retraite massives, la province ne comptait plus que 1,93 médecin par 1000 habitants en 1998.

      Bon! Enfin! On n’entendra plus de « dénonciations » intempestives et inutiles envers le parti politique qui a provoqué cette retraite massive. Déjà, là, c’est un vrai « remède » pour l’Assemblée Nationale.

c) Près de 49% des médecins sont des omnipraticiens et 51%, des spécialistes.

       D’après moi, ça prendrait plus de « spécialistes » dont la spécialité est d’être « omnipraticien »; autrement dit : des vrais « médecins »; pas des « expérimentateurs scientifiques ». 

« Selon le président du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, cela s’explique par le fait que les médecins offrent proportionnellement moins de services directs aux patients. »

       Évidemment ce sont des « spécialistes » pas des médecins. Ils sont « compétents »; mais pas pour soigner les malades; mais pour soigner certaines maladies.

«Aujourd’hui, les nouveaux médecins travaillent moins d’heures, dit-il. La conciliation travail-famille est plus importante. L’offre de services est donc diminuée.»

      Çà, ça s’ajoute à la conséquence de la « spécialisation ». Autrement dit : ils travaillent moins……..en plus!!!

      Mais dites donc docteur; Juste une « tite » question en passant. Cette « conciliation travail-famille« , ça s’applique-tu aussi aux infirmières???

     Avez-vous des stats sur le nombre heures de travail des infirmières au Québec? Et profitez -en donc pour nous informer si elles offrent moins de « sevices directs » aux patients, elles aussi?

Le Dr Bernard se réjouit tout de même de la hausse des effectifs médicaux. (Bon! Ok! Tu me répondras une autre fois; mais voici un lien au cas où:

http://www.centpapiers.com/temoignage-poignant-dune-infirmiere-a-relayer-un-chu-du-21-e-siecle/60206

).

      Évidemment qu’il s’en réjouit, puisqu’il est « président du Collège des médecins ». Y doit y avoir une cotisation queck part???

     Quoi? QU’est-ce qu’il y a??? Je pense comme nos gouvernements. Pourquoi vouloir me le reprocher???

      On doit, cependant, le constater: Avec l’ajout de tous ces médecins, ça fait encore plus de monde dans les corridors des hopitaux!

      Mais, avouons que c’est un mal pour un bien puisque: C’est là où se trouvent la majorité des malades. « 

      Mais ça s’améliore!!! Les civières qui servaient à 40, ne servent plus, maintenant, qu’à 22 (J’ai lu ça queck part dernièrement)

« Selon lui, l’augmentation des cohortes d’étudiants en médecine des dernières années porte ses fruits. »

      C’est ce que je disais : Selon lui; mais pas selon les patients; pour qui les cotisations au collège ne donnent absolument rien.

     À ce niveau-là, le Club de Hockey Canadien est plus efficace pour les patients de Ste-Justine. Hip! Hip! Hourra pour Molson; le seul vrai  »elixir » pour la société en dépression!!!

«Et je pense que ça va se poursuivre au cours des prochaines années», affirme-t-il.

      Moi aussi. Surtout si le Parti Québécois appuie toujours le fait que les étudiants en médecine ne sont pas obligé de rester ici ni de rembourser leur prêts.

     Patientons donc, encore un peu.

     Lorsque toute la population sera « médecin », chacun pourra se soigner individuellement. De plus, « ça coûtera pas cher » puisqu’on va pouvoir se soigner avec les « échantillons » que les médecins reçoivent gratuitement de l’industrie pharmaceutique. Sans compter que les infirmières pourront souffler un peu!!!

     On est sur la bonne voie, les amis!!!

Vive le collèèèège!!!

Vivre le Miniiiissssse !!!

Vive le Québèèèèc!!!

 Vive le Québec Liiiiiibre!!!

 Amicalement

                                                                      Elie l’Artiste

Pourquoi Amir Khadir a été refusé?

Pourquoi Amir Khadir a-t-il été refusé de la commission parlementaire spéciale en lien avec le lock-out au Journal de Montréal? Tout simplement par partisanerie à mon avis.
Ce député est populaire, plein d’éclat et surtout, je vais même utiliser le terme à la mode, pugnace. Au-delà des idées qu’il défend, aussitôt qu’il prend la parole, il fait paraître les autres fades, c’est le moins qu’on puisse dire.
Serait-ce donc alors aussi un peu par jalousie que les autres députés l’ont mis de côté? Surtout quand on sait que l’orgueil humain est très fort?
Mais il ne faut pas oublier aussi que chaque fois qu’Amir Khadir marque des points médiatiquement, c’est de la bonne publicité pour son parti, Québec Solidaire. C’était moins évident avant, ça l’est de plus en plus.
Dans le contexte politique actuel, ce député est ce qui se rapproche le plus de l’intégrité aux yeux de plusieurs, dont moi.
Ajout :
C’est complètement absurde …

RÉER obligatoire : la mauvaise idée de Claude Castonguay

L’État a toujours le beau jeu puisque le peuple ne se rend pas compte qu’il en est lui-même le maître.

(Phrase de mon cru en guise d’introduction.)

La réaction viscérale de certains face à l’idée de rendre obligatoire l’épargne pour la retraite est très compréhensible. C’est que cette idée de l’ex-ministre Claude Castonguay semble être la preuve que le système ne fonctionne pas, ou plutôt, mal, voire très mal, désastreusement. Et cela donne des munitions à ceux qui voudraient qu’on se débrouille tous par nous-mêmes, sans avoir à se fier aux bons soins que nous sommes en droit d’attendre de nos gouvernements, tous paliers confondus, étant donné que nous avons en masse payés et payons encore.

Mais, c’est en donnant en pâture notre pouvoir que nous en sommes arrivés là, cela dit avec en tête l’Histoire. D’autres diront qu’on nous l’a pris ce pouvoir. Soit, la vérité doit bien se trouver quelque part entre les deux. Parce que rétroactivement, nous pouvons dire que la situation actuelle est le résultat d’une suite de mollesses citoyennes et, bien sûr, de mensonges ou de travestissement de la réalité par les décideurs.

Voilà plus de vingt ans, il était clair que la retraite n’était pas une affaire personnelle. Et cela c’est désagrégé jusqu’à ce que le sigle RÉER soit devenu à la mode, et l’inquiétude qui est venue avec. Parler pour parler, on en vient même à penser que cette inquiétude a été inoculée pour amoindrir les chances d’une longue retraite (comme on se doute, le stress n’est pas bien compatible avec les records Guiness de longévité). C’est bien clair que c’est du domaine des élucubrations, ce qui est parfois le seul luxe de certains citoyens sous pression.

Pour revenir à un propos plus terre-à-terre, Michel Arsenault, le président de la FTQ :

s’oppose à la solution proposée par le rapport qui souhaite obliger les travailleurs et les travailleuses à cotiser à un REER en créant une nouvelle structure financière. En 2008, on a déjà vu ce que nos banquiers et boursicoteurs ont fait avec nos économies en nous entraînant dans une crise financière sans précédent [...]

Le gouvernement du Québec a déjà en main tous les outils nécessaires pour assurer une meilleure retraite aux travailleurs et aux travailleuses avec la Régie des rentes du Québec. Le monde en a assez de voir leurs maigres épargnes se balader en montagne russe. Si on veut vraiment que la situation financière des futurs retraités s’améliore, ça prend une rente garantie, ce que la RRQ fournit à ses cotisants [...]

Ce qu’il faut, entre autres, c’est hausser sur une période de sept ans les cotisations au Régime de rentes pour ainsi en arriver à doubler le revenu des futurs retraités, tout en maintenant la participation des employeurs. [...]

Les citoyens n’ont pas à faire les frais de la mauvaise gestion qui prévaut depuis trop longtemps. Une bonne partie de la classe moyenne est déjà prise à la gorge, et c’est une bonne bouffée d’air qu’il lui faut, pas une idée aussi asphyxiante.

Et à l’Assemblée nationale, il semble y avoir consensus autour du refus de cette idée. Espérons que le problème ne sera pas tout simplement balayé par-devant comme on le voit trop souvent depuis longtemps.

Parce que c’est la raison, le pourquoi nous en sommes à ce triste résultat.

(Photo : nickpoulson4)

Grosse fatigue

La FFQ défend le port du voile intégral dans les garderies

La Fédération des femmes du Québec est contre l’interdiction du « port du niqab ou de la burqa aux travailleuses de garderie en milieu familial ». « Selon Mme Conradi, [la présidente de la FFQ] des femmes victimes d’exclusion sociale pourraient se retrouver encore plus marginalisées, et sans revenu, si l’Etat leur impose de travailler à visage découvert. »

Tout d’abord, je ne comprends pas ce qu’est pour cette fédération la différence entre une travailleuse « de la fonction publique et des services publics » et une éducatrice « des services de garde en milieu familial », puisqu’elle « souscrit à l’interdiction du port du voile intégral » pour la première. Ça me semble deux poids deux mesures et je ne vois que la hauteur du salaire comme différence…

Sinon, je sais qu’il n’y a qu’une poignée de femmes voilées de la sorte, donc que cette loi ne servirait pas pour beaucoup de cas. Et, franchement, il n’y aurait que des parents culturellement compatibles pour laisser leurs enfants à une éducatrice déguisée à l’année en fantôme foncé. Mais je crois quand même que cette loi est logique comme elle est, question de message. Je suis contre la laïcité à la carte.

La FFQ parle « d’exclusion sociale » pour ces femmes et c’est bien ce dont il s’agit, mais c’est une exclusion forcée qui ne vient pas de l’extérieur, elle est interne. C’est leur « culture » qui les place dans cette position de victime. Et ce n’est pas en les accommodant qu’elles s’en affranchiront.

Traitez-moi d’intolérant tant que vous le voudrez, je suis pour la méthode des bâtons dans les roues quand il est question de la religion dans ce qu’elle a de plus extrémiste.

Qu’on ne me dise pas qu’un accoutrement de la sorte encourage le « vivre ensemble ».

Copé répand encore sa propagande éventée : journalistes, faites votre travail !

Nous poursuivons notre grève du zèle  - dix-neuvième jour aujourd’hui – et ses deux articles quotidiens en soutien au mouvement pour les retraites. Mais parfois, nous vous confessons que c’est vraiment dur. De ne pas céder au découragement et laisser en plan le blog, plutôt que de se laisser aller à n’user que d’invectives, tant la tentation est grande. Par exemple, en lisant l’interview accordée au Parisien par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, nous n’avons d’abord ressenti qu’une irrépressible envie de l’agonir d’injures. Lisez plutôt : tous les poncifs les plus éculés de la propagande réactionnaire y sont.

« J’observe que, dans beaucoup d’autres pays européens où il a fallu faire des efforts similaires et même parfois plus importants — 65 ans, 67 ans —, cela s’est mieux passé. Il y a en France une sorte de rituel d’un autre siècle. Grève, manifestations, oui, mais la prise en otage de l’outil économique, c’est intolérable. Il faudra bien un jour que cela cesse, sans compter l’image désastreuse donnée à l’étranger. C’est l’essentiel du pays qui est paralysé par l’action d’une poignée d’extrémistes. Or, chacun doit bien comprendre que nous n’avons aucun autre choix. En cinquante ans, le nombre d’actifs par retraités a été divisé par deux et, parallèlement, le temps passé à la retraite a été multiplié par deux ! On a l’obligation de faire des réformes pour l’intérêt supérieur du pays. » Ils étaient deux à l’interviewer : Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes. Il est absolument intolérable, au bout de plusieurs mois de débat à propos de la contre-réforme gouvernementale, de continuer à laisser désinformer sans réagir ces manipulateurs de l’UMP – et Copé est l’un des pires. Chacun sait désormais qu’il ne s’agit pas seulement d’évoquer l’âge légal du départ en retraite, comme le fait sciemment Copé, sans aborder aussi le nombre d’annuités nécessaire pour bénéficier du taux plein. Or, quand les défenseurs des privilégiés et du capital nous serinent que les autres pays ont consenti des efforts semblables à celui qu’ils réclament – à 85% aux salariés, voyez la « justice » de la chose – ils se gardent bien de préciser ce deuxième élément. 65 ou 67 ans, d’accord, mais combien d’annuités ? En France, ce sera 41,5 – et il se trouve des « socialistes » pour l’approuver ! Et ailleurs ? En Espagne ou en Allemagne, exemples couramment mis en avant par ces salopards tartuffes de la droite, 35 annuités seulement ! Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, vos lecteurs le savent-ils ? Mais faites votre travail, bon sang ! N’êtes-vous donc que deux dictaphones pour enregistrer et retranscrire pieusement la parole de ceux qui nous mentent sans cesse ainsi par omission ? Encouragé par votre silence coupable, Copé poursuit – pourquoi se gêner : « C’est le financement du système de retraites de 60 millions d’habitants qui est en jeu. On ne peut pas reculer. C’est hors de question. Je n’ai pas entendu une seule proposition alternative convaincante au relèvement de l’âge légal à 62 ans. Il n’y a pas un seul rapport d’experts qui cautionne l’idée folle défendue par les socialistes d’augmenter de 45 milliards d’euros les impôts pour rester aux 60 ans. Il faut quand même un peu atterrir. » Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, rien à redire ? Votre rôle, pour éclairer le débat, n’est-il pas de remettre les choses en perspective ? Or qu’en est-il de l’évolution de la fiscalité en France depuis dix ans ? Jacques Généreux, Secrétaire national à l’Economie du Parti de gauche, vous rafraîchit la mémoire : « Imaginez que si on avait simplement maintenu le barème de l’imposition sur le revenu de la fin 1999, c’est-à-dire vous éliminez tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus hauts revenus depuis les années 2000, au cours des dix dernières années, mais ça fait presque 100 milliards de ressources en plus pour l’Etat ! Ça fait en direct 65 à 70 milliards de recettes fiscales supplémentaires et pourquoi je dis 100 miliards ? Ça, c’est le syndicat national des impôts qui l’a calculé : eh bien parce que le fait d’avoir creusé de 65 milliards vos recettes fait que vous êtes obligé d’emprunter, de vous endetter, etc. Donc on aurait aujourd’hui, chaque année, 100 milliards d’euros de disponibilité, de marges de manoeuvre supplémentaires dans les caisses de l’Etat si on n’avait pas touché au barème de l’imposition sur le revenu«  (voir notre billet du 28 septembre dernier). Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, vos lecteurs le savent-ils ? Faites-vous preuve d’un manque de courage en vous abstenant de contrer les arguments fallacieux du roquet de l’UMP – ne nous embarrassons plus de précautions oratoires : lui-même ne traitait-il pas les militants de gauche de « cloportes » ? Ou alors est-ce que votre incompétence vous fait ignorer ces données pourtant élémentaires autant que cruciales du débat ? Toujours est-il qu’en laissant ainsi Copé répandre avec arrogance et mauvaise foi sa propagande libérale, vous vous faites complice de cette monstrueuse entreprise de manipulation de l’opinion. Frédéric Gerschel et Nathalie Segaunes, aujourd’hui ça tombe sur vous, mais l’apostrophe est valable pour nombre de confrères : faites votre travail (bordel) !

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Ça dérape à droite

Par lutopium – Je ne vous apprendrai évidemment rien en disant que les militants et sympathisants de la droite politique se cherchent… Depuis le départ de Mario Dumont et le rendez-vous manqué de la course à la chefferie de l’ADQ, les québécois qui se sentent attirés vers les idées un peu mal définies de ce courant politique semblent perdus. Un jour, ils se rallient à un renouveau de leur parti et le lendemain, ils explorent d’autres options sans que rien de concret ne se dessine devant eux. Cependant, même si aucune structure sérieuse ne rallie la droite politique ces jours-ci, on sent tout de même l’influence de ses idées. Des économistes ayant un petit penchant vers la droite sont recrutés par le gouvernement afin de préparer le terrain pour des réformes néolibérales. Des chroniqueurs de radio, de la télévision et de certains journaux répètent inlassablement le même discours qui suggère d’abolir certains services (sans jamais les nommer spécifiquement), d’en explorer la privatisation tout en exigeant une tarification supplémentaire pour d’autres. Le Conseil du Patronat, l’Institut Économique de Montréal et les chambres de commerce se montrent évidemment fort sympathiques à ces idées tout en unissant leurs voix pour répéter inlassablement que les fonctionnaires sont des paresseux, leur refusant ainsi toute augmentation de salaire. Les héros de la croissance économique savent exactement ce qui doit être fait et s’approprient ce qu’ils considèrent comme une nouvelle révolution: réduction de la taille de l’état, introduction du privé dans la prestation de services essentiels et protection des privilèges fiscaux pour les mieux nantis. Si le monde était complètement privé, tout serait pour le mieux, nous disent-ils…

Alors que le débat qui fut lancé récemment par le gouvernement libéral nous amenait à se questionner sur le financement des services publics, voilà que la droite recadre le débat, non pas pour proposer des solutions concrètes, mais surtout pour lancer des constats populistes afin de gagner la sympathie de ceux qui succombent aux discours des radios-poubelles et des chroniqueurs démagogiques. Cette semaine par exemple, le nouveau chef de l’ADQ, Gérard Deltell, lançait la question magique: « est-ce que la sécurité d’emploi protège l’incompétence? » Les membres de l’opposition de l’Assemblée nationale devant normalement critiquer le gouvernement ou, dans le meilleur des mondes, collaborer avec lui pour trouver des pistes de solutions, voilà que l’ADQ préfère détourner le débat et, se comportant comme un André Arthur, préfère soulever l’opinion publique contre cette sécurité d’emploi en l’associant donc à l’incompétence de quelques-uns.  L’incompétence, est-il nécessaire de le souligner, se retrouve partout, fruit de la nature humaine. Des incompétents, il y en a partout et même à l’Assemblée nationale!

La prochaine fois que vous rencontrerez un professeur d’école, remerciez-le pour son excellent travail, dites-lui de ne pas trop sans faire avec l’épuisement et la fatigue et profitez-en pour lui dire qu’il ne mérite pas d’augmentation de salaire cette année parce que quelques-uns de ses collègues sont incompétents. Lorsque vous visiterez un de vos proches à l’hôpital, prenez donc la peine de remercier l’infirmière pour les bons soins qui lui sont donnés mais dites lui qu’elle ne mérite pas un modeste ajustement de ses revenus car l’incompétence règne partout autour d’elle…

Ces jours-ci, tout ce que la droite cherche à accomplir c’est de faire peur au monde et de les soulever contre la fonction publique. Les ténors de la droite n’ont aucune solution concrète. On commence même à admirer le mouvement réactionnaire Tea Party en vantant les principes de liberté individuelle et la richesse de la constitution américaine. Entre vous et moi, ce que les partisans de la droite souhaitent réellement, c’est de payer moins d’impôt, point à la ligne.

L’heure est au ralliement indépendantiste

Je parcours les sites souverainistes, je m’attarde sur des forums où j’interviens avec passion et où les indépendantistes de différentes tendances déchirent leurs chemises et accusent de traîtrise tous ceux qui ne pensent pas comme eux dans leurs chapelles sectaires…et ça me désole de constater qu’encore une fois nous sommes victimes du colonialisme dans lequel on s’enlise depuis quatre cent ans.
Nos boss d’Ottawa doivent bien rire dans leur barbe de blokes impassibles car ils ont depuis des siècles compris qu’il fallait diviser pour régner. Ils y réussissent fort bien, merci. Car la plupart des interventions dont je prends connaissance comportent des attaques mesquines et vicieuses contre tous ceux qui ont le malheur de militer encore au PQ.
Je veux bien croire que la direction et l’establishment de ce parti n’ont aucune ferveur indépendantiste et ne savent pas mobiliser la population pour inciter les citoyens du Québec à lutter pour l’abolition du poste de Lieutenant Gouverneur et l’avènement de la République française d’Amérique. Et qu’ils sont toujours en retard d’un combat ( voir l’affaire des Plaines d’Abraham).
Mais comment certaines grandes gueules, complètement déconnectées de la réalité, arrivent-ils à pourfendre les militants de la base qui, eux, poursuivent les mêmes objectifs que les nôtres.
On est loin de l’esprit révolutionnaire qui doit animer et motiver les combattants de la liberté car les vrais héros savent s’effacer et faire preuve d’humilité devant la grandeur de la cause commune qu’ils disent défendre.
D’autres esprits obtus se plaisent à jeter l’anathème sur tout ceux qui, en tant qu’entrepreneurs dynamiques, font des affaires au Québec. Comme si on pouvait donner naissance à un pays en mettant de côté ces créateurs d’emploi et de richesse collective…L’indépendance devra se faire tant avec la gauche, le centre que la droite. C’est l’affaire de tout un peuple.
Et moi, je suis là avec quelques autres illuminés, à préconiser de tout mon coeur une vaste coalition arc-en-ciel de tous les indépendantistes québécois- de quelque parti politique soient-ils- pour former un Front commun et régler une fois pour toutes cette question nationale qui demeure un boulet au pied d’un Québec qui se dégrade de jour en jour sous la gouverne de Jean Charest, le conservateur-libéral fédéraliste qui joue le rôle de premier ministre et de marionnette de Paul Desmarais.
Non mes amis, nous ne sommes pas sortis du bois. Mais sachez que des fous, se moquant des sondages et de l’indifférence, poursuivent le combat avec acharnement et qu’ils le feront jusqu’à leur dernier souffle.
Depuis plus de 45 ans ans, le mouvement indépendantiste en a vu de toutes les couleurs et il a été victime d’une horde d’assoiffés de pouvoir, des carriéristes professionnels qui mangent à tous les râteliers. Mais, même si la situation ne semble pas rose à cause de la dispersion et de la dilution des forces ainsi que du manque de leadership et de charisme de nos leaders, il ne faut pas baisser les bras comme le font trop souvent les hommes et les femmes de ma génération.
Il faut se remettre en question et opposer énergiquement la défense de la République française d’Amérique à la Monarchie constitutionnelle canadienne. Plus nous préconiserons un régime québécois républicain, plus le ROC deviendra agressif à notre égard. Ça pourrait bien provoquer la crise qui nous précipitera vers la rupture.
Je suis de ceux qui croient qu’un vote majoritaire de l’Assemblée nationale en faveur du rapatriement de tous nos pouvoirs vaudrait mieux qu’un référendum-bidon où les dés sont pipés par les interventions illégales d’Ottawa et a sa puissante machine à broyer nos rêves.
D’ailleurs, y a-t-il eu référendum pour faire entrer le Québec dans cette fédération artificielle basée sur un chemin de fer est-ouest, contraire à toute tendance géopolitique voulant que les affaires se transigent du nord au sud ?
Je salue bien bas tous ceux qui ne baissent pas les bras et qui poursuivent dans l’ombre la lutte pour notre indépendance. Je salue bien bas tous ceux qui n’ont pas jeté aux orties leurs rêves de jeunesse. Et qui continuent de travailler très fort au rassemblement de tous les indépendantistes québécois sous une bannière commune.
Dès le début des années soixante, Pierre Bourgault nous avait prévenus que la route serait longue et parsemée d’embûches…et que cinquante années de lutte, qui nous semblent une éternité, ne sont qu’une poussière de seconde dans l’histoire de l’humanité.
Quand j’entends certains d’entre-nous déclarer « ça ne vaut plus la peine car je ne verrai pas l’Indépendance de mon vivant », leur attitude « d’après moi le déluge » me démontre à quel point ils ne sont pas de vrais révolutionnaires.
Le combat doit se poursuivre inlassablement, malgré toutes les avanies. Nous devons reconstruire pierre après pierre. Sinon, nous sommes irrémédiablement condamnés à la régression. De peuple, nous deviendrons peuplade. Et il n’y aura plus qu’un pas à franchir pour que nous devenions une tribu folklorique, comme l’ont été avant nous nos compatriotes de la Louisiane et des provinces de l’ouest.
Je ne verrai probablement pas la naissance officielle du pays, mais je continuerai néanmoins à y consacrer le meilleur de mes énergies, car l’abandon, c’est la mort. Et que je refuse notre extinction collective.

PIERRE SCHNEIDER

Pierre Morin au centre de la cible

Selon le journaliste de La Presse Tristan Péloquin, il semblerait que l’adéquiste Pierre Morin, directeur de cabinet du vice-président de l’Assemblée nationale, serait le blogueur derrière Bleu Québec. La preuve incriminante, c’est qu’il a, « une semaine avant le lancement du blogue «Bleu Québec» à l’adresse bleuquebec.blogspot.com, » « officiellement acquis les noms de domaine apparentés Bleuquebec.com,bleuquebec.net, bleuquebec.org, bleuquebe.info. La transaction a été faite par M. Morin et celui-ci a donné son adresse de courriel officielle de l’ADQ, pmorin@adq.qc.ca. »

Il s’en défend bien, mais qui d’autre que la personne ayant le projet de créer ce blogue ferait ce genre d’acquisition? On ne parle pas non plus d’un nom de domaine très couru comme « Barack Obama »…

Donc, il semble que le blogueur Louis (celui-là même qui dénigre à répétition Les 7 du Québec) avait raison.

Ça sera ma petite contribution du jour ici.

(Photo : Dantelespagnol)