La maudite machine (Octobre)

La Maudite machine
(Octobre, 1973)

J’ai vu à matin
Un vieux robineux
M’a tendu la main
Pour une cenne ou deux
C’pas drôle dans la rue

Quand il faut dormir
Dans les fonds d’ruelles
Ça peut pas être pire
Rien dans l’fond d’l’écuelle
Peux-tu t’en sortir?

Si tous les pognés
Dans leur p’tite misère
Se disaient: « Calvaire!
Y est temps d’arrêter »
Ca irait ben mieux

Un coup d’pied dans l’cul
Ça peut réveiller
Quand personne sait pus
Pourquoi travailler
C’est donc toujours plate

J’ai l’goût de m’en aller quelqu’part
J’voudrais sacrer l’camp
Plus ça va, plus ça d’vient mort
C’tait plus beau avant
J’aimerais ça être ben chez moé
Sans qu’on m’mange le dos
Laisse-moi donc tranquille a soir
Brailler comme il faut

T’as perdu ta job
Tu sais pus où t’mettre
T’as pas l’air ben sobre
Trois tavernes de faites
Comment va ta vie?

Dépêche-toé bonhomme
Sors vite de ta crasse
Prouve donc qu’t’es un homme
Pis trouve-toi une place
T’as pus tellement de temps

Mais y’a rien à faire
Les patrons t’veulent pus
Tu vaux pus ben cher
T’es tout nu dans la rue
T’es un gars fini!

La maudite machine
Qui t’a avalé
A marche en câline
Faudrait la casser
Faudrait la casser

J’ai l’goût de m’en aller quelqu’part
J’voudrais sacrer l’camp
Plus ça va, plus ça d’vient mort
C’tait plus beau avant
J’aimerais ça être ben chez moé
Sans qu’on m’mange le dos
Laisse-moi donc tranquille à soir
Brailler comme il faut.

vieux-robineux

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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