CUBA SÍ (Gougaud)

Cuba sí
Henri Gougaud

La nuit quand je m’en vais à rêves découverts
Quand j’ouvre mon écluse à toutes les dérives
Cuba, dans un remous de crocodiles verts
Cuba, c’est chez toi que j’arrive

Je rencontre un vieux nègre aux yeux de bois brûlant
Assis devant la mer, grain de café torride
Le front dans le soleil il me montre en riant
Là-bas, les côtes de Floride

Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba… sí

Il dit j’ai vu Harlem, il dit j’ai vu New York
Et noir, j’avais si peur devant les « Chien, sale nègre! »
Que j’aurais préféré la peau rose d’un porc
Collée sur ma poitrine nègre

Et maintenant Cuba, pauvre comme Cuba
Je suis libre, et ma femme a la couleur du sable
S’il n’y a rien à manger, on danse la conga
Mais les chiens restent sous la table

Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba… sí

Adieu Cuba, adieu mon rêve à la peau brune
Mes éperons d’argent sonnent sur tes galets
Et mon cheval rêvé qui renifle la lune
Piétine déjà l’eau salée

Que je devienne un jour un vieux singe ridé
Que le ciel de Cuba se brise comme verre
Je sais que l’on peut vivre ici pour une idée
Mais ceci est une autre affaire

Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba, Cuba sí
Cuba, Cuba… sí

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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