Ma chère femme (della Mea)

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MA CHÈRE FEMME (O Cara Moglie)
Ivan della Mea, 1965

Ma chère femme, ce soir, je te prie
Dis à mon fils qu’il aille dormir
Car les choses que je dois dire
Ne sont pas des choses qu’il doit entendre

Ce matin, là, au travail
Avec le sourire du chef de section
M’est arrivée ma liquidation
Ils m’ont licencié sans pitié.

La raison est que j’ai fait la grève
Pour la défense de nos droits,
Pour la défense de mon syndicat,
De mon travail et de la liberté.

Quand la lutte est de tous pour tous
Ton patron , tu verras, cèdera
Quand au contraire, il vainc, c’est parce que les jaunes
Lui donnent la force qu’il n’a pas.

On l’a bien vu devant les grilles
Nous on appelait les camarades à la lutte
Et soudain le patron fait un signe, un geste
Et l’un après l’autre, ils commencent à entrer

Ma chère femme, tu devrais les voir
Avancer tout courbés, tout pliés
Nous, on criait : Jaunes, vendus !
Et eux, passaient tout droit sans regarder.

Ces malheureux faisaient peine
Mais derrière eux, là sur le portail
Ce porc de patron riait tout joyeux
Je les ai maudits sans pitié.

Ma chère femme, je me suis trompé
Dis à mon fils qu’il vienne écouter
Car il doit comprendre ce que veut dire
Lutter pour la liberté.

Car il doit comprendre ce que veut dire
Lutter pour la liberté.

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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Trouvailles

Sur la route rhizomatique de tout cheminement intellectuel apparaissent de temps en temps des trouvailles…

3 pensées sur “Ma chère femme (della Mea)

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    27 juin 2015 à 18 06 10 06106
    Permalink

    Cette chanson, sa puissance émotionnelle, son message aussi pertinent aujourd’hui qu’il était quand della Mea l’a écrit, m’émeut véritablement au plus profonde de mon être.

    Que la musique populaire soit toujours l’écho du peuple et non une arme de la machine capitaliste, la propagande et l’aliénation.

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  • avatar
    29 juin 2015 à 20 08 54 06546
    Permalink

    Magnifique. Vive la lutte! Vive la musique engagée!
    Dans l’esprit de la réciprocité et de la solidarité, je vous envoie une autre très belle trouvaille: Gallo Rojo, Gallo Negro de Chicho Sanchez Ferlosio
    https://www.youtube.com/watch?v=-41zdnkm4GA

    Quand chante le coq noir
    C’est que déjà le jour finit
    Si le coq rouge chantait
    On entendrait un autre coq chanter

    Ah ! si je mens
    Le chant que je chante
    Que le vent l’emporte !
    Ah ! Quelle désillusion,
    Si le vent emportait
    Ce que je chante !

    Ils se sont rencontrés dans l’arène
    Les deux coqs face à face
    Le coq noir était grand,
    Mais le rouge était vaillant.

    Ils se sont regardés dans les yeux
    Et le noir a attaqué le premier
    Le coq rouge est vaillant
    Mais le noir est traître.

    Coq noir, coq noir,
    Coq noir, je t’avertis :
    Un coq rouge ne se rend pas
    Sinon quand il est mort !

    Chicho Sánchez Ferlosio (1940-2003).

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