Le tango des phallos (Le Bihan)

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Le tango des phallos
Jean-Marc Le Bihan

Quand les phallos déconnent au bistrot du quartier,
Qu’ils ont laissé Bobonne gentiment au foyer,
Ils se parlent de cul, racistes et méprisants,
Tous ces petits faux-culs se prennent pour des tarzans.

Et après leur boulot, ils s’en vont boire un coup,
Et en gentils maquereaux se racontent le coup,
Le coup qu’ils ont tiré avec la femme du maire,
La fille de l’épicier, la belle-mère du notaire.

Qu’ils soient gras du bidon ou bien syphilitiques,
Ils sont tous les champions de l’amour gymnastique.
Baiseurs de première classe, sans complexe et sans gant,
Les femmes qu’ils enlacent, s’emmerdent jusqu’aux dents.

La couperose au visage, le phallus à la main,
Ils lorgnent les corsages, jouant aux petits chiens.
Prête-moi ton cul mignonne, astique-moi le baigneur,
Car les histoires cochonnes sont toujours les meilleures.

Et puis y’a les nanas, gavées de magazine,
Qui draguent avec copines, les futurs Iglésias,
Et puis y’a les mamans qui apprennent à fifille,
Comment qu’on se maquille pour s’payer un amant.
Un amant tellement beau que dame jalousie,
Taquine les voisines qui jasent dons le dos.
Dans le dos de mémé qui se fait des peintures
Sur toute la figure pour plaire au boulanger
Au boulanger du coin qui lui pose des ventouses,
Pour s’acheter une R12 et ne plus faire son pain.
Son pain qui n’se vend plus depuis qu’sa femme se vend
Pour s’payer des diamants, des robes et des fourrures,
Pour plaire au commissaire, cet ancien légionnaire,
Assis entre deux guerres, beau comme un revolver,
Un revolver tout neuf, qui tire sans dégainer.
De quoi faire rêvasser les vaches et puis les boeufs,
Les vaches qui font hi han ! les boeufs qui font ouah ouah !
L’homme est intelligent quand il ne le sait pas.

Quand les phallos déconnent au bistrot du quartier,
Qu’ils ont laissé Bobonne gentiment au foyer,
Ils se parlent de cul, racistes et méprisants,
Tous ces petits faux-culs se prennent pour des tarzans.

Pour finir ma chanson,
Ça je tiens à le dire,
Rien ne peut être pire
Que les connes et les cons.

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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