Un jardin (Moustaki)

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IL Y AVAIT UN JARDIN (Georges Moustaki, 1971)

(Parlé) C’est une chanson pour les enfants qui naissent et qui vivent entre l’acier et le bitume entre le béton et l’asphalte et qui ne sauront peut-être jamais que la terre était un jardin…

Il y avait un jardin qu’on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n’était pas le paradis ni l’enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l’amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s’y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l’herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n’avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu’on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d’enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus.

Les droits d’auteurs de ce texte appartiennent aux instances concernées. Il est publié ici, sur un espace citoyen sans revenu et libre de contenu publicitaire, à des fins strictement documentaires et en complète solidarité envers son apport intellectuel, éducatif et progressiste.

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Trouvailles

Sur la route rhizomatique de tout cheminement intellectuel apparaissent de temps en temps des trouvailles...

4 pensées sur “Un jardin (Moustaki)

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    12 mars 2014 à 6 06 23 03233
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    Cette émotion primitiviste n’est pas un programme… mais elle est certainement un sentiment dont se nourrissent beaucoup de nos découragements et une portion significative de notre révolte libertaire.

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    12 mars 2014 à 12 12 04 03043
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    Georges Moustaki était un adepte du marxisme, ce qui explique la présence de ce texte sur ce site (je plaisante).

    Les années 70 ont été marquées par ce genre de textes que certains peuvent trouver mielleux. Il s’agissait en réalité d’une expression du mal-vivre naissant. Faute d’avoir été entendus, ces poètes ont été remplacés par des « artistes » souvent plus éphémères, mais aussi plus violents dans leur comportement (pas difficile dans le cas de Moustaki) et dans leurs textes. Ces deux extrêmes donnent toutefois un résultat similaire, c’est-à-dire rien.

    Nos sociétés sont des systèmes reposant essentiellement sur la consommation, ce qui impose l’absence d’émotion et de réflexion. Nique Ta Mère a remplacé Aragon, le portable les veillées au coin du feu, la médiocrité est devenue le niveau moyen après abaissement du niveau supérieur et tout le monde ou presque s’en satisfait.

    En Chine, Xi Jinping a lancé le rêve chinois. Les Chinois rêvent-ils ? Non, ils consomment du rêve.

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    12 mars 2014 à 12 12 07 03073
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    Nous sommes tous venus au monde à un endroit que l’on n’a pas choisi, mais nous avons le choix de ne pas y mourir.

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    12 mars 2014 à 15 03 46 03463
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    @Ysengrimus

    J’ai toujours apprécié cette chanson de grand jardin qu’on identifie à la terre pour les enfants. J’y vois un appel à la solidarité et un désir profond de respect de tous et chacun.

    Merci.

    Carolle Anne Dessureault

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