Passage en catimini (Mémoire du Temps)

En exclusivité, voici la teneur du futur et dernier amendement à la loi Servage de la ministre du Travail Myriam Gattaz El Khomri. Il est prévu d’insérer cette proposition juste avant le vote en seconde lecture de l’Assemblée nationale afin que personne ne remarque ce petit ajout. Hélas, nous n’avons pas pu obtenir le texte définitif, mais un papier chiffonné récupéré dans une poubelle du palais de l’Élysée. Sur ce brouillon, un commentaire, écrit au stylo rouge et signé d’un énigmatique FH (ou F4 ?), accuse : « Manu m’a tuer ! »

Un mystérieux Monsieur Yvan aurait suggéré une mesure audacieuse. Où trouver les sous pour faire baisser le chômage et embaucher massivement ? L’État français a déjà beaucoup donné, les entreprises recruteraient volontiers, mais les CDD et les CDI coûtent cher ; or il y a de l’argent, si, si, car beaucoup de licenciés le sont avec indemnités… ils en ont plein les poches, du fric !

Pourquoi ne pas créer alors un nouveau contrat de travail qui serait proposé à ces riches chômeurs ? Le CCS, Contrat à Compte de Salarié, serait financé par le nouvel embauché qui paierait de sa poche les cotisations salariales et patronales. Il serait même possible de lui demander de participer à certains frais en louant l’indispensable : son open space, la machine à laquelle il serait affecté, les outils qu’il utiliserait. Il pourrait aussi acheter les meubles, l’ordinateur, le téléphone ou la voiture dont il aurait besoin pour remplir sa tâche. Nombreux sont les avantages qui en découleraient, tous en profiteraient :

– L’entreprise pourrait tester durant plusieurs mois l’employé sans risque financier ni prud’hommal.

– Ce dernier serait motivé puisqu’il deviendrait dans un sens à la fois son patron et son prolétaire. Pas d’appointements, pas de congés payés ou d’heures sup. à rémunérer.

– Pôle emploi ne lui verserait aucune indemnité chômage durant ce contrat.

Bien entendu, d’autres sans-emploi pourraient saisir cette opportunité pour peu qu’ils obtiennent un crédit afin de financer leur CCS, par exemple en hypothéquant leur maison. Les seniors apprécieraient à coup sûr l’aubaine qui leur permettrait de rester actifs jusqu’à la retraite ; quant aux juniors, ils s’enthousiasmeront pour cet accès au boulot.

Mémoire du Temps

NB : toute ressemblance avec les contrats d’édition à compte d’auteur est fortuite.

NB II : « FH (ou F4 ?) », le H est mal formé et ressemble à un 4, ou l’inverse, illisible… pur hasard, ou le signataire aurait-il lu « La Verge Noire » * ?

* en vente chez ÉLP Éditeur (Écrire, Lire, Penser).

 

En mémoire de Yal Ayerdhal.

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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Trouvailles

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3 pensées sur “Passage en catimini (Mémoire du Temps)

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    1 avril 2016 à 2 02 06 04064
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    Petit poisson d’Avril ………. lol

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    6 avril 2016 à 14 02 22 04224
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    Bien sûr, le « Passage en catimini(CCS) » est un poisson d’avril… pour l’instant du moins car quand même ce n’est pas si loin de ce qu’on nomme l’uberisation… et n’oublions pas que depuis longtemps des écrivains acceptent de payer, parfois des sommes importantes, pour être édités.
    Mémoire

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      6 avril 2016 à 14 02 35 04354
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      oui, corriger d’ailleurs Yvan en Yvon… dont le fils Pierre pourrait très bien suggérer des CCS à l’avenir.

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