Petit matin (Lelièvre)

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Petit matin
Sylvain Lelièvre (1975)

Petit matin sans horizon
Petit café, fumée d’usines
Je r’garde le derrière des maisons
Les femmes sont à leurs cuisines
Y a des oiseaux qui s’ font la cour
Sur les fils du Bell Téléphone
Et dans l’œil crevé de ma cour
Un 747 qui résonne

Il pousse un gros transformateur
Au cœur de ce qui fut un chêne
Sur la vitre je trace un cœur
Que la buée retient à peine
Le transistor hurle à la mort
Des airs à faire pendre un merle
Les enfants s’amusent dehors
Dans la sloche, un collier de perles

Au hasard j’ouvre le journal
Crime passionnel rue Lacordaire
Paraît qu’ ça va d’ plus en plus mal
Pour les mangeurs de pommes de terres
Paraît aussi qu’ le Président
S’amuse à jouer à la roulette
Entr’ deux annonces à la page cent
Avec c’ qui reste de la planète

Moi je m’en viens à mon piano
Je trouve cet air de ma grand-mère
Et pour les mots je mets l’ phono
De mon p’tit matin solitaire
Dommage que tout soit si gris
J’aurais voulu dire autre chose
Faudrait recommencer la vie
Avant de rechanter les roses (bis)

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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