Ma France (Jean Ferrat)

Dans la lignée des priorités sociales exprimées à travers le canal des émotions nationale, il faut irrésistiblement citer la magnifique chanson MA FRANCE de Jean Ferrat (1930-2010).

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De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
À l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

MARIANNE psr Bernard Buffet (1928-1999)

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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Trouvailles

Sur la route rhizomatique de tout cheminement intellectuel apparaissent de temps en temps des trouvailles...

10 pensées sur “Ma France (Jean Ferrat)

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    4 décembre 2013 à 6 06 50 125012
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    Magnifique. je ne la connaissais pas.

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      4 décembre 2013 à 7 07 26 122612
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      Oui, c’est la France que j’ai aimée. Celle que je veux voir résonner sur ma portion du monde. Celle dont on voudrait pouvoir dire: « L’Histoire de France c’est l’Histoire du Monde »…

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    4 décembre 2013 à 10 10 44 124412
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    Un peu pas mal de gauche, votre « France », monsieur…

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    5 décembre 2013 à 5 05 38 123812
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    J’aime pas Ferrat. Je sais c’est pas bien.
    Mais il devait être un type sympa, je dis pas…

    C’est juste que tous ces chanteurs des sixties rougeaudes étaient un peu grandiloquent, ça a vachement vieilli. On a tellement de culture qu’on peut en vilipender un petit lopin non ?

    Que celui qui n’a jamais footé me jette la première cuillère.

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      5 décembre 2013 à 6 06 55 125512
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      Je vois ici des références mures, vingtiémistes mais je vois pas un texte vieilli.

      Ceci dit, des gouts et des couleurs…

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        5 décembre 2013 à 13 01 26 122612
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        Les poèmes sont bons.

        Mais le temps a la dent dure et il ne restera pas beaucoup de grands artistes pour la postérité. Piaf et Trenet resteront, même Léo Ferré commence à disparaître.

        Le Rock a tout balayé, et tous ces artistes paient un peu qu’ils ont tenté de le tuer dans son berceau. Il y avait vraiment une rupture qui s’est achevée en une victoire écrasante du rock.

        Tout ce qui était avant dans la chanson en est devenu désuet. C’est la marche du temps. On entend ça de nos jours, comme on écoute les enregistrements de Sarah Bernhardt, on sait qu’elle était une star mais on ne comprend plus le style ni le phrasé et encore moins ce français dépassé. Tous les cinquante ans, une nouvelle vague emporte tout.

        Bientôt, on ne saura plus qui était Philippe Noiret, ou Jean Carmet. Les acteurs sont vite oubliés. Dites m’en des grands de la fin du XIXème siècle… Pas simple…

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          5 décembre 2013 à 13 01 45 124512
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          Je te suis.. je te suis… Brel vieillit mal. Sa rhétorique de miso crispé et surtout ses arrangements flonflons de kermesses de buveurs de bière. Lourdingue. Casse-pompon est le mot…

          Brassens, par contre, tiens bien la route. Mon fils de 23 ans a tout Brassens dans son zinzin techno mp3. Il a pompé mes CD là dessus et maintenant il le chante dans la douche…

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    5 décembre 2013 à 6 06 56 125612
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    Etre né sous l’signe de l’hexagone,
    On peut pas dire qu’ca soit bandant
    Si l’roi des cons perdait son trône,
    Y’aurait 65 millions de prétendants.

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